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MASTERS DE LONDRES : Les huit rescapés

La saison tennistique aura été particulièrement marquée par les conséquences de la pandémie, et aura creusé les inégalités entre les joueurs, certains étant à la peine pour retrouver un bon niveau de performance depuis cet été. Pour autant, nous assisterons tout de même au dernier rendez-vous de gala qui boucle chaque année la saison : le Masters de Londres (désormais appelé Nitto ATP Finals), qui réunit les 8 meilleurs joueurs au classement. On a donc décidé de faire le point sur les 8 candidats, et cela promet de belles affiches.

Novak Djokovic : favori inéluctable ?

Si l’interruption temporaire de la saison tennistique au moment du confinement a cassé la dynamique de plusieurs joueurs (à commencer par nos Français Gaël Monfils et Benoît Paire), elle n’aura rien changé à la domination de Novak Djokovic. Longtemps invaincu cette année avant de finalement connaître la désillusion d’une disqualification à l’US Open, le Serbe a largement conforté sa place de numéro 1 mondial, s’adjugeant le Master 1000 de Rome et se hissant en finale de Roland-Garros.

Novak Djokovic a de quoi sourire au regard de son excellente saison. (Image : Tennis Photo Network)

Alors évidemment, le grand favori de ce dernier rendez-vous de l’année, c’est lui. Mais le Serbe nous a habitué à quelques déconvenues ces dernières saisons, lui à qui l’on reproche souvent d’être calculateur sur le circuit. Ses dernières déclarations vont d’ailleurs dans ce sens, lui qui avait décidé de faire une croix sur sa participation à Berçy car il ne pouvait y glaner de points au classement en tant que tenant du titre.

A Londres, Novak Djokovic n’a plus remporté le titre depuis 2015, échouant à deux reprises en finale (2016 et 2018), et se faisant éliminé dès la phase de poules la saison dernière. Alors que cette compétition n’est pas la plus prestigieuse et que le numéro 1 mondial vient déjà d’asseoir son statut, il ne sera peut-être pas si injouable cette année.

Rafael Nadal : en terre inconnue

Certes, l’Espagnol a de nouveau marqué les esprits en remportant un treizième Roland-Garros il y a plusieurs semaines, en écrasant Novak Djokovic en finale.

Rafael Nadal en action lors du dernier Master 1000 de la Saison, à Berçy (Image : S. Boué / L’Equipe)

Il faut néanmoins rappeler qu’il n’a jamais remporté le Masters de fin de saison, malgré 9 participations et 2 finales. Il faut dire que, de manière générale, le Majorquin est moins performant sur les fins de saison, lors desquelles les tournois se déroulent sur surface dure, et en indoor. Les conditions de jeu, plus rapides, sont moins propices à son style, quand bien même il reste un adversaire délicat à manoeuvrer. Il y a deux semaines, à Berçy, il s’est certes hissé jusqu’en demi-finales mais son parcours fut très chaotique, avec deux matchs très serrés contre ses compatriotes espagnols, Feliciano Lopez et Pablo Carreno-Busta.

Dominic Thiem : nouveau standing

Il l’a fait. Le 13 septembre dernier, Dominic Thiem a enfin décroché son premier titre en Grand Chelem, en venant à bout d’Alexander Zverev en finale de l’US Open. Ce titre, comme il l’a lui-même déclaré, va sans doute le libérer d’une certaine pression, de quoi jouer plus relâché désormais. Si cela s’avère vrai, il s’agirait d’une bien mauvaise nouvelle pour ses adversaires, tant son jeu offensif est redoutable.

A 27 ans, Dominc Thiem a décroché en septembre dernier son premier titre en Grand Chelem, à l’US Open (Image : AFP)

La saison passée, l’Autrichien avait déjà fait taire beaucoup de critiques en se hissant en finale à Londres, après avoir notamment battu Roger Federer et Novak Djokovic en phase de poules. On lui reprochait jusque-là d’avoir du mal à s’exporter sur d’autres surfaces que la terre battue, ce qu’il a parfaitement su contredire avec de sérieux progrès dans son jeu et un raccourcissement de son geste en revers et en coup droit, afin de s’adapter aux surfaces plus rapides.

Néanmoins, il faudra surveiller sa condition physique sur ce dernier tournoi. Thiem a souvent signé de belles performances lorsqu’il enchaînait les matchs, or il manque de rythme depuis son titre à l’US Open, où il avait laissé quelques plumes. Il n’était pas présent à Berçy il y a deux semaines, en raison d’une douleur au pied contractée à Vienne la semaine précedente.

Daniil Medvedev : le réveil du tsar ?

On l’attendait au tournant cette saison, lui qui était d’ores et déjà présenté comme le fer de lance de la NextGen, capable de concurrencer le Big Three suite à sa superbe saison dernière, marquée par des titres importants et une finale à l’US Open. Malheureusement, le Russe a déçu cette saison, manquant terriblement de régularité dans ses performances, ce qui permet de rappeler le niveau impressionnant des membres du Big Three, qui parviennent eux à conserver un niveau de performance élevé sur plusieurs saisons.

Transparent sur terre battue avec deux défaites au premier tour à Hambourg puis à Roland-Garros, Medvedev était moins médiatisé ces dernières semaines. Et il en a profité pour refaire surface en décrochant à Berçy son troisième Masters 1000, à l’issue d’une finale renversante face à Zverev.

Daniil Medvedev a retrouvé sa hargne pour décrocher le prestigieux Master 1000 de Berçy. (Image : AFP)

Avec son style toujours aussi original et sa capacité à tenir l’échange, le nouveau numéro 4 mondial sera un sacré client sur cette dernière compétition.

Alexander Zverev : le plus en forme, malgré la pression médiatique

On aurait du mal à croire qu’Alexander Zverev, 23 ans, et qui reste sur une très bonne dynamique depuis sa finale à l’US Open (2 titres à Köln ; finale à Berçy), fait actuellement l’objet d’une plainte de violences conjugales déposée par l’une de ses anciennes compagnes, Olga Sharypova. Comme souvent, de nombreux médias se sont jetés sur cette information pour en faire le buzz, et n’ont cessé de questionner le tennisman allemand à ce sujet ces dernières semaines.

Ces dossiers extra-sportifs – dont on ignore d’ailleurs la véracité – n’ont visiblement pas affecté les performances du joueur, qui a affiché une nette progression en cette fin de saison. Lui qui est si souvent contesté pour son irrégularité et ses difficultés face à la pression semble quelque part profiter de cette médiatisation inédite à son égard, non plus basée sur son niveau de jeu mais sur sa vie privée.

Alexander Zverev restait sur une série de 12 victoires consécutives depuis mi-octobre, avant de s’incliner face à Daniil Medvedev à Berçy (Image : Tennis Photo Network)

A Londres, Alexander Zverev tentera de confirmer ses bonnes dispositions du moment, dans des conditions de jeu qui lui plaisent, lui qui avait remporté ce titre en 2018, le trophée le plus prestigieux de sa jeune carrière pour le moment.

Stefanos Tsitsipas : le plus inconstant cette saison

Des 8, c’est sans aucun doute celui qui a connu le plus de montagnes russes cette année, confirmant ainsi les difficultés de la fameuse NextGen à assurer la relève du prestigieux Big Three. Défait dès le troisième tour à l’Open d’Australie et à l’US Open, au premier tour à Rome et à Berçy, le Grec n’arrive pas avec le plein de confiance à Londres. En revanche, c’est lui qui revêt le costume de tenant du titre, après avoir battu Dominic Thiem en finale la saison dernière.

C’est dans la peau du tenant du titre que Stefanos Tsitsipas se présentera à Londres (Image : Getty Images)

Les fans de matchs tendus n’attendent qu’une seule chose : un duel Tsitsipas-Medvedev, les deux joueurs ne se supportant guère. Un scénario possible dès les phases de poules, étant donné que Medvedev sera tête de série numéro 4, et Tsitsipas tête de série numéro 6.

Andrey Rublev : le bulldozer

On aurait presque envie de le décrire comme l’homme fort de cette saison 2020, sans manquer de respect à l’indétrônable Novak Djokovic. Agé de 23 ans, l’autre Russe qualifié pour ce Masters de Londres sort d’une saison époustouflante, marquée par 5 titres et un bond considérable au classement.

Andrey Rublev qui serre le poing : une scène à laquelle on a souvent assisté cette saison. (Image : EPA-EFE)

Comme son homologue serbe, Rublev n’a en rien été perturbé par l’interruption de la saison, remportant 3 titres post-confinement (Hambourg, Saint-Pétersbourg, Vienne). Son style de jeu est à l’image de sa percée fulgurante au classement ATP. Le Russe frappe tout ce qui bouge, avec une intensité déconcertante, et peut s’appuyer sur un excellent service également. Sera-t-il émoussé au moment de se présenter à Londres cette semaine ? Pas impossible, au vu de l’enchaînement des matchs cette saison de son côté.

Diego Schwartzmann : dernier invité

En quarts de finale du Master 1000 de Berçy il y a deux semaines, Diego Schwartzmann étant sans aucun doute le plus grand supporter de Rafael Nadal alors que ce dernier défiait Pablo Carreno-Busta pour une place dans le dernier carré. La raison ? En cas de défaite du numéro 2 mondial, c’est Carreno-Busta qui aurait validé son billet pour Londres, au détriment de l’Argentin. Fort heureusement pour lui, Nadal est resté fidèle à sa réputation de joueur qui ne lâche rien, même face à un compatriote et ami. Résultat : c’est bien Schwartzmann qui sera engagé à Londres cette semaine.

Une récompense loin d’être imméritée quand on regarde la saison du joueur, auteur de plusieurs coups d’éclat au moment de la reprise. Un premier tour de l’US Open rapidement oublié, et l’Argentin s’est bien rattrapé à Rome en se hissant en finale, après avoir sorti un certain … Rafael Nadal. Dans la foulée, à Roland Garros, il est venu à bout de de l’autre cador de la terre battue, son ami Dominic Thiem. Avant de quitter Paris par la grande porte, éliminé en demies par … Rafael Nadal.

Un fait d’armes loin d’être anodin dans une carrière : Diego Schwartzmann a fait chuter Rafael Nadal sur terre battue, à Rome. (Image : REUTERS)

Les conditions de jeu en dur indoor ne sont clairement pas les préférées de Schwartzmann, mais son tempérament bagarreur et sa confiance actuelle devraient lui permettre d’en déstabiliser plus d’un.

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