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Draft 2020 Sleepers : trois extérieurs qu’on oublie pas (4/4)

Dernière partie concernant les profils « extérieurs ». Lorsque l’on pense sleepers et draft 2020 ces trois noms ne viennent pas immédiatement. On les voit parfois au premier tours dans quelques mocks draft, du coup au CCS on a jugé bon de vous en parler. Focus sur Immanuel Quickley, Robert Woodard et Elijah Hughes des noms que l’on devrait entendre le 18 novembre prochain…

Immanuel Quickley

Immanuel Quickley Crédits : The courier journal

Date de naissance : 17 juin 1999 Classe : Sophomore

Université : Kentucky Wildcats (SEC) Bilan 2019/2020 : 25v /6d
Poste : Combo Guard

Mensurations
Taille : 191 cm Poids : 85 Kg Envergure : 204 cm
(Source https://basketball.realgm.com )

Statistiques cette saison
30 matchs joués// 16,1 pts// 4,2 rebonds// 1,9 ast// 0,9 st// 0,1 blk
32,9 min/ match // 41,7 %FG // 42,8% 3Pts // 92,3 %FT // 1,6 To // 2,3 Fp

Celui qui te fait un câlin en respectant la distanciation sociale

Immanuel est né dans le Maryland, dans une bourgade de 13 000 âmes au bord de l’océan Atlantique qui sonne étonnement très français, Havre de Grace. Fils d’une maman basketteuse à l’université de Morgan State, Quickley occupe son temps libre entre la musique (il joue du saxophone et de la batterie) et le basketball. Il fait ses classes de High School à l’école privée catholique John Carroll School. Il fait gagner son équipe en finale de la Baltimore catholic league sur un tir à 3 points au buzzer. Il reçoit très vite les honneurs en High school et il est convoité par de gros programmes universitaires. Il choisira finalement Kentucky au détriment de Kansas et Miami. Il participera au Mc Donalds All Americans ( sorte de all star game des meilleurs joueurs de High School) en 2018. Il est référencé par tous les sites spécialisés comme une recrue 5 étoiles et ne sort jamais du Top 25 des meilleures recrues d’universités pour l’année 2018. Sa première année à Kentucky est assez mitigée, à sa décharge, la concurrence est rude sur les postes extérieurs : il doit se partager le temps de jeu avec Ashton Hagans et un certain Tyler Herro et n’est titulaire qu’à 7 reprises sur 37 matchs. 5,2 pts en 18 minutes de temps de jeu sur 37 minutes lors de sa saison freshman c’est mince. Immanuel reste logiquement une année de plus sous les ordres de coach Calipari. En année sophomore Quickley est plus responsabilisé, il commence les 2/3 des matchs et forme un backcourt petit en taille mais talentueux aux cotés de Hagans et Maxey. Au terme d’une saison tronquée mais réussie par les Wildcats, Immanuel se déclare à la draft, un choix judicieux ?

Des qualités mais aussi beaucoup de questions

Physiquement on ne peut pas dire que le profil soit hyper impressionnant, 191 cm pour 85 kilos qu’il semble bien cacher car visuellement le garçon à l’air fin. Son physique d’une manière générale est comme dirait les scouts américains below average. Un premier pas assez peu explosif, un physique qui ne résiste pas particulièrement bien au contact. L’atout physique d’Immanuel est son envergure qui est hallucinante pour sa taille avec ses 204 cm (on rappellera que la plupart des individus ont une envergure à peu près égale ou légèrement supérieur à leur taille..). Cet avantage indéniable pour la pratique du panier-ballon, Quickley semble en avoir assez peu conscience, en témoigne ses statistiques faméliques aux contres et aux interceptions. Offensivement également il se sert peu de cet avantage physique, préférant finir avec une certaine réussite par des floaters lorsqu’il attaque le cercle.

En attaque Quickley, malgré ses mensurations était peu responsabilisé sur la création, coach Calipari préférant dans ce domaine (sans doute à raison) confié la gonfle à Hagans et Maxey. Immanuel est avant tout un joueur de bout de chaîne, capable de sanctionner de loin et de convertir ses lancers francs avec efficacité (42 % et 92 %). Le shoot est compact, scolaire, part d’un peu bas, mais finit haut grâce à son envergure exceptionnelle. Lors de rares occasions,on a pu voir Quickley en ball handler ou il a effectué des lectures basiques, la plupart de ses assists venant d’extra pass après un premier décalage de fait. Il a montré aussi par moment une capacité à se créer son propre shoot qui sera plus que bienvenue au niveau supérieur.

Défensivement sans être un stopper, Immanuel est un bon défenseur sur l’homme, faute d’avoir de la puissance, il dispose en revanche d’un bon footwork et d’une bonne mobilité latérale. Cela se complique pour lui lorsqu’il est off the ball, entre aide mal venue et close out suspect Quickley a encore du travail sur l’aspect collectif de la défense ou il semble par moment perdu.

Vous l’avez compris il est difficile d’imaginez Quickley devenir plus qu’un role player en effet il devra travailler sur son corps pour pouvoir espérer fouler les parquets NBA. Joueur qui aurait gagné à rester encore une année en NCAA pour s’endurcir et donner plus de garantie que ses 3 derniers mois de bonne facture. Il n’en reste pas moins que Quickley dispose d’arguments comme le shoot, le touché et l’envergure. Son « wingspan » pourrait peut-être, à terme, le rendre capable de défendre sur des profils plus grands que lui. Un joueur un peu unidimensionnel mais qui peut toujours être utile dans une ligue ou le 3 points prime.

Hypothèses de sélections

🔹 DALLAS MAVERICKS (Deuxième tour – Pick 31) : Un shooteur de plus autour du duo d’européen le plus excitant de la ligue aurait du sens. Il reste un an de contrat à Tim Hardaway Jr, Seth Curry est joueur rarement épargné par les blessures, la draft de Quickley pourrait offrir de la profondeur au banc des mavs.

🔹PHILADELPHIA 76ERS (Deuxième tour – Pick 34) : Si les Sixers veulent encore construire autour de Joel et Ben il faut des coéquipiers capables de mettre de loin, Quickley rentre parfaitement dans cette catégorie. En plus jouer à Philly lorsqu’on vient du Maryland, c’est presque jouer à domicile.

🔹SACRAMENTO KINGS (Deuxième tour – Pick 35) : Encore une saison décevante pour les hommes de Luke Walton et beaucoup d’incertitudes concernant les deux shooteurs que son B. Hield et B. Bogdanovic. Quickley pourrait se montrer utile si ces joueurs choisissaient l’exode.

Robert Woodard III

Robert Woodard Crédits : Mississippi State Bulldogs

Date de naissance : 22 Septembre 1999 Classe : Sophomore

Université : Mississippi State Bulldogs (SEC) Bilan 2019/2020 : 20v /11d
Poste : Arrière/ailier

Mensurations
Taille : 201 cm Poids : 107 Kg Envergure : 215 cm
(Source https://basketball.realgm.com )

Statistiques cette saison
31 matchs joués// 11,3 pts// 6,5 rebonds// 1,1 ast// 1,1 st// 1 blk
33 min/ match // 49,5 %FG // 42,9% 3Pts // 64,1 %FT // 1,8 To // 1,8 Fp

Celui qui te fait mal physiquement

Robert est pur produit du terroir. Né à starkville dans le Mississippi il y passe toute son enfance. Plus jeune il joue au basketball et au baseball, et privilégie le basketball à partir de son entrée en High School à Colombus High School dans le Mississippi. Robert Woodard II terminera son cursus en cumulant 18 pts et 9,8 rebonds par match à Colombus. Considéré comme une recrue 4 étoiles, il est dans le TOP 100 ESPN, il choisira Mississippi State au détriment d’autres programmes comme Ole Miss, Alabama et Memphis. Un choix quasi évident lui qui a comme père Robert Woodard Sr, ancien joueur de Mississippi State, cette université ayant aussi un autre avantage elle se situe chez lui à Starkville. Sa saison freshman est une saison d’apprentissage, 17 minutes par matchs pour un peu plus de 5 pts et 4 rebonds avec des pourcentages aux tirs franchement mauvais (58 % FT, 27,8 % 3pts). Les hommes de Ben Howland reçoivent une wild card pour participer à la March Madness ou ils se font éliminer dès le premier tour par Liberty. Lors de sa saison sophomore Woodard intègre le 5 de départ. Il n’est que le 4 ème scoreur de l’équipe mais son nom revient systématiquement dans toutes les mocks drafts. Pourquoi un tel engouement le concernant ?

L’archétype du basketteur 2.0

Woodard a pour lui un physique qui peut faire saliver n’importe quels scouts NBA. Mélange rare de puissance et de qualités athlétiques sans parler de son envergure incroyable. Un physique quasi idéal pour jouer au basketball à haut niveau. Robert est NBA ready dès son arrivée dans la grande ligue. Ses statistiques brutes pourraient faire penser à un profil « 3 and D » tant recherché en NBA, en y regardant de plus près on n’en est pas encore là. Le 42,9% à trois points est en trompe l’œil tant l’échantillon est faible (un peu plus de 2 tentatives par match), de plus son pourcentage sur la ligne de réparation (là aussi sur peu de tentatives) rassure peu avec seulement 64,1% de réussite. Techniquement, bien qu’un peu lente, la mécanique de tir semble en place avec un ballon qui part au-dessus de la tête. Offensivement il se montre clairement à son avantage dans le jeu de transition ou il peut faire parler ses qualités athlétiques en montant au dunk violemment mais il dispose aussi d’un bon touché près du cercle des deux mains en témoigne ses 64% de réussite près du panier. Défensivement, grâce à ses qualités athlétique Woodard semble capable de switcher sur quasi toutes les positions. Il confiait d’ailleurs il y a peu à Mike Schmitz qu’il aimait particulièrement défendre sur des joueurs plus grands que lui. Sa défense on ball est pour l’instant bien meilleure que sa défense loin du ballon en effet le jeune homme a en effet tendance à être un peu trop dans l’aide défensive. C’est aussi un très bon rebondeur pour sa position d’ailier avec plus de 6 prises par match, d’autant plus remarquable que Mississippi State jouait grand avec la présence de Reggie Perry et Abdul Ado dans la raquette.

 Il est assez aisé d’imaginer Robert Woodard II en tant que combo 3/4 en NBA. Un physique bien au dessus de la moyenne, une vraie qualité défensive sur l’homme, capable de switcher. Son salut viendra de sa capacité à améliorer le bout de shoot entrevue lors de son année Sophomore qui lui permettrait, à minima, d’envisager une longue carrière de role player. On regrette pour lui ce processus de draft perturbé car il a le profil typique du joueur qui aurait pu faire monter sa côte avec un Draft Combine se déroulant dans des conditions normales.

Hypothèses de sélections

🔹 BOSTON CELTICS (Premier tour – Pick 30) : Les celtics ont peu de place dans le roster mais dispose d’une team option sur Semi Ojeleye qui à l’heure actuelle n’est pas levée. Si Boston ne valide pas la dernière année de contrat de l’ancien de SMU, Robert Woodard pourrait être une solution intéressante de remplacement.

🔹MINNESOTA TIMBERWOLVES (Deuxième tour – Pick 33) : Avec les playoffs comme objectif, les Wolves ont besoin de se renforcer, surtout défensivement, pour aider le duo Russell/KAT. L’ajout de Robert Woodard II dans cette optique semblerait un choix judicieux.

🔹WASHINGTON WIZARDS (Deuxième tour – Pick 37) : C’était porte ouverte cette année en défense chez les wizards. Un backourt Wall-Beal-Woodard II semble assez complémentaire sur le papier, Woodard endosserait un rôle de soutier qu’il connait bien.

Elijah Hughes

Elijah Hughes Crédits : Syracuse.com

Date de naissance : 10 Mars 1998 Classe : Junior

Université : Syracuse Orange (ACC) Bilan 2019/2020 : 18v /14d
Poste : Arrière/ailier

Mensurations
Taille : 198 cm Poids : 98 Kg Envergure : 208 cm
(Source https://basketball.realgm.com )

Statistiques cette saison
32 matchs joués// 19 pts// 4,9 rebonds// 3,4 ast// 1,1 st// 0,8 blk
36,7 min/ match // 42,7 %FG // 34,2 % 3Pts // 81,3 %FT // 2,2 To // 1,8 Fp

