Les Douceurs du CCS Une histoire de famille

Les frères Karabatić, coéquipiers à vie

L’un est brun, l’autre est châtain foncé. L’un a les yeux marron, l’autre, les yeux bleus. L’un mesure 1m96, l’autre un peu plus de 2m03. Pourtant, ces quelques différences restent très anecdotiques lorsque l’on parle des frères Karabatić. En effet, quelques traits différencient les frères Karabatić. Mais énormément d’autres les rapprochent. Ensemble pour vivre la même passion du hand depuis des années maintenant, les frères Karabatić ont assurément marqué l’histoire de leur sport. Et pour cause, leur père, Branko Karabatić, était lui aussi un joueur professionnel de handball. Alors tenez vous prêts ! Chez les Karabatić, le handball n’a plus de secrets

Une passion commune avec leur père

Le talent ne s’explique pas forcément, il est souvent inné. La passion, par contre elle, se transmet. Ca a été le cas chez les Karabatić. Nikola, l’ainé de la fratrie, suit très jeune son père dans les salles de handball. Alors qu’il n’a encore que 4 ans, Nikola Karabatić quitte sa ville natale de Niš avec sa mère et rejoint son père, gardien de but à l’ASL Robertsau à Strasbourg. Cette même année, en 1988, la fratrie s’agrandit avec la naissance de Luka Karabatić. Père de désormais deux enfants, le gardien de l’équipe de la Yougoslavie rejoint en 1990 l’équipe de Colmar. Quelque temps plus tard, la famille décide de rejoindre le soleil du sud et la région de l’Hérault. Branko devient alors éducateur sportif et entraîneur au Thau Handball. Une arrivée gagnante dans une région qui marquera les Karabatić. Et que les Karabatić marqueront également.

« Tu es petit, tu écoutes, tu t’imprègnes. Mon père, c’était aussi mon idole » – Nikola Karabatić au journal Le Figaro en 2009

En 2009, alors que Nikola est professionnel depuis déjà sept ans, il décide de rejoindre son club formateur, le Montpellier Handball. Avec une idée en tête : rejoindre son frère Luka et son père, entraîneur des gardiens de but du club. Ces retrouvailles au sein du MHB sont d’autant plus symboliques que Nikola Karabatić décide alors de quitter l’Allemagne, le pays de handball, et son club du THW Kiel. Et pour mener à bien ce transfert, l’international Français prévoit même de revoir à la baisse son salaire. Toutes les occasions sont bonnes pour se retrouver chez les Karabatić. En atteste le choix de Luka de se tourner vers le handball alors qu’il avait toutes les qualités requises pour devenir joueur de tennis professionnel. Luka souhaitait lui aussi embraser la passion familiale. La soif de réussir des frères Karabatić s’explique donc en grande partie par l’impact de leur père. Nikola l’affirmait en janvier 2009, au journal Le Figaro, lors des Mondiaux en Croatie, « Tu es petit, tu écoutes, tu t’imprègnes. Mon père, c’était aussi mon idole »

Branko Karabatić entouré de ses deux fils, Luka et Nikola (Crédits: site MAHB)

Des frères soudés jusqu’en équipe nationale

Difficile de trouver des frères aussi soudés que Niko et Luka. Liés par la même passion que leur père qui décède en 2011 à la suite d’un cancer, les frères Karabatić se sont très rarement éloignés. Deux fois champions de France ensemble avec Montpellier, les deux frères se retrouveront en 2015, cette fois-ci avec le PSG. En 2013, Nikola avait décidé de rejoindre le FC Barcelone pour gagner les quelques trophées manquants à son palmarès. Tandis que, pendant ce temps là, Luka devenait l’un des cadres du club d’Aix, ils se retrouvent sous le maillot de la capitale. Propriétaire du groupe Qatar Investment Authority, le PSG renouvelle ses ambitions de grand club européen en les recrutant le 1er juillet 2015. Vainqueurs de l’ensemble des trophées nationaux, ils souhaitent désormais remporter une Ligue des Champions. Le seul trophée qu’ils n’ont pas encore remporté ensemble.

Qu’importe puisque l’idylle ne s’arrête pas qu’en club. Elle continue jusqu’en équipe de France. Depuis maintenant 2002, le palmarès de Niko avec l’équipe nationale est tout simplement extraordinaire. Pour faire au plus simple, on va seulement compter les victoires finales : deux médailles d’or aux Jeux olympiques (2008, 2012), quatre autres aux Mondiaux (2009, 2011, 2015, 2017) et trois médailles d’or aux Championnats d’Europe (2006, 2010, 2014). Luka participe à cette incroyable hégémonie depuis juin 2011, lors de ses premières sélections en Bleu. À coup sûr, les frères Karabatić ont été acteurs d’une des plus belles pages de l’histoire du sport collectif.

En 2015, Nikola et Luka célèbrent leur victoire face au Qatar lors de la finale du championnat du monde (Credit: S.Pillaud)

L’amour de leurs origines

Toujours fiers de défendre l’équipe de France, les frères Karabatić n’en oublient pas pour autant leurs origines. Nés d’une mère Serbe et d’un père croate, Luka et Niko sont liés avec ces deux pays. Nikola est d’ailleurs né à Niš, en Serbie. Avec cette double nationalité, il aurait même pu rejoindre l’équipe nationale de la Serbie. Il avait d’ailleurs reçu de la part de la Fédération serbe de handball, une invitation à être joueur de l’équipe de Serbie à la suite de l’affaire des paris en 2015. Malgré tout, pour Nikolas Karabatić, la Serbie reste son deuxième pays « La Serbie, c’est l’endroit où je suis né. J’y retourne dès que je peux, car j’y ai toujours des cousins, des tantes et des oncles. […] La Serbie, c’est mon deuxième pays. Je parle la langue, je comprends tout ce qui se dit et ce qui s’écrit« . 

À environ 600 km de Niš, la Croatie, le pays de naissance de leur père. Un pays qui n’a pas hésité à montrer beaucoup d’admiration à Nikola lors du mondial 2009. En 2018, quand la France défie la Croatie en finale de la coupe du monde, c’est la finale rêvée pour les deux frères. Ils affirmaient au micro de BFM TV « Une petite partie de nous se sent serbo-croate. […] Bien sûr, on est Français, on joue pour la France, on porte le maillot Bleu, mais on a ce petit pincement au cœur quand ces deux équipes-là jouent« . Un amour pour leurs origines pas toujours évident, notamment lorsque les guerres de Yougoslavie éclatent en 1991. Âgé de seulement 3 ans au début du conflit, Luka se souvient surtout de la peur et de l’angoisse de sa mère. Pendant plus de dix ans, le conflit va secouer l’ensemble de la famille …

Impossible d’ignorer ce nom, que l’on soit amateur de handball ou non d’ailleurs. Les Karabatić ont marqué et marque encore l’histoire de leur sport. Fort d’un grand esprit de compétition transmis par leur père, Luka et Nikola ont quasiment tout gagné ensemble. Et quand bien même on aurait pu penser que cet esprit joue sur leur relation mutuelle, Luka nous répond « On a jamais été en compétition » en rajoutant que ça n’aurait jamais été le cas « même si on avait eu le même âge ou joué au même poste » (interview accordée au PSG Handball). Une réponse forte de sens qui symbolise encore un peu plus la relation des deux frères.

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