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Les pépites de Ligue 1, club par club (2/4)

Chaleurs d’août, incertitudes sur les diffusions, recrutements pas encore bouclés.. la saison de Ligue 1 reprend, et, comme à chaque fois, les jeunes joueurs viennent combler les manques de l’effectif. 43 joueurs nés en 2000 ou après étaient alignés sur les 7 matchs de la première journée, bel étendard pour la Ligue des Talents. L’occasion de faire un tour de France et de choisir, club par club, un joueur né en 2001 ou après (U20) qui peut exploser cette saison. Deuxième épisode, de Lille à Metz.

Retrouvez la partie 1 en cliquant ici.

Avant-propos : Cette série a déjà vu le jour l’an dernier. Sur les 20 joueurs présentés, 9 peuvent être considérés comme des réussites, 2 ont été sélectionnés avec les espoirs (Camavinga et Aït-Nouri). Ces deux-là ne seront donc pas présentés cette année, puisque trop « connus » aux yeux du grand public. On remercie aussi grandement le Formation FC, qui a gentiment accepté de prendre part à cette série d’articles.

Lille : Isaac Lihadji, (enfin) le bon moment

(Crédits : Foot 01)

Convoqué avec les U20 pour le prochain rassemblement, Isaac Lihadji sera surclassé. Né en 2002 à Marseille, l’ailier droit a deffrayé la chronique ces derniers mois en refusant de signer son premier contrat pro à l’OM. Immense espoir français, il a finalement décidé de signer au LOSC, malgré une foule de prétendants dans toute l’Europe. Mais pourquoi le néo-Lillois suscite autant de passion ? Déjà, parce que son talent intrinsèque, son niveau technique, est au-dessus du lot. Gaucher doté d’un bon pied droit, le joueur de 18 ans est un très bon dribbleur : que ce soit lancé ou à l’arrêt, même entre plusieurs joueurs, rien ne l’effraie, et il ressort très souvent balle au pied. Lihadji est aussi, et surtout, un ailier complet : capable d’être trouvé en profondeur, dans les pieds, capable de longer la ligne, de rentrer intérieur, de centrer … Le franco-comorien est capable de varier son jeu. Et si l’on ajoute à ça un sens du but assez aiguisé, on comprend pourquoi les supporters marseillais sont en colère contre lui depuis son départ.

Pourquoi c’est peut-être le bon moment ? S’il a quitté la Cannebière, c’est pour avoir du temps de jeu, ce qui laisse imaginer que des promesses ont été faites. Mais outre ces considérations contractuelles, Lihadji est un talent brut, Une vraie arme blanche capable de transpercer des défenses par sa vitesse et son explosivité. Donc un profil rare, à faire jouer et progresser.

L’avis du formation FC : Je suis très curieux de voir comment Lihadji va s’intégrer à l’environnement lillois. De ce que j’ai vu en préparation, il aura clairement sa chance cette saison. On peut toujours regretter son histoire avortée du côté de l’Olympique de Marseille, même si tout n’est pas blanc ou noir. Les deux parties n’ont pas su se mettre d’accord, et j’ai le sentiment que Lihadji est déjà passé à autre chose. Il m’avait impressionné lors de la Coupe du monde U17 au Brésil; notamment face à l’Espagne en quart de finale où il s’était montré intenable. Il possède tout le bagage technique et physique de l’ailier moderne, en plus d’avoir un très bon pied gauche et une réelle capacité à faire la différence en un contre un. Reste maintenant à confirmer en professionnel et je suis persuadé que Christophe Galtier trouvera les moments idéaux pour lui faire confiance dans l’élite.

Lorient : Brendan Lebas, prouver tort aux Girondins

Victime du rachat des Girondins selon lui, Brendan Lebas (Crédits : Formation Girondins)

« J’ai envie de m’installer au club en tant que leader en N2 et comme jeune joueur potentiel pour la L1. » La couleur est annoncée, les ambitions élevées. A tout juste 19 ans, Brendan Lebas veut montrer ses qualités. Surclassé lors de sa formation aux Girondins de Bordeaux, jusqu’à s’entraîner avec les pros à 17 ans, le rachat a tout changé pour lui. Les personnes qui croyaient en lui sont parties, et on lui a expliqué que son profil n’était pas celui qui était voulu par le club. Départ vers le Bretagne donc, où le jeune français pourra démontrer son abbatage, sa science de placement et sa couverture des autres milieux de terrains. Avec son coffre, son goût des duels et sa qualité de passe, Lebas est un milieu de terrain plutôt défensif, capable néanmoins de participer à la construction du jeu. Dans un profil différent, l’ex-girondin a « juste » à suivre les pas d’Enzo le Fée, d’un an son aîné, sensation du début de saison côté Lorientais.

Pourquoi c’est peut-être le bon moment ? Le directeur du centre de formation et entraîneur de l’équipe réserve des Merlus a confiance en lui. Si ses performances sont bonnes, la passerelle avec les pros se fera facilement.

