Omnisport Rugby

Dossier : la gestion particulière du Covid dans le rugby

Durant l’entière année 2020, ou presque, la crise sanitaire aura fortement bouleversé le monde du rugby. Championnats nationaux, compétitions continentales et internationales : tous ont géré de leur propre manière la crise et les restrictions qu’elle impose. Mais ils ne l’ont pas fait de la même manière. World Rugby, l’ECPR et les différentes ligues et fédérations se retrouvent donc dans des difficultés différentes, notamment pour la saison en cours. Décryptage complet de comment est gérée la crise Covid dans le rugby.

Le protocole européen critiqué

Vendredi 18 décembre 2020, l’EPCR est en pleine tourmente. L’instance européenne, organisatrice de la Champions et de la Challenge Cup, essuie un refus du Rugby Club Toulonnais de jouer son match contre les Scarlets, à Llanelli. La raison ? Un joueur Gallois est testé positif au coronavirus en fin de semaine, et les Toulonnais craignent de contracter le virus juste avant les fêtes s’ils acceptent de jouer. Sans solutions de report au dimanche (selon les droits du droit du travail, les Toulonnais devaient être congédiés en fin de semaine), l’EPCR décide de donner le match aux Scarlets sur tapis vert. Une décision incompréhensible se dit-ont. Comment se fait-il que ce soit Toulon qui perdre, alors même que ce ne sont pas les Varois qui ont un de leur joueur positif au virus, mais bien les gallois ?

Tout cela s’explique par le fait que, malgré le cas positif, l’EPCR a jugé la rencontre sans danger, contrairement à celles entre Toulouse et Exeter et entre Bath et La Rochelle. Le système de jugement de la tenue d’un match de Champions Cup est particulier. Si au moins un cas de Covid-19 est déclaré, la décision revient à un comité qui juge des risques sanitaires. Ce comité, depuis le début de saison, ne prend en général aucun risque et annule la rencontre, déclarant forfait l’équipe qui présente des cas. Mais ici, le match Scarlets-Toulon a été jugé propre à se tenir. Les Toulonnais ayant pris peur, ce sont eux qui sont sanctionnés et battus sur tapis vert.

Une décision forte, parce qu’encore plus cette année que celles d’avant, une défaite en Champions Cup est presque synonyme d’élimination. Une victoire 28-0 donnant au vainqueur le bonus offensif en prime.  « Cela pouvait paraître catastrophique sur un plan sportif, mais nous privilégions la santé de nos joueurs et de leurs familles. Patrice, le staff, les joueurs, tout le monde est très remonté. L’EPCR nous empêche de jouer nos chances à fond », explique Bernard Lemaître, président du RCT. Ce jugement non-partial que mentionnent certains, pose donc plusieurs questions.

Mais où est donc la limite entre prendre le risque de jouer malgré l’épidémie, et décider de se protéger, en sacrifiant le côté sportif et le résultat dans une compétition vue comme un bonus pour plusieurs clubs. Contrairement à Scarlets – Toulon, le match de Challenge Cup entre Bayonne et Leicester s’est bel et bien déroulé le même week-end. Malheureusement, cela a eu des répercussions puisque plusieurs joueurs des Tigers sont testés positif au Covid directement après le match. Irrémédiablement, huit Bayonnais se retrouvent touchés dans la semaine, et le club est contraint d’annuler ses séances collectives. Les deux matchs de Top14 que Bayonne devait jouer après la Coupe d’Europe sont reportés, et Yannick Bru ne cache pas sa colère envers l’EPCR.

« Je suis en colère contre la procédure médicale qui s’applique en Coupe d’Europe. Elle n’est pas à la hauteur de celle appliquée par la LNR en Top 14 »

Yannick Bru dans les colonnes du Midi-Olympique.

Ce que critique l’entraîneur bayonnais, c’est que les tests anti-covid soient faits plus de 48h avant les rencontres de Coupe d’Europe. Une procédure jugée trop laxiste, dont ont souffert plusieurs autres clubs. Le choc de Pro 14 entre le Leinster et le Munster devait se disputer le week-end du boxing days, mais des cas ont été découverts au Leinster après la rencontre de Champion’s Cup contre Northampton. En plus d’être pénalisés pendant la Coupe d’Europe, ce protocole dit trop laxiste pénalise donc aussi les clubs dans leur championnat respectif.

La légitimité du vainqueur remise en cause

La Coupe d’Europe fait l’objet de débats depuis les derniers matchs annulés en raison des différents cas positifs. Les victoires attribuées sur tapis vert peuvent paraître incompréhensibles par rapport aux équipes victimes du Covid. La compétition était déjà particulière cette année avec une programmation revue pour les circonstances. Ainsi, pour se qualifier pour les