Foot Ligue 1

Tuchel & Villas Boas, le refus du jeu

Après une trêve internationale subie plus qu’appréciée, le retour des championnats et de la Ligue des Champions avait de quoi s’enthousiasmer. Dur retour a la réalité après cette quatrième journée de la Coupe aux grandes oreilles. Nos clubs Français ont vite brisés nos rêves, avec en tête de proue le PSG et l’OM. D’un côté, une victoire sans saveur, presque honteuse pour les fans. De l’autre, une défaite sans envie, un record de défaites consécutives battues. Et avec ça, deux hommes dans la tourmente : André Villas-Boas et Thomas Tuchel.

Ce sentiment de honte ressentie par chaque fan, cette incompréhension devant les compos et encore plus devant le plan de jeu … enfin, plan de jeu, entendons-nous. Les bouillies de football rendues par l’OM et le PSG sont indigestes. Comment pouvoir justifier, dans des clubs aussi importants et à la médiatisation si grande, de ne donner aucun spectacle, aucun plaisir aux spectateurs ? D’autant que leurs sorties médiatiques récentes ont montré leur véritable mantra : le résultat. Problème, celui-ci ne semble plus suffire.

Le résultat oui, mais…

Tous deux ont réussi là où leurs prédécesseurs avaient échoué. AVB a remis l’OM en Champions League, Tuchel a amené Paris en finale de Champions League. Deux parcours aux circonstances intrinsèquement liées à la pandémie de Covid-19, mais qu’importe. Ces deux réussites n’ont servi qu’à cacher le manque de fond de jeu de leurs équipes. De quand date la dernière masterclass tactique de Thomas Tuchel, hormis en demi-finale contre le RB Leipzig ? Qu’aurait-il advenu de lui si la réussite n’avait pas entouré son équipe lors du match face à l’Atalanta ? De même pour AVB, avec une équipe qui surperformait de manière assez énorme si l’on en croit les Xpoints (56 points « réels », 41 Xpoints).

Marseille sur-performe dans chacun de ses 6 derniers matchs de Ligue 1. (Stats : UnderStat.com)

Mais avec des résultats en demi-teinte, les supporters se soulèvent. D’un côté comme de l’autre, on se s’extasie jamais devant le spectacle proposé. Sans parler de la notion abstraite de « beau jeu », l’absence d’une ligne directrice claire, d’une volonté de faire déjouer l’adversaire. En bref : de mettre en place un plan de jeu, une tactique. Lors du match face à Leipzig, le PSG était incapable de ressortir proprement, mais était tout aussi incapable d’allonger de réels longs ballons à destination de ses attaquants. Sans parler d’une animation défensive orpheline de trois joueurs, laissant 7 joueurs défendre bas, sans véritable volonté de presser ou de récupérer le ballon. Même bilan chez les Olympiens : le milieu Kamara-Sanson-Rongier devient plus que redondant et incapable d’être efficace en transition ou en possession. Choix questionnables, plan de jeu peu évidents, et une identité bafouée.

Une question d’honneur

Pas mal mentionnée ces derniers temps sur les réseaux sociaux, l’identité « Droit au But » de l’OM n’est pas respectée par le technicien Portugais. Loin de là même : 7 frappes cadrées et 2 buts seulement sur leurs 5 derniers matchs TTC. Un constat encore une fois calcable sur le club de la capitale. Car, même sans slogan, le PSG reste le club des Pauleta, Ronaldinho, Rai, de ces magiciens qui ont su enchanter le Parc. Aujourd’hui, les fulgurances de Neymar ne suffisent plus à amuser les supporters. D’autant plus lorsque l’on a une portée médiatique internationale et une présence télévisuelle aussi importante à travers le monde. D’ailleurs, s’imaginer les tribunes pleines de monde, grondantes devant le jeu insipide, nous fait regretter le monde d’avant encore un petit peu plus.

Comment auraient réagis les supporters du Vélodrome ou du Parc des Princes devant les copies rendues par leurs joueurs ?

Le point commun entre ces deux villes est simple : elles transpirent le foot. Ses fans vivent pour elle. Et l’insulte au blason réalisées par les deux coachs récemment est difficilement digérable. L’un après l’autre, leurs sorties médiatiques ont démontré leur détachement du jeu : « Aujourd’hui, nous avons eu de la chance. Et je ne vais pas dire pardon pour ça. On a gagné grâce à ça et je ne vais pas dire pardon pour ça. » a déclaré Thomas Tuchel, avant d’ajouter « Pas de fond de jeu. Okay, désolé. » Une manière de balayer du revers de la main les critiques, mais aussi et surtout de valoriser son résultat, aussi important soit-il. Une sortie qui n’est pas sans rappeler celle d’AVB après le match face à Strasbourg : « Prenez vos amis, faites un groupe de décevants et allez plus loin. Allez chercher la Juventus ou Barcelone pour du contenu. »

Des éléments contraires ?

Alors, il est vrai, les deux coachs ne sont pas aidés. Leurs effectifs sont pourvus de profils assez similaires, et les blessures ont beaucoup minés leurs équipe, ce que n’a pas manqué de noter Thomas Tuchel par exemple. L’Allemand doit composer avec des recrues au rabais (Herrera, Pereira, Kurzawa prolongé), qui ne sont pas réellement de son ressort. Mais même avec des vents contraires, mêmes avec les méformes de certains joueurs, tout n’est pas excusable.

Luis Henrique, symbole du manque d’idées du technicien Portugais.

Comment expliquer l’absence de circuits de relances, de pressing traps, de dédoublements, de prises de profondeurs, de passes cassant les lignes ? Par quels moyens légitimer le fait de lancer Luis Henrique contre Porto pour sa première en Ligue des Champions, dans un match aussi capital ? Pourquoi ressent-on ce sentiment de fragilité à tout moment ? Le YouTubeur TalkMyFootball faisait récemment le parallèle avec l’Equipe de France. Si l’on sait qu’on ne passera pas forcément un bon moment, on sait que le plan de jeu reste cohérent, respecté, et qu’Hugo Lloris est très rarement inquiété. Tandis que le PSG et l’OM se reposent bien trop sur les gardiens.

Et surtout, de quoi sera fait le futur? Si Tuchel reconnaît avoir eu de la chance contre Leipzig, cela ne pourra suffire toute l’année. L’OM ne pourra compter sur un exploit de Morgan Sanson chaque week-end. La chance tournera, et nos deux protagonistes s’en mordront les doigts. Ne pas avoir mis en place ses idées, ne pas s’être fait confiance, ne pas avoir ravi le public. Tant de regrets potentiels résumés pour l’unique résultat. Bon allez, il est temps pour nous d’aller retrouver le groupe des décevants.

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