Lyon : Rayan Cherki, monsieur frissons

69 la trick. (Crédits : Ol.fr)

Comme Lihadji, on l’avait déjà présenté l’an dernier. Rien de surprenant, tant ces deux-là sont d’immenses espoirs. La saison dernière, quand le marseillais végétait en réserve, Cherki se révélait avec les gones. 13 matchs avec les pros, 3 buts 2 passes décisives, et l’impression que les lyonnais tiennent un véritable crack. A 17 ans, il n’a jamais peur de jouer son jeu : provoquer, donner puis demander, recevoir le ballon au coeur du jeu. Constamment surclassé, le français est devenu cet été le plus jeune joueur à disputer une demi finale de Ligue des Champions. Un nouveau record de précocité pour celui qui avait, à 16 ans tout pile, marqué pour son premier match senior avec la réserve Lyonnaise, en N2. Avec sa rapidité d’éxécution, sa vision du jeu, sa domination dans les petits espaces, il peut être un véritable maître à jouer pour l’OL, et un véritable démon pour les défenses adverses.

Pourquoi c’est peut-être le bon moment ? Parce que les ailiers lyonnais se nomment Cornet et Traoré. Aussi parce que Rudi Garcia a mis la lumière sur l’académie lyonnaise, et qu’il semble, par conséquent, lui faire confiance.

L’avis du Formation FC : Comment ne pas s’enthousiasmer face à l’insouciance et aux étapes franchies à toute vitesse par ce nouveau joyau de l’académie lyonnaise ? On a encore pu le voir lors de son entrée en jeu à Dijon, il est totalement prêt pour le niveau professionnel. Son action en individuel avant d’offrir un caviar à Maxwel Cornet (qui n’a pas su convertir) est un délice. Maintenant, il faut voir de quelle manière Rudi Garcia va poursuivre son intégration, mais avec le départ annoncé d’Aouar et la méforme de Traoré, il a clairement des opportunités à saisir. En Youth League il était déjà au-dessus du lot. Sa titularisation en Coupe de France face à Nantes en janvier dernier avait prouvé qu’il n’avait pas froid aux yeux. Entre ses dribbles, sa capacité à accélérer mais aussi sa finition et sa qualité de passe, Rayan Cherki est déjà mature et on comprend pourquoi l’OL communique tant à son sujet, pour le mettre en avant comme sa future pépite.

Marseille : Marley Aké, faire oublier Lihadji

« On compte sur lui, il fera partie de l’effectif cette saison » André VIllas Boas sur Marley Aké. (Crédits: La Lucarne)

Depuis cet été, Marley Aké est un joueur à part entière de l’effectif professionnel de l’Olympique de Marseille. Aligné à plusieurs reprises en préparation ou le minot a inscrit quelques buts, son coach compte sur lui. Et pour cause, sa polyvalence offensive, appliquée sur ses qualités, a de quoi faire du bien aux Marseilais. Prise de profondeur, vitesse, bonne première touche, agilité et simplicité dans son jeu, l’ailier gauche de formation s’est aussi étoffé physiquement depuis l’an dernier, d’après ses coéquipiers. En plus de ça, Aké conserve son insouciance : au milieu du mois de Juillet, son slalom dans la défense du Bayern en match amical a affolé les réseaux sociaux. Le Marseillais a également récemment signé son premier contrat pro, qui court jusqu’en 2024. Aké peut être la relève de Kamara, dans lequel les jeunes de l’OM se reconnaissent et peuvent s’identifier.

Pourquoi c’est peut-être le bon moment ? Aké a ce qui ne ment pas : une bonne prise de balle. Son coach a confiance en lui, les supporters le veulent et le minot ne rêve que de jouer pour le club de son cœur. Le cocktail risque d’être sacrément goûteux.

Metz : Lenny Lacroix de Lorraine

Lenny Lacroix, déjà suivi par le Barca et la Juve. (Crédits : calciomercato.com)

Premier défenseur de cette cuvée 2020-2021, le français est encore un quasi-inconnu. Pour l’instant, puisque la chaîne Téléfoot en a fait l’un de ses sujets dans le cadre de son émission « La Ligue des Talents ». Le défenseur, né en 2003, a pourtant déjà été convoqué dans le groupe l’an dernier, quelques jours après avoir signé son premier contrat pro. Capitaine de l’équipe de France U17, le lorrain d’1m88 et 85 kg est une vraie promesse. Au cœur de sa défense, il allie solidité défensive (dominant dans les airs, anticipation et placement, timing de tacles), relance rapide et efficace, avec la bonne dose de prise de risques, et leadership (leader vocal, encouragements, exemplarité). Un temps convoité par la Juventus et le Barca, il confiait récemment le besoin de commencer en France, dans son pays, avant potentiellement de découvrir un autre pays. Une maturité soulignée par ses formateurs, qui appuient sur son attitude de joueur pro depuis son entrée au centre de formation, à 14 ans.

Pourquoi c’est peut-être le bon moment ? Au FC Metz, malgré des défenseurs de qualité, aucun ne possède le bagage technique de Lenny Lacroix. A son âge, la domination physique et technique qu’il démontre sur des adversaires plus âgés doit lui ouvrir les portes de l’équipe première.

Prochain épisode mercredi, où l’on parlera de Monaco, Montpellier, Nantes, Nice et Nîmes.

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