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Faut-il passer les Grands Chelems en 3 sets ?

Depuis maintenant quelques années le tennis veut se reconstruire. Les grandes instances voient l’attraction du tennis diminuer. C’est pour cette raison qu’elles essayent de trouver de nouvelles stratégies afin de conquérir un nouveau public. Un nouveau public, certes, mais à quel prix ?

Le 5 sets, un monument ?

Personne ne peut se souvenir d’un tournoi du Grand Chelem qui s’est joué en 3 sets. En effet, la formule des 5 sets, chez les hommes, existe depuis la nuit des temps, depuis les années 1910 plus précisément. À cette époque, les différents tournois majeurs ne sont pas encore catégorisés comme Grand Chelem, c’est au début de l’ère Open en 1968 que le tennis moderne voit le jour.

Depuis cette période là, et du coup bien avant, tous les tournois du Grand Chelem se dispute en 5 manches. La dernière manche se dispute même avec 2 jeux d’écarts, il n’y a donc pas de tie-break. Chose qui part la suite va changer. En effet, l’US Open, l’Open d’Australie décide d’instaurer un jeu décisif dans la dernière manche. Wimbledon quant à eux décide en 2019 d’instaurer un tie-break à 12-12. Roland Garros est à ce jour le dernier Grand Chelem qui se joue sans jeux-décisif dans l’ultime set.

Les Grands Chelem ne sont pas les seuls à avoir utilisé ce type de format. Tout d’abord, la Coupe Davis se disputait ainsi suivie également par les Masters 1000. En effet, les parties en 5 manches sont tellement inscrites dans la tradition que jusqu’en 2007 la finale des différents Masters 1000 se jouait dans ce format.

Les 5 sets mythiques

On a tous des souvenirs différents des matchs en 5 sets, mais certains d’entre eux sont, sûrement, commun à tous. Voici une petite liste non exhaustive de partie en 5 manches mythiques.

Nadal tout juste vainqueur de Wimbledon 2008 (Crédit : Tennisnet)

Rafael Nadal -Roger Federer : 6-4, 6-4, 6-7 (5), 6-7 (8), 9-7. Finale messieurs Wimbledon 2008.

Rafael Nadal se présente face à Roger Federer, numéro un mondial et vainqueur des cinq dernières éditions. Les deux hommes se livrent un match dantesque en cinq manches intenses. Roger perd les deux premiers sets, mais empoche les deux suivants au terme d’un jeu décisif. Dans la quatrième manche, il efface deux balles de match. Il repart alors sur les mêmes bases, il mène 4-1 dans la dernière manche. Mais c’est l’Espagnol qui va finalement remporter le match après 4h48 de jeu.

Borg et McEnroe juste avant la finale de Wimbledon 1980 (Crédit : Le Temps)

Björn Borg -John McEnroe : 1-6, 7-5, 6-3, 6-7 (16), 8-6. Finale messieurs Wimbledon 1980.

Dans ce match pleins de rebondissements McEnroe gagna facilement le premier set avant que Borg remporte les deux suivants. Dans la quatrième manche, l’Américain sauve deux balles de match, puis cinq autres dans un tie-break de folie qu’il remporte finalement, 18 à 16. L’Ice Borg s’impose dans finalement dans une dernière manche sous haute tension.

John Isner – Nicolas Mahut : 6-4, 3-6, 6-7, 7-6, 70-68. Premier tour Wimbledon 2010.

Lors de ce qui est le match le plus long de l’histoire du tennis Mahut et Isner restent pas moins de trois jours sur le court. Après 11h05 d’un combat titanesque, c’est l’Américain qui s’impose dans une cinquième manche de folie, un score irréel dans le tennis, 70-68 (8h11 juste pour le dernier set).

Djokovic et Nadal épuisés après la finale de l’Open d’Australie 2012 (Crédit : Eurosport)

Novak Djokovic – Rafael Nadal : 5–7, 6–4, 6–2, 6–7 (7), 7–5. Finale messieurs Open Australie 2012.

Lors de cette finale, les deux hommes ont livré ce jour-là un combat titanesque,aussi long (5h53) qu’incertain. Djokovic pourtant mal embarqué, a réussi à renverser la situation. Mené 4-2 dans le dernier set, Nole parvient à s’imposer 7-5. Lors de la remise des trophées, il faudra même apporter des chaises tellement les deux joueurs sont épuisés.

