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NHL – Les Oilers d’Edmonton, enfin prétendants ?

Très peu d’équipes peuvent se vanter d’avoir un duo aussi productif que celui des Oilers. Avec le duo McDavid-Draisaitl, la franchise d’Edmonton a probablement deux des meilleurs joueurs de leur génération. Pourtant, les Oilers ne parviennent pas à accrocher les séries depuis la saison 2016/2017. Le problème se situe dans les autres secteurs de la franchise. Pendant longtemps, le directeur général de la franchise, Peter Chiarelli, a été critiqué pour ses décisions prises au niveau de l’effectif comme avec le transfert de Taylor Hall chez les Devils en 2016. Durant ses fonctions, la franchise ne s’est qualifiée qu’à une seule reprise pour les séries. Il n’aura jamais réussi à entourer Draisaitl et McDavid, laissant un effectif déséquilibré autour d’eux. Finalement le propriétaire de la franchise décide de se séparer de lui le 23 janvier 2019 pour nommer le 7 mai Kenneth Holland, l’architecte des Red Wings où il aura été directeur général de 1997 à 2019. Après avoir recruté l’un des meilleurs directeurs généraux de la ligue, la franchise d’Edmonton espère bien revenir sur le devant de la scène pour les prochaines années. Néanmoins, Ken Holland a encore de nombreuses choses à régler au sein de l’effectif des Oilers pour faire de cette franchise l’une des meilleures de la ligue.

Des signes encourageants lors de la saison 2019/2020 

Kenneth Holland n’a pas mis longtemps à prendre les rênes de la franchise. Dès son arrivée, Ken Hitchcock, l’entraineur par intérim des Oilers n’est pas prolongé. Ken Holland décide de se tourner vers Dave Tippett, l’ancien entraîneur des Coyotes. L’ancien directeur général des Red Wings récupère un entraîneur avec une certaine expérience dans la ligue même si ses 5 dernières saisons avec les Coyotes n’ont pas été couronnées de succès avec aucune qualification en séries. Pourtant Ken Holland a confiance en lui pour ramener les Oilers au sommet de la ligue. Pour le reste des changements, Holland n’a pas beaucoup de marges de manœuvres avec des gros salaires difficilement malléables. Le seul mouvement de cette saison morte est l’échange avec les Flames impliquant James Neal et Milan Lucic. Les deux joueurs étaient en difficultés dans leur équipe et le besoin de changer d’air se faisait ressentir. Les Oilers accueillent donc James Neal, passé par les Penguins, les Predators  ou encore les Golden Knights. Malgré une saison décevante chez les Flames avec seulement 19 points inscrits dont 7 buts, l’ailier canadien peut apporter son expérience à cette équipe et permettre à celle-ci d’avoir plus de profondeur sur les autres trios. Son arrivée est la seule notable pour les premiers pas de Holland à la tête de sa nouvelle franchise. 

La franchise de l’Alberta fait des débuts impressionnants avec 5 victoires sur les 5 premiers matchs de la saison. La franchise continue sur sa lancée pour terminer avec 12 victoires sur les 20 premiers matchs de la saison. Si l’équipe réussie un aussi bon début de saison c’est grâce à ses deux stars mais aussi à James Neal qui est parvenu à s’adapter à sa nouvelle équipe. L’ailier canadien a inscrit 14 points sur les 20 premiers matchs dans sa nouvelle équipe dont 4 buts marqués en une seule rencontre contre les Islanders. Sur ce premier quart de la saison, c’est toute l’attaque des Oilers qui impressionne avec 61 buts inscrits en 20 matchs. Les Oilers occupent alors logiquement les premières places de la division pacifique. On se met alors à rêver dans l’Alberta en imaginant les Oilers enfin lancée dans leur projet avec McDavid et Draisaitl.

Jess Starr/The Hockey Writers

Pourtant la suite de la saison voit les Oilers retomber dans leurs travers avec une équipe toujours aussi dépendante de ses deux stars. Le manque de profondeur et la défense peu convaincante ont raison des résultats des Oilers qui ne cessent de rétrograder dans le classement de la division pacifique. La franchise d’Edmonton est alors obligée de se reposer une nouvelle fois sur son duo d’attaquants. Ainsi après un trou d’air début décembre, les Oilers remportent 12 matchs entre le 27 décembre et le 2 février sur les 20 matchs disputés. Durant cette période, l’attaquant allemand est parvenu à inscrire 34 points tandis que l’attaquant canadien a inscrit 19 points sur les 15 matchs disputés. Malgré cette bonne période pour les Oilers, Ken Holland sait que son équipe manque de joueurs dans le secteur offensif. 

Il décide alors d’aller chercher des joueurs comme Mike Green, Andreas Athanasiou et Tyler Ennis. Trois joueurs expérimentés qui pourraient aider les Oilers à se qualifier pour les séries. Alors que la franchise est à la lutte pour se qualifier pour les séries, la saison est interrompue en raison de la crise sanitaire qui touche le monde entier. Au retour de la compétition, les Oilers affrontent les Blackhawks dans une série en cinq matchs pour se qualifier pour les séries. Les Oilers apparaissent favoris d’autant que les BlackHawks étaient sur le point d’être éliminés dans la course pour les séries juste avant l’interruption de la saison. Pourtant, les Blackhawks ont réussi à s’imposer en 4 matchs face aux Oilers. La déception est énorme pour la franchise d’Edmonton. Seuls McDavid, Nugget-Hopkins et Draisaitl sont parvenus à se démarquer en inscrivant respectivement 9, 8 et 6 points. Le principal problème a été défensif pour les Oilers avec des gardiens en grande difficulté durant cette série. Ainsi Mikko Koskinen termine la série avec 88,9% de sauvetages tandis que Mike Smith ne réalise que 78,3% de sauvetages.

Le retour à la compétition aura été de courte durée pour les Oilers qui n’ont pas réussi à se qualifier pour les séries. Pourtant la franchise peut se montrer satisfaite de sa saison régulière. Elle aura montré une meilleure force collective. Néanmoins les difficultés défensives et le manque de profondeur de la franchise ne lui ont pas permis de retrouver les séries. Désormais Ken Holland a du travail pour procéder aux ajustements nécessaires pour entourer au mieux son duo de star. 

L’homme du renouveau: Kenneth Holland

La franchise avait besoin d’un directeur général expérimenté capable de construire un projet autour de ses deux attaquants stars. Les Oilers n’avaient pas le choix au risque de voir leurs stars McDavid se lasser des mauvais résultats de son équipe. Même si le joueur est sous contrat jusqu’en 2026, il pourrait demander un échange si son équipe ne s’améliore pas. En prenant Kenneth Holland, la franchise d’Edmonton rassure son attaquant star. L’ancien directeur général des Red Wings a été élu à plusieurs reprises dirigeants de l’année. Il a été à la tête d’une des meilleures franchises de tous les temps parvenant à remporter une Stanley Cup. Il connaît alors parfaitement la ligue, le marché et les moyens pour mener une équipe vers les sommets. A son arrivée, la franchise d’Edmonton est déséquilibrée. Entre les joueurs décevants et les manques cruels de joueurs réguliers dans certains secteurs du jeu, Kenneth Holland a beaucoup de travail. 

LA PRESSE CANADIENNE / JASON FRANSON

Avec le peu d’espace dans la masse salariale, le nouveau directeur général s’est contenté de faire des paris comme lorsqu’il va chercher un joueur comme James Neal qui sort d’une saison compliquée avec les Flames. Il décide d’envoyer Milan Lucic, lui aussi en difficulté chez les Oilers, pour faire une contrepartie équivalente au niveau des salaires. Pour favoriser l’arrivée de James Neal, Holland accepte même de retenir 750 000 dollars du salaire de l’ancien joueur des Bruins. Il montre qu’il est prêt à faire quelques concessions pour améliorer cet effectif. Il faut dire que James Neal le lui a bien rendu avec 31 points inscrits en 55 matchs. Même si ses séries ont été moins convaincantes avec seulement 3 points inscrits, la première saison de James Neal à Edmonton est réussie. 

Les progrès faits par les Oilers sont dans la piste des bons coups. Après avoir été plutôt calme durant l’été, Kenneth Holland s’est concentré lors de la date limite des transferts pour améliorer son effectif. En effet, les Oilers ont été l’une des équipes les plus entreprenantes durant cette période avec l’arrivée de trois joueurs permettant à la franchise d’avoir plus de profondeur: Mike Green, Andreas Athanasiou, Tyler Ennis. Des joueurs récupérés contre d’autres joueurs indésirables et des tours de repêchages. L’objectif des Oilers n’est plus le repêchage mais bien les séries. Kenneth Holland le sait très bien. Il décide ainsi de sacrifier des tours de repêchages  pour améliorer l’effectif. Il ne prend pas de risques sur le long terme puisque ces joueurs sont en fin de contrat. En cas d’échecs, les Oilers récupéraient de la place dans leur masse salariale. Les Oilers sont donc gagnants peu importe le scénario. 

Malgré tous ces mouvements, la franchise d’Edmonton n’est pas parvenue à se qualifier pour les séries, se faisant éliminer par les Blackhawks 3 matchs contre 1. Une nouvelle fois, les Oilers ont craqué dans la dernière ligne droite pour se qualifier. Une surprise pour les observateurs au vu des différents résultats dans la saison. La série s’est principalement jouée sur l’expérience. Les recrues n’ont pas réussi à apporter l’impact nécessaire. Dans une série particulièrement prolifique, les Oilers ont été en difficultés dans le secteur défensif avec 16 buts concédés. Un secteur qui doit être renforcé pour Ken Holland alors qu’il doit faire face à l’incertitude concernant l’état de santé d’Oscar Klefbom. Le défenseur suédois est blessé à l’épaule et aucune décision n’a été prise concernant une possible opération. Si elle venait à être faite, elle éloignerait Klefbom pour la saison, laissant les Oilers sans défenseur numéro 1. Ken Holland est conscient du problème que cela pourrait poser pour la franchise qui prévoyait de se renforcer dans d’autres secteurs:

«Je vais certainement devoir travailler fort, mais personne n’échange de défenseur numéro 1, 2 ou 3… Je ne veux pas dire qu’ils ne le font pas, mais que c’est à un prix exponentiel»

Ken Holland

Outre ce problème défensif, Ken Holland a commencé son travail au niveau offensif. L’objectif est d’éviter de se reposer seulement sur McDavid et Draisaitl. La franchise recherchait un centre sur la troisième ligne. Elle est alors partie chercher Kyle Turris qui a signé pour 2 ans et 3,3 millions de dollars. Par ailleurs, la franchise a prolongé Tyler Ennis pour 1 an et 1 million de dollars. Deux joueurs pouvant apporter une production offensive indispensable pour les Oilers. Il ajoute à ses signatures offensives, une signature défensive en recrutant Tyson Barrie pour 1 an et 3,750 millions de dollars. L’ancien défenseur des Leafs aura pour but de se relancer dans une franchise en manque de joueurs d’expérience en défense. Enfin, les Oilers ont prolongé le gardien Mike Smith pour 1 an et 1,5 million de dollars. Une surprise alors que les Oilers étaient à la recherche d’un gardien plus régulier pour faire passer un cap à la franchise d’Edmonton. Les Oilers se sont renforcés en ajoutant de l’expérience et de la profondeur. Désormais l’équipe semble armée sur les autres trios offensifs. Le seul inconvénient depuis ce début du marché libre est l’absence de signature d’un gardien plus régulier. La prolongation de Mike Smith montre que la franchise n’est pas parvenue à attirer un des nombreux gardiens disponibles sur le marché.

La franchise des Oilers espère passer le cap des séries. Après une saison régulière encourageante, la franchise a échoué à se qualifier pour les séries en raison d’une défaite contre les BlackHawks lors du tournoi d’accession pour les séries. Pour atteindre les séries, Ken Holland a été chercher des joueurs d’expérience en attaque pour apporter de la profondeur à son attaque. L’objectif est de permettre aux Oilers d’être dangereux sans ses attaquants McDavid et Draisaitl. Désormais plus armée en attaque, la franchise espère retrouver les séries avant de gagner une Stanley Cup qui lui échappe depuis la saison 1989/1990.

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