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L’undercut du CCS – #4 : Qu’est-ce qui a provoqué l’erreur de Mercedes, hier ?

Après chaque weekend de Grand Prix de Formule 1, le CCS vous propose de traiter en détail une règle, une stratégie ou tout simplement un fait de course en rapport avec un événement marquant des essais libres, des qualifications ou de la course. Aujourd’hui, revenons ensemble sur la boulette incompréhensible commise par une écurie qui nous a très rarement habitué à de tels erreurs, Mercedes. Une erreur qui a également coûté 20 000 € à l’écurie allemande !

Un peu de contexte

Le pilote Williams, Jack Aitken, est en train de terminer son 58e tour de course lorsqu’il perd le contrôle de sa voiture à la sortie du dernier virage. L’avant de sa voiture percute violemment le muret situé à l’écart de la piste, mais heureusement pour lui et sa monoplace, seul une partie de l’aileron avant s’arrache, le pilote britannique peut alors repartir et rentrer aux stands pour changer la pièce. Seulement, l’aileron arraché est, quant à lui, resté sur la piste et peut être très dangereux pour les autres pilotes en piste.

Les commissaires de courses décident donc de mettre en place la VSC (Virtual Safety Car), mais l’écart entre les voitures fait que la pièce peut difficilement être allé chercher sur la piste. La Safety Car est alors déployée. Mercedes décide de faire un double arrêt gratuit et donc de faire « piter » l’un après l’autre George Russell et Valtteri Bottas. À ce moment là, les deux hommes dominaient la course (1er et 2e), le pilote finlandais étant même en train de refaire son retard sur son jeune coéquipier.

L’arrêt de Russell est relativement bon (bien qu’un peu long)… en revanche celui de Bottas est une véritable catastrophe. En effet, le pilote finlandais reste plus d’une trentaine de seconde dans les stands en attendant que ses pneus soient changés. Il parvient tout de même à repartir et revient sur la piste à la 5e place. Un tour plus tard on informe Russell que deux de ses pneus ne sont pas les bons (ce sont ceux de son équipier) et qu’il doit repasser par la voie des stands pour chausser les bonnes gommes. Malgré tout cela, le jeune pilote britannique revient sur le finlandais, le double de façon magistrale puis efface Lance Stroll et Esteban Ocon avant de revenir à moins de trois secondes du vainqueur du jour, Sergio Pérez.

Voici en images, le superbe dépassement de Russell sur Bottas.

Finalement, il doit dire adieu à ses rêves de victoire et passer une nouvelle fois aux stands à cause d’une crevaison lente. À l’issue d’une course incroyablement frustrante, le jeune pilote britannique récolte tout de même ses premiers points en carrière en terminant 9e de la course tandis que son coéquipier, Valtteri Bottas termine, lui, une place devant lui. Une course qui fait tâche pour l’écurie septuples championnes du monde en titre.

Une erreur évitable ?

Mais alors que s’est il réellement passé dans le paddock Mercedes ? Et bien la réponse est plutôt simple, il s’agissait en fait d’un bug de radio qui a eu pour conséquences de monter les mauvais pneus sur la voiture de Russell et donc des pneus très usés sur celle de Bottas.

« Ça a juste été une connerie monumentale, pour nous. »

Toto Wolff, directeur Mercedes GP

Interrogé à ce sujet après la course par Motorsport.com, le boss de Mercedes, Toto Wolff, a expliqué plus en détails les raisons de cette bourde monumentale : « Ce qui s’est passé, c’est que quand nous avons appelé les équipes d’arrêts au stand, ils ont eu un appel sur les radios et ont sorti les bons pneus. […] Un côté du garage, celui de George, n’a pas entendu l’appel. Nous avions une radio qui ne fonctionnait pas, et alors nous avions les mauvais gars avec les mauvais pneus (ceux de Bottas) qui étaient dehors pour Russell. Nous avons su immédiatement, quand Valtteri n’a pas eu ses pneus, que les siens étaient sur la voiture de George. Nous avons monté les anciens pneus durs de Valtteri que nous venions de retirer de la voiture, et nous savions qu’il fallait arrêter George de nouveau. » Le patron de Mercedes s’était d’ailleurs déjà exprimé quelques instants après la course : « Ça a juste été une connerie monumentale, pour nous. » Et on ne peut pas vraiment lui donner tort…

Les 35 secondes les plus longues de la carrière de Valtteri Bottas, assurément !

Andrew Shovlin, directeur des opérations en piste, s’est également exprimé après la course concernant cet accroc : « C’est lié à la manière dont le système radio hiérarchise les messages. Lorsque Ron Meadows (directeur sportif) a appelé les mécanos et leur a dit de préparer les pneus pour les deux pilotes, il y a eu d’autres diffusions simultanées dans le système radio.[…] Le système sait qu’il doit donner la priorité aux messages venant de Ron, car le plus important est que les pneus soient là, c’est plus important que ce que peut dire un pilote ou n’importe qui d’autres dans l’équipe. Mais il semble qu’à un moment donné, le système a décidé de laisser filer le message prioritaire, et nous avons manqué une partie clé de la diffusion. »

Malheureusement pour eux (et pour Russell), les ennuis ne se sont pas arrêtés là puisque la règle est faite ainsi. Vous ne pouvez pas monter les pneus fait pour un pilote sur la monoplace d’un autre pilote (chaque train de pneus à un code barre propre pour éviter ce genre de choses). La commission aurait donc pu donner une pénalité au pilote britannique (pouvant aller jusqu’à la disqualification de la course), mais au vu du contexte et de l’erreur manifeste de l’écurie, c’est cette dernière qui a été pénalisée. En effet Mercedes a donc écopé de 20 000€ d’amende à l’issue de la course. Une broutille, certes, mais une broutille qui fait tâche pour une écurie qui a pour habitude de tout maîtriser de A à Z à chaque weekend.

Voici l’amende reçu par Mercedes de la part de la FIA, pour cet incident de pneus.

Undercut du CCS #1

Undercut du CCS #2

Undercut du CCS #3

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