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Au terme d’un match au scénario fou, Clermont bat difficilement Toulouse (33-30)

En supériorité numérique tout le match suite à deux cartons rouges toulousains, l’ASM a eu un mal fou à se défaire de Toulouse lors de la première journée du championnat. Une courte victoire avec un scénario incroyable qui reflète les difficultés auvergnates et met en valeur le mental toulousain.

Quel match ! Pour clôturer ce premier week-end de Top 14, Clermont et Toulouse nous ont offert une rencontre d’anthologie dont tout le monde se souviendra. L’ASM s’impose au bout du suspens (33-30) mais ne peut se satisfaire pleinement de cette victoire acquise face à 13 toulousains. Les coéquipiers de Romain Ntamack peuvent, eux, nourrir quelques regrets. Après avoir réalisé l’exploit de revenir au score malgré une double infériorité numérique, ils échouent à un rien de leurs adversaires du soir. Ugo Mola doit tout de même être rassuré par l’état d’esprit et l’engagement dont ont fait preuve ses protégés.

Toulouse a d’abord vu rouge

Il n’y avait pas encore eu de carton rouge cette saison en Top 14, le Stade Toulousain a réussi l’exploit d’en prendre 2 en l’espace d’un match. Pourtant, les sudistes n’avaient pas besoin de ça au vu de la première période. Dans un match assez ouvert où turnovers et plaquages manqués n’ont pas manqué, les derniers champions en date ont d’abord souffert face au jeu clermontois. Trop de pénalités concédées et le Stade se retrouve mené 6-0 dès la 9ème minute de jeu. Et ce, non sans avoir évité un essai qui semblait tout fait, suite à une pénalité vite jouée par l’ancien de la maison, Sébastien Bézy (8’).

C’est presque miraculeusement que les toulousains profitent (déjà) de la fébrilité clermontoise. Lopez veut dégager son camp au pied mais est contré par François Cros. Au terme d’un beau sprint et après un coup de pied, le 3ème ligne centre du jour s’en va aplatir le premier essai du soir (15’). De son côté, Ntamack rate déjà son deuxième coup de pied et Clermont reste devant (6-5). Le match devient alors plus physique et Clermont tente d’enfoncer le pack de Toulouse sur ballon porté. Les rucks sont aussi âprement disputés, parfois à la limite de la légalité, des tensions se font d’ailleurs sentir. À la 24ème minute, première intervention de M. Raynal qui sanctionne Marchand et ses coéquipiers suite à un ballon porté. Carton jaune et essai de pénalité (13-5) : Toulouse est en infériorité numérique et le reste alors tout le match.

La rencontre prend alors un tournant particulier. Clermont profite des fautes incessantes de son adversaire et continue de jouer. Lopez touche le poteau sur une pénalité (29’) mais Tauzin commet un en-avant dans son en-but. Suite à la mêlée, l’ouvreur clermontois s’en va à l’essai et fait le break (20-5). Mais sur cette action, le pourtant expérimenté Tekori assène un coup de coup largement évitable à Fritz Lee. La sanction est logique, Carton rouge pour le deuxième ligne qui laisse ses coéquipiers à 13. 

À l’envie, les toulousains tentent de recoller mais sont refoulés par les clermontois qui prennent un contrôle total sur le match, notamment au niveau de la conquête. Après une énième pénalité suite à un ballon porté, Lopez alourdit le score à 23-5 avant la mi-temps. Personne ne voit alors Toulouse revenir. Mené logiquement, à 13, et sans victoire à Clermont depuis 18 ans, le suspens n’est plus là. C’était sans compter sur le coup de main de Clermont. Les Auvergnats débutent la deuxième mi-temps à l’envers et laissent les visiteurs revenir au score avec l’essai d’Elstadt (43’, 23-12).

Vient ensuite un nouveau coup de théâtre. M.Raynal inflige un deuxième carton rouge aux toulousains suite à un plaquage considéré comme haut et à l’épaule de la part de Richie Arnold (50’). Même si cela peut sembler sévère, cette expulsion n’est que la traduction exacte des directives que sont données aux arbitres pour cette nouvelle saison. De son côté, Lopez continue de capitaliser suite à la pénalité (26-12). Mais cette nouvelle expulsion permet aux toulousains de montrer leur caractère et leur force collective. Clermont est, à son tour, beaucoup trop pénalisé et enchaîne les erreurs incompréhensibles. Elstadt signe un doublé et relance son équipe (54’), avant qu’Iturria n’enchaîne 3 fautes de suite et laisse Ntamack redonner de l’espoir aux visiteurs (26-22).

Le bouquet final d’un match fou…

De retour dans le match, les toulousains jouent sans complexe et les clermontois doutent. Plus rien ne va pour les jaunards qui sont à leur tour sous pression et réduits à 14 après le carton jaune de Biziwu. Ntamack continue sa remontée et il n’y a plus qu’un point d’écart  (26-25) ! La partie devient totalement folle et Toulouse croit faire le plus dur au terme d’une action exceptionnelle (68’). Tout part d’un ballon chaud dans le camp toulousain. Thomas Ramos réussi un geste incroyable de sang-froid pour relancer son équipe : une passe entre les jambes devant son en-but pour Ntamack. Vient ensuite une percée de Lebel qui trouve du soutien intérieur avec Dupont qui termine en terre promise. Un essai magnifique qui permet à Toulouse de passer devant (26-30).

« C’est frustrant, échouer si près du but, c’est compliqué. En deuxième mi-temps, on revient avec ce qu’on a entre les jambes. »

Romain Ntamack

Malgré ce retournement de situation, Clermont ne se dégonfle pas. Quasiment sur l’engagement, les locaux profitent du surnombre pour lancer George Moala sur orbite. Le centre all-black résiste à la défense et marque sur la gauche des poteaux. Lopez transforme (33-30). Une attaque-défense s’installe alors pour les 10 dernières minutes du match. Pénalisés, alors qu’il n’y a que 3 points d »écart, les Clermontois sont sous la menace toulousaine. Mais Ramos, choisit la pénaltouche. Le ballon est récupéré par Pélissié mais directement perdu suite à une mêlée. L’action se poursuit et Dupont envoie Ntamack à l’essai. Malheureusement pour lui, il voit son essai refusé par M. Raynal, qui considère que l’ouvreur est plaqué avant la ligne et devait lâcher la balle. Clermont se dégage mais perd la touche avant d’être à nouveau pénalisé. Contre la volonté de Mola, Ntamack prend la pénaltouche. Mal lui en prend puisque un en-avant est commis. Le match se conclu donc sur ce score de 33-30. 

Clermont heureux de ne pas perdre

Il ne faut pas se tromper. Clermont ne doit pas se réjouir de cette victoire. Être autant bousculé par une équipe qui a écopé de deux cartons rouges, ce n’est pas normal. Au fur et à mesure du match, la fébrilité clermontoise s’est fait sentir et cela n’annonce rien de bon pour la suite. Côté recrues, Matsushima était très attendu mais n’a tenu que très peu de temps. Titulaire, l’arrière s’est illustré dès le début du match après une percée flamboyante et un beau jeu au pied. Mais une blessure aux adducteurs l’oblige de sortir du terrain dès la fin du premier quart d’heure. Bézy s’est mis en rythme avec 49min de jeu et s’est montré sobre, avec à son actif une pénalité jouée rapidement qui débouche sur les premiers points du match. Fourcade a lui perdu son premier ballon avant de profiter de l’avancée de son pack en première mi-temps. Il est remplacé par Pélissié qui a eu des problèmes en conquête. Côté toulousain, Kolbe est sorti en boitant. À suivre…

Toulouse et Clermont nous ont offert un match d’anthologie dès la première journée de ce championnat. Une victoire clermontoise qui ne doit pas gommer tous les problèmes des jaunards. Une défaite toulousaine qui ne doit pas gommer tous les efforts et l’engagement des stadistes. La suite la semaine prochaine.

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