Celui qui rime avec polyvalence

Elijah Wayne Hughes de son nom complet est né à Poughkeepsie, petite ville de 33 000 habitants se situant le long de l’Hudson entre Albany et New York dans l’état du même nom. Il grandit à Beacon, un peu plus au sud. Elijah est issu d’une famille nombreuse, il est le sixième des sept enfants de la fratrie Hughes. Contrairement à beaucoup d’autres prospects, pas de trace de filiation basket, juste une sœur grande sœur, Talah, qui a eu une carrière universitaire de basketteuse à St Peters. Son parcours en High School est assez chaotique avec trois établissements différents, en partie due à des difficultés scolaires. Il finira à South Kent School dans le Connecticut et sera considéré comme une recrue trois étoiles. Ne croulant pas sous les demandes, il s’engage pour une université mid major, East Carolina en AAC. Une année freshman plutôt compliquée dans une équipe au bilan négatif, il manquera 7 matchs à cause d’une fracture de fatigue, période d’inactivité durant laquelle il en profitera pour se muscler. A l’issue de cette saison mitigée, Hughes choisit de quitter les Pirates et s’engage avec Syracuse malgré les sollicitations de Seton Hall. Après une année «Redshirt » (comme le stipule le règlement NCAA), il jouera 2 saisons pour les « Orange », un retour aux sources salutaire car il explose réellement lors de son année junior. A titre individuel, Elijah est nommé dans l’équipe All ACC 19/20.  Suffisant pour s’imposer à l’étage supérieur ?

Entre potentiel « 3 and D » et « bench scorer »

Il faut regarder plusieurs fois Hughes jouer pour pouvoir l’apprécier. Le test visuel peut vous induire en erreur car il ne fait rien de flashy ou spectaculaire, mais le basketball est un sport de détail n’est ce pas ? Des mensurations assez banales, des qualités athlétiques elles aussi assez quelconques, Elijah ne peut pas compter sur son physique pour séduire les scouts NBA. Le garçon a pourtant des atouts à faire valoir. Commençons par le moins évident, le shoot. 34 % à 3Pts et 81% aux lancers, pas de quoi fouetter un chat me direz-vous. La mécanique est compacte, un shoot avec plus de poignet que de jambes et qui part vite. En creusant un peu on s’aperçoit que le jeune homme est quasiment à 40% sur les trois points distance NBA. Il faut aussi noter la progression du joueur, lui qui tournait en année freshman à un tout petit 28% derrière l’arc. Hughes est un scoreur « 3 niveaux » capable de se créer son tir en témoigne sa 4ème place de toute la NCAA sur points marqués en isolation. Cette capacité à scorer est grandement due à sa lecture offensive et son footwork (feintes et autres jab steps). Offensivement ses limites sont surtout en lien avec son physique. Son manque de puissance et de vitesse sur le premier pas l’empêche de finir mieux au cercle. Bien que jouant poste 3, Hughes fut responsabilisé par Jim Boheim à la création. Meilleur passeur et marqueur de son équipe, Elijah donne l’impression de jouer juste et sous contrôle. Sa lecture sur pick and roll reste encore un point à améliorer ayant tendance à oublier ses coéquipiers lors de cette situation. On l’a moins vu off the ball, mais semble tout à fait capable d’être efficient notamment sur des situations de catch and shoot. Défensivement il est bien compliqué d’évalué Hughes. Syracuse est une équipe qui défend en zone pendant 40 minutes. Situé sur un coté de la zone 2-3 des orangemen il s’est montré assez solide en témoigne ses 5 rebonds et presque 1 contre par match. On peut penser que dans l’aspect défense collective il ne sera pas perdu, en revanche il est bien ardu de l’évaluer sur la défense man to man.

Contrairement à Woodard, il est plus compliqué d’imaginer un role prédéfini pour Elijah Hughes, très polyvalent offensivement, plus énigmatique défensivement. Hughes pourrait être une belle surprise, même si les profils all around ont parfois du mal à séduire. Si certains scouts voient en Hughes un potentiel 3 and D il n’est pas impossible qu’il soit choisi en fin de premier tour, dans le cas contraire un pick en début de deuxième tour semble probable.

Hypothèses de sélections

🔹 CHARLOTTE HORNETS (Deuxième tour – Pick 32) : Le poste d’ailier n’est peut être pas la priorité coté Hornets, néanmoins un peu de concurrence à Miles Bridges sur le poste 3 peut être pertinent. Un profil très différent mais qui semble complémentaire à l’ancien Spartans.

🔹SACRAMENTO KINGS (Deuxième tour – Pick 35) : Aucun poste 3 encore sous contrat pour les Kings. La polyvalence offensive de Hughes pourrait aider dans la création de Sacramento, il comblerait aussi un besoin évident.

🔹NEW ORLEANS PELICANS (Deuxième tour – Pick 37) : Le besoin des Pelicans sur les lignes arrières est réel. Ingram devrait être gardé, quid de Moore, Jackson et même JJ Redick, en effet avec un an de contrat restant rien ne garantie que l’ancien sixers reste en Louisiane. Grandir dans l’ombre de Zion Williamson peut être une place enviable.

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