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International Swimming League : la compétition cinq étoiles de la natation

Avec la crise du Covid-19, plusieurs compétitions sportives ont été obligées de s’adapter si elles souhaitaient avoir lieu. Au risque d’être directement annulées. C’est le cas de l’ISL, l’International Swimming League. La nouvelle compétition internationale de natation, créée en 2019, cherche de plus en plus à se faire une place et un nom. Pour cette deuxième édition, débutée depuis le 16 octobre, les organisateurs ont du assurément apporter un nouveau souffle pour faire face à cette deuxième vague du Covid-19 dans le monde.

Le projet d’un milliardaire

Tout part de l’idée d’un homme : Konstantin Grigorishin. Milliardaire d’origine russe, chypriote et ukrainienne, Grigorishin fait fortune dans la métallurgie puis l’énergie ou encore les transports. Propriétaire d’une fortune estimée entre 1.1 et 1.3 milliards de dollars, l’homme d’affaire de 55 ans décide d’investir 25 millions de dollars pour créer la première édition de cette ligue fermée de natation. Ce projet fait directement suite à l’organisation d’une compétition gérée par son entreprise Energy Standard en Italie, mais annulé par la FINA (Fédération Internationale de Natation). Cette dernière voyait d’un mauvais œil la concurrence directement produite par ce genre de projet. Ils craignaient, entre autres, que ces compétitions fermées et privées soient privilégiés par les nageurs et les nageuses, au détriment de la Coupe du Monde par exemple.

« Il faut des compétitions récurrentes, qui attirent l’attention des médias et du public toute l’année » – Konstantin Grigorishin

Pourtant, c’est exactement l’effet recherché par le milliardaire. Et il ne s’en cache pas. L’idée est bel et bien de modifier un modèle de compétition ancien et souvent jugé obsolète. Pour Konstantin Grigorishin, « On ne peut pas se contenter de voir les meilleurs seulement aux JO tous les quatre ans. Il faut des compétitions récurrentes, qui attirent l’attention des médias et du public toute l’année. […] Je veux faire de ce show l’un des plus gros succès commerciaux dans le sport. Il faut un nouveau format pour créer une nouvelle attention ». Face aux soutiens de certains nageurs/nageuses, le projet devient une évidence. Florent Manaudou devient l’une des têtes d’affiches de cette première édition. Signe d’une certaine réussite médiatique : la diffusion de la deuxième édition par Bein Sport. En effet, la chaîne cryptée a acheté cette année, et pour la première fois, les droits TV de cette compétition. Lors de la première édition, la compétition avait été diffusée sur plusieurs grands réseaux dans le monde.

Florent Manaudou, aux côtés de Konstantin Grigorishin, lors de présentation de la compétition (Crédits: Le Parisien)

La nouvelle « Ligue des Champions » de la natation

Mais alors, qu’en est-il d’un point de vue sportif ? Cette compétition a souhaité innover en s’écartant du système des JO et en se rapprochant d’un système à « l’américaine ». Ce sont pas moins de 10 clubs, répartis en deux conférences qui s’affrontent durant toute la saison régulière. New-York, Washington, Los Angeles, la Californie et Toronto forment la conférence Ouest. De leur côté, Londres, Paris, Rome, Budapest et Tokyo rejoignent la conférence Est. Tokyo et Toronto sont les petits nouveaux de cette édition 2020. Par la suite, cette saison régulière, de la même manière qu’en NBA et les playoff, est suivis d’une phase finale. Cette dernière se joue en un match, entre les quatre meilleures équipes et l’équipe vainqueur de ce match est désignée gagnante de cette édition.

Mais alors qu’est ce qu’un match en natation ? Pour être vraiment précis, il s’agit en réalité de deux jours de compétition dans des bassins de 25 m. Durant ces quelques jours, l’objectif pour chaque équipe est de rapporter le plus de points lors d’une course sachant qu’une victoire rapporte neuf points à une équipe. Les organisateurs en programment au total 37 (des courses de 50, 100 et 200 m de spécialité, 400 m, 200 et 400 m 4 nages, relais 4X100m, 4X100m 4 nages et relais mixtes, ainsi que des tournoi de sprint). Deux des 24 compétiteurs d’une équipe sont désignés pour participer à cette manche et la liste des engagés doit être connue la veille au soir. Ces matchs sont disputés dans différentes villes du monde.

Des règles complexes, mais un format « très sexy » selon Jean-François Salessy, le manager du club de Paris. En effet, ce format resserré offre la possibilité d’un véritable show sportif. Grâce à un casting de rêves où les plus grands nageurs du monde s’affrontent, cette compétition donne un tout nouveau visage à ce sport. Les nageurs/nageuses sont les premiers satisfaits de ce format. Pour la nageuse québécoise Mary-Sophie Harvey, cette incroyable ambiance est « la bonne façon de donner plus de visibilité » à la natation.

Quel format pour cette édition 2020 ?

Malheureusement, la bonne dynamique de la première édition a du être perturbée par la crise sanitaire qui secoue actuellement le monde actuel. En effet, les organisateurs de l’ISL ont été obligés de modifier le format. Les dix équipes se sont données rendez-vous en octobre dans la capitale de la Hongrie, Budapest. Loin de l’ambiance qui régnait lors de la première édition, les nageurs et les nageuses se sont retrouvés dans une véritable bulle sanitaire. Cette première étape en Hongrie sera suivie d’une autre à Tokyo pour le Final 4. Pour le moment, c’est l’équipe de Los Angles qui pointe en tête avec 9 points, suivis de l’équipe Cali Condors de San Francisco.

Ces premières journées de compétition ont permis de voir éclore la Marseillaise Béryl Gastaldello. Pilier de son équipe LA Current, elle est parvenue à améliorer le record de France du 100 m nage libre en petit bassin (51’’30) samedi dernier. Florent Manaudou a également brillé en remportant les quatre courses dans lesquelles il était engagé. Le week-end dernier, le français remportait le 50 m avec un temps de 20’’55. Ce troisième temps de l’histoire sur cette longueur survient après une victoire éclatante sur son plus gros adversaire, le champion du monde Caeleb Dressel, lors de la 1er journée de l’ISL. Même dans une bulle, le spectacle est au rendez-vous ! Et en attendant de savoir qui succédera à l’équipe Energy Standard Paris, vainqueur de la 1er édition, on se réjouit déjà à l’idée de revoir d’aussi belles courses !

Tout y est, ou presque… Après la réussite de sa première édition en 2019, l’International Swimming League semble avoir conquis une grande majorité. Même avec l’épidémie du Covid-19, elle a su s’adapter pour proposer un contenu toujours aussi alléchant et attrayant. Il ne lui reste plus qu’à se faire connaître aux yeux du grand public pour véritablement éclore ! Avec le temps et un peu de patience, cela ne devrait plus tarder…

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