Cyclisme Omnisport

Le Giromètre du CCS : les Anglais à terre, Démare au sommet du sprint

La première semaine du Giro s’est achevée par une arrivée au sommet avant une journée de repos bien méritée. Le plateau n’était déjà pas relevé et la perte de Thomas et Yates n’a rien arrangé. La course est plus ouverte que jamais et des surprises ne sont pas à exclure. La météo n’épargne pas les coureurs. Il va falloir être costaud jusqu’au bout en résistant aux éléments et aux faits de course. Le CCS vous donne ces tops, flops et surprises de cette première semaine.

Le coup de coeur de la semaine

ARNAUD DEMARE, Groupama-FDJ

Démare survole les sprints du Giro mais pas seulement. En plus des 3 victoires acquises sur ce Giro, il en est à 13 victoires depuis le début de la saison, meilleure marque pour un coureur cycliste en World Tour cette année. Après un début d’année difficile entre confinement dans un hôtel d’Abu Dhabi en raison de la COVID et une fracture du scaphoïde gauche en mai, Démare se présente début août sans la moindre victoire. Il gagne Milan-Turin avant de gagner 2 étapes puis le classement générale du Tour de Wallonie. Il devient Champion de France sur route pour la 3ème fois devant Coquard et Alaphilippe. Après un 2ème place sur les championnats d’Europe il réaliste un triplé sur le tour du Poitou Charentes et remporte le classement générale. Sa formation doit s’en vouloir d’avoir choisit une tactique unique basée sur Thibaut Pinot lors du TDF. Démare montre lors de ce Giro qu’il est bien le meilleur sprinteur Français et un des tout meilleur du monde. Il devrait encore avoir l’occasion de montrer son talent d’ici la fin du Giro et ainsi remporter le maillot Cyclamen qu’il a loupé de peu l’an dernier.

Corentin

Les belles performances

Wilco Kelderman, Sunweb

Dans mon top cette semaine, je place le Néerlandais Wilco Kelderman. Septième de la dernière Vuelta, le coureur de la Sunweb n’était pas forcement cité parmi les principaux candidats à la victoire finale au départ de ce Tour d’Italie. Aujourd’hui, il est deuxième à 30 secondes du leader Joao Almeida ! Il m’a impressionné dès que la route s’est élevée, reprenant du temps à l’Etna et étant très solide hier sur les pentes finales de Roccaraso. On sent que le Néerlandais ne manque pas (et ne manquera pas) les opportunités de grapiller des secondes si les jambes sont présentes, profitant d’un marquage entre les favoris. Avec sa grande forme et ses qualités en contre-la-montre, Kelderman se place désormais comme l’un des prétendants à la victoire finale sur ce Giro.

Lucas

Le cyclisme portugais

On connaît tous, dans les rangs portugais, Rui Alberto Faria da Costa, coureur émérite lusitanien qui fut entre autres champion du monde en 2013, sur le parcours de Florence en Italie. La nation portugaise n’est toutefois pas le principal pourvoyeur du peloton, ni le pays auquel on pense en premier lorsqu’on parle cyclisme. Pourtant sur ce Giro, on retrouve non seulement un Joao Almeida étincelant, maillot rose sur le dos, mais en plus un certain Ruben Guerreiro, coureur de l’équipe EF Pro Cycling, s’est imposé ce dimanche lors de la neuvième étape vallonnée vers Roccarosa. Première victoire d’étape pour un Lusitanien sur le Tour d’Italie depuis 1989. Belle semaine et beau temps sur le cyclisme portugais. 

Gino

Filippo Ganna, Ineos-Grenadier

Autant le staff Ineos est vraiment à pointer du doigt, autant les coureurs essayent de faire de leur mieux ! Hier encore, deux Ineos figurent dans le top 10 de l’étape avec Crastroviejo qui passe pas loin de la victoire. C’est Filippo Ganna qui apporte du sourire à l’équipe en ce moment. Le Champion d’Italie et du Monde du CLM était le favoris légitime de l’étape d’ouverture. Il n’a pas déçu et a remporté sa première d’étape sur un Grand Tour. On aurait pu penser qu’il allait se contenter de viser chaque chrono mais lors de la 5ème étape il a surpris son monde. Il s’est glissé dans l’échappée matinale et a fait sauter tout ses concurrents 1 par 1 dans les différentes ascension du jour avant de finalement résister au retour des favoris. Tout ça sous une pluie interminable qui semble être la seule météo possible sur ce Giro. Le rouleur est devenu grimpeur le temps d’une étape d’un jour. De la à devenir un rouleur-grimpeur d’ici quelques années ? L’Italien de 24 ans est en tout cas une belle satisfaction de ce début de Tour. Un triplé n’est pas du tout à exclure d’ici la fin des trois semaines.

