Mercato Rugby

Top 14 : Un recrutement en berne. Mais un recrutement français.

A un petit mois de la reprise du championnat, les équipes commencent leurs premiers matchs de préparation (du moins tant que le COVID ne frappe pas le club). Les nouvelles recrues pourront se tester dans leur nouvel encadrement. Pour beaucoup de club, le recrutement 2020 est clos. Il est donc possible de mettre un coup d’œil dans le rétroviseur et de comprendre les différentes tactiques de recrutements misent en place. Et surtout comment le Top14 a-t-il évolué durant l’intersaison ?

Du point de vue des chiffres bruts, il y a eu 96 signatures au total en Top14. Au contraire, 150 joueurs sont partis ou ont changé de club durant l’intersaison. Dans l’ensemble, les clubs ont laissé partir plus de joueurs. La crise sanitaire est un facteur aggravant de ce phénomène « naturel ». En effet, chaque année on retrouve plus de départs que d’arrivées puisque les clubs, généralement, voient des joueurs de leur centre de formation monter dans les équipes premières.

La moyenne d’âge des joueurs arrivants dans un nouveau club est de 26 ans. Les joueurs partants, quant à eux, ont une moyenne d’âge de 29 ans. Encore une fois, ce résultat est logique. En effet, les clubs se séparent généralement de leurs plus vieux éléments, que ce soit pour un départ en retraite ou une non prolongation de contrat. Et les recrues sont la plupart du temps jeunes. Les équipes du Top14 sont à la recherche des pépites de demain, ou bien simplement recrutent d’excellents joueurs dans la force de l’âge.

49% des joueurs arrivants dans un nouveau club sont Français. Loin derrière, on retrouve les Australiens avec 10%, les Fidjiens avec 7% et les Sud-africains avec 6%. Le Top14 recrute français. De même 49% des départs sont des joueurs… français. Les clubs s’articulent autour d’un noyau de joueurs souvent très français. Les retraites et les échanges de jeunes joueurs entre club français expliquent ces valeurs de 49%, que l’on retrouve pour les arrivées et les départs. De plus, on note que 37,5% des échanges de joueurs sont internes au Top14. Autre résultat encourageant, 22% des joueurs qui arrivent dans une équipe du championnat français viennent de la ProD2. Le Top14 n’hésite pas à donner leur chance aux bons joueurs de l’antichambre du championnat.

Si l’on étudie les départs et les arrivées selon les postes, on remarque que les clubs du Top14 cherchent des 2ème lignes, il y a eu 18 arrivées en Top14. Logique, quand on voit que sur les départs c’est le 3ème poste le plus touché avec 23 départs. Sur la 3ème ligne on compte 24 départs (2ème poste le plus touché) mais seulement 12 arrivées en compensation. Une hypothèse forte voudrait que les centres de formation français soient excellents pour former des joueurs au poste et donc que les recrutements ne deviennent plus nécessaires, puisque de bons jeunes affluent. Le constat est sensiblement le même pour le poste de pilier qui est le plus touché par les départs (25). Dernière observation notable, les lignes arrières subissent moins de changements que leurs homologues avants. Cependant on remarque un grands nombres d’arrivées dans les clubs au poste d’ailier (16). Les équipes du Top14 cherchent des finisseurs.

Des stratégies de recrutements différentes

Nombres d’arrivées (barres claires) et de départs (barres foncées), pour chaque club du Top14.

La tendance globale du nombres d’arrivées et de départs se retrouve au niveau local aussi. Chaque club du Top14 a connu plus de départs que d’arrivées dans leur effectif professionnel. Seul Pau est à l’équilibre, avec 6 départs pour autant d’arrivées. On peut mentionner le fait que Castres a réalisé un turnover énorme avec 16 départs pour 11 arrivées. Le Racing et Toulon sont les équipes qui ont le moins recrutés avec seulement 3 nouveaux joueurs pour la saison prochaine.

Âge moyen des recrues (barres claires) et des joueurs partants (barres foncées), pour chaque club du Top14. Les résultats exacts sont mentionnés en dessous du nom de chaque club avec à gauche l’âge moyen des arrivées et à droite l’âge moyen des arrivées.

La plupart des clubs du Top14 rajeunissent leur effectif. A l’exception de Toulon, Lyon et Agen qui ont laissé partir des jeunes et recruté des joueurs plus expérimentés. Encore une fois, les Castrais réalisent de gros changements, le club tarnais part sur un nouveau cycle, la moyenne d’âge de leurs joueurs partants est de 31,3 alors que leurs recrues ont en moyenne 24,7 ans. Même constat pour le CABCL.

Si on regarde les stratégies de recrutement des clubs du championnat, le recrutement français de Montpellier est appréciable, 70% des recrues sont françaises et JIFF. On est bien loin des dernières années montpelliéraines et son armada d’étrangers. Agen suit le même mouvement et force un recrutement de 7 français et JIFF. Là aussi un changement de stratégie pour le club Lot-et-Garonnais qui s’appuyait sur son centre de formation dans le passé.

Brive réussi l’exploit de recruter 4 étrangers pour seulement 2 français mais atteint un total de 5 JIFF. A contrario on est loin du cocorico du côté de la capitale, le Stade français n’as pas une recrue française et fini avec seulement un petit JIFF.

Les clubs du Top14 ont moins recruté cette année, la crise aidant. La plupart des équipes françaises rajeunissent naturellement leurs effectifs. Certains partent clairement sur des nouveaux cycles (Brive, Castres) et d’autres préfèrent amener de l’expérience pour espérer jouer les premières places du championnat (Agen, Toulon, Lyon). Cette année c’est les avants qui ont beaucoup bougé dans un grand nombre d’équipes, les lignes arrières restant plus en place. La course au JIFF ne semble pas si évidente, alors qu’il y a quelques saisons, c’était souvent l’axe principal des recrutements français. Enfin, presque 1/4 des nouveaux joueurs du Top14 proviennent de la ProD2, réel marqueur de l’importance qu’accorde les joueurs a engrangé de l’expérience dans cette antichambre avant le grand saut en Top14.

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