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Tout savoir sur la première saison de Nationale

Le 13 septembre s’ouvre la première saison de la Nationale. Compétition créée par le fruit d’une collaboration inédite entre la FFR et la LNR, elle constitue le troisième échelon national du rugby français, ce qui en fait une véritable antichambre des divisions professionnelles. Deux ans après la mort de la poule Élite, à quoi doit-on s’attendre pour la première édition de cette compétition ? (image : Le DL /Fabrice HEBRARD)

Une nécessité de longue date

La Nationale vient combler un manque depuis longtemps pointé du doigt dans le rugby français. Elle doit servir d’intermédiaire entre la Fédérale 1 et la Pro D2. Trop souvent, les équipes promues dans l’antichambre du Top 14 ne parviennent pas à y exister, le niveau d’exigence entre le rugby amateur et le rugby professionnel étant jugé trop important. En 2016, un premier pas est fait avec la création de la poule Élite. Les clubs de Fédérale 1 éligibles à la montée en Pro D2 sont réunis dans cette poule censée les préparer au niveau professionnel. L’expérience est un échec et ne dure que deux saisons. Trop de clubs ne répondant pas au cahier des charges de la Pro D2. En 2018, la Fédérale 1 revient finalement à son ancien format, créant de facto un championnat à deux vitesses. Budgets déséquilibrés, scores fleuves, risques éventuels pour la santé des joueurs… les problèmes sont nombreux et profonds dans une compétition regroupant des clubs équipés comme des professionnels et des clubs encore amateurs. En juin 2020, la FFR et la LNR officialisent donc leur rapprochement pour donner existence à cette nouvelle entité.

L’US Bressane et le RC Narbonne font partie des favoris à l’accession en Pro D2.

Un format inspiré du Top 14

14 clubs s’affrontent sur un format classique de 26 journées, des phases finales inspirées du Top 14 avec des barrages pour les clubs classés de la 3ème à la 5ème place et une qualification directe pour les demi-finales pour les 2 premiers du classement. Des demi-finales qui se disputent en match aller-retour avant la finale qui permet au vainqueur de décrocher le titre de champion de France.

À la fin de la saison, il y a 2 montées en Pro D2 et 2 relégations en Fédérale 1. Pour pouvoir prétendre à la montée, il faut être finaliste de la compétition. Si les 2 finalistes remplissent l’intégralité du cahier des charges relatif aux conditions d’accession (composé de nombreux critères financiers et structurels tels qu’un budget et un fonds de réserve minimaux, la quantité des effectifs en catégories jeunes, etc.), ils peuvent monter en Pro D2. Si l’un des clubs finalistes ne les remplit pas, il n’y a qu’une montée et donc une seule descente de Pro D2. Si aucun des finalistes ne peut monter, il n’y a pas de descente de Pro D2. Le vainqueur de la finale décroche tout de même le titre de champion.

Ce principe est le même pour les descentes en Fédérale 1 et les montées en Nationale. En Fédérale 1, les clubs en position de monter peuvent renoncer à l’accession à la division supérieure sans être sanctionnés. Saint-Jean-de-Luz, Mauléon, Vienne et Trélissac ont d’ailleurs refusé leur intégration.

La saison régulière débute donc le week-end des 12 et 13 septembre. La phase aller s’étend jusqu’au 19/20 décembre. Après les fêtes de fin d’année, la phase retour reprend les 9 et 10 janvier. Pour une fin de saison prévue le 24/25 avril. Après un week-end de repos, les phases finales commencent avec les barrages, prévus les 8 et 9 mai prochains. Suivront les demi-finales, dont le match aller se dispute le 15/16 mai avant un retour le week-end suivant (22/23). La finale a lieu le 29 ou 30 mai.

