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Giro 2020 – Vincenzo Nibali, un requin prêt à surgir

Ce samedi, l’Italien Vincenzo Nibali s’est élancé pour sa neuvième participation au Tour d’Italie. En cette saison particulière, le plateau est plus faible que d’habitude sur les routes transalpines. L’occasion idéale pour le requin de Messine de remporter son troisième Giro, et ainsi rejoindre d’autres légendes du cyclisme comme Gino Bartali, Felice Gimondi ou Bernard Hinault.

Une préparation discrète

Pendant que la planète cyclisme avait les yeux rivés sur la Grande Boucle, Vincenzo Nibali a peaufiné sa préparation pour son ultime défi. Sur Tirreno – Adriatico, il a terminé à une anonyme dix-neuvième place. Inquiétant ? Pas forcément.

L’expérimenté Italien n’est pas souvent celui que l’on voit le plus lors de courses préparatoires aux grands tours. En 2014, il avait terminé septième du Critérium du Dauphiné. Quelques semaines plus tard, il avait écrasé la concurrence sur les routes du Tour de France, profitant des abandons de Froome et Contador, en terminant avec plus de sept minutes d’avance sur le second.

Une grande expérience et une science parfaite de la course

Nibali, c’est un coureur majestueux, qui par ses coups de maître tacticien, son côté fuoriclasse et son palmarès s’assoit à la table des plus grands cyclistes italiens de l’histoire. Aujourd’hui encore, il garde une intelligence de course remarquable. Sur le Giro, qu’il est le seul à avoir remporté deux fois durant la décennie 2010, le requin de Messine est sur son terrain favori.

Réputé très fort en troisième, l’Italien sera redoutable lors de l’enchaînement des étapes de montagne prévu sur la fin de ce Giro. Par le passé, Vincenzo Nibali a pris deux fois le pouvoir dans le money-time d’un grand tour. C’était en 2010 sur la Vuelta, sa première course de trois semaines remportée. Six ans plus tard, il avait renversé le Giro 2016 pour s’adjuger ce qui est son dernier grand tour remporté. Il avait attendu l’ultime étape de montagne pour prendre le maillot rose, faisant craquer le Colombien Esteban Chaves alors leader de la course.

Une équipe solide autour de son leader

Pour cette édition, Nibali a un bel atout : son équipe. La Trek-Segafredo espère surfer sur la dynamique du podium de Richie Porte sur le Tour de France. Sur le Giro 2020, le requin peut compter sur une équipe très italienne, avec notamment la pépite du cyclisme transalpin Giulio Ciccone ou encore Gianluca Brambilla. Son frère Antonio Nibali est également présent à ses côtés pour le soutenir dans sa quête du Graal.

Lundi, dans l’étape de l’Etna, on a vu une belle unité collective de la formation Trek-Segafredo autour de son leader. Elle a mis le tempo et a fait craqué un Geraint Thomas diminué par les blessures. La Trek-Segafredo a continué son travail jusqu’à l’ascension finale. L’équipe a montré qu’elle était l’une des mieux armées autour de son leader, apportant un gros plus à Nibali pour atteindre le but ultime de sa fin de carrière.

Vincenzo Nibali bataillant face aux autres favoris sur les pentes de l’Etna après le travail de ses coéquipiers. (Photo : RCS / Giro d’Italia)

Un plateau déjà décimé

Ce Tour d’Italie 2020 est décidément particulier. Avant le début de la course, il avait déjà une startlist que l’on peut juger de faible pour une course de ce standing. A vue d’œil, 5 – 6 coureurs semblaient en mesure de se jouer la victoire finale. Au bout de seulement trois étapes, une hécatombe a eu lieu chez les prétendants au sacre… Et leurs équipiers.

Les deux grands favoris Geraint Thomas et Simon Yates ont perdu leurs espoirs de victoire finale. Geraint Thomas est tombé dans le départ fictif de la troisième étape à cause d’un bidon, ce qui lui a donné des séquelles fatales pour la suite de la journée. Il a terminé à une dizaine de minutes sur les hommes forts de la course, et n’est pas reparti le lendemain. Simon Yates a lui craqué dans l’ascension finale, finissant à plus de quatre minutes du vainqueur du jour. Ajoutons à cela les abandons de Lopez et Vlasov, coéquipier de luxe de Fuglsang chez Astana, et le Giro, à travers le malheur des autres, ne pouvait pas mieux commencer pour le requin de Messine.

Une course ouverte, un inconvénient ?

Avec toutes ces péripéties, le Tour d’Italie 2020 s’annonce plus ouvert que jamais. Cela peut possiblement être un problème ! Nibali a la pancarte du double vainqueur du Giro, et désormais celle du favori. Son équipe a montré qu’elle était très forte. La seule autre formation qui semble pouvoir soutenir pleinement son leader dès que la route s’élève, c’est la Bora-Hansgrohe, qui a été en vue avec notamment le formidable travail de Matteo Fabbro, si facile sur les pentes de l’Etna.

Sans Ineos Grenadier et Mitchelton-Scott pour la course au maillot rose, la Trek-Segafredo a l’étiquette – par son effectif et le poids passé de Nibali sur le Giro – d’équipe phare du peloton. La course est aujourd’hui très ouverte et on l’a vu, sur l’Etna, il semble impossible de pouvoir gérer toutes les offensives des plus téméraires. Avec cette configuration, la Trek-Segafredo devra adapter sa tactique de course et prendre en main le contrôle d’un Tour d’Italie que désire tant le requin de Messine.

Ce Giro 2020 est peut-être la dernière bataille de Vincenzo Nibali. Coureur marquant de la décennie 2010 et adoré par les fans de vélo, il a une occasion rêvé d’inscrire un peu plus son nom dans la légende du cyclisme italien et mondial. A bientôt 36 ans, le requin a encore faim d’un dernier festin et donnera tout jusqu’au bout pour engloutir ses adversaires.

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