Sélections nationales

Le Danemark : une nouvelle génération prometteuse

Il y a quelques jours, le nouveau sélectionneur Kasper Hjulmand a fait ses débuts sur le banc de la sélection danoise. Les résultats n’ont pas été probants, mais les espoirs sont nombreux. L’ancien entraîneur du FC Nordsjælland est un adepte du jeu offensif. S’il réussit à mêler la nouvelle génération à celle déjà établie, le mélange peut être très intéressant. Le défi de Hjulmand est grand, mais réalisable. Surtout si les jeunes parviennent à s’intégrer rapidement.

Daniel Wass fut le meilleur joueur danois face à l’Angleterre le 8 septembre dernier. (Daniel Wass face au LOSC lors de la C1 2019-2020. Crédits : ronaldo.com)

La Ligue des Nations, une compétition où le Danemark peut expérimenter

Durant l’automne 2018, le Danemark avait réussi à terminer premier de son groupe de la Ligue B de la LDN. Sans convaincre réellement, la sélection, à l’époque, de Åge Hareide avait battu deux fois le Pays de Galles et avait fait nul également deux fois contre l’Irlande. Ainsi, les danois se sont qualifiés en Ligue A, là où sont réunies les meilleures nations européennes. C’était le signe que le Danemark voulait être ambitieux.

Entretemps, les sélections se sont préparé à un Euro qui s’annonçait spectaculaire. Malheureusement, il fut reporté et l’échéance internationale à venir était la deuxième édition de la Ligue des Nations. Le 3 mars 2020 eut lieu le tirage de celle-ci et le Danemark a hérité d’une poule relativement abordable, car il peut se maintenir. L’Islande sera son principal adversaire, car la Belgique et l’Angleterre restent bien évidemment pour le moment supérieurs à Christian Eriksen et ses coéquipiers.

C’est en grande partie grâce à Christian Eriksen que le Danemark termina premier de sa poule de Ligue des Nations 2018-2019. (Crédits : footballnews24.it)

C’est ce qu’il s’est passé durant les deux premières journées puisque Kasper Hjulmand a dû affronter d’emblée les deux gros de la poule. Après une défaite 2-0 face à la Belgique et un nul 0-0 face à l’Angleterre, deux fois à domicile, le Danemark semble armé pour finir troisième de sa poule devant l’Islande. Le prochain match sera d’ailleurs le match aller en Islande le 11 octobre.

Le Danemark a manqué offensivement puisqu’elle n’a ni marqué face à la Belgique ni face à l’Angleterre. Elle aurait mérité de marquer, mais il y a un manque de créativité dans ce secteur. Pourtant, le talent ne manque pas, mais il n’y a pas encore d’automatismes et il faudra du temps pour que les joueurs adhèrent à la philosophie de leur nouveau sélectionneur. Lors de la défaite 2 à 0 face aux belges, c’est le milieu de terrain fraîchement transféré à Tottenham, et formé au Bayern Munich, Pierre-Emile Højbjerg qui fut le meilleur. Il a déjà 25 ans, mais représente ces jeunes joueurs danois qui ont déjà un peu d’expérience au plus haut niveau. Il a beaucoup progressé à Southampton depuis son arrivée en 2016 et c’est pour cela que Tottenham est allé le chercher pour 16 millions d’euros. Il fait partie de ces joueurs sur lesquels Hjulmand va compter dans les mois et peut-être les années à venir.

Pierre-Emile Højbjerg, le nouveau joueur de Spurs, devrait franchir un cap cette saison. (Crédits : de.nachrichten.yahoo.com)

Face aux anglais, le collectif fut meilleur et c’est Daniel Wass qui fut le meilleur danois. Les seules situations offensives danoises furent initiées par ce dernier et ses nombreux centres. Wass fait partie des plus vieux au sein de cette sélection. Il est vrai qu’il ne compte pas beaucoup de capes, car ces dernières années, les meilleurs danois ont évolué en défense, mais à 31 ans, le joueur de Valence est prêt pour faire partie des leaders de sa sélection.

Kasper Hjulmand, un sélectionneur pas si inconnu…

Il fut celui qui apporta le premier et unique titre de champion du Danemark à Nordsjælland. C’était en 2012 et à l’époque c’était une très grande surprise pour tous les observateurs du football danois. Ce fut un exploit et l’année suivante, on se rappelle que lui et ses hommes étaient allés défier la Juventus et Chelsea durant la phase de groupe de la Ligue des Champions 2012-2013.

