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2020, l’année Rublev

L’année 2020 a été mouvementée sur le circuit ATP, et plusieurs évènements notables ont eu lieu. Rafael Nadal a remporté une treizième fois le tournoi de Roland-Garros. Dominic Thiem a enfin vaincu le signe indien en remportant l’US Open. On pourrait citer pêle-mêle les polémiques liées à l’Open d’Australie, l’interruption de la saison à cause du Covid, l’UTS de Mouratoglou… Bref il s’est passé beaucoup de choses. Et au milieu de tout ça, un jeune tennisman russe a réalisé une saison brillante, confirmant ainsi sa progression régulière vers le plus haut niveau. (Image : Tennis World USA)

Sur le circuit, les tennismen russes sont de plus en plus présents en haut du classement mondial. Après Daniil Medvedev et Karen Kachanov, c’est Andrey Rublev qui fait parler de lui. A 23 ans, il fait son apparition dans le Top 10 mondial pour la première fois, à l’issue d’une saison aboutie bien que particulièrement mouvementée. Avec 5 succès sur le circuit ATP, Andrey Rublev est le joueur qui a accumulé les plus de trophées cette saison. Une réussite qui est loin d’être due au hasard tant la progression du Russe est à la hauteur du potentiel qu’on lui avait promis en junior. De Doha à Vienne, il n’a cessé d’impressionner cette année. S’il n’a pas encore de succès notable en Grand Chelem, nul doute qu’il en sera autrement dans un futur proche. Frappeur puissant, remarquable serveur, fin tacticien, André Rublev a démontré qu’il était doté de plus d’une qualité lui permettant d’envisager un futur radieux. Retour sur une formidable saison 2020 : l’année Rublev.

Cette image d’un Rublev victorieux risque de se répéter en 2021 (Image: La Meuse)

Dès l’entame de la saison, Andrey Rublev marque son territoire. Au Qatar comme en Australie, il remporte deux tournois 250. Bourreau des Français Pierre-Hugues Herbert et Corentin Moutet à Doha, Rublev s’avance au tournoi d’Adélaïde avec le plein de confiance, et triomphe à nouveau. Cette confiance, il l’a engrangée tout au long de la saison 2019. Relativement discret, Rublev a su travailler l’an dernier sur son principal défaut : le mental. En effet, le Russe a le jeu pour venir à bout de nombre d’adversaires sur le circuit, mais son inconsistance et son irrégularité au niveau mental le handicapaient encore. En remportant le tournoi de Moscou en 2019, Rublev a passé un cap. De qui s’inspirer alors ? De son idole absolue : Rafael Nadal. Andrey Rublev ne cache pas son admiration pour l’Espagnol, et va même jusqu’à le placer au-dessus de ses éternels rivaux Djokovic et Federer sur le plan mental.

Une reprise fracassante

Quelques semaines après l’Open d’Australie, dont il est éliminé par Alexander Zverev en 1/8è de finale, survient l’interruption de la saison, pour les raisons sanitaires que l’on connaît tous. Cela aurait pu être un frein, un obstacle. Cela aurait pu balayer la confiance accumulée ces derniers mois. Cela aurait pu miner le mental d’Andrey Rublev. Il n’en a rien été. Au contraire, le Russe revient sur le circuit à l’été 2020 avec une rage de vaincre décuplée, et un niveau de jeu impressionnant. Battu par son homologue Daniil Medvedev en quart de finale de l’US Open, Andrey Rublev poursuit sa saison à Hambourg juste avant de rejoindre les courts de Roland-Garros. Et en Allemagne, Rublev réalise le jackpot et s’offre Stefanos Tsitsipas en finale. Le Grec prendra sa revanche quelques jours plus tard, en quart de finale du tournoi porte d’Auteuil.

Champion à Hambourg, Andrey Rublev a pris goût à la pose trophée en main (Image : Eurosport)

Après sa campagne victorieuse à Hambourg et sa quinzaine mitigée à Roland-Garros, Rublev se présente à St Pétersbourg au mois d’octobre. En Russie, à domicile, il fait tomber les canadiens Vasek Pospisil et Denis Shapovalov, le français Ugo Humbert et le britannique Cameron Norrie pour se hisser jusqu’en finale. Il y retrouve le Croate Bora Coric. Là encore, Rublev ne fait pas de cadeau à son opposant et triomphe en deux manches. Andrey Rublev est vainqueur à la maison, il remporte son quatrième titre de la saison. Arrive alors le tournoi de Vienne : Djokovic, Wawrinka, Dimitrov, Tsitsipas… Il y a du beau monde pour s’offrir un trophée en Autriche. Mais c’est bel et bien Andrey Rublev qui s’impose, une fois de plus. En s’offrant notamment Dominic Thiem en quart de finale, le Russe confirme qu’il est capable de battre n’importe qui en cette folle saison 2020. Tout heureux d’un cinquième titre en un an, le Russe savoure.

De belles promesses qui ne demandent qu’à être confirmées

L’année 2020 a incontestablement été la plus belle dans la jeune carrière de l’ancien n°1 mondial junior. En glanant cinq titres ATP, plus que tout autre sur le circuit, Andrey Rublev s’est fait un nom auprès du grand public et de ses adversaires. Désormais 8ème joueur mondial, il a décroché son billet pour les Finales de Londres la semaine prochaine. Saura-t-il surprendre une fois de plus son petit monde pour accrocher quelques précieux succès à son tableau de chasse ? Possible. Une chose est sûre : il ne faut plus sous-estimer Andrey Rublev. Si Daniil Medvedev reste tout de même la principale force russe, il y a des chances pour que la jeunesse de Rublev vienne s’en mêler, lui qui a déjà rattrapé son compagnon de double Karen Kachanov.

A genoux sur terre battue, la victoire dans la poche… Verra-t-on un Russe titré en Grand Chelem l’an prochain? (Image : ATP Tour)

Que manque-t-il à Andrey Rublev pour passer définitivement un cap ? Pas grand-chose. S’il confirme tous ses progrès mentaux, il a de grandes chances de réaliser de très beaux coups. Remportera-t-il un tournoi du Grand Chelem dès 2021 ? Il serait peu judicieux de l’affirmer. Au rang des potentiels vainqueurs inédits, il semble devancé encore à l’heure actuelle par Alexander Zverev et Daniil Medvedev voire même Stefanos Tsitsipas, bien que leurs confrontations directes aient été serrées. De plus, la bande infernale de Djoko, Nadal et Federer semble décidée à poursuivre sa moisson ; et Dominic Thiem doit enchaîner après son titre américain. Autant de raisons qui poussent à contenir son enthousiasme lorsque l’on évoque le talentueux Russe. Mais quand on connaît le sport, sa dramaturgie, et son indéfectible goût du spectacle… Pourquoi ne pas se prendre à rêver ?

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