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Auto / Moto : 10 moments qui ont fait 2020

Au coeur d’une année particulière, qui a mis en stand-by la quasi-totalité des sports pendant plus de quatre mois, les sports mécaniques ont finalement fait mesure d’exception. En effet, assez peu touchés par la COVID-19 (bien que les instances ont dû se triturer les méninges pour garantir un calendrier cohérent et sans risques sanitaires majeurs), cette année de sports mécaniques nous aura gratifié de nombreux moments d’émotions, peut être l’une des plus fortes de ces dernières années (surtout pour nous autres Français). Voici les 10 moments les plus marquants de l’année 2020.

Un éternel Carlos Sainz, une nouvelle fois vainqueur au Rallye Dakar

À près de 58 ans, Carlos Sainz a battu le record du vainqueur auto du Rallye Dakar le plus âgé en battant l’ancien record de deux ans qui était détenu par… lui-même après sa victoire en 2018. (Photo : FRANCK FIFE / AFP)

Au volant de sa Mini John Cooper, « El Matador » a manœuvré de main de maître l’épreuve. Rapidement en tête, le pilote espagnol a très bien contenu les retours de ses deux principaux concurrents – Nasser Al-Attiyah (2e) et Stéphane Peterhansel (3e) – pour s’imposer une troisième fois après avoir remporté les éditions 2010 et 2018.

Avec cette troisième couronne, le double champion du monde de Rallye WRC (1990, 1992) est rentré un peu plus dans l’histoire du Rallye Dakar en égalant les Français René Metge (1981, 1984 et 1986) et Pierre Lartigue (1994, 1995 et 1996) ainsi qu’un de ses concurrent direct, le Qatarien Nasser Al-Attiyah (2011, 2015 et 2019). Seuls les légendes Stéphane Peterhansel (7 titres) et Ari Vatanen (4 titres) sont devant l’espagnol, en attendant 2021…

Énorme frayeur à Monte-Carlo

Les images font froid dans le dos… Lors de la première manche de la saison du championnat du monde des Rallye, à Monte-Carlo, le champion du monde en titre, l’estonien Ott Tänak ainsi que son copilote Martin Järveoja, sont victime d’un accident spectaculaire. Heureusement, plus de peur que de mal pour les deux hommes, mais une frayeur incroyable pour quiconque a vu les images en direct. Preuve, une nouvelle fois, que les mesures de sécurité dans les sports automobiles sont aujourd’hui très fiables et permettent aux pilotes de sortir vivant d’accidents effroyables.

Concernant le pilote estonien, on ne peut pas dire que l’accident l’ait plus affecté que ça : « C’est juste un accident. Cela arrive… » expliquait-il dans les colonnes de l’Équipe quelques jours après le crash.

Un 1er GP Moto fort en émotions

À 21 ans, le Français Fabio Quartararo, remporte la première course de sa carrière. (Photo : JAVIER SORIANO / AFP)

21 ans ! C’est l’âge auquel Fabio Quartararo a remporté la première course MotoGP de sa carrière, mais c’est également le temps que la France a attendu avant de voir à nouveau l’un de ses représentant sur la plus haute marche du podium. Le dernier, Régis Laconi, s’était imposé en 1999 lors du GP de Valence, en 500cm3 (ancêtre du MotoGP). Avec ce triomphe, le pilote Yamaha est devenue le quatrième français à s’imposer dans la catégorie reine après Georges Monneret en 1954, Christian Sarron en 1985 et donc Régis Laconi il y a 21 ans.

On peut logiquement comprendre l’explosion de joie du jeune pilote français à la fin de la course : « Putain, c’est le plus beau jour de ma vie ! » D’autant que le pilote Yamaha ne s’est pas arrêté là et a remporté le GP suivant ainsi que le GP d’Andalousie avant de réaliser une deuxième partie de saison plus compliquée.

Malheureusement, ce premier GP de la saison a également été marqué par un événement plus dramatique. Parti troisième de la course, le sextuple champion du monde, Marc Marquez, commet une erreur le faisant repartir dans le peloton. Finalement, avec tout son talent le pilote espagnol parvient à revenir dans le top 3… mais à quatre tours de l’arrivée alors qu’il tente de doubler Maverick Viñales, le pilote Honda est victime d’un accident terrible.

Au vu de l’accident, les blessures paraissent presque anodine tant le pilote Honda est passé proche d’un pire destin. L’espagnol s’en sort avec « seulement » une fracture au bras droit, mais les séquelles à son bras risquent de rendre la suite de sa carrière plus compliquée. En effet, depuis le mois de juillet, le pilote espagnol est passé sur le billard à trois reprises (la dernière début décembre) pour se faire opérer et le timing pour le début de saison 2021 paraît inévitablement serré. On espère le revoir le plus rapidement possible au guidon de sa Honda.

Pierre Gasly… 24 ans après

Ému aux larmes, le jeune pilote français a accompli l’un des plus grands exploits de l’année tous sports confondus. (Source : le10sport.com)

« Accélère ! Accélère ! » Ces mots signés Julien Fébreau (commentateur Canal+) résonnent dans toutes les têtes de ceux qui ont eu la chance de vivre en direct (ou non) la performance XXL de Pierre Gasly. Au terme d’une des courses les plus dingues et haletantes de ces dernières années, le pilote AlphaTauri s’est imposé de la plus belle des manières. Il a évidemment profité de l’erreur stratégique de Mercedes et Hamilton – ce dernier s’étant arrêté aux stands alors que la voie était fermée suite à l’abandon de Kevin Magnussen devant cette même voie des stands -, il a également eu de la chance puisque lui a pu s’arrêter aux stands avant que les commissaires ne décident de la fermer, mais il a surtout dominé magistralement toute la seconde partie de la course et a tenu la dragée haute dans les derniers tours à un Carlos Sainz Jr, qui revenait avec le couteau entre les dents sur le Français, de manière très intelligente. Pour le plaisir voici le film de la course :

Grâce a cette victoire, Pierre Gasly est devenu le 13e Français de l’histoire à remporter un Grand Prix de Formule 1 et succède à plusieurs grands noms comme Maurice Trintignant, Alain Prost, Didier Pironi, René Arnoux, François Cevert, Jean Alesi ou encore Olivier Panis (dernier tricolore à avoir remporté une course de F1… c’était il y a 24 ans, à Monaco).

L’hégémonie de Toyota aux 24 heures du Mans

Après 2018 et 2019, Toyota a réalisé la passe de trois et montre sa domination au sein de l’épreuve reine d’endurance. (Crédit : @TOYOTA_GR)

Sebastien Buemi, Kazuki Nakajima et Brendon Hartley (remplaçant de Fernando Alonso). Voici les noms qui resteront dans les annales de l’épreuve. En remportant ses troisième 24 heures du Mans de rang, Toyota Gazoo Racing est entré dans l’histoire et est devenue la cinquième équipe à réussir pareille performance après Bentley (1927, 1928, 1929), Matra (1972, 1973 et 1974), Porsche (1981, 1982, 1983) et Audi (2000, 2001 et 2002).

Réussiront-ils à faire la passe de quatre en 2021 et ainsi faire parti des équipes légendaire des 24 heures du Mans ?

Joan Mir sur le toit du monde

Voici une image que le pilote espagnol gardera probablement à vie en tête. (Crédit : Getty Images)

Issue de Moto 3 (champion en 2017), Joan Mir a connu une deuxième saison au sein de la catégorie reine assez contrastée. En effet, après un début de saison assez poussif – deux DNF lors des trois premières manches – le pilote Suzuki a par la suite enchaîné les podiums (7 au total) et a même remporté la première course de sa carrière lors du Grand Prix d’Europe en Espagne, le 8 novembre dernier.

La semaine d’après lors du GP de Valence, Mir termine à la 7e place… suffisant pour valider le titre. Finalement, sa constance tout au long de la saison (ainsi que la saison blanche de Marc Marquez) lui aura permis d’aller chercher la couronne mondiale, bien qu’il n’ait remporté qu’une seule course. Pour les amateurs d’anecdotes et de chiffres, il faut savoir que Joan Mir est le premier champion de Moto 3 à devenir par la suite champion du monde MotoGP, il est également le premier pilote à être sacré dès sa deuxième saison depuis un certain Valentino Rossi (Marquez l’avait réalisé dès sa première saison). Enfin il est le premier pilote à être sacré champion du monde avec une seule victoire au compteur.

Lewis Hamilton au 7e ciel

Lewis Hamilton aux côtés de Toto Wolff (boss de Mercedes), une certaine idée de la victoire en Formule 1. (Crédit : Getty Images)

On pensait les records de Michael Schumacher inatteignable ou en tout cas pas avant 50 ans ? 100 ans ? Peut être plus… Un dénommé Lewis Hamilton en a décidé autrement et a fait tomber tous les records un a un jusqu’à égaler le plus emblématique, le 15 novembre dernier en Turquie, celui du nombre de titre mondial. Après 2008, 2014, 2015, 2017, 2018 et 2019 Lewis Hamilton est donc devenu champion du monde de Formule 1 pour la septième fois de sa carrière.

Et pour enfoncer le clou, le pilote Mercedes a validé cette septième couronne mondiale après avoir réalisé l’une de ses plus belles performances en piste (si ce n’est la plus belle). En effet, après une séance de qualification très compliquée (notamment à cause des conditions climatiques), le pilote britannique prend le départ du GP de Turquie à la sixième place. Au terme d’une course magistrale marquée par la pluie, les innombrables tête-à-queue des pilotes, les dépassements dans tous les sens… Lewis Hamilton remporte la course avec plus de 30 secondes d’avance (!) sur le second, Sergio Pérez. En sortant de son chapeau cette performance, à ce moment-là, Lewis Hamilton est définitivement entré dans la cour des très grands de ce sport.

Le miraculé Romain Grosjean

Romain Grosjean tel un super-héros, qu’il a été l’espace de quelques instants, sortant d’un brasier impressionnant. (Crédit : Imago)

Les mots ne sont pas assez forts pour décrire la violence du crash qu’a subi Romain Grosjean lors du premier tour du Grand Prix de Bahreïn, le 29 novembre dernier. Parti de la 19e place sur la grille, le Français doit batailler ferme avec les autres pilotes du fond de la grille – Latifi, Raïkkönen, Giovinazzi, Kvyat, Russell, Magnussen – pour essayer de s’extirper des dernières places. Après le 3e virage, l’ancien pilote Lotus voit qu’il ne peut pas doubler son coéquipier par la gauche, ce dernier étant bloqué par la bagarre entre Charles Leclerc et Carlos Sainz Jr. Grosjean décide alors de passer par la droite, malheureusement il ne voit pas dans son angle mort le pilote russe, Daniil Kvyat, ce dernier n’a pas le temps de réagir, voit le pilote Haas percuter sa roue avant gauche et assiste impuissant à la scène… Romain Grosjean s’encastre à une vitesse folle dans le rail, sous la violence du choc ce dernier ne résiste pas et s’ouvre. Grâce au halo, instauré quelques années auparavant, le Français est toujours sain et sauf.

Seulement, le choc a été si puissant (53G) que la voiture s’est disloquée en deux, permettant ainsi au Français de rester conscient – en effet, c’est la voiture qui a encaissé la majeure partie du choc, ce qui explique sa dislocation -, mais ce qui a eu pour conséquence de mettre feu à la partie ou se trouvait encore le pilote Haas. Après plus de 28 secondes en plein brasier, le Français réussi à s’extirper miraculeusement de sa monoplace et à sortir du feu. Finalement, Romain Grosjean s’en sort avec quelques brûlures graves aux mains et aux pieds. Un moindre mal pour le passager d’un des accidents les plus spectaculaires de ces 30 dernières années en Formule 1.

Celui qui avait décidé de mettre un terme à sa carrière à la fin de la saison a donc, pour lui et sa famille, préféré prendre la décision d’arrêter là. Encore bravo Romain pour ton courage incroyable !

Une victoire comme cadeau d’adieu pour « Checo » Pérez

En remportant le GP de Sakhir, le pilote mexicain offre un magnifique cadeau d’adieu à son équipe, Racing Point. (Crédit : Getty Images)

190 ! C’est le nombre de courses qu’a attendu Sergio Pérez pour remporter le premier GP de sa carrière. C’était il y a quelques semaines, lors du GP de Sakhir sur l’outer track du circuit de Bahreïn. En remportant cette course, il a également pulvérisé le record du nombre de courses avant une première victoire, détenu jusqu’alors par l’australien Mark Webber (130). Pourtant, qui aurait pu imaginer, à la fin du premier tour de course, que le pilote mexicain allait permettre à Racing Point de remporter le premier GP de son histoire ? En effet, harponné par Charles Leclerc après quelques virages (entrainant dans sa chute Max Verstappen), le mexicain est contraint de rentrer aux stands et boucle le premier tour à la dernière place.

Finalement, entre les déboires de Mercedes, les abandons rapides de Leclerc et Verstappen et un tracé plus court qu’à l’accoutumé, « Checo » parvient à tirer son épingle du jeu et réalise un véritable récital en remontant tout le peloton. 87 tours plus tard, le pilote Racing Point s’impose assez largement devant Esteban Ocon et Lance Stroll et réalise un petit exploit. Cette victoire – en plus d’être symbolique puisqu’il s’agissait de la dernière course terminée par le Mexicain pour Racing Point / Force India après sept saisons de bons et loyaux services – l’a probablement propulsé chez Red Bull pour la saison 2021.

Sébastien Ogier se rapproche de Loeb

7 titres de champion du monde comme d’autres illustre pilotes (Schumacher, Rossi, Hamilton), voici de quoi jauger le pilote ! (Photo : Pascal Huit/Pascal huit-images)

Au volant de sa Toyota Yaris, Sébastien Ogier a une nouvelle fois réalisé une saison très solide malgré une année particulière et une concurrence exacerbée. Il faut d’ailleurs noter qu’avant la dernière spéciale de la saison, à Monza, Ogier était deuxième au général et le favori se nommait Elfyn Evans. Cela dit, le pilote britannique n’a probablement pas supporté la pression et a commis une erreur fatale, lui coûtant le titre mondial de quelques points (122 pour le Français contre 114 pour le Britannique). Le champion du monde 2019, Ott Tänak aurait, lui aussi, pu se mêler à la lutte de plus près, mais comme nous l’avons vu plus haut, son abandon lors de la première manche du championnat lui a été fatal, même s’il ne termine pas si loin (105 points).

Avec cette septième couronne mondiale sur la tête, Sébastien Ogier se rapproche un peu plus d’un autre Sébastien… Sébastien Loeb. Ce dernier a encore deux titres d’avance, mais n’est désormais plus à l’abri de voir son record être égalé voire battu… ce qui paraît assez fou ! Ogier et Ingrassia sont également entrés dans l’histoire en étant le seul duo à être champion du monde sur trois voitures différentes après la Volkswagen Polo entre 2013 et 2016 et la Ford Fiesta en 2017 et 2018, c’est donc avec la Toyota Yaris que le duo français s’est imposé cette année.

Bien évidemment, d’autres événements ont rythmé cette année chargée, on pense notamment au retour en force de Renault en Formule 1 (qui changera de nom l’année prochaine) ainsi qu’aux podiums de nos Français Esteban Ocon (F1) et Johann Zarco (MotoGP), aux annonces de retrait d’Audi et BMW pour 2022 en Formule E ou encore aux belles performances des jeunes pousses en Formule de promotion (Schumacher, Ilott, Tsunoda, Pourchaire, Piastri, Martins, etc), mais dans cette année si particulière, il fallait faire des choix. Voici les nôtre. Et vous, quels événements retiendrez-vous de cette année 2020 ?

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