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TDF 2020 – Team Sunweb, l’ode à la fraîcheur

Arrivée comme l’une des équipes les moins médiatiques du Tour de France, la Sunweb ressort de cette édition avec quelques lauriers et les honneurs du public. Offensive, insouciante et audacieuse, elle nous a montré que dans le cyclisme, la victoire est bien souvent collective.

Trois victoires d’étapes, c’est le bilan final de la formation allemande Sunweb. Le meilleur depuis 2017 et ses quatre victoires d’étapes (Warren Barguil X2, Michael Matthews X2). Cette année là, elle avait également remporté le maillot à pois (Barguil), le maillot vert (Matthews) et le prix de la combativité (Barguil). Un tour extrêmement réussi, précédé quelques semaines plus tôt d’une victoire au classement général de Tom Dumoulin sur le Giro. C’est d’ailleurs ce coureur qui avait remporté la dernière étape de la Sunweb sur la Grande Boucle lors du contre-la-montre final en 2018. Cette année, Tom Dumoulin est parti rejoindre l’armada Jumbo-Visma et la Sunweb n’avait plus de leaders dans son effectif capable de jouer le général sur la plus grande course du monde. L’équipe la plus jeune de ce Tour de France a toutefois réussi à nous en mettre plein la vue, sans Michael Matthews, non sélectionné par son équipe pour cette Grande Boucle.

Marc Hirschi, le Suisse qui n’a pas froid aux yeux

Il est le coureur de la Sunweb qui a éclaté au grand jour. Tout juste âgé de 22 ans, Marc Hirschi a disputé son premier grand tour sur les routes françaises. Dès la deuxième étape, il saute dans la roue de Julian Alaphilippe dans le col de Quatre Chemins. En compagnie du français et d’Adam Yates, il se dispute le sprint du côté de Nice. Il finit deuxième, pas loin de voler la vedette au chouchou national Alaphilippe. On retrouve le Suisse quelques jours plus tard dans le week-end Pyrénéen. Lors de la neuvième étape menant le peloton à Laruns, il réalise une échappée exceptionnelle de 90 kilomètres. Repris à quelques encablures de l’arrivée, il perd le sprint face à Pogacar et Roglic. Cruel, mais très prometteur. La troisième fut la bonne. Dans une échappée royale menant à Sarran, il remporte sa première étape sur le Tour de France, au terme d’une course collective parfaite de la Sunweb avec comme acteur Marc Hirschi, l’expérimenté Nicolas Roche et Soren Kragh Andersen.

Soren Kragh Andersen, le rouleur futé

Le Danois Soren Kragh Andersen a aussi été l’un des acteurs de la réussite de la Team Sunweb sur ce Tour de France. Le coureur de 26 ans, vainqueur cette année du contre-la-montre de Paris-Nice, a attendu son heure derrière le festival de son coéquipier Hirschi. Deux jours après la victoire du Suisse à Sarran, la Sunweb a de nouveaux des ambitions pour un final façon Milan-San Remo dans les rues de Lyon. C’est Tiesj Benoot qui allume la mèche dans la côte de la Duchère, sans succès. Après une attaque de Julian Alaphilippe, Marc Hirschi saute de la roue du français, sans succès. Au final, après de multiples attaques de nombreux coureurs du peloton, Soren Kragh Andersen profite d’un moment de flottement pour s’extirper des hommes de tête. Un moment d’attente, des regards entre les protagonistes, et c’était déjà bien trop tard. Le rouleur Andersen s’impose dans la capitale du Rhône 15 secondes devant le peloton. Une véritable course d’équipe de la part de la Sunweb. Paraît-il, l’appétit vient en mangeant !  Dans la dix-neuvième étape et son final débridé, il nous refait le coup. Des hommes devant, le besoin de récupérer, et bim ! Le Danois s’échappe et l’emporte en solitaire. Soren Crack Andersen.

Soren Kragh Andersen félicité par ses coéquipiers après avoir conclu le beau travail collectif de la Sunweb dans les rues de Lyon. (Photo : EPA)

Tiesj Benoot et Nicolas Roche, les facteurs X

Tiesj Benoot et Nicolas Roche ont souvent été à l’avant de la course. Ils ont permis d’user les adversaires ou de contrôler les tentatives de retour sur leur équipier devant. On a retrouvé ces deux protagonistes ensemble dans le final de la seizième étape menant à Villard-de-Lans. Derrière la victoire de l’ex coureur de la Sunweb Lennard Kämna, ils ont fini respectivement septième et huitième. Ce sont deux coureurs au profil et à la trajectoire différente. Le fils de Stephen Roche est un bon grimpeur sur la fin de sa carrière tandis que Tiesj Benoot est un très bon puncheur, en témoigne sa victoire sur les Strade Bianche 2018.

Cees Bol, la cerise qu’il manque au gâteau

Le Tour de France de la Sunweb est excellent, il aurait pu être parfait. En plus des échappées solitaires concluantes sur des terrains vallonnés, l’équipe Allemande s’est distinguée dans un autre domaine. Lors des arrivées massives, elle était l’une des formations la mieux organisée autour de son sprinteur maison Cees Bol. Le jeune coureur Néerlandais a souvent été très bien amené par ses équipiers comme Casper Pedersen et Nikias Arndt, mais a toujours été trop juste pour lever les bras sur la plus grande course du monde (deux podiums).

Durant trois semaines, cette équipe Sunweb nous a particulièrement régalé. Avec des formations souvent centrées sur un leader ou un très grand sprinteur, elle a débarqué sur la Grande Boucle avait des profils tout terrain. Au final, c’est avec trois victoires d’étapes que l’équipe allemande termine ce Tour. Dès l’année prochaine, elle accueillera dans ses rangs Romain Bardet et l’on espère bien qu’elle va entraîner le coureur français dans cette belle dynamique.

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