Kasper Hjulmand fut d’ailleurs sacré meilleur entraîneur du Danemark en 2012 et 2017. Adepte de Guardiola et du jeu offensif, Hjulmand espère faire jouer le Danemark de la même façon comme il a réussi, par moment, à le faire avec Nordsjælland. Le problème est qu’il manque d’expérience. En témoigne son passage à Mayence en 2014-2015. Arrivé à l’été 2014, jouissant de ses bons résultats au Danemark, la Bundesliga lui tend les bras espérant accueillir un entraîneur talentueux et aux idées bien ancrées. Le problème est qu’il n’a pas du tout réussit à faire passer son message et le défi était peut-être trop grand. Limogé en février 2015, il attend un an pour retrouver un banc. C’est ainsi qu’il revient à Nordsjælland espérant continuer à écrire l’histoire d’un club qui ne demande que ça.

Malgré cet échec, il jouit d’une belle côte dans son pays et il peut apporter le succès à la sélection danoise, d’autant que le talent ne manque pas. C’est tout nouveau et il faudra du temps à cet entraîneur danois de 48 ans pour convaincre.

Mais qui sont ces futurs talents ?

Pour le poste de gardien, les appelés sont de vieux briscards, notamment Kasper Schmeichel. A bientôt 34 ans, il devrait prochainement rendre les gants, et le prochain grand gardien, même s’il n’est pas assuré d’être le numéro 1 incontesté d’ici quelques années, est Daniel Iversen. Né en 1997, il appartient à Leicester depuis 2016 et est prêté cette saison à Louvain en première division belge. Il devrait donc progressivement grimper les échelons.

En défense, Andreas Christensen apparaît comme le futur taulier. Il progresse difficilement à Chelsea, mais son niveau devrait lui permettre d’enchaîner les capes dans les années à venir. Il y a plusieurs autres joueurs qui ont moins prouvé, mais progressent et seront amenés très bientôt à jouer avec les A. Il s’agit de Joakim Mæhle (Genk), Rasmus Nissen Kristensen (RB Salzburg), Andreas Poulsen (Borussia Mönchengladbach) et Victor Nelsson (Copenhague).

Victor Nelsson est l’un des joyaux du FCK. (Crédits : fmmvibe.com)

Au milieu de terrain, le talent est plus grand. Nous avons Mikkel Duelund qui joue au Dynamo Kiev et qui peut joueur aussi bien numéro 8 qu’au poste d’ailier. Il y a aussi Mikkel Damsgaard qui a été transféré à la Sampdoria en janvier dernier et qui vient seulement d’arriver en Italie.

Enfin, les plus prometteurs sont en attaque. Parmi eux, il y a le plus connu Kasper Dolberg. Le niçois a très bien commencé sa saison 2020-2021 et nul doute qu’il devrait s’imposer comme l’un des meilleurs attaquants de son pays dans les années à venir. D’autres sont moins connus et méritent davantage de visibilité. Il y a Robert Skov qui évolue en tant que latéral à Hoffenheim, mais est un joueur offensif initialement. Nous avons à Bologne Andreas Skov Olsen qui n’est pas encore appelé régulièrement en A, mais il progresse doucement en Italie. Il y a également un autre danois qui évolue en Allemagne, c’est Jacob Bruun Larsen. Formé à Dortmund, il est parti à Hoffenheim espérant jouer davantage. Les deux derniers joueurs sont nés en 1999 et 2002. Tous deux évoluent au FC Copenhague. Il s’agit de Jonas Wind et Mohamed Daramy. Ils sont numéro 9 et sont les deux plus gros espoirs danois. La saison dernière, ils ont gagné du temps de jeu et sont amenés à être appelé en sélection dans les mois à venir.

Mohamed Daramy est sierra-léonais d’origine et tout le Danemark qu’il choisira son pays natal. (Crédits : fck.dk)

Cette sélection du Danemark ne possède peut-être pas la génération la plus talentueuse de son histoire, mais si le projet qui est train de se construire aboutit, il se pourrait que Hjulmand réussisse à faire du Danemark une très bonne nation européenne. D’ici-là, l’Euro 2020 l’été prochain sera un très gros test pour lui et les joueurs danois.

(Crédits photo de couverture : berlingske.dk)

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