Les réformes déjà mise en place

Le circuit principal ne connaît pas encore de grand bouleversement, mais c’est déjà le cas dans différentes compétions. Pour commencer, la compétition la plus atypique, l’Ultimate Tennis Showdown. Les matches se disputent en quatre quart-temps de 10 minutes. Le joueur ayant le plus de points à la fin du quart-temps le remportera. En cas d’égalité à deux quart-temps, le match se jouera à la mort subite, le premier qui remportera deux points d’affilée aura gagné le match. À cela, il faut ajouter un système de cartes qui peuvent donner un avantage au joueur. Une carte pourra, par exemple, priver de deuxième service l’adversaire, ou donner deux points en cas de coup gagnant.

L’UTS les règles qui boulversent le tennis (Crédit : Tennis Break News)

Une autre compétition qui sert de test à l’ATP, est le Masters Next Gen. En effet, les grandes instances du tennis se permettent de tester de nouvelles règles lors de cette compétition. Comme par exemple les sets qui se disputent en 4 jeux gagnants avec tie-break à 3 jeux partout, ou alors le point décisif à 40-40. Il y a également le fait que les joueurs peuvent être coaches par leurs entraîneurs, il n’y a plus de let au service non plus.

Maintenant parlons des compétitions plus officielles. Depuis maintenant 2018 les compétitions juniors se disputent avec la règle du « no let ». C’est suite à cette décision que le « no let » à vu le jour sur le Masters Next Gen.

« Par réflexe, les joueurs professionnels sont conservateurs. Ils ont réussi à se hisser au plus haut niveau avec un certain règlement, ils ne veulent pas que celui-ci change pendant leur carrière.»

Rémy Azemar, juge arbitre à Roland Garros en 2018

Avec les propos tenus par Rémy Azemar, on peut donc supposer que le « no let » interviendra dans le circuit principal lorsque les jeunes seront tous devenu pro, et que les joueurs actuels seront à la retraite.

Chez les joueurs, les avis divergent

La tête de proue de ce changement ? Qui d’autre que Novak Djokovic. Le Serbe est sur tous les fronts depuis la reprise du tennis. Il a notamment exprimé son envie de mettre en place l’arbitrage vidéo à la place des juges de lignes, par la suite, il a créé la PTPA (Professional Tennis Players Association)(lien). Ce nouvel organisme est censé mieux représenter les droits des joueurs par rapport à l’ATP. Tout récemment le numéro 1 mondial a indiqué que l’ATP avait refusé son retour au Conseil des joueurs. Le Serbe a expliqué que ce refus était dû à sa présence au sein de la PTPA.

Le dernier sujet sur lequel le Serbe a fait débat, c’est le passage des matchs de Grand Chelem en 3 sets. C’est lors d’une conférence de presse au Masters de Londres que le sujet est venu sur la table.

« Je suis partisan des matches en deux sets gagnants partout car nous avons assez de tournois assez de matches pendant l’année. Nous avons la plus longue saison de tous les sports. Je ne vois pas de raison de jouer au meilleur des cinq manches même si cela fait partie de l’histoire et de la tradition. »

L’avis de Novak Djokovic sur le passage des matchs de 5 à 3 sets.

Passer les matchs à 2 sets gagnants, c’est une chose, mais qu’elles serait les atouts d’un tel changement ? La condition physique est la cause le plus mise en avant. En effet enlever deux sets aux joueurs mettrait moins en avant les joueurs aux physiques endurant et pourrait alors donner des matchs plus accrochés en 3 sets. Cela laisserait également moins la place aux relâchements des joueurs et des sets qu’ils laissent tomber car mal embarqués. Suite aux déclarations du Serbe, deux joueurs ont notamment répondu en la personne de Rafael Nadal et Alexander Zverev.

« Je suis complétement contre. Nous avons un jour de repos en Grand Chelem. Cela fait partie de l’histoire de notre sport. Gagner un Grand Chelem demande quelque chose en plus pour un joueur : être plus fort mentalement, physiquement, être solide pendant deux semaines. »

L’avis de Rafael Nadal sur le passage des matchs de 5 à 3 sets.

« Tu ne changes pas l’histoire du tennis comme ça. On l’a fait pour la Coupe Davis, on a vu le résultat. Le tennis est un sport physique. C’est pour ça qu’on s’entraîne, qu’on va à la salle de sport. Les Grands Chelems doivent rester en 5 sets pour toujours.

L’avis d’Alexander Zverev sur le passage des matchs de 5 à 3 sets.

Si chez les joueurs des décisions mise en place par l’ATP semble approuver, l’arbitrage vidéo en tête d’affiche, d’autres idées évoquées, les matchs en 2 sets gagnants sur les Grands Chelems, semblent faire diverger les principaux concernés. Et pour vous faut-il passer les Grands Chelems en 3 sets ?

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