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TDF 2020 : Le baromètre des Français à la mi-course

De la joie, de la tristesse et des surprises nous ont accompagné dans cette première partie de Tour de France. Aujourd’hui à mi-course, la Grande Boucle arrive à Poitiers – siège du Café Crème Sport – pour la première fois depuis l’édition 1978 et la victoire de Sean Kelly. L’occasion de se poser et faire le bilan côté français à l’aube des grandes batailles alpestres.

Alaphilippe répond aux attentes, Peters refait des siennes

Il avait une énorme pancarte sur le front et n’a pas déçu. Dès le deuxième jour, Julian Alaphilippe a levé les bras et enfilé la tunique jaune après une attaque dans la dernière difficulté d’une étape au dénivelé important. Après une pénalité (prise de bidon non autorisé) de 20 secondes lors de la cinquième étape menant à Privas, il a regrettablement perdu son maillot jaune au profit du Britannique Adam Yates. Cette tunique, il aurait sûrement pu la garder jusqu’à l’entrée des Pyrénées. Un épisode évitable mais qui n’enlève en rien la belle première moitié de Tour de Julian Alaphilippe. 

Comme en 2019, Julian Alaphilippe a regoûté au maillot jaune. (Photo : Marco Bertorello/AFP)

Un autre Français s’est mis en évidence et a dompté les pentes pyrénéennes, il s’agit de Nans Peters. Déjà vainqueur d’une belle étape de montagne sur le Giro 2019, le coureur d’AG2R La Mondiale n’a pas attendu longtemps pour lever les bras dès sa première participation à la Grande Boucle. Après être parti dans la descente du port de Balès, lâchant le russe Ilnur Zakarin qui selon lui “descend comme une chèvre”, il a réalisé une très belle ascension de Peyresourde pour s’imposer en costaud à Loudenvielle.

Débuts très encourageants pour Martin et Bardet

Dans l’ombre du médiatique potentiel vainqueur du Tour Thibaut Pinot, deux grimpeurs à la trajectoire différente sont arrivés discrets au départ de cette 107e édition de la Grande Boucle. Guillaume Martin, 27 ans, nouveau venu chez Cofidis et en constante progression sur les routes du Tour de France depuis 3 ans. Romain Bardet, deux fois sur le podium du Tour (2016,2017) et qui a eu un peu plus de peine à suivre les meilleurs en montagne lors de la dernière édition.  Ces deux coureurs réalisent une formidable première moitié de Tour. Guillaume Martin (3e à 28 secondes) et Romain Bardet (4e à 30 secondes) ont su éviter les pièges des bordures de l’étape de Lavaur et être constant dès que la route s’est élevée.

Guillaume Martin provisoirement sur le podium du Tour de France 2020. (Photo : B. Papon/L’Équipe)

Un Pinot hors course pour le général

Cité à juste titre comme l’un des candidats au podium (voire à la victoire) sur ce Tour de France, Thibaut Pinot a vécu une première partie de Tour galère. Tombé lors de la première étape, il ne s’est pas remis de sa chute et a perdu toute chance de classement général dès la première étape Pyrénéenne menant à Loudenvielle. Le lendemain dans le début d’étape menant à Laruns, il a tenté de se refaire la cerise en partant à l’avant de la course. En vain, il a fini par exploser dans le col de la Hourcère. Il est aujourd’hui 24e du classement général à 28’32’’ de Primoz Roglic.

Benoît Cosnefroy dans la course aux petits pois

Décidément, le début de Tour de France de la formation AG2R la mondiale n’est pas loin d’être exceptionnel. Avec la victoire d’étape de Nans Peters et le très bon classement général de Romain Bardet, un autre coureur de l’équipe française s’est fait remarquer. Il s’agit de Benoît Cosnefroy. Au fil des étapes, il s’est lancé dans la chasse aux pois et porte depuis la deuxième étape la tunique de meilleur grimpeur. Au total, il cumule à 36 points contre 31 pour son poursuivant Nans Peters et 26 pour la sensation suisse Marcel Hirschi.

Benoit Cosnefroy vêtu du maillot à pois. (Photo : AG2R La Mondiale)

Des Men In Glaz qui pointent le bout de leur nez

Invitée pour la première fois sur la plus grande course du monde, la formation B&B Hotels-Vital Concept compte bien si possible ramener un beau bouquet du côté de la Bretagne. L’équipe est en vue depuis le début de ce Tour. Pierre Rolland a montré qu’il avait des fourmis dans les jambes en attaquant à Orcières – Merlette tandis que le sprinteur Bryan Coquard a terminé troisième de l’étape de Lavaur. A coup sur, les hommes de Jérôme Pineau se donneront les moyens de triompher sur cette 107e édition du Tour de France.

Quelles ambitions pour la suite ?

Cette première moitié de Tour de France a pu redessiner les ambitions de nos coureurs et formations tricolores. Guillaume Martin et la Cofidis vont continuer à espérer un excellent classement général pour son grimpeur, tout en tentant d’aller remporter une première étape sur les routes du Tour depuis 2008. L’équipe AG2R La Mondiale a elle déjà réussi son Tour en remportant une étape. Elle espère un Romain Bardet dans une position élevé au classement général et continuer sa lutte pour le maillot à pois avec Cosnefroy. Plus dans le coup pour le classement général, le formation Groupama-FDJ va pouvoir se donner à fond dans la chasse aux étapes avec un groupe de qualité comportant de nombreux bons grimpeurs. Arkéa-Samsic va devoir continuer d’entourer son leader colombien Nairo Quintana (5e du classement général à 32 secondes) malgré l’abandon de Diego Rosa. B&B Hotels-Vital Concept va continuer dans sa lancée de la première semaine alors que l’équipe Total Direct Energie avec l’abandon de son leader Lilian Calmejane, a peu de choses à espérer dans cette fin de Tour.

Avant la terrible troisième semaine, le Tour de France nous a déjà livré de nombreux enseignements. Certains ont changé leur fusil d’épaule et vont devoir viser les victoires d’étapes tandis que d’autres, profitant d’un début de Tour parfait, peuvent rêver d’un podium sur les Champs-Elysées. Beaucoup de possibilités sont encore présentes pour des coureurs français qui devraient animer cette fin de Tour de France.

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