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Venus et Serena Williams, destins liés

S’il y a bien un sport que l’on pratique entre frères et sœurs quand on est enfant, c’est la bagarre. Dans une chambre, dans le jardin, chez mamie… bref où on veut. Le cas de Venus et Serena Williams est un peu particulier. Les deux Américaines ont décidé de poursuivre ces luttes familiales, mais à l’âge adulte, et devant des milliers de personnes, sur les courts de tennis les plus prestigieux du monde. Brillantes, individuellement, redoutables en double, championnes incontestées… Retour sur les carrières phénoménales des sœurs les plus célèbres du sport mondial dans ce nouvel épisode des Histoires de famille!

Depuis maintenant 25 ans, Venus et Serena Williams foulent les courts de tennis du globe. Non sans quelques intermittences, les soeurs américaines ont dominé le circuit féminin pendant deux décennies, ne laissant que des miettes à leurs principales rivales. A elles deux, Venus et Serena totalisent 30 titres du Grand Chelem en simple. Plus encore, elles ont conquis ensemble 14 titres en double lors de ces rassemblements, les plus prestigieux du circuit. Deux palmarès bien étoffés donc, qui honorent cette grande famille du sport, mais une rivalité sportive qui a longtemps alimenté les deux frangines. Dans les années 2000, Serena Williams, bien décidée à rattraper sa grande soeur et à la dépasser, s’est imposée comme LA grande star du tennis féminin. Si elles ont conquis ensemble de très beaux titres, elles se sont aussi affrontées à de nombreuses reprises au plus haut niveau. Et à ce petit jeu là, c’est Serena qui a tiré son épingle du jeu.

Toutefois c’est bien Venus l’aînée. Et c’est donc fort logiquement elle qui déboule la première sur le circuit WTA en 1994, à l’âge de… 14 ans seulement ! Une précocité qui n’est pas pour autant inhabituelle, d’autres grands noms du tennis féminin mondial ont débarqué tôt sur les courts. A commencer par Martina Hingis, que Venus Williams affronte lors de la finale de l’US Open 1997. Les deux jeunes femmes ont alors 17 ans. Williams s’incline à domicile 0-6, 4-6 face à ce qui se fait alors de mieux. Il lui faut attendre trois ans pour enfin triompher dans un tournoi du Grand Chelem ; à Wimbledon en 2000, elle bat sa sœur en demi-finale avant de disposer de Lindsay Davenport, une autre star mondiale, en finale. Venus est sacrée et surfe sur la vague. S’en suivent alors des titres, tous plus prestigieux les uns que les autres : l’US Open, le tableau simple des Jeux Olympiques de Sydney, ainsi que le tableau double avec Serena.

Face à son homologue américaine Lindsay Davenport, Venus Williams remporte Wimbledon en 2000 (Image : WTA)

Précoce, talentueuse et titrée, Venus Williams à tout de l’exemple pour sa petite sœur. Serena Williams se lance alors dans une folle course mimétique : elle doit rattraper son modèle. Elle débute donc son parcours professionnel à 14 ans (comme par hasard), deux ans plus tard elle accroche déjà quelques noms du Top 10 mondial à son tableau de chasse. En 1999, à 17 ans, elle remporte son premier titre lors de l’Open Gaz de France, en triomphant d’Amélie Mauresmo en finale. L’histoire est en marche, et Serena Williams ne s’arrête plus de progresser ; elle veut dépasser sa sœur. Plus encore, elle va la venger. Lors de cette même année 1999, Serena se hisse jusqu’en finale de l’US Open, déjà formidable en soi. Elle y affronte Martina Hingis, qui avait battu Venus ici-même deux ans auparavant. Pour sa première finale de Grand Chelem, Serena ne va pas trembler. 6-3, 7-6. Une victoire sèche, en deux manches, et un premier sacre à l’aube du nouveau millénaire. Serena remporte un Grand Chelem quelques mois avant sa grande sœur.

A l’aube des années 2000, les sœurs Williams se sont fait un nom. Puissantes, performantes et avides de trophées, Venus et Serena sont décidées à marquer leur temps. Mais alors qu’on pourrait s’attendre à un partage des titres, on assiste surtout à des oppositions marquantes entre les deux jeunes femmes. En effet, on retiendra des sœurs Williams leurs affrontements sororicides autant que leurs parcours respectifs sur le circuit WTA. Le 9 septembre 2001, Venus et Serena Williams s’affrontent lors d’un match historique. C’est la première fois dans l’histoire du tennis moderne que deux sœurs sont face à face lors de la finale d’un tournoi du Grand Chelem. C’est évidemment à l’US Open que cela se passe. Véritable jardin des sœurs Williams, cet US Open est le terrain le plus propice à valoriser les coups puissants des deux princesses du tennis américain. Et alors que l’on s’attendait à un match épique, Venus écarte facilement sa sœur. Globalement, Venus malmène sa sœur lors de leurs confrontations directes, jusqu’à cette date.

C’est qui la championne? C’est moi… (Image : LaLibre.be)

Dès lors, on assiste à l’explosion de Serena Williams. Indétrônable, la plus jeune des sœurs Williams balaye tout sur son passage, déloge sa sœur de la première place mondiale, et glane une poignée de titres prestigieux. Jusqu’en 2003, Serena est imbattable et étoffe son palmarès, battant à 4 reprises sa sœur en finale de Grand Chelem. Mais les strass et les paillettes mettent à mal l’hégémonie des prodiges américaines. Venus parvient à remporter Wimbledon trois fois entre 2005 et 2008 mais ne brille pas sur les autres tournois. Serena s’en sort un peu mieux avec des précieux succès sur les sols australiens et américains, mais il faudra attendre les années 2010 pour assister au réel retour en force de la cadette Williams. Entre 2012 et 2015, en quatre ans, Serena Williams remporte 8 tournois du Grand Chelem sur 16 possibles.

Malgré deux finales de Grand Chelem disputées en 2017, Venus Williams ne remporte plus d’épreuve individuelle marquante après Wimbledon 2008. Son principal bourreau en Grand Chelem se nomme… Serena. Oui, c’est bien sa petite sœur qui la prive de parcours héroïque la plupart du temps. A 6 reprises, c’est Serena qui écarte Venus à partir de la fin de l’année 2008. Au total, sur l’ensemble de leurs confrontations, Serena mène 19 victoires à 12. Un chiffre qui témoigne de la supériorité de Serena Williams, certes, mais qui en dit long également sur la domination des deux sœurs américaines sur le circuit pendant plus de 15 ans. Leur règne se caractérise aussi par leurs innombrables victoires communes en double. En 2000, 2008 puis 2012, Venus et Serena s’imposent aux Jeux Olympiques.

Personne ne peut se mettre sur la route des soeurs Williams aux Jeux Olympiques à Londres (Image : 24 Heures)

Ni Maria Sharapova, ni Angélique Kerber, ni Caroline Wozniacki ne parviennent à endiguer les ambitions de Serena Williams. Au total, la plus jeune des sœurs Williams truste la plus haute place du classement mondial pendant 319 semaines. Une hégémonie qui n’est que plus marquante quand on connaît l’homogénéité du tennis féminin et les récurrents changements dans le Top 10 de la WTA. Si Wimbledon est à coup sûr le terrain de jeu préféré de Serena Williams (et de sa sœur également), elle parvient tout de même à s’imposer à Roland-Garros, alors que la terre battue n’est pas le terrain le plus propice à son jeu si particulier. En 2017, Serena remporte son dernier Grand Chelem à l’heure actuelle, en s’imposant lors de l’Open d’Australie. Depuis, elle a participé à quatre finales sans pouvoir retrouver le goût de la victoire. Goût auquel elle est devenue addict depuis le tout début de son incroyable carrière.

Nul doute que Serena Williams laissera, à la fin de sa carrière, une empreinte plus forte su l’histoire du tennis mondial. Mais au-delà des performances individuelles, le lien entre les deux sœurs marquera à jamais l’Histoire du sport. De leurs luttes acharnées en finale de Grand Chelem à leurs succès commun sur la scène des Jeux Olympiques, Venus et Serena Williams représentent à elles deux le caractère fort qui est propre aux plus grandes championnes. Pas épargnées par les blessures, les périodes de creux et la pression inhérente à leurs renommées, elles ont su remporter les tournois les plus précieux du globe pour se faire une place au Hall of Fame du sport mondial. Les Jeux de Tokyo seront-ils le dernier théâtre des exploits des indissociables sœurs d’Outre-Atlantique ? Le grand public n’attend que ça. Vibrer une dernière fois ensemble, au rythme des coups de canons qui s’échappent de leurs raquettes.

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