Corentin

Les déceptions

Le Staff INEOS-GRENADIER

Impossible de taper sur les coureurs de l’équipe tant ils essayent de relever la tête et se glisse dans les échapées. Mais la décision d’emmener Carapaz en urgence sur le TDF alors qu’il n’était pas à son pic de forme et de le priver de la défense de son titre sur le Giro au profit de Thomas est contestable. Au final Carapaz a bien fini la Grande Boucle (avant peut être de joueur le général sur la Vuelta) avec plusieurs échappées lors de la dernière semaine et Thomas est déjà à la maison après un abandon cette semaine (fracture du bassin). Dave Brailsford a fait amende honorable cette semaine et fait le constat que son équipe s’est endormie sur ses lauriers et qu’elle n’a pas vu que les autres progressaient. La perte tragique de Nicolas Portal leur a été très préjudiciable. Du mouvement est à prévoir lors de l’intersaison avec déjà beaucoup de transferts à la clé. Ineos doit se réinventer mais nul doute qu’il reviendront plus fort en 2021.

Corentin

Simon Yates, Michelton-Scott

Le coureur britannique Simon Yates a quitté les routes du Giro après avoir été testé positif au covid-19, qui l’a surement diminué pour le début de cette épreuve. Je ne place pas comme flop sa propre personne, mais le fait qu’il quitte la course est un coup dur pour le spectacle et le plateau de favoris du Tour d’Italie. Après un excellent Tirreno- Adriatico qu’il a remporté, je suis persuadé qu’il aurait pu éclabousser de son talent et de sa grande giclette cette course décousue qui lui convient si bien. Dommage.

Lucas

L’équipe Astana

L’équipe Astana arrivait armée jusqu’aux dents pour s’attaquer à ce Giro 2020. Notamment avec un Jakob Fuglsang motivé, mais munie aussi de plusieurs coureurs de premier plan pour l’accompagner sur les routes italiennes. Cependant, les 15 premiers kilomètres ont d’abord été fatals à Miguel Angel Lopez. Après une petite erreur, il paie le prix fort en chutant de manière aussi terrible que spectaculaire, projeté dans les barrières à pleine vitesse. Abandon. Dans la foulée c’est Vlasov, autre pièce maîtresse du dispositif kazakh, en montagne notamment, qui abandonnera soufrant de maux d’estomac. Spirale de guigne et coups durs en série pour la formation de Vino.  

Gino

Les surprises

Domenico Pozzovivo, NTT Pro Cycling

Pour ce début de Giro, j’ai choisi comme surprise Domenico Pozzovivo. Sortant d’une dix-neuvième place sur le Tour d’Italie 2019 et après avoir participé au Tour de France (abandon lors de la 10e étape), j’imaginais l’Italien en retrait pour la lutte au classement général et viser les victoires d’étapes. Que nenni ! Il a été très costaud finissant parmi les meilleurs dans l’ascension de l’Etna et se retrouve quatrième du classement général. Son faible niveau sur l’épreuve chronométré risque néanmoins de le faire reculer dans les jours à venir.

Lucas

Harm Vanhoucke, Lotto-Soudal

Repéré chez les jeunes, Harm Vanhoucke est issu de la réserve de la Lotto-Soudal pour les U23. Comme Bjorg Lambrecht, coureur à la destinée funeste qui nous a quitté en course en 2019, qui y fut son équipier en 2017-2018. Passé finalement pro en 2018, toujours chez Lotto-Soudal, Vanhoucke était considéré comme l’un des meilleurs grimpeurs chez les espoirs. On l’avait par exemple vu finir 3ème du Tour de Savoie Mont Blanc, derrière son coéquipier Lambrecht … et un certain Egan Bernal. Le passage chez les professionnels fut difficile puisque, victime d’anémie, il fut tout d’abord mis au repos forcé. Après avoir eu du mal à s’installer « chez les grands », ces performances sur le Giro (3ème à l’Etna et dans le top10) peuvent laisser présager de lendemains qui chantent (enfin!). À confirmer.

