Auto / Moto Formule 1

« Le jour où… » la Turquie a accueilli le premier Grand Prix de F1 de son histoire

Nous l’avons appris hier, le GP de Turquie fera bel et bien son grand retour dans le calendrier de la Formule 1, cette saison. Le tracé d’Istanbul Park devra tout de même attendre l’homologation de son circuit pour pouvoir être totalement éligible, cela étant il ne devrait pas y avoir de problème à ce niveau là.

Pensé et dessiné par l’architecte allemand Hermann Tilke – à qui l’on doit également les tracés de Singapour, Bakou, Sakhir, Sepang, Shangaï ou encore Valence -, le circuit d’Istanbul Park possède un tracé assez atypique et est d’ailleurs l’une des rares courses à se disputer dans le sens anti-horaire (c’est également le cas au Brésil et à Abou Dabi). Principalement connus pour son fameux virage n°8 devenu instantanément légendaire (un quadruple gauche pris à une vitesse moyenne de 270Km/h), ce circuit, lancé en 2005, devient très rapidement l’un des circuit favoris des pilotes et des téléspectateurs. Après seulement sept éditions, il sera malheureusement écarté du calendrier faute de spectateurs contraignant l’état turc à supprimer les subventions et mettant ainsi fin au GP de Turquie, en Formule 1, dès 2011. Le retour de ce circuit à part est l’occasion parfaite, pour nous, de vous faire revivre le tout premier GP de Turquie de l’histoire, en 2005.

Le contexte : un Kimi Raïkkönen dos au mur

Nous sommes le 16 ou 17 août quand les différentes écuries découvrent pour la première fois le circuit d’Istanbul Park. À l’époque Renault domine assez nettement le championnat du monde constructeur avec 127 points au compteur et devance Ferrari (86 points) et McLaren (85 points) au classement. En revanche, si au niveau constructeur la messe semble dite, le championnat du monde des pilotes, lui, n’est pas encore joué bien qu’il y ait un bon « matelas » d’avance pour Fernando Alonso (97 points) sur son principal concurrent, Kimi Raïkkönen (61 points). À six courses de la fin, les calculs sont simples pour le finlandais. Il doit remporter le plus de courses possibles tout en espérant voir l’espagnol enchaîner les DNF.

Lors de ce weekend de GP, les McLaren sont extrêmement à l’aise sur cette nouvelle piste et dominent les essais libres. En qualifications, la donne n’est pas tout à fait la même. En effet, malgré la belle pole position obtenue par Kimi Raïkkönen, les Renault de Giancarlo Fisichella et Fernando Alonso s’intercalent entre la voiture du finlandais et celle de son coéquipier, le colombien Juan Pablo Montoya. Cela promet un départ fou ! De leur côté, les Ferrari ne sont clairement pas à la fête et occupent de triste 11e (Rubens Barrichello) et 19e place (Michael Schumacher) sur la grille.

Voici le top 10 lors du départ de la course (formula1.com)

La course : Kimi Raïkkönen, premier vainqueur amer

Comme attendu, le départ de cette première course en Turquie est fou, Fisichella dépasse Raïkkönen à l’extinction des feux puis Alonso est proche d’en faire de même avant que le pilote finlandais ne parvienne à repousser ses attaques. Ce dernier parvient même à reprendre les commandes de la course à la fin du premier tour, des commandes qu’il ne quittera plus. En queue de peloton, Schumacher évite de peu les débris de la Sauber de Felipe Massa, ce dernier s’étant accroché avec la BAR Honda de Takuma Sato et en profite pour revenir au dixième rang à l’issue du 7e tour.

Aux avant-postes, Giancarlo Fisichella est prié de laisser passer son coéquipier pour essayer d’aller chercher le finlandais. Dans le peloton, celui qui fait le spectacle se nomme Jenson Button, au volant de sa BAR Honda, le pilote britannique, partis 13e, gagne deux places grâce à un départ canon puis commence sa folle remontéé en doublant Barrichello pour P10 suite à un superbe freinage dans l’avant dernier virage lors du 3e tour de course, Jacques Villeneuve puis Ralf Schumacher font également les frais du pilote Honda puis vient le tour de David Coulthard. Le pilote Red Bull est lui aussi victime de son compatriote et se fait doubler dans la ligne droite de départ/arrivée, au 8e tour. Quelques tours plus tard, l’autre pilote Red Bull, Christian Klien est également dépassé par un Jenson Button totalement inarrêtable. Après s’être débarassé de Jarno Trulli, Button reviens même dans les échappements de Fernando Alonso (alors 4e après s’être arrêté) et le dépasse lors du 20e tour de course. Finalement, la remontée fantastique s’arrête lorsqu’un tour plus tard le pilote Honda rentre au stand pour ravitailler.

En parallèle du spectacle proposé par Jenson Button, Mark Webber, à l’agonie après son départ compliqué, voit dans son rétroviseur le septuple champion du monde, Michael Schumacher, arriver pour lui prendre un tour, malheureusement tout ne se passe pas comme prévu et le pilote australien dans un excès d’orgueil accroche le pilote Ferrari, les deux hommes seront contraint d’abandonner un peu plus tard dans la course. C’est un coup dur pour Ferrari et Schumacher qui disent au revoir aux titres constructeurs et pilotes, une première depuis… 1999 soit une éternité.

La deuxième partie de course est beaucoup plus calme et grâce au jeu des arrêts aux stands, Juan Pablo Montoya parvient à reprendre la deuxième place aux deux Renault. Alors qu’un doublé McLaren semblait se dessiner, Montoya part en tête à queue dans le virage 12 à trois tours de l’arrivée puis part au large suite à un problème de pneus lors de l’avant dernier tour. Ceci permet à Fernando Alonso de revenir sur le pilote colombien et de prendre la deuxième place de la course.

Kimi Raïkkönen s’impose assez facilement, malgré un départ compliqué. Derrière, les espoirs d’un doublé pour McLaren (qui leur échappait depuis le GP d’Autriche 2000) ont été douchés par les problèmes pneumatiques rencontrés par Montoya, ce qui ne fait pas les affaires du pilote finlandais dans la course au titre puisque Fernando Alonso ne perd que deux petits points au terme d’un weekend de GP où les Renault n’étaient pas au niveau des McLaren. En ce qui concerne le reste du classement, Fisichella échoue au pied du podium, tandis que Button, étonnant 5e, devance la Toyota de Jarno Trulli, les deux Red Bull de David Coulthard et Christian Klien ainsi que la BAR Honda de Takuma Sato, lui aussi ayant fait une incroyable remontée passant de P20 à P9 !

Résumé de ce premier GP de Turquie, à Istanbul.

La suite vous la connaissez, Fernando Alonso ne tremblera pas et remportera son premier titre de champion du monde. Renault, de son côté, remportera son premier titre constructeur.

“Le jour où…” le GP d’Australie s’est déroulé pour la première fois à Albert Park

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :