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Foot : ce qu’il faut retenir de l’année 2020

Année extraordinaire en tout point, 2020 ne restera pas dans les mémoires comme une année sportive. Report des JO, report de l’Euro, les événements majeurs ont laissé place à une réorganisation du calendrier. Quoi qu’il en soit, le football a, comme toujours, évolué, connu des changements et des évolutions majeures, alors on a décidé de vous faire un petit récap de l’année, en essayant de trouver ce que l’histoire retiendra de ces douze derniers mois.

Le football sans spectateur

Impossible de passer à côté. Alors que ç’a toujours été le moteur même de ce sport, les stades se sont retrouvés orphelins. Interdiction de se rendre au stade, de se rassembler devant le stade. Plus de communion entre les spectateurs, plus de spectacle en tribune, plus d’encouragements pour les joueurs, aussi. Les premières images nous ont tous choqués, marquant notre rétine par le vide, par cette sensation de manque. Et si, aujourd’hui, nous avons peut-être pris l’habitude, 2021 sera, on l’espère, l’année du retour des fans dans les stades. Car, si nos yeux se sont habitués à ne plus voir de fans, nos oreilles n’en peuvent plus.

L’année noire

Autre conséquence de la pandémie (mais pas que), promis après on arrête. Cette année, de grandes personnalités du monde du foot nous ont quitté. Sans vouloir tous les citer, chacun d’entre eux nous manquera. Diego Maradona, Papa Bouba Diop, Robert Herbin, Jack Charlton, Paolo Rossi, Michel Hidalgo, Pape Diouf ... La liste est beaucoup trop longue, et l’histoire risque de le retenir. Une année peuplée d’hommages, peuplée de pleurs, mais peuplée, aussi, de sourires empreints de nostalgie. Qui n’as pas repensé au but de Papa Bouba Diop contre la France, à la Coupe du Monde remportée par Maradona, Paolo Rossi ou Jack Charlton, quel Stéphanois n’as pas repensé aux années fastes de leur club avec Robert Herbin… Encore une fois, espérons que l’année 2021 ne sera pas aussi sombre.

Non, le foot français ne va pas mieux

Le retour de Domenech, symbole de tant de problèmes du football français. (Crédits : RFI)

Alors oui, on a eu deux clubs français en demi finale de Ligue des Champions. Mais stoppons un instant de se concentrer sur cette compétition. La fédération française est inquiété par des enquêtes de harcèlement. Les clubs Français sont endettés, à l’image du LOSC. La nouvelle campagne Européenne a été assez désastreuse, avec l’élimination de Reims en barrage, les performances de Nice, le PSG et Marseille notamment. Pire, les phocéens sont devenus la première équipe de l’histoire à perdre 13 matchs consécutifs en Ligue des Champions. Domenech est de retour. Sans vouloir tacler l’homme ou l’entraîneur, sa nomination est révélatrice d’une non-progression. Ah et puis Mediapro …

Le fiasco Mediapro

On ne pouvait pas passer à côté. L’un des plus grands échecs du football Français, symbole d’énormément de problèmes. Déjà, du fait que le football français se voit plus beau qu’il n’est : la qualité du championnat ne vaut pas 1 milliard d’euros. Ensuite, que les dirigeants du foot Français sont aveuglés lorsqu’une grosse somme d’argent est mise en avant. Enfin, que le copinage a deux beaux jours devant lui: n’oublions pas que si Mediapro a été introduit en France, c’est grâce à « l’intermédiaire » Didier Quillot. La LFP doit aussi se remettre en question pour les prochaines attributions, demandant des garanties plus solides que celles avancées par Mediapro. Dernier petit truc: Mediapro avait été vendu par « très solide » par Fred Hermel. Pensez-en ce que vous voulez.

La Liga en net recul

Sans dresser un constat complet, ce qu’a très bien fait Elias Baillif dans son excellent papier pour Eurosport, on peut tout de même constater un déclin de La Liga. Le Barca et le Real, habitué aux derniers carrés en Ligue des Champions, se sont fait humilier lors de l’historique 8-2 en quart ou sortir en huitièmes par les hommes de Guardiola. De son côté, l’Atletico a certes sorti Liverpool, mais n’as pas su se débarrasser du RB Leipzig. Et si l’on sort du spectre Ligue des Champions, rien ne vas plus : le jeu a disparu du championnat Espagnol. Alors qu’il était au début de la dernière décennie un laboratoire du jeu, aux matchs chatoyants et à la technique reine, il est aujourd’hui plus qu’ennuyant. Et la gestion des effectifs de ses deux cadors ne doivent pas aider, ayant tous deux du mal à enclencher un nouveau cycle, laissant derrière une gloire pas si passée que ça.