Gino

Ceux qui doivent rebondir

Peter Sagan, Bora-Hansgrohe 

On ne présente plus Peter Sagan. Triple champion du monde. Septuple détenteur du maillot vert sur le Tour. Vainqueur d’un Tour des Flandres. D’un Paris-Roubaix. De 12 étapes sur la Grande Boucle… Sagan est un géant du peloton ! Pourtant cette année ça ne veut pas rigoler pour l’instant. Sur le Tour il était par exemple un peu en retrait de Sam Bennett (2 étapes et maillot vert) ou Caleb Ewan (2 étapes). Sur ce Giro, il est aussi tombé sur un drôle d’os à ronger en la personne de Arnaud Démare. Pour autant, on connaît le champion slovaque, aussi talentueux qu’ambitieux. Déjà vainqueur d’étapes sur le Tour et la Vuelta, lui manque de lever les bras sur le Giro. Il reste deux semaines de course. Réaction attendue.  

Gino

Vincenzo Nibali, Trek – Segafredo

Je suis peut-être un peu dur avec le requin de Messine que j’adore personnellement mais je l’imaginais plus en avant au soir du premier jour de repos. Il bénéficie d’une belle équipe, la Trek – Segafredo, qu’il fait souvent travailler, mais ne récolte pas les fruits du travail collectif de sa formation. Hier, il a buté dans le mur final et a perdu quelques secondes sur des concurrents qui semblent un poil plus en forme que lui. Cependant, il reste excellemment bien placé à 57 secondes du leader (5e du classement général) et se retrouve devant les Majka, Fulgsang ou Kruijswijk. J’attends son rebond, notamment lors des étapes de montagne de la troisième semaine, où l’Italien est réputé très fort et a déjà par le passé fait la différence sur ses adversaires (Giro 2016).

Lucas

Jacob Fuglsang, Astana

Jakob Fuglsang a semble t’il déjà rebondi hier et aborde la journée de repos avec un moral regonflé. Après un belle victoire au Tour de Lombardie, son Giro a pourtant commencé de la pire des façon. Lors du chrono initial, le Danois termine 100ème et concède 1’47 à Filippo Ganna et surtout 1’25 sur le leader actuel Almeida. Il a été le plus lent des favoris au Giro et a réussi l’exploit de finir derrière Gaviria ou Démare par exemple. Quand on sait qu’il reste 49,8 km de contre-la-montre, difficile d’imaginer Fuglsang comme un favoris à la victoire finale. S’il fait le même type de performance, il perdra encore 4 minutes sur le Portugais. Son retard sur Nibali ou les autres est moins important mais il perdrait plus d’une minute sur les 2 CLM. Son équipe a également connu déjà 2 abandons et pas des moindres avec Vlasov et Lopez. Lui n’a pas peur en tout cas et est content de sa forme et son classement au soir de l’étape 9. Il a indiqué avoir été bien protégé par son équipe hier et s’être senti bien dans la montée finale. Le vent de face ne lui a pas permis d’attaquer plus tôt mais il a repris du temps à ses concurrents (14” à Nibali, 21” à Kruisjwijk) et ainsi montré qu’il fallait compter sur lui.

Corentin

Les Classements

Tout reste à faire dans ce Giro. Almeida est leader grâce à une belle performance dans le CLM d’ouverture mais il a commencer à perdre quelques secondes hier lors de l’arrivée au sommet. La deuxième semaine ne présente pas de grosses difficultés hormis le chrono de samedi, mais entre le temps pluvieux et des favoris aux dents longues, rien est à exclure pour le classement général. Rendez-vous à la prochaine journée de repos afin de faire le bilan des forces en présence avant la troisième semaine qui s’annonce déterminante

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :