Basket Draft NBA La NBA de demain

Draft 2020 Sleepers : ces intérieurs athlétiques qui montent (3/3)

Voici la dernière salve de nos sleepers pour la draft 2020 ! Après avoir passé en revue ces extérieurs qui dorment dans cette cuvée 2020, nous terminons aujourd’hui notre tour d’horizon des intérieurs qui peuvent surprendre la NBA. Rassurez-vous, le CCS n’en a pas fini avec cette draft 2020 et vous réserve encore quelques surprises. Mais pour aujourd’hui, savourez ces intérieurs aux profils atypiques, un peu hors du temps ou complètement ancré dans le jeu moderne de la grande ligue.

JALEN SMITH

Jalen Smith credits : Maryland Terrapins

Date de naissance : 16 Mars 2000 – Classe : Sophomore

Université : Maryland Terrapins (Big Ten)– Bilan 2019/2020 : 24v/7d
Poste : Ailier-Fort/Pivot (#25)

Mensurations*
Taille : 208 cm – Poids : 100 kg – Envergure : 218 cm
(source : realgm.com)

Statistiques saison
31 matchs joués // 15,4 pts // 10,5 reb // 0,8 ast // 0,7 stl // 2,3 blk
31,2 minutes joués/match // 53,8 % FG // 36,8 % 3Pts // 75 % FT // 1,7 Tov // 2,3 PF

Celui qui compile qualités modernes et défauts rétro

Jalen est né à Portsmouth en Virginie, avec sa sœur Kiara ils eurent une éducation cadrée par un papa officier de la Navy (Marine nationale US). Il joue en High School pour Mount Saint Joseph à Baltimore. Il compile, lors de son année senior, 22 points 12 rebonds et 4 contres et participe alors au 2018 All American game et au Jordan Brand Classic. Considéré unanimement par les sites spécialisés comme une recrue cinq étoiles, on le retrouve aussi dans tous les top 25 des joueurs de 2018. Il est logiquement très convoité :  Syracuse, Villanova, Virginia, Duke, Arizona tentent de l’enrôler. Jalen choisit l’option locale en s’engageant pour les Maryland Terrapins car il connait le coaching staff et est ami avec un joueur jouant déjà pour les « Terps » : Darryl Morsell. Son année freshman est plus qu’encourageante, il commence tous les matchs et forme avec l’angolais Bruno Fernando une raquette dissuasive. Il joue 26 minutes par matchs et compile 11,7 pts 6,8 rebonds, 1,2 contres à 49,2 % au tir. Maryland s’incline dans le tournoi final au second tour contre LSU de 2 petits points, lors de ce NCAA tournament, Smith finira meilleur marqueur à chaque fois avec 19 et 15 points. Pour sa saison sophomore, Smith devient l’option numéro 1 intérieure, en effet Fernando est parti lors de la draft aux Hawks d’Atlanta avec le 34ème choix.  Jalen confirme les espoirs placés en lui et forme avec le meneur Anthony Cowan Jr un duo redoutable. Après une excellente saison inachevée pour cause de pandémie, Smith reçoit les honneurs. En cumulant 15,5 pts 10,5 rebonds et 2,4 contres, il est nommé dans la première équipe de la Big Ten, ainsi que dans l’équipe défensive de cette conférence. Son nom apparaît aussi dans la troisième équipe All Americans par Associated Press et Sporting News. Jalen Smith est un des noms qui montent dans les mocks draft 2020. Décryptage de  cette hype naissante.

Jalen Smith a un look bien identifiable. Coupe de cheveux coiffé/ décoiffé afro et lunettes bien vissées sur visage qui nous replonge dans les années 80/90 avec Horace Grant, Kurt Rambis ou autre Thurl Bailey, ici s’arrêteront les comparaisons esthétiques. Smith pour un bigman n’est ni très grand ni très lourd (208 cm,100 kg) il possède en revanche une belle envergure (218 cm). Un corps assez fin mais qui semble « musclable » à moyen terme. Sa légèreté lui confère une bonne mobilité sur le terrain sans être pour autant un atout majeur de son jeu en effet Jalen ne rentre pas dans la catégorie des joueurs explosifs. Considéré comme un 4 de grande taille, on l’imagine plutôt dans le rôle d’un strech 5 en NBA. Lors de la saison écoulé, le natif de Virginie a montré qu’il pouvait sanctionné de loin, 36,8 % à 3 pts sur la saison et plus de 40 % sur les mois de janvier et février, le tir extérieur est clairement une de ses armes. Souvent utilisé sur situation de pick and pop par Mark Turgeon, il a démontré son efficacité sur situation d’attraper/tirer. La mécanique de tir est compacte, part d’un peu bas (niveau de l’épaule) en revanche le follow through est à montrer dans toutes les écoles de basket. Smith peut aussi être utilisé sur pick and roll avec succès. Il est le 3ème joueur de toute la NCAA scorant le plus sur cette situation de jeu avec 3,1 pts par match. Son jeu au post reste assez limité du fait de son physique de poids plume. Sans être exceptionnel, son handle est correcte. Il est capable d’attaquer le panier en partant en dribble de la ligne à 3 points après avoir fixé son défenseur et son touché prés du cercle dans cette situation est tout à fait correcte. L’autre marge de progression en phase offensive se situe dans sa lecture de jeu. Bien que capable de lecture basique, il met un temps considérable à analyser le jeu et reste un passeur très moyen ce qui est un peu gênant pour un intérieur qui passe la plupart de son temps au large. Concernant le rebond offensif, Jalen est actif, présent au putback dunk (6ème de sa conférence avec 2,4 pts par match) les choses se compliquent pour lui si il repose les pieds au sol car il ne possède pas un second saut lui permettant de remonter vite au cercle.

Défensivement, le « Terps » ne pêche pas par son manque d’agressivité. Malgré un physique longiligne il montre une vrai capacité de dissuasion comme en témoigne ses 2,3 contres par match. Plutôt bon rebondeur, il peut souffrir face à des intérieurs plus lourds et plus explosifs. Smith se montre particulièrement efficace sur la défense du post up ne concédant que 0,67 pts par tentative adverses. Smith en revanche se retrouve en difficulté lorsqu’il doit défendre dans l’espace, son footwork n’est tout simplement pas assez bon. On ne l’imagine pas du tout être capable de switcher contre des joueurs extérieurs pour le moment, pire, il risque d’être en difficulté vis à vis de la plupart des postes 4 actuels. Une vraie problématique pour lui dans la NBA actuelle, ou le switch est largement utilisé.

Jalen Smith possède des qualités offensives très modernes (adresse extérieur, dissuasion défensive) mais des défauts de bigman très « old school » défensivement (footwork lent, problème de lecture de jeu). Un projet plutôt à moyen terme donc en espérant qu’il puisse améliorer sa capacité à passer et qu’il devienne assez rapidement, via un gros travail athlétique, en mesure à minima de défendre aussi bien les postes 4 et 5. Jalen Smith reste cependant un des meilleurs « strech-big » de cette cuvée.

Hypothèses de sélections

🔹 BOSTON CELTICS (Premier tour – Pick 14) : Il y a 2 chantiers pour Brad Stevens, l’apport du banc et le secteur intérieur. Avec son profil de strech 5/rim protecter, Smith a des atouts pour plaire au tacticien celte. A moins que son incapacité à switcher soit jugée comme trop préjudiciable, la franchise du Massachussetts avec ses nombreux picks, devrait avoir un œil sur l’intérieur de Maryland.

🔹LOS ANGELES LAKERS (Premier tour – Pick 29) : On l’a vu il faut peut de chose pour habiller une équipe autour du duo surpuissant Lebron/AD. Smith apporterait au secteur intérieur des Lakers un profil qu’il n’ont pas sur le banc, à savoir un pivot qui écarte le jeu.

🔹PHILADLPHIA SIXERS (Deuxième tour – Pick 34) : Tout élément pouvant amener du spacing à Philly semble le bienvenu. On peut imaginer le « Terp » soit en relai de Joel où par séquence à ses côtés. Deplus, Smith est quasiment dèjà sur place géographiquement. Un « pick du terroir » pour Philly ?

TYLER BEY

Tyler Bey à ne pas confondre avec son homonyme Saddiq de Villanova crédit : Raphie Report

Date de naissance : 10 Février 1998 – Classe : Junior

Université : Colorado Buffaloes (Pac 12) – Bilan 2019/2020 : 21v/11d
Poste : 3/4 (#1)

Mensurations*
Taille : 201 cm – Poids : 99 kg – Envergure : 215 cm
(source : sports-reference.com)

Statistiques saison
32 matchs joués // 13,8 pts // 9,3 reb // 1,4 ast // 1,5 stl // 1,1 blk
29 minutes joués/match // 53 % FG // 41,9 % 3Pts // 74,3 % FT // 2,4 Tov // 1,9 PF

Celui qui a fait de la défense son terrain de jeu…

Un Bey peut en cacher un autre dans cette draft. Après Saddiq, le 3&D de Nova qui fait tourner la tête des franchises présentent à la loterie, regardons le plus grand et le plus âgé Tyler des Bufflaoes du Colorado. Aucun lien de parenté entre les deux, précisons-le. Tyler est né et à grandit à Las Vegas dans le Nevada. Ne se prédestinant pas à une carrière de basketteur, Tyler Bey gravi tranquillement les échelons avec le lycée public de Vegas situé à Sunrise Manor. Il termine sa saison avec 17 points, 7,3 rebonds et 1,7 passes en moyenne par match. Des performances qui lui valent un transfert vers l’école préparatoire Middlebrooks Academy de Los Angeles. Là-bas, il accumule suffisamment d’expérience pour séduire des universités de Division 1 mais n’attire pas l’œil des médias spécialisés dans le dépistage de talent, se classant bien au-delà du Top 100 des espoirs de la classe 2017.

En septembre 2016, il s’engage avec les Buffaloes de Colorado en tant que recrue 4 étoiles (selon 27Sports et Rivals) et 3 étoiles pour ESPN. Sous les ordres de Tod Boyle, Tyler Bey ne cesse de progresser à mesure que son rôle évolue au sein de l’équipe. Au cours de sa première année, Bey dispute 32 matchs, dont 21 en tant que titulaire et obtient presque 20 minutes de temps de jeu par match. Il affiche des moyennes de 6,1 points et 5,1 rebonds sur cet exercice. La saison suivante, Bey est davantage responsabilisé en ajoutant un jump shot fiable à son arsenal. Résultat, il devient titulaire, double ses moyennes statistiques et récolte l’honneur du joueur ayant le plus progressé au sein de la Pac-12, tout en entrant dans la meilleure équipe de la Conférence. Pour sa dernière année, Tyler Bey continue sa progression, notamment au tir extérieur, et permet à son équipe de réaliser un excellent début de saison. Les Buffaloes affiche un bilan de 12-2 avec comme point culminant, une victoire surprise 78-76 sur Dayton. Bien que la saison des Buffaloes se soit achevée au premier tour du tournoi de conférence dans une défaite cinglante contre Washington State, sur le plan individuel, la saison de Tyler Bey est une réussite. Il est nommé dans la seconde équipe de la Pac-12 et surtout, remporte les honneurs du défenseur de l’année au sein de cette conférence. Avec un parcours typique des sleepers, Tyler Bey est passé de talent local à Las Vegas, au statut de potentiel choix de premier tour de la NBA.

Tyler Bey est un athlète élite qui sommeil. Intelligent, l’ailier fort de Colorado n’est pas ce genre de joueur à vouloir faire le spectacle, préférant agir avec intelligence et efficacité. Derrière cette apparente tranquillité, Tyler Bey est un athlète complet, longiligne et explosif. Verticalement, Bey est impressionnant, surtout lorsqu’il prend appui des deux pieds. Latéralement ? C’est encore plus impressionnant : les hanches, les mains, les jambes et les réactions sont rapides. Ajouter à cela une envergure d’environ 2 mètres 15, et vous obtenez le prototype d’un défenseur près pour la NBA. Il lui reste encore à acquérir un peu de force brute, mais il a le cadre pour sans perdre de son athlétisme. Tyler Bey présente une rare combinaison d’instinct défensif, de longueur et d’agressivité qui doit faire saliver un bon nombre de franchises NBA. C’est un excellent rebondeur pour sa taille. Au cours de ces deux dernières saisons, il a capté plus de 9 rebonds par match (dont 2 ORB) dans une conférence de très haut-niveau. Il possède ce sens rare de suivre le ballon lorsqu’il sort du cercle et utilise très bien son corps pour prendre position. Très actif en défense, Bey possède les qualités physiques pour défendre sur les extérieurs, sauter sur les trajectoires de passes ou même contester les tirs. Sur l’exercice 2019-2020, il affiche 1,5 interceptions et 1,2 contres en moyenne. Tyler est un excellent défenseur sur l’homme, lui qui n’a accordé que 0,48 point par possession sur situation d’isolation [85e centile]. Polyvalent, intelligent et athlétique, Tyler Bey peut être placé sur la plus grosse menace offensive adverse et ce, même en NBA.

De l’autre côté du terrain, Tyler Bey est encore en développement. Il a déjà considérablement progressé au cours de sa carrière universitaire mais il lui reste encore du chemin à parcourir pour devenir une réelle menace. Des doutes planes sur son réel plafond offensif, mais sa progression, même à 22 ans, est prometteuse. Sous les ordres de Tod Boyle, le rôle principal de Bey en attaque était d’être une menace hors du ballon, sur des coupes vers le panier ou en sortie d’écran. Bon finisseur, mais pas élite, notamment main gauche, Tyler Bey base sa réussite sur son athlétisme et sa capacité à prendre rapidement de la hauteur dans les espaces réduits. En ce qui concerne ses autres options offensives, Tyler Bey a montré de gros progrès sur son jump shot, que ce soit à mi-distance ou à 3pts. Bien évidemment, tout cela n’est pas encore optimal mais il y a de quoi avoir confiance dans son développement. La forme de son tir peut être encore améliorer, notamment au niveau du positionnement de sa main gauche, mais globalement il parvient à être efficace. Au cours de sa première année, Tyler Bey n’a pris que 0,2 tirs extérieurs par match. Quasiment rien donc. Pour sa deuxième année, 0,6 et une réussite de 22,7%. Sa troisième année ? Une tentative à 3pts et 41,9% réussite, une belle progression surtout avec une adresse constante aux lancers, avoisinant les 74%. Avec ce nouvel outil, Bey a parfois été utilisé en pick and pop à Colorado où il s’est montré assez à l’aise. Prometteur. Si Tyler Bey possède un solide QI basket, son jeu de passe, sa vision du jeu en attaque est encore brute. Son potentiel de création est quasi nul, avec un handle inexistant, tout comme son jeu au poste. Des lacunes qui bloquent son potentiel mais qui n’entravent pas son utilisation en NBA.

Tyler Bey est un très bon athlète, long et dynamique. Des qualités qu’il exploite à merveille en défense. Ses qualités défensives sont impressionnantes et lui assurent probablement une place dans cette NBA moderne qui prône la polyvalence. Sa progression constante est également un élément important pour les franchises qui le ciblent. En revanche, Tyler Bey devra développer ses outils offensifs pour espérer obtenir un rôle important au niveau suivant. Dans l’immédiat, Bey représente un choix sur avec des qualités évidentes mais un plafond peut-être restreint. Il reste l’un des chouchous de la rédaction.

Hypothèses de sélections

🔹 TORONTO RAPTORS (Premier tour – Pick 29) : Tyler Bey possède un profil qui convient parfaitement au style et à la philosophie de la franchise canadienne. Un défenseur déjà établi avec un potentiel offensif à développer. Si les Raptors ne parviennent pas à conserver Serge Ibaka, Tyler Bey aurait une chance incroyable de pouvoir bénéficier de la formation made in Toronto.

🔹 DALLAS MAVERICKS (Deuxième tour – Pick 31) : De la défense polyvalente et un potentiel en catch and shoot ? Le profil semble idéal pour aider une franchise qui recherche ce genre de profil. Bon rebondeur également, Tyler Bey peut être un poste 4 idéal aux côtés de Porzingis ou Dwight Powell.

🔹SAN ANTONIO SPURS (Deuxième tour – Pick 41) : Du haut de ses 22 ans bien tassés, Tyler Bey pourrait descendre à la draft jusqu’au milieu du second tour. L’équipe qui le sélectionnera va faire une affaire et à ce jeu, les Spurs ont souvent eu le nez creux. Un défenseur de son calibre pourrait faire des ravages dans les mains de Pop et serait une doublure idéale pour un Rudy Gay vieillissant.

UDOKA AZUBUIKE

Udoka Azubuike crédit: KU sports

Date de naissance : 17 Septembre 1999 – Classe : Senior

Université : Kansas Jayhawks (Big 12) – Bilan 2019/2020 : 28v/3d
Poste : Pivot (#35)

Mensurations*
Taille : 213 cm – Poids : 122 kg – Envergure : 226 cm
(source : sports-reference.com)

Statistiques saison
31 matchs joués // 13,7 pts // 10,4 reb // 0,9 ast // 0,4 stl // 2,5 blk
27,7 minutes joués/match // 74,8% FG // 0 3Pts tentés // 44,1 % FT // 2,4 Tov // 2,4 PF

Celui qui joue comme un pivot des 90’s

Udoka Azubuike est le « petit » dernier d’une famille de 5 enfants. Il grandit à Lagos (Nigéria) avec un père policier de son état et une mère exerçant la profession d’enseignante. Alors âgé de 10 ans, son père décède. Il attire l’œil des recruteurs grâce au programme Basketball without Borders et obtient une bourse. Ainsi il rejoint la Potter’s House Christian Academy (High School) à Jacksonville en Floride où ses entraîneurs adjoints Harry et Donna Coxsome deviendront rapidement ses tuteurs légaux. Lors de sa dernière année de High School il tourne à 16,9 pts et 9,7 rebonds par matchs. Il est alors invité à des événements prestigieux comme 2016 Mc Donald’s All Americans boys game, Jordan Brand Classic et le Nike Hoop Summit où il ne brille pas particulièrement (10 pts ou moins à chaque fois). Assez cependant pour attirer la convoitise et se faire un nom. Il est dans tous les les Top 30 des joueurs de 2016 et est considéré comme une recrue cinq étoiles pour les universités. Il est alors convoité par des programmes universitaires réputés : Duke, Texas, Kentucky, North Carolina et Florida State. Néanmoins, il décide de s’engager pour les Jayhawks de Kansas fin janvier 2016 où il est immédiatement vu comme le digne successeur d’un certain Joel Embiid.

Sa saison freshman dure 11 matchs à cause d’une blessure au poignet gauche. Son année sophomore est plus convaincante, il est titulaire à chaque match, compile 13 pts 7 rebonds 1,7 contres par match, le tout avec un coquet 77% aux tirs, ce qui constitue un record de Big 12. Malheureusement Udoka se blesse en fin de saison au genou gauche, privé de son pivot titulaire Kansas perds contre Villanova (les futurs champions). Il hésite alors à se présenter à la draft avant de se rétracter. La saison 2018/2019 est une année sombre pour le pivot nigérian, il accumule les pépins physiques (cheville et poignet droit cette fois) et ne participe qu’à 9 petits matchs. Son incapacité physique à se rendre au draft combine dans de bonnes dispositions lui fait prolonger son aventure universitaire. Son année senior est bonne pour lui et Kansas. En cumulant 13,7 pts, 10,5 rebonds et 2,6 contres par matchs il est même élu joueur de l’année de sa conférence. Udoka détient un record historique de NCAA, avec 74,9 % de réussite il est le joueur avec le plus haut pourcentage aux tirs. Suffisant pour intégrer un roster NBA ?

Udoka Azubuike est un freak, le joueur au physique le plus impressionnant de cette cuvée. Le constat visuel est sans appel, lorsque vous le regardez fouler les parquets universitaires, vous avez l’impression de voir un homme contre des enfants. L’intérieur des Jayhawks affiche des mensurations rares : 2 mètres 13 pour 122 kilos et surtout une envergure effrayante de 2 mètres 26. Un physique qu’Udoka Azubuike accompagne par une belle explosivité et une mobilité en développement. Dans tous les cas, Azubuike affiche une combinaison de force et de longueur impressionnante. Dans le jeu, Azubuike a été l’ancre de l’une des meilleures défenses universitaires ces dernières années. Véritable épouvantail dans la raquette de Kansas, il a perdu quelques kilos dans sa dernière année ce qui lui a permis de gagner en mobilité et donc d’être plus à l’aise lorsqu’il devait sortir de dessous l’arceau. C’est une belle progression pour plus de polyvalence, mais sa force reste la défense intérieure. Avec seulement 0,43 point accordé au poste par possession [96e centile], les équipes adverses ont échoué en le testant à l’intérieur. Dominant physiquement, ses longs bras lui permettent de contester beaucoup de tirs dans le trafic et de voler beaucoup de rebonds. Reste à voir comment cette force se traduit au niveau suivant. Mais voilà, ce n’est pas pour rien qu’il a reçu le titre de défenseur de l’année en Big 12 cette année. De l’autre côté du terrain, Azubuike est un très bon finisseur qui ne cherche pas à faire dans la dentelle. Cible d’élite pour les lobs grâce à son envergure vertigineuse, le pivot des Jayhawks cherche toujours à faire souffrir l’arceau. Mais le grand Azubuike sait également se montrer poète. Il a montré à de nombreuses occasions qu’il possédait un toucher soyeux des deux mains. De même, il sait se positionner au poste et enfoncer son défenseur direct pour aller finir en force ou en douceur. Azubuike est pratiquement inarrêtable lorsqu’il obtient le ballon en direction du panier. Record NCAA d’adresse à 2pts, 1,75 point marqué sur les tirs près du cercle sur demi-terrain [100e centile]… Voilà de quoi il est capable si son équipe l’utilise correctement en attaque.

Et ensuite ? Si Azubuike s’était présenté à la draft dans les années 90′, nul doute qu’il aurait visé le top 5. Aujourd’hui, les exigences de la NBA moderne ne favorise pas son profil, comme c’est le cas pour d’autres prospects comme Isaiah Stewart ou Vernon Carey Jr. Le point le plus sombre du profile d’Udoka Azubuike est son tir. Ne pas prendre un tir à 3pts en quatre années universitaires est une chose, ne pas avoir pris un tir en dehors de la raquette en est une autre. Surtout, rien d’indique qu’Azubuike ne puisse un jour devenir un tireur décent à mi-distance, comme l’indique son terrible pourcentage de réussite aux lancers francs. En quatre ans, le pivot des Jayhawks affiche un affreux 41,6% FT. S’il presque impossible d’acheter son tir, Azubuike peut peut-être devenir un tireur de lancer honnête, mais il part de loin. Il a progressé dans ce domaine au cours de toute sa carrière universitaire. Mais voilà, dans une NBA où les équipes demandent à leurs intérieurs de s’écarter de plus en plus, il est difficile d’imaginer Udoka Azubuike se fondre dans ce modèle. De même, malgré son expérience de senior, Azubuike possède encore de nombreuses lacunes sur les fondamentaux. A l’inverse de Joel Embiid qui s’est lui aussi mis au basket tardivement, Azubuike paye régulièrement son manque d’expérience basketball. Exemple le plus marquant, il manque de vision et de sensations au poste comme en témoigne son terrible ratio assist/turnover : 0,9/2,4. Enfin, comme nous vous l’avons présenter dans sa courte biographie, Udoka Azubuike a déjà une longue liste de blessure derrière lui. Sa perte de poids récente devrait améliorer ce point comme ce fût le cas cette dernière saison mais attention tout de même à ne pas rester à l’infirmerie trop longtemps…

Udoka Azubuike, c’est d’abord un physique hors norme qui lui permet d’être efficace des deux côtés du terrain mais dans des rôles bien définis. Excellent finisseur et défenseur près du cercle, il semble impossible pour lui d’exploiter son jeu à l’extérieur, même dans le futur. Son manque criant de polyvalence sera vraiment un obstacle pour lui en NBA. Pour le reste, sa puissance physique, ses capacités au rebond et de protection peuvent lui assurer 10 à 15 minutes régulières dans une formation qui souhaite favoriser le jeu intérieur. Reste à savoir s’il peut exploiter ses forces aussi bien en NBA qu’en NCAA.

Hypothèses de sélections

🔹 MEMPHIS GRIZZLIES (Deuxième tour – Pick 40) : Udoka Azubuike ferait du bien à la raquette des Grizz’ derrière Jonas Valanciunas. Son intégration à Memphis dépendra surtout du rôle de Brandon Clarke dans cette formation 2021. Difficile de faire jouer les deux intérieurs ensemble. Mais en compagnie de Jaren Jackson Jr. sur de courtes périodes, Azubuike ferait un travail intéressant et ils formeraient tous les deux, une paire d’intérieurs avec une longueur hallucinante.

🔹SACRAMENTO KINGS (Deuxième tour – Pick 43) : Les Kings ont besoin de défense à l’intérieur, de la viande capable d’apporter une certaine productivité offensive. Azubuike coche ces cases et avec un choix de milieu de second tour, les Kings ne prennent pas beaucoup de risque.

🔹PHILADELPHIA SIXERS (Deuxième tour – Pick 49) : Un col bleu capable d’apporter en défense et en attaque à l’intérieur dès sa première année ? Azubuike est votre homme. Un back-up de Embiid avec une bonne dizaine de minutes par match, l’intérieur des Jayhawks peut aider les 76ers.

Retrouvez ici nos profils détaillés de la Draft NBA 2020 :

Draft 2020 Sleepers intérieurs : ces « skinny » qu’on n’oublie pas (2/3)

Draft 2020 Sleepers : ces intérieurs qui peuvent surprendre la NBA (1/3)

Draft 2020 Sleepers (4/4) : trois extérieurs qu’on oublie pas

Draft 2020 Sleepers (3/4) : ces extérieurs qui peuvent diviser

Draft 2020 sleepers (2/4) : Grant Riller, Isaiah Joe, Desmond Bane

Draft 2020 Sleepers (1/4) : Leandro Bolmaro, Tyrell Terry, Devon Dotson

Precious Achiuwa
Tyrese Maxey
Tyrese Haliburton
Vernon Carey Jr.
Nico Mannion
Jaden McDaniels
James Wiseman
RJ Hampton
Onyeku Okongwu
Cole Anthony
Saddiq Bey
Obi Toppin
Isaac Okoro
Devin Vassell
Deni Avdija
Kira Lewis Jr.
Killian Hayes
Patrick Williams
LaMelo Ball
Aaron Nesmith
Josh Green
Théo Maledon
Isaiah Stewart

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