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TDF 2020 : Lopez – Pogacar, attention à la marche

Ils sont jeunes et découvrent pour la première fois la Grande Boucle, Miguel Angel Lopez et Tadej Pogacar font partie des attractions de cette 107e édition du Tour de France. Après avoir fait leurs classes dans d’autres grands tours, ils sont attendus performant sur la plus grande course du monde, avec un plateau bien plus relevé que nulle part ailleurs.

Expérience sur les grands tours

Miguel Angel Lopez (26 ans) et Tadej Pogacar (21 ans) sont deux coureurs au parcours bien différents avant d’arriver sur ce Tour de France 2020. Le Colombien a déjà disputé six grands tours quand le jeune Slovène n’a découvert les courses de trois semaines que lors du dernier Tour d’Espagne. Superman Lopez comme on le surnomme s’est révélé sur la Vuelta 2017, remportant deux étapes, le classement du meilleur jeune, et terminant à la huitième place du classement général. Dès l’année suivante, il fait mieux et termine sur le podium du Tour d’Italie et du Tour d’Espagne. En 2019, il déçoit quelque peu en ne finissant que septième du Giro et cinquième de la Vuelta alors qu’il était l’un des favoris à la victoire finale.

Tadej Pogacar est encore lui au tout début de sa carrière. L’an dernier, il a pris part au Tour d’Espagne 2019. Éclaboussant de son talent la course derrière son intouchable compère Slovène Primoz Roglic, il a terminé troisième, meilleur jeune et levé les bras à trois reprises. Impressionnant pour un gamin qui quelques jours plus tard a seulement fêté ses 21 ans. Talent précoce faisant partie d’une nouvelle génération de cracks du cyclisme mondial, Pogacar est devenu le plus jeune coureur à monter sur le podium d’un grand tour depuis le Tour d’Italie 1974.

Tadej Pogacar, troisième de la Vuelta 2019. (Photo : Oscar del Pozo, AFP)

Profils

Comme beaucoup de ses compères colombiens, Miguel Angel Lopez est un pur grimpeur. Depuis quelques années, il s’efforce de travailler ses qualités de contre-la-montre afin de ne pas avoir de grosses lacunes face aux grands coureurs du peloton, souvent très bon en montagne et sur l’effort solitaire. Superman le sait, pour espérer gagner un jour un grand tour, il faut avoir un certain niveau sur cet exercice. Et c’est pour ça que le natif de Pesca met toutes les chances de son côté afin de l’atteindre le plus rapidement possible. Lopez a fait de réels progrès comme le démontre sa cinquième place lors du contre-la-montre du Tour de l’Algarve.

Pogacar lui a déjà de grandes qualités en montagne et un niveau en contre-la-montre plus que correct. L’été dernier, il a surpris bon nombre d’observateurs en gagnant trois grandes étapes de montagne de la Vuelta, à la pédale face à des Lopez, Valverde, Quintana, Roglic et consorts. En plus, le Slovène est déjà plutôt à l’aise sur l’effort solitaire comme en témoigne cette année sa victoire lors de son championnat national du contre-la-montre face à la machine à rouler Primoz Roglic.

Pogacar vainqueur d’étape sur la Vuelta 2019 devant Roglic. (Photo : AFP)

S’il devait y avoir un point commun, c’est leur tempérament offensif. Les deux coureurs n’hésitent pas à attaquer et tenter de faire bouger les choses, un cyclisme très plaisant pour les spectateurs et téléspectateurs.

Saison 2020

Pour l’année 2020, Miguel Angel Lopez a commencé par une troisième place au classement général du Tour de l’Algarve derrière Evenepoel et Schachmann. Pour la reprise de la saison après la pause causée par le covid, il n’a pas été à son aise sur la Route d’Occitanie et le Mont Ventoux Dénivelé Challenges remporté par son équipier Vlasov. Il a fallu attendre le Critérium du Dauphiné pour voir le Colombien Lopez rassurant, terminant à une encourageante cinquième place.

Et devant lui à la quatrième place du Dauphiné, on a retrouvé… Tadej Pogacar. Le jeune Slovène avait commencé sa saison en remportant le classement général du Tour de la Communauté valencienne (+ 2 étapes) et a terminé second de l’UAE Tour (vainqueur de la 5e étape). À la reprise en juin, il a terminé deuxième de la course en ligne des championnats de Slovénie derrière Roglic. Quelques jours plus tard, il s’était vengé en l’emportant sur le contre-la-montre face à ce dernier. Comme Lopez et tous les favoris, Pogacar a fini sa préparation à la Grande Boucle sur les routes françaises. Quatrième du Dauphiné, il affiche de belles promesses à l’aube d’une grande boucle montagneuse.