14 clubs pour 2 places

La FFR avait retenu 18 clubs sur la base du dernier classement de Fédérale 1, ceux-ci avaient trois jours pour se positionner en faveur ou non de l’intégration de leur équipe dans ce championnat. Comme mentionné plus haut, 4 clubs ont répondu par la négative à la proposition de la Fédération. Le championnat se jouera donc à 14, voici les équipes qui participeront à sa première édition :

Sporting Club Albigeois, 1er de la Poule 3 de Fédérale 1 en 2019/20.
Rugby Club Massy Essonne, 1er de la Poule 1.
Union Sportive Bressane Pays de l’Ain, 1er de la Poule 2.
Union Cognac Saint-Jean-d’Angély, 1er de la Poule 4.
Blagnac Rugby, 2ème de la Poule 3.
Racing Club Narbonnais, 2ème de la Poule 2.
Stade Dijonnais, 2ème de la Poule 1.
Union Sportive Dacquoise, 2ème de la Poule 4.
Stade Niçois Rugby, 3ème de la Poule 2.
Stado Tarbes Pyrénées Rugby, 3ème de la Poule 3.
Rugby Club Suresnes Hauts-de-Seine, 3ème de la Poule 1.
Rugby Club Aubenas Vals, 4ème de la Poule 2.
Club Sportif Bourgoin-Jallieu Rugby, 5ème de la Poule 2.
Stade Olympique de Chambéry Rugby, 4ème de la Poule 1.

La carte de France des clubs de Nationale pour cette première édition 2020/21.

Quelles sont les forces en présence ?

Quand on demande à Marc Delpoux, coprésident du RC Narbonne, qui sont les grands favoris de la compétition, il répond sans hésitation « Bourg-en-Bresse, Albi, Massy et Bourgoin. Même si nous n’avons fini qu’à six points d’eux, les Bressans ont survolé le championnat la saison dernière, qui plus est dans ce que certains appelaient la poule de la mort. Nous visons une place dans les 6 premiers ». Derrière, des outsiders commencent à se montrer. Nice, auteur d’un recrutement impressionnant, et Cognac Saint-Jean-d’Angély, désormais dirigé par Fabrice Landreau, viendront jouer les trouble-fêtes. Blagnac, Dijon, Aubenas et Chambéry sont des valeurs sûres de la Fédérale 1. Habituées à jouer le haut du tableau de la division, ces formations devront toutefois s’adapter au rythme et à l’intensité d’une nouvelle compétition. La surprise peut venir de Tarbes qui, après avoir connu de sérieux déboires extra-sportifs, veut repartir de l’avant. L’US Dax du président Benoît August a restructuré son staff cet été et a, elle aussi, les moyens de relever le défi de la Nationale. Le RC Suresnes est un club en constante progression et continue à se développer sous l’impulsion du nouveau coordinateur général Mathieu Blin.

On le voit, ce n’est pas l’ambition qui manque en Nationale. Mais le fiasco de la poule Élite peut-il se reproduire ? La FFR semble avoir pris la mesure des conditions posées par les présidents de clubs en termes de soutien financier. Le championnat se déroulera sous la tutelle de la fédération. Néanmoins, ne s’est-on pas un peu précipité ? Initialement, la création de la Nationale ne devait avoir lieu qu’en 2021/22. Elle est avancée en raison du gel des compétitions et de l’absence de montées en Pro D2. Promettre la construction immédiate d’un pont entre la Fédérale 1 et la Pro D2 est surtout un moyen de faire passer la pilule aux clubs déçus.

La Nationale a tout pour être une réussite. Les clubs engagés présentent tous le même objectif, celui d’accéder au rugby professionnel. Le niveau devrait donc être relativement homogène et des oppositions intéressantes avoir lieu chaque week-end. Gageons que les polémiques politico-financières – sempiternelles en Fédérale 1 – ne prennent pas le pas sur le terrain et que le spectacle soit au rendez-vous, afin d’offrir à cette division intermédiaire la place qu’elle mérite dans le paysage rugbystique français.

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