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Génération Parker: cette fois-ci, c’est vraiment la fin

Florent Piétrus est bien l’un des derniers de la Génération Parker à avoir rangé ses baskets : à 39 ans et 230 sélections en équipe de France, l’international Français a décidé de mettre un terme à sa carrière. Comme l’un des symboles de cette génération dorée du basket français, le choix du Guadeloupéen insiste sur le fait que la génération Parker a bel et bien pris fin. Avec toujours pleins de souvenirs en tête à se remémorer.

Tony Parker, Boris Diaw, Ronny Turiaf, les frères Piétrus … Tous ces joueurs de la génération 81/82/83 ont décidé de prendre leur retraite respective. Seul Mickael Gelabale reste encore en activité avec son club, l’Élan sportif chalonnais. Première équipe à remporter un titre majeur avec l’équipe de France, cette dernière a marqué les esprits par son talent et son envie. L’occasion de revenir sur cinq grands moments de cette génération qui ont marqué l’histoire du basket français.

2001: la fin d’une génération, le début d’une autre

En 2001, on peut parler des prémices de la génération Parker. Tony Parker, tout juste médaillé au championnat d’Europe des moins de 18 ans en Croatie, fait ses premiers débuts avec l’équipe A. Aux côté de Laurent Sciarra ou encore d’Eric Micoud, TP vit ses premières rencontres sous le maillot tricolore. Cette année-là, la France est directement qualifiée pour le championnat d’Europe en Turquie, après une belle médaille d’argent aux Jeux Olympiques de Sydney. L’objectif est alors de surfer sur cette bonne dynamique, et de rapporter une deuxième médaille d’affilée.

Mais les choses ne se passeront pas comme prévues. Le mélange entre les anciens et les nouveaux n’amènera pas l’énergie espéré. Pour le pivot Cyril Julian, c’était à prévoir « Quand vous vivez en famille, et qu’on vous dit qu’on va vous mettre quelqu’un d’autre, c’est dur pour que l’alchimie prenne. On a mis un peu trop de temps à se sortir de ce qu’on avait pu réaliser à Sydney, on est passés à côté de notre Euro ». La France termine sixième de cet Euro, après une défaite en quarts de finale, face à l’Allemagne de Dirk Nowitzki (77-81). Malgré tout, avec du recul, cette compétition sonne l’heure du renouveau, du changement. Les Diaw, Piétrus et compagnie frappent de plus en plus fort aux portes de l’équipe de France. Tandis que Parker, à seulement 19 ans, est déjà prêt à prendre les rênes de l’équipe, pour une quinzaine d’années encore.

2005: l’exploit contre la Serbie, la claque contre la Grèce

En 2005, la génération Parker, ou bien la génération dite dorée, a bel et bien pris le relais de celle vice-championne olympique à Sydney. Boris Diaw, Tony Parker, Florent et Mickaël Piétrus sont devenus les maîtres à jouer de cette équipe tricolore, ajouté au retour d’Antoine Rigaudeau en Bleu. Lors du championnat d’Europe en Serbie, l’équipe de France remporte une belle médaille de bronze, après avoir éliminée, en barrage, l’équipe championne du monde en titre, la Serbie-Monténégro, et la Lituanie, en quart.

Cet euro restera dans les annales du basket français grâce malheureusement à ce match perdu contre la Grèce, en demi-finale. Alors qu’elle pensait avoir un pied en finale, en menant de 7 points à 42 secondes de la fin, l’équipe de France va se faire rejoindre à la toute fin de la rencontre. Pire que ça ! Les bleus seront éliminés après un tir à 3 points au buzzer, d’un certain Diamantidis. Pour se consoler, les Français battront les Espagnols lors de la petite finale (98-68) et remporteront sa première médaille européenne depuis 1959. Pour Antoine Rigaudeau, cette rencontre face à l’Espagne était bien sa dernière apparition sous le maillot des Bleus. Selon le meneur « Si vraiment y’a eu une passation, c’est à ce moment-là qu’elle s’est faite. Où ceux qui allaient continuer l’aventure ont pris les choses en main », en ajoutant que « C’est une génération qui a envie, de l’ambition, et la capacité de travailler dur« .

Diamantidis s’envole pour tirer et s’apprête à marquer un panier qui restera dans les annales du basket européen (Crédits: https://athlometrix.com)

2007: le rendez-vous manqué en Espagne

En 2007, le championnat d’Europe en Espagne résonne comme l’un des plus mauvais souvenir de cette génération. Symbole de ce passage à vide : la prise de bec entre Tony Parker et le célèbre commentateur George Eddy. Après une élimination en quarts de finale face à la Russie, G. Eddy regrette le manque d’envie de cette équipe qui montre de plus en plus une certaine suffisance à l’approche des matchs. Et pour cause, les bleus ne seront pas capables de remporter au moins une des deux rencontres face à la Croatie ou la Slovénie, victoire synonyme de qualification pour le prochain Euro. Au micro de Canal Plus Sport, George Eddy fera comprendre au meneur ce qu’il ne va pas dans cette équipe. Tony Parker, agacé, n’hésitera pas à répondre à George Eddy dans une séquence de télévision qui aura marqué les esprits « Tu parles comme si t’avais joué en NBA et que t’avais eu une grande carrière.« 

Bref, revenons à nos moutons: le jeu. En effet, cette équipe semble en manque d’envie lors de cette compétition. Cet été-là, les joueurs sont sûrement plus concentrés à leur carrière en club, plutôt qu’à celle en équipe nationale. De plus en plus de joueurs arrivent à un tournant puisque beaucoup s’expatrient de l’autre côté de l’Atlantique, en NBA. Cette année-là, Tony Parker remporte son troisième titre NBA avec les Spurs de San Antonio. Boris Diaw est lui un joueur des Suns de Phoenix tandis que Mike joue, à l’époque, pour les Warriors de Golden State et Ronny Turiaf avec la franchise des Lakers. Cette première « génération NBA » amène tout de même beaucoup d’envie, chez les jeunes qui sont, en 2007, encore à l’INSEP. Edwin Jackson a encore que 18 ans et se remémore l’impact de cette génération 82 « Pour nous tous, Nicolas (Batum), Antoine (Diot) et tous les mecs de nos âges à travers le monde, ils nous ont donné de l’espoir. C’est grâce à eux qu’on s’est dit que c’était possible ».

Nicolas Batum exulte après leur victoire face à l’Espagne en demi-finale (Crédits: Eurosport)

2013: l’année de l’apothéose du basket français

On l’attendait depuis longtemps, le voici enfin: le premier titre dans l’histoire de l’équipe masculine lors de l’Eurobasket en Slovénie. Tout avait pourtant mal commencé après une première défaite face à l’Allemagne, 74-80. Malgré tout, ce revers résonne plus comme une erreur de parcours que comme une véritable alarme. Forte de son collectif, l’équipe de France se reprend vite avec une victoire face à la Grande Bretagne, lors du deuxième match de poule. Malgré tout, la qualification pour la phase finale ne se fait pas dans la facilité: cinq victoires, trois défaites et une troisième place de leur groupe au second tour.

Mais lorsque les quarts arrivent, c’est une nouvelle compétition qui commence. Les Bleus se qualifient en demi-finale au dépens de la Slovénie et s’apprête à affronter sa bête noire: l’Espagne des frères Gasol. Et après une première mi-temps catastrophique, les Bleus parviennent à réaliser la meilleure deuxième mi-temps de l’histoire du basket français et se qualifient pour la finale. Pour le sélectionneur Vincent Collet, cette victoire, « c’était la récompense de beaucoup d’années d’efforts, de sacrifices ». Imperturbables et plein d’envie, cette finale ne pouvait pas échapper aux Français. Ils l’emportent 80-66 face à la Lituanie et remporte leur premier trophée majeur.

2016: le clap de fin pour la génération Parker

Toutes bonnes choses ont une fin. Lors des Jeux Olympiques de Londres, Tony Parker, aux côtés de Mickaël Gelabale ou encore Florent Piétrus, entament leur tournée d’adieu. Une tournée qu’ils auraient aimé terminer avec une médaille. Malheureusement, l’équipe de France rentrera bredouille après une large défaite en quarts face à … l’Espagne. Tony Parker décide donc de lever les voiles après quinze années à défendre les couleurs tricolores. Boris Diaw décide lui de continuer encore quelque temps, et s’engage à passer le flambeau aux côtés des jeunes générations qui entrent en équipe A.

L’annonce de Florent Piétrus de mettre un terme à sa carrière professionnelle (il jouera en quatrième division la saison prochaine, avec le club de Metz) marque encore un peu plus la fin de cette génération dite dorée. Ces retraites sont l’occasion de prendre du recul et de, ainsi, prendre conscience de l’importance de cette génération pour le basket français. Souvent brillante, parfois décevante, cette dernière est bien celle qui a participé à la plus grande partie du palmarès de l’équipe de France de Basket !

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