Début sur le Tour de France

Les deux grimpeurs disputent donc leur premier Tour de France. Pour Lopez, cela fait des années qu’il patiente avant de faire son entrée sur le Tour. Ces dernières années, le patron d’Astana Alexandre Vinokourov lui préférait le danois Jacob Fuglsang pour mener la formation kazakhe. Cette saison, le double vainqueur du Dauphiné a fait du Tour d’Italie son grand objectif, laissant le champ libre au Colombien de découvrir pour la première fois la Grande Boucle. Comme il l’a dit lui-même chez nos confrères de Ciclismo International : « Ce sera ma grande première sur le Tour. L’idée est de débuter la course en tant que leader de mon équipe, mais sans me mettre la pression non plus, car je n’ai aucune connaissance de cette course”. Un Tour de découverte pour Superman, qu’on imagine toutefois ne pas hésiter à saisir sa chance si l’opportunité se présente dans ce parcours qui convient à ses grandes qualités de grimpeurs.

Miguel Angel Lopez, grimpeur d’exception. (Photo : AFP)

Les deux grimpeurs disputent donc leur premier Tour de France. Pour Lopez, cela fait des années qu’il patiente avant de faire son entrée sur le Tour. Ces dernières années, le patron d’Astana Alexandre Vinokourov lui préférait le danois Jacob Fuglsang pour mener la formation kazakhe. Cette année, le double vainqueur du Dauphiné a fait du Tour d’Italie son grand objectif, laissant le champ libre au Colombien de découvrir pour la première fois la Grande Boucle. Comme il l’a dit lui-même chez nos confrères de Ciclismo International : « Ce sera ma grande première sur le Tour. L’idée est de débuter la course en tant que leader de mon équipe, mais sans me mettre la pression non plus, car je n’ai aucune connaissance de cette course”. Un Tour de découverte pour Superman, qu’on imagine toutefois ne pas hésiter à saisir sa chance si l’opportunité se présente dans ce parcours qui convient à ses grandes qualités de grimpeurs.

Pogacar arrive lui aussi en tant que leader. Initialement équipier de luxe pour le sarde Fabio Aru, le Slovène est vite devenu l’option numéro 1 pour son équipe UAE Emirates. Avec une pancarte de crack d’une nouvelle génération dorée, il sera attendu par tous les observateurs de la planète cyclisme.

Une transition parfois difficile

Passer du Giro ou de la Vuelta au Tour de France, ce n’est pas une chose facile. Le plateau est plus relevé, le parcours plus dur, et la pression médiatique plus forte. Ces dernières années, ils sont nombreux à être venus décevoir sur le Tour de France après une grande performance de l’autre côté des frontières. Fabio Aru, l’équipier de Pogacar, en a justement fait les frais. À la sortie d’une saison 2015 exceptionnelle marquée par une seconde place sur le Giro et une victoire sur la Vuelta, il fait du Tour de France 2016 son grand objectif. Accompagné par un Vincenzo Nibali vainqueur du Tour d’Italie 2016, il ne pèse pas sur la course et n’accroche même pas un top 10, finissant à une triste treizième place. Il revint l’année d’après, finissant cinquième et portant deux jours le maillot jaune. Ce Tour 2017 reste la dernière belle performance de l’Italien sur une course de trois semaines. Esteban Chaves a aussi subi ce contre coup pour des raisons plus personnelles. À la sortie d’une seconde place sur le Giro 2016 et troisième place sur la Vuelta 2016, il débarque en 2017 sur la Grande Boucle avec une étiquette d’outsider du classement général. Affecté par le décès accidentel de sa physiothérapeute dont il était très proche, il finit à une soixante-deuxième place. Depuis, il n’a plus retrouvé le top 10 d’un grand tour. Comme autres exemples, on peut citer Ilnur Zakarin ou Enric Mas. Après avoir fait cinquième du Giro et troisième de la Vuelta 2018, le Russe revient pour la seconde fois sur la Grande Boucle, cette fois-ci en tant que leader. Au bout de trois semaines de course, il termine neuvième du classement général. Un place honorable, mais l’on aurait pu en attendre peut-être plus de la part du Russe. L’espagnol Enric Mas est venu sur le Tour de France 2019 en tant que leader après une magnifique deuxième place sur la Vuelta 2018. Éclipsé par l’épopée Julian Alaphilippe, il termine vingt-deuxième du Tour. Encore très jeune, il a néanmoins encore de belles perspectives d’avenir chez sa nouvelle équipe Movistar.

Cette année, le Tour de France et ses fans ont l’honneur de découvrir deux talentueux coureurs du cyclisme mondial. On espère voir Miguel Angel Lopez et Tadej Pogacar en réussite sur la Grande Boucle et avec leur tempérament offensif qu’on leur connaît. Arrivant avec une étiquette d’outsider, ils devront réussir leur transition Vuelta/Giro – Tour. Une transition pas toujours simple à réaliser ces dernières années, mais qui n’est pas non plus impossible. Demandez donc à Vincenzo Nibali.

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