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WNBA finals 2020 : Les Aces dans la tempête

En marge des NBA Finals opposant les Lakers et le Heat, dans une euphorie médiatique nettement moindre, se déroule dans la « wubble » (Bubble sauce féminine) les WNBA finals à Bradenton, Florida. Cette affiche confronte le Storm de Seattle aux Aces de Las Vegas. Deux équipes au bilan de saison régulière équivalent avec 18v et 4 défaites, mais c’est bien la franchise du Nouveau Mexique qui a terminé première grâce à deux victoires en saison régulière face à Seattle. Pourtant au bout de deux matchs dans cette finale c’est l’équipe de l’état du Washington qui domine les débats en menant 2-0 (on rappellera que contrairement à leurs homologues masculins les séries se jouent au meilleur des 5 matchs). Explications.

Breanna Stewart (Seattle) MVP 2018 à gauche et A’ja Wilson (Las Vegas) MVP 2020 à droite. crédit : Sporting News

Une opposition de style

Ce choc est une opposition de deux stars de WNBA. D’un côté Breanna Stewart pour Seattle de l’autre A’ja Wilson pour Vegas. Ces deux intérieures dominantes incarnent parfaitement le style de jeu de leur franchise respective. Le Storm joue sur un jeu up tempo, n’hésitant pas à sanctionner de loin quand l’opportunité se présente, ce qui correspond parfaitement aux qualités de mobilités et d’adresse extérieures de « Stewie ». Le jeu des Aces se base lui sur une forte présence prés du cercle et une grande agressivité au rebonds (meilleure équipe de la ligue en saison), là encore rien de surprenant quand vous avec A’ja Wilson dans vos rangs, la MVP 2020 est quasiment inarrêtable au poste bas en défense individuelle. Ce sont donc deux équipes aux approches bien différentes qui s’opposent. Pour l’instant et contrairement à la saison régulière, les joueuses de Bill Lambeer ne trouvent pas la solution pour contenir les assauts répétés de l’équipe dirigée par Gary Kloppenburg (l’assistant coach devenu head coach dans la bulle en lieu et place de Dan Hughes dont la santé a été jugé trop à même de contracter la forme grave de la Covid 19). Les deux premiers matchs ont offert des scenarios assez identiques. Une première mi-temps contrôlée par les co équipières de Stewart qui font un premier écart, un second acte ou Vegas fait un run pour revenir dans le match mais finit par s’écrouler dans le quatrième quarts temps.

A’ja Wilson trop esseulée ?

« Un seul être vous manque et tout est dépeuplé » cette citation d’un poème de Lamartine, Bill Lambeer pourrait en faire sienne. La perte sur blessure au genou de l’intérieure Dearica Hamby, fraichement élue 6th (wo)man of the year lors des demies finales contre Connecticut Sun est un coup très dur pour Vegas. Carolyn Swords, la vétérante qui avait prévue en fin de saison dernière de prendre sa retraite mais qui est restée pour compenser la non venue de Liz Cambage, essaye de faire ce qu’elle peut. Le différentiel entre les deux secteurs intérieurs titulaires est éloquent en faveur de Seattle, 43 point à 21 au premier match et 43 à 22 au second. Les coéquipières de A’ja sont, en post season, à peu près au même niveau qu’en régulière que cela soit pour Young, McBride et McCoughtry mais il manque cruellement la production d’Hamby qui avec 13 pts par match était la troisième scroreuse des Aces. Pour le Storm en revanche on note un step up général lors des playoffs des joueuses cadre. Ainsi derrière les 25 points de moyenne en post season de Stewart on retrouve 4 joueuses à 10 points ou plus qui correspond au 5 de départ de Kloppenburg, qui s’explique en partie par des rotations plus resserrées et donc un temps de jeu accru de la part des starters de Seattle.

A l’image de son équipe, Sue Bird rayonne. crédit : Chicago Tribune

La Masterclass Sue Bird !

Si Stewie est bien la leader au scoring, la cheftaine de meute est sans doute Sue Bird. Un article serait insuffisant pour énumérer les récompenses individuelles et collectives obtenues par Sue Bird dans sa carrière, elle qui fêtera ses 40 ans le 16 octobre prochain ! Ses matchs en finales sont juste exceptionnels. Elle découpe par sa vista et son sens de la passe la défense des Aces. Deux stats pour illustrer le propos, 26 passes décisives pour 5 turnovers sur les deux premiers matchs. Sue se permet même de faire le show, no look pass pour Stewart en transition puis à destination d’Alysha Clark dans le corner à 3 points, alley-oop pour Howard, anticipation de la prise à deux avec une passe à terre dans le shot corner. On peut donc s’appeler Bird et jouer comme « Magic ». Tel un chef d’orchestre Bird connait la partition sur le bout des doigts et l’interprète magistralement. Elle qui a manqué la moitié des matchs de la saison (dont les deux matchs perdus face aux Aces…) arrive en pleine possession de ses moyens physique lors de ces playoffs avec un seul objectif : le titre!

On peine à imaginer les Aces gagner 3 fois de suite désormais tant l’écart sur les deux premiers affrontements étaient conséquent et logique (+13 à chaque fois). La faute surtout à deux grandes dames qui portent le Storm. Breanna Stewart, l’intérieure maitresse artilleuse, qui revient d’une saison sans basket pour cause de rupture de tendon d’achille et de Sue Bird, meneuse vétérante promise au Hall of fame qui joue avec la fraicheur d’une rookie, et qui à la veille de ses 40 ans, à l’occasion de s’offrir une ligne de plus à son palmarès.

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