Deutsche qualität

Dominer l’Europe, réfléchir sur le jeu, faire progresser le football. (Crédits : Eurosport)

Délaissons l’Espagne pour l’Allemagne, ayant pris le relais comme championnat laboratoire des idées. 4 clubs qualifiés en huitièmes de finale, 3 entraîneurs allemands en demi-finale, 2 en finale. Victoire du Bayern de Hansi Flick en Ligue des Champions, mais aussi en Bundes. Sauf que, lorsque l’on regarde les 5 grands championnats, la Ligue 1 et la Premier League ont aussi été remportés par des coachs Allemands. A la pointe de la modernité, cette tendance semble n’être qu’à ses débuts : les promesses entrevues chez Nagelsmann ou Marco Rose (entre autres), peuvent laisser rêveurs.

Les petits clubs veulent jouer

Arrêtez de se cacher : une tendance aperçue et amorcée des dernières années, avec les résultats de Bournemouth par exemple. Privilégier un jeu protagoniste, actif, plutôt qu’un bloc resserré et des contres attaques. Que ce soit chez les promus (Lens, La Spezia, Leeds, Benevento), ou chez les petites équipes (Union Berlin, Brighton, Brest), les clubs et les entraîneurs construisent de vrais plans de jeu protagonistes, laissant derrière cette idée de « on subit et on verra bien ». Combattre les différences de qualités individuelles dans un plan de jeu collectif adapté aux forces de son équipe et minimisant celles de l’équipe adverse. Un constat simple qui semble trouver sa place dans l’esprit de plus en plus d’entraîneurs de « petits » clubs.

Messi, tours de passe-passe et révélation finale

Messi, dernières heures sous le maillot catalan? (Crédits ; RMC Sport)

Il a porté le Barca a lui tout seul. Slaloms, passes lasers, finitions hors-normes : il a tout fait. Il a d’ailleurs battu le record de passes décisives en une saison de Liga, marquant -toujours- un peu plus l’histoire. Mais cette indépendance du Barca vis-à-vis de son numéro 10 a eu raison de ce dernier. Petit à petit, les signes d’agacement ont été de plus en plus visibles, laissant place à des doutes sur son avenir. Jusqu’à ce que l’info tombe : Messi veut quitter le Barca. Boom. Dégoûté par la gestion du club, le joueur formé à la Masia est à bout de force. Contrait finalement de rester, il changera peut-être d’air cet été. Mais l’histoire retiendra que c’est en 2020 que Messi a formulé le souhait de quitter son club de cœur. Brutal.

Le footballeur engagé politiquement ?

Alors oui, les footballeurs ont toujours eu une portée politique. Mais dans un monde qui leur demandait de plus en de plus de neutraliser leurs paroles, certains ont réalisé le plus beau contre-pied de leur vie. S’il est impossible de définir ceci comme une tendance, les engagements pris par Rashford doivent montrer la voie. Tout comme les différentes prises de positions de Jules Koundé notamment, n’ayant pas peur de donner son avis sur certains sujets sociétaux. On saluera bien évidemment la force du mouvement Black Lives Matter, mais aussi la décision d’Antoine Griezmann de se séparer de son sponsor Huawei, qu’il accuse de participer à la répression des Ouïghours en Chine. Alors Messieurs, continuez comme ça.

Quelques performances individuelles…

Pour la première fois, le Ballon d’Or ne sera pas décerné. Qu’importe l’opinion que l’on a de cette récompense, son absence est marquante. On a parlé de Messi un peu plus haut, mais les performances de Muller (lui aussi battant le record de passes décisives de son championnat), de Lewandowski sont tout aussi impressionnantes. Comme les performances d’Erling Haaland qui a empreint 2020 par sa finition clinique. Une finition clinique qui peut définir Karim Benzema, brillant de A à Z et à qui le Real Madrid doit beaucoup.

Non exhaustive, on espère quand même que cette liste vous aura rappelé quelques souvenirs, et éclairé certaines des tendances qui ont marqué l’année 2020. Et vous, que retiendrez-vous ?

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