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LA Lakers : l’affirmation d’un collectif

Les finales de conférence à l’Ouest montrent qu’il n’y a pas qu’un duo qui permet aux Lakers de gagner. Comme souvent, un favori au titre dispose d’une équipe solide et de role players capables d’apporter un plus à tout moment. Focus, en se basant sur le match 2 de la série face aux Nuggets.

Poussifs, les Lakers le sont parfois. Ç’a été le cas en début de match 2, lors des finales de conférence. Les actions en panne d’inspiration ont fleuri et si LAL a très bien commencé en défense (3’27 avant le premier panier du match côté Nuggets), ils n’ont réussi à rien en attaque. Enfin, c’est sans compter sur l’omniprésence d’un LeBron James qui, après avoir tenté de mettre en confiance McGee puis Danny Green en confiance, a pris les choses en main. Les 12 premiers points du match côté Lakers sont de son oeuvre. Deux shoots du parking et deux contre-attaques de buffle dont lui-seul à le secret. Il a ensuite, en deuxième mi-temps, laissé champ-libre à un Anthony Davis à la fois omniprésent et surtout clutch (buzzer-beater en finale de conf’, tout de même…). Mais il n’y a pas que ce duo qui opère pour le bien des Lakers.

Les Lakers, Dr Rondo et Mr Carushow

Les Angelinos donnent parfois l’impression d’être leur principal ennemi. En saison régulière, les Lakers ont perdu des matchs puisqu’ils sont ce qu’ils sont. Lorsqu’ils sont droits vers leur objectif, peu semblent en mesure de leur ravir la victoire. Dans le premier quart, ils ont encaissé 12 points de suite (de 0-7 à 12-7) avant de faire un run impressionnant et un 18-5 en à peine 4’30. Plus globalement, les Lakers ont montré une réelle domination de la deuxième moitié du premier quart-temps jusqu’à la pause. Et s’ils ont été lancés par LeBron James, ces derniers ont été portés par la suite par un backcourt aussi petit que malicieux : le duo Rondo-Caruso. Tous deux ont un apport statistique différent puisque Rondo fait vite gonfler son total de passes décisives tandis que Caruso est plus discret dans le domaine, mais ils apportent une plus-value indéniable.

Ils sont tous deux maîtres dans l’art de la passe et au-delà de ça, ils sont tous les deux excellents pour mettre dans les meilleurs conditions leurs partenaires de jeu. Rondo a, sur ce game 2, usé et abusé du jeu en P&R/P&P pour créer une incertitude dans la défense. Le pick en tant que tel est juste un prétexte pour créer un retard chez la défense et par la suite, avec sa capacité à ralentir les mouvements pour lire les déplacements des acteurs, trouver un angle de passe prioritaire. Cette faculté lui a permis de trouver KCP en bout de chaîne ou Howard dans la peinture en venant au contact de Jokic pour le faire sortir du périmètre. C’est de là que vient cette apport statistique que l’on peut qualifier de « direct ».

Rondo et l’art du jeu de Pick & Roll (vidéo : CCS)

Les Lakers ne sont pas dans une logique de tout pour l’écran sur porteur de balle. Frank Vogel aime aussi demander à ses joueurs sur des systèmes de faire des coupes sans écran pour faire du mouvement et, par exemple, permettre à un Danny Green de faire une coupe-fond à 0° sans être vu puisque la défense s’occupe de la coupe vers le périmètre d’un Markieff Morris. Dans cette phase de jeu, Rondo comme Caruso excellent aussi. Le dernier nommé est d’ailleurs très fort quand il s’agit de faire une passe après pénétration, un exercice difficile puisqu’il faut courir tout en lâchant le ballon vers l’extérieur, parfois même à l’aveugle.

D’une manière générale, ce backcourt particulier est très complémentaire. Ils sont agressifs vers le cercle mais savent temporiser dans la zone intermédiaire pour créer l’incertitude adverse et exploiter au mieux les failles de la défense. Caruso dans ce match s’est montré efficace par sa lecture des passes adverses. Mais aussi par son activité globale défensive et son flair offensif où il ne gène jamais. Il lit très bien le jeu pour aérer les choses. C’est en fait un « facilitateur de jeu » où Rondo est plus un acteur, par sa possession balle en main. L’idée du n°9, c’est de créer un maximum de points en un minimum de passes.

Les lignes défensives des Lakers, l’asphyxie à géométrie invariable

Si Denver part sur des bases plus élevées offensivement que face aux Clippers, ils sont pourtant face à une défense qui, par séquences, est effrayante. Un joueur comme Jamal Murray, auréolé du statut de superstar depuis le début des playoffs, a plus de mal pour créer des shoots de sa main. 12 puis 19 tirs, c’est moins que lors de la série face aux Clippers (19 tirs/match). Le canadien est muselé et même s’il a le talent pour marquer aux alentours de 20 points/match depuis le début des finales de conférence, il doit subir les défenses de KCP, puis Rondo, puis Caruso, puis même parfois Danny Green.
Il en est de même pour Jokic. Lorsqu’il n’est pas défendu par Anthony Davis (postulant très sérieux pour le DPOY), doit matcher avec Dwight Howard (triple DPOY entre 2009 et 2011). Il arrive à s’en sortir grâce à la provocation de fautes et à une adaptation parfaite de ce que la défense veut bien lui laisser. Mais rien n’est facile pour le pivot-passeur.

La première ligne défensive des Lakers ont une défense très offensive sur le porteur, ce qui empêche des situations comme le P&R/P&P. Un écran mal pris par l’attaquant, c’est un coup dans l’eau. La défense n’a pas besoin de switcher sur l’écran et il faut juste recommencer. Dans le game 2, on a vu des situations où un pick a été tenté à deux reprises, successives, pour essayer de forcer le destin. Frank Vogel a instauré cette identité défensive (fidèle à sa réputation) et ça marche pour les Lakers.

La deuxième ligne, elle, est encore plus pressante encore. Ce sont les grands. Que ce soit Davis, Howard, Morris, James ou même McGee, tous ont une faculté à rester face au jeu même lorsqu’ils subissent. Ils sont rarement débordés et ont tous la vitesse pour pivoter/se recentrer vers le cercle pour contrer (7 blk sur le Game 2) ou au moins dissuader. Ceci dit, et c’est là qu’est le danger, tous ne sont pas toujours « concentrés » et alertes par ce que Denver leur donne.

Sur des zone intermédiaires comme la tête de raquette, les Lakers sont friables puisqu’ils veulent avant tout protéger et le cercle, et la ligne à trois points. Ils s’exposent donc sur cette zone à 5m mais aussi sur les passes pour le changement d’aile, où Jamal Murray comme Jokic ont souvent attaqué pour ressortir le ballon à l’opposé, mettant des joueurs dans de bonnes dispositions. Porter Jr, Grant, en ont profité.

Si la plupart des joueurs apportent dans la durée d’une rencontre (mention spéciale à Kentavious Caldwell-Pope, très performant en ce moment dans ce rôle de 3-and-D), la franchise est bien entendu portée par son tandem de superstar. La construction de l’effectif fait sens avec ce duo et permet aux Lakers d’être dangereux des deux côtés du terrain. S’ils sont parfois irréguliers, il n’empêche que la franchise californienne ne concède de gros run que très rarement. Une qualité de champion ? Le futur le dira bien vite…

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