Omnisport Rugby

À Toulouse, les 3/4 reçus 5/5

En forme en ce début de saison, le Stade Toulousain brille par son jeu fluide, précis et efficace. Un système qui repose sur le talent de sa ligne arrière, qui pratique un rugby flamboyant depuis le début de saison. Décryptage.

« Dans nos ¾, on a des joueurs d’expérience. Des mecs qui ont joué de gros matchs à très haut niveau. Ils ont ce recul pour que nous les jeunes, on puisse s’appuyer sur eux ». Lucas Tauzin le sait, la ligne arrière du Stade Toulousain regorge de joueurs de haut niveau. Un mélange de tous styles certes, mais surtout de talents, qui permet au club d’enchaîner les bonnes performances cette saison. Premiers du Top 14 avec 4 victoires en 5 matchs, les hommes d’Ugo Mola impressionnent et sont même placés comme les favoris au titre cette année, malgré les doublons qui arrivent.

Une jeune garde talentueuse

D’ailleurs, Tauzin est un des symboles de cette ligne arrière chez qui tout fonctionne. Un début de saison plus que prometteur qui met en avant ses qualités de perforateur des défenses et joueur décisif. Révélation en tant qu’ailier en 2019, c’est en tant que deuxième centre qu’il fait ses preuves cette saison. Malgré son match quelque peu raté à Clermont, seule défaite en championnat des toulousains, il s’est montré à son avantage contre Toulon lors d’une démonstration de force des Stadistes. Des franchissements et des actions tranchantes, un essai et deux passes décisives pour son compère Lebel. Un sacré match qui confirme son véritable potentiel, quel que soit son poste.

Matthis Lebel justement, est lui aussi en pleine forme. 4 essais depuis le début de championnat, et surtout 4 titularisations en 5 matchs pour l’ailier de 21 ans. Excellent finisseur et franchisseur, il s’affirme comme l’un des maillons forts sur l’aile toulousaine, en plus bien évidemment de Cheslin Kolbe. Face à Brive aussi, Lebel s’est mué en acrobate pour marquer un essai aussi incroyable que compliqué à aplatir, après un coup de pied rasant de Thomas Ramos. C’est dans ce genre d’action qu’on reconnaît la froideur et le réalisme fou des toulousains, qui ne laissent aucune marge d’erreur à leurs adversaires.

Une ligne d’attaque qui terrifie

Outre ces deux « novices » dans le paysage toulousain, les indiscutables du club font aussi un début de saison plus que tonitruant. Cheslin Kolbe continue sa magie sur son aile droite : crochets, défense, vitesse, agilité et parfois jeu au pied confirment qu’il est un des meilleurs joueurs actuels sur la planète rugby. Déjà 5 essais en championnat et cette faculté folle de toujours trouver de l’avancée et de battre son défenseur même lorsqu’il est serré de près. Juste inarrêtable. D’autant plus que les défenses ne doivent pas surveiller que lui.

Le champion du monde Sud-Africain est épaulé par un autre joueur de l’hémisphère Sud, mais au profil relativement différent. Pita Ahki n’en fini plus d’impressionner. Le centre néo-zélandais sait tout faire. Sa puissance lui permet de faire exploser ses adversaires directs, il est d’ailleurs le premier arrière à être envoyé sur une course rentrante pour concentrer la défense. Mais au fur et à mesure du temps, l’ancien du 7’s comprends quelles sont les clés pour ouvrir la défense et comment l’utiliser. Comme en témoigne son quart de finale de Champion’s Cup face à l’Ulster. Un modèle du genre ou Ahki laisse exploser ses qualités en mettant à mal les irlandais. Son essai inscrit suite à un coup de pied rasant pour lui-même n’est qu’une juste récompense pour son match exceptionnel. Malheureusement pour les toulousains, l’aventure Champion’s Cup s’arrête au tour suivant face à Exeter, futur vainqueur de l’épreuve.

Enfin, les internationaux français de cette ligne de ¾ se portent bien, à l’image de la charnière Dupont-Ntamack, une nouvelle fois logiquement appelée avec les Bleus. Vitesse, prise d’initiatives, technique, précise, il n’y a pas grand-chose à leur reprocher en ce début de saison. Thomas Ramos est lui aussi décisif, que ce soit au pied, où il reste plus que constant, ou dans le jeu courant. Son concurrent au poste, Maxime Médard, snobé par Fabien Galthié, au même titre que Huget, reste important pour l’équipe lorsqu’il est sur le terrain.

Il le sera d’autant plus que les doublons arrivent et que Ramos sera sous le maillot Bleu. Zack Holmes devrait aussi profiter de cette période pour gratter des minutes de jeu, après une belle partie face à Brive le week-end dernier. Au même titre que celui qui était associé à lui pour former la charnière dans ce match, Alexis Balès.

Le Stade Toulousain fait peur, et c’est tout à fait normal. Avec une ligne de ¾ qui regorge d’internationaux et de talents, Toulouse à de quoi faire mal à n’importe quelle équipe. Même s’il va devoir composer avec les doublons, Ugo Mola sait qu’il peut s’appuyer sur des joueurs en forme et qui ont soif de victoire. Un début de saison qui ne peut promettre que de belles choses pour la suite…

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :