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Vancouver Canucks – Une équipe en quête de maturité

La franchise de Colombie-Britannique a retrouvé une lueur d’espoir lors des séries éliminatoires cet été dans la bulle d’Edmonton. Elle a été l’unique franchise canadienne a avoir atteint les demi-finales de conférence. Un effectif jeune et talentueux à l’instar de ses deux pépites Elias Pettersson et Quinn Hughes mais aussi (cocorico !) du français Antoine Roussel. Une équipe qui a surprit son monde en séries éliminatoires cette année. Notre regard intéressé se pose à quelques semaines de la reprise de la saison régulière

POINT HISTORIQUE

Créés en 1945 puis intégrés en 1970 à la NHL, le Canucks de Vancouver est une franchise qui se démène jusqu’au début des années 90 pour présenter un bilan positif en saison régulière. Même l’équipe de Stan Smyl qui atteint la finale de la Coupe Stanley au printemps 1982 ne parvient qu’à un triste bilan de 30-33-17 (Finale perdue 4-0 face aux Islanders de New York).

L’arrivée de l’ailier russe Pavel Bure en 1991 en provenance du CSKA Moscou et celle du centre local Cliff Ronning permettent, sans oublier Trevor Linden entre autres, d’amener la franchise en tête de la division Smythe avec un bilan de 42-26-12. Eliminés en demi-finale de conférence cette année-là puis l’année suivante au même niveau avec un bilan record à l’époque de 46-29-9 (101 points), les « Nucks » atteignent la finale de la Coupe Stanley 1994 . Ils échouent au bout du septième match face aux Rangers de Mark Messier. Ce dernier passera dans la franchise trois saisons entre 1997 et 2000 sans permettre à la franchise d’atteindre les séries éliminatoires.

Pavel Bure – Crédits: The Province

Lors de la saison 2000-2001, un duo de suédois posent ses valises en terre canadienne, les jumeaux Daniel et Henrik Sedin. Durant les 17 saisons de l’ère des « Wonder Twin », les Canucks atteignent onze fois les playoffs. Leur meilleur résultat est une finale de Coupe Stanley perdue, pour la troisième fois de l’histoire de la franchise, face aux Bruins de Boston en sept matchs. Les frères Sedin remportent à tour de rôle le trophée Art Ross en 2010 (Henrik) et 2011 (Daniel). Le gardien Roberto Luongo, l’ailier Markus Näslund ainsi que le centre Ryan Kesler font partie de cette époque où Vancouver réussi à remporter le Trophée des Présidents en 2010/2011 et 2011/2012 avec respectivement des bilans de 54-19-9 (117 points) et de 51-22-9 (111 points).

Les jumeaux Henrik et Daniel Sedin – Crédits: CTV News

La saison 2014-2015 représente la dernière qualification en séries pour les jumeaux Sedin, trois saisons plus tard les deux légendes tirent leur révérence ensemble ayant gravé à jamais leur empreinte sur la franchise. Cela marque le départ officiel d’une reconstruction commencée quelques années plus tôt avec l’arrivée de Brock Boeser qui continue sa progression au fil des saisons.

D’UN STATUT D’EQUIPE SURPRISE A UN STATUT D’OUTSIDER ?

La saison 2018-2019 voit arriver le sixième choix de repêchage le centre Elias Pettersson puis l’année suivante le défenseur Quinn Hughes au septième choix. Les espoirs des Canucks reposent sur les épaules de ces deux jeunes talents. Ces repêchages ont été en grande partie le travail du recruteur Jason Brackett (parti cet été au Wild du Minnesota).

Jason Brackett lors des repêchages de 2016 – Crédits: Canucks Army

Avant de partir vers les Twin Cities, Brackett a fait en sorte d’entourer les deux espoirs de joueurs plus expérimentés tels que l’ailier Tanner Pearson qui sort d’une saison a 45 points (24 buts et 21 passes), des centres Bo Horvat (53 points, 22 buts et 31 passes) et J.T. Miller (72 points, 27 buts et 45 passes) meilleur pointeur de l’équipe. Elias Pettersson, quant à lui, sort d’une saison solide pour quelqu’un de 20 ans avec 66 points (27 buts et 39 passes) en 68 matchs mais le suédois est conscient de ses capacités actuelles :

« Je vais continuer à travailler sur l’ensemble de mon jeu. Je ne suis pas parfait d’une manière ou d’une autre, donc je peux travailler sur bien des choses. J’aimerais devenir plus rapide, travailler ma vitesse et mon agilité. Je veux être encore plus rapide parce que je ne battrai personne pour ce qui est de la force. J’aimerais devenir plus fort, c’est certain, mais il n’est pas facile pour moi de gagner beaucoup de poids. De toute façon, je pense que je me débrouille assez bien comme ça. »

Source : Le Droit
Elias Pettersson (à gauche) en compagnie de Quinn Hughes – Crédits: thecanucksway.com / Getty Images

Au niveau défensif une ombre au tableau tout de même avec le départ de Chris Tanev à l’intersaison vers les voisins des Flames de Calgary. Le gardien Jacob Markström (30 ans) a suivi le même chemin ayant perdu sa place de numéro 1 devant les filets face au jeune Thatcher Demko (24 ans).

Afin de créer un duo de gardiens performants et d’apporter là-aussi de l’expérience, la franchise a recruté Braden Holtby pour 2 ans et 8,6 millions $. Venu des Washington Capitals où il a passé toute sa carrière en NHL, le gardien canadien a conclu sa première saison dans la ligue à moins de 90 % d’arrêt (89,7%). Son ratio en carrière étant toutefois de 91,6 %, il espère se relancer au sein de cette équipe et espérer démontrer à tout le monde qu’il peut rester encore quelques années dans la discussion pour le trophée Vézina qu’il remporte en 2016. A noter également son importante contribution au titre de 2018 des Capitals en plus de ses cinq participations au Match des Etoiles.

« Nous sommes heureux d’ajouter Braden, un gardien de but expérimenté et établi, à notre alignement», «Braden est un champion de la Coupe Stanley, fait preuve de leadership et a démontré sa capacité à se montrer à la hauteur dans les grands matchs. Il sera un élément important de notre équipe » Jim Benning (Directeur Général)

Thatcher Demko aura un soutien de poids en la personne de Braden Holtby – Crédits: The Hockey Writers

UN FUTUR BRILLANT S’OUVRE SUR LES BORDS DU PACIFIQUE

Avec un effectif tournant aux alentours de 25,9 ans de moyenne d’âge (soyons précis), les Canucks de Vancouver ont de quoi voir venir. Des résultats encourageants ont déjà été réalisé lors des dernières séries éliminatoires. Une victoire 3-1 contre le Wild de Minnesota au tour préliminaire, un premier tour gagné ensuite 4-2 à la surprise générale contre les Blues de St. Louis tenants en titre puis une défaite 4-3 contre les Golden Knights de Vegas grand favori pour la victoire finale, excusez du peu !

Feb 16, 2020; Vancouver, British Columbia, CAN; Vancouver Canucks defensemman Quinn Hughes (43) and forward Brandon Sutter (20) and forward Bo Horvat (53) and forward Elias Pettersson (40) celebrate Pettersson’s goal against the Anaheim Ducks in the second period during a game at Rogers Arena. Mandatory Credit: Bob Frid-USA TODAY Sports

L’arrivée de Nate Schmidt en provenance des Vegas Golden Knights tentera de combler le départ de Tanev. Le jeune défenseur Olli Juolevi s’est développé dans l’AHL, la ligue américaine, au sein des Utica Comets cet hiver, de quoi lui laissé sa chance pendant les playoffs l’été dernier. Le reste des défenseurs que sont Alexander Edler, Tyler Myers et Jordie Benn font le boulot au niveau de la ligne bleue. Sur le troisième et quatrième trio offensif Antoine Roussel apportera toujours toute sa hargne et son expérience au sein de l’effectif à l’instar de Brandon Sutter.

Un doute est à lever sur l’ailier Jake Virtanen au niveau du premier trio. Il remplace Tyler Toffoli parti vers les Canadiens de Montréal. Virtanen n’a pas eu une grande production lors des séries éliminatoires cet été (3 points en 16 confontations).

Il est nécessaire également de parler du cas Loui Eriksson qui représente le plus gros salaire de l’effectif (36 millions $ sur 6 ans en 2016). L’ailier suédois a donc son contrat qui n’expire qu’en 2022 mais sa production sur la glace laisse à désirer (c’est le moins que l’on puisse dire…). Son bilan comptable se chiffre en quatre saisons à un total de 89 points (38 buts et 51 passes), trop peu pour justifier un tel investissement de la part des Canucks (on parle même dans les journaux locaux de l’envoyer en AHL pour la saison à venir).

En prenant en compte le potentiel brut de l’effectif, un renfort de vétérans impliqués dans le projet du club et les performances récentes sur la dernière campagne de playoffs, les Canucks seront peut-être la franchise du futur en terre canadienne. Travail et persévérence sont les atouts d’une équipe performante. Si cela est acquis et intégré par ces jeunes Canucks, un avenir radieux leur tend les bras. Ajoutez à cela une future rivalité avec le Kraken de Seattle à partir de la saison 2021-2022 et le tour est joué. Affaire à suivre !

Alignement potentiel (âge entre parenthèse)

Gardiens :
Holtby (31) – Demko (24)

Défenseurs :
Hughes (21) – Schmidt (29)
Edler (33) – Myers (29)
Juolevi (21) – Benn J. (32)

Attaquants :
Miller (26) – Pettersson (20) – Virtanen (23)
Pearson (27) – Horvat (24) – Boeser (22)
Roussel (30) – Gaudette (23) – Leivo (26)
Motte (24) ou Eriksson (35) – Sutter (30) – McEwen (23)

(effectif connu au 21/11/2020)

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