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Heat – Celtics (Game 2) : Boston craque face au super-héros Adebayo

Et si cette finale de conférence à l’Est nous offrait l’un des plus grands duels de tacticiens dans l’histoire des playoffs NBA ? Depuis le match 1, Brad Stevens et Erik Spoelstra se livrent une guerre sans merci, qui s’annonce déterminante dans l’issue de cette série à suspense. Nouvel affrontement cette nuit, et nouvelle bataille épique ! Le Match 2 entre Heat et Celtics a encore régalé les amoureux du basket. Miami a fait le break lors d’un nouveau match à suspense où les ajustements effectués à la mi-temps ont fait la différence.

10 victoires et 1 seule défaite au compteur ! Le Miami Heat continue d’affoler les compteurs et mène déjà 2-0 dans les finales de conférence à l’Est, suite à leur victoire sur Boston dans le Match 2 (106-101). De nouveau largement menés à l’entame de la deuxième mi-temps, les floridiens n’ont jamais lâché derrière le cœur et les tripes de leurs leaders expérimentés Jimmy Butler et Goran Dragic, et la domination de Bam Adebayo à l’intérieur. Retour sur un match où Boston pourra encore nourrir beaucoup de regrets.

Deux façons de bombarder à 3 points

Lors du premier quart-temps, un véritable concours de shoot va se dérouler dans la bulle d’Orlando entre Miami et Boston, où deux écoles se sont confrontées. Côté Heat, c’est Bam Adebayo qui lance les mouvements et Duncan Robinson qui se charge de la finition. Le système préféré de Erik Spoelstra a consisté à situer Bam Adebayo poste haut balle en main, avec des snipers qui lui tournent autour prêts à récupérer le hand off et armer leurs catch and shoot. Dans ce manège, c’est sans surprise Duncan Robinson qui se régale en plantant 4 tirs primés dans les 12 premières minutes. De cette façon, Miami marque 15 de ses 17 premiers points depuis la ligne extérieure dans ce match 2 et met le feu à la défense des C’s.

En face, les Celtics vont eux aussi beaucoup dépendre du tir extérieur. Pour la Green Army, on va se baser sur le pick and roll où la défense adverse a fait le choix de changer systématiquement. Ainsi, Kemba Walker s’est retrouvé systématiquement en isolation face à Bam Adebayo en première mi-temps. Mauvaise nouvelle pour les Floridiens, Kemba a profité de cette opposition pour retrouver son tir à trois points. Une aubaine tant la vitesse latérale de Adebayo le rend difficile à attaquer sur le drive, même pour un meneur fantastique comme Walker. Cette opposition de styles dans la façon d’aborder le tir extérieur ne va créer aucune différence dans un premier temps.

Pour refroidir Kemba Walker, Erik Spoelstra va une première fois tenter sa fameuse zone 2-3 en fin de premier quart-temps. Comme dans le match 1, Boston va garder son sang-froid face à cette situation et fluidifier son jeu de passes. Les C’s vont aussi en profiter pour davantage attaquer le cercle de façon agressive, des séquences bien défendues par Miami. De l’autre côté du parquet, Miami commence à connaître une baisse de régime de loin et le score est logiquement équilibré derrière un duel d’idées du tir extérieur (28-31).

La surprenante connexion Tatum/Kanter !

Par la suite, Brad Stevens va totalement innover et surprendre son petit monde en faisant entrer Enes Kanter ! Sentant que le Heat commence à attendre les Celtics sur pick and roll et tir extérieur, le tacticien des verts souhaite alors réinstaller une menace offensive à l’intérieur, en remplaçant un Daniel Theis encore très irrégulier. Ainsi lorsque Jayson Tatum va se retrouver systématiquement doublé sur pick and roll, la solution va se présenter d’elle-même ! La jeune star des Celtics va toujours trouver son pivot turc prêt à finir près du cercle. Le rendement de Kanter est maximisé par Tatum. Individuellement, l’ailier est lui marqué de près sur demi-terrain, mais va profiter du laxisme de Miami en transition pour marquer. Mais encore une fois, c’est dans sa capacité à faire briller les autres qu’il excelle le plus dans ce match, trouvant en contre-attaque ses extérieurs laissés seuls derrière la ligne à trois points à l’image de Brad Wanamaker qui enfile les perles en début de second quart-temps (33-43, 15’).

Une fois qu’il est lancé en transition, les 5 défenseurs concentrés sur Jayson Tatum sont inutiles !

L’écart se creuse jusqu’à +17 en faveur de Boston lorsque le jeu de Miami devient abyssalement stéréotypé, reprenant les mêmes systèmes que dans le premier quart. Cette fois, Brad Stevens a retenu la leçon et ordonné le marquage à la ceinture de Robinson et compagnie. Conséquence directe ou pas, l’adresse de Miami disparait et laisse l’adversaire prendre le large. Seul Tyler Herro compense de par sa belle agressivité (7 points dans le second quart). C’est malheureusement insuffisant pour stopper les Celtics, où la rotation bien pensée laisse Kemba Walker prendre le relais de Tatum avant la mi-temps et dérouler un récital à mi-distance sur la zone du Heat (47-60).

Bam Adebayo enfile sa cape de super-héros

Lorsque la mi-temps est sifflée, Miami est en grand danger derrière un jeu offensif sans idées. C’était sans compter sur Bam Adebayo ! Sans révolutionner le monde du basket, Erik Spoelstra revient de la mi-temps avec la ferme idée d’exploiter au maximum le pick and roll, situation sur laquelle la défense intérieure des Celtics n’a pas été assez testée, comme les américains au Covid.

Derrière le réveil de Goran Dragic, le Heat va froidement exécuter la même séquence durant la majeure partie du troisième quart-temps avec Bam Adebayo posant des écrans dignes des meilleurs murs de béton. Petit à petit, Miami va revenir au contact sous l’impulsion du pivot qui marque 15 points dans ce seul quart-temps, dont 5 dunks rageurs à la finition des alley-oop. Il faut dire que Daniel Theis s’est fait complètement dominer, lui qui a sans doute été timoré par sa troisième faute obtenue très vite au retour des vestiaires. Boston tombe alors dans l’incompréhension défensive. On décide de changer sur les écrans d’Adebayo, mais l’aide défensive ne viendra jamais ce que va bruyamment faire remarquer Theis au terme d’un énième pick and roll concédé.

De l’autre côté, Bam Adebayo est survolté et à l’instar de ses finitions en dunk, il ne laisse plus personne pénétrer dans sa raquette, toujours bien placé au contest délivrant quelques contres savoureux. En grande partie grâce à son pivot phénomène, Miami aura retourné le destin de ce Match 2 en seulement 12 minutes derrière un troisième quart-temps remporté 37-17. Durant cette période, Bam Adebayo a marqué plus de dunks (5) que les Celtics ont marqué de tirs (4), le coup de marteau au mental est terrible. Dans le dernier quart-temps, le duel de pyromanes entre Goran Dragic et Jaylen Brown tiendra toutes ses promesses, à la faveur du Slovène. Boston perd ce Match 2 après avoir mené de 17 points, n’ayant jamais trouvé la régularité et le rythme nécessaire pour attaquer une zone…

Nous avons arrêté de jouer des deux côtés du terrain.

Brad Stevens au micro d’ESPN, envahi d’une colère glaciale à la fin du troisième quart-temps.

Panique à bord pour Boston ! Déjà menés 2 victoires à rien, les Celtics sont dans l’obligation de remporter le Match 3 pour ne pas se retrouver face à un écart de victoire jamais rattrapé dans l’histoire de la NBA. Après cette nouvelle défaite, les cris se sont fait entendre dans le vestiaire sous l’impulsion de Marcus Smart. Désormais, les mots aussi violents soient-ils devront se transformer en action sur le terrain pour que Boston ait la chance d’approcher une finale NBA qu’ils n’ont plus connue 2010 (tout comme les Lakers). Brad Stevens devra lui aussi se remettre en question. Son incapacité à attaquer la zone de Miami, et son attitude timide sur le banc lors de séquences qui demandaient un coup de sang, ont suscité des critiques. Seul la vérité du terrain compte pour l’instant, un scénario dans lequel Erik Spoelstra multiplie les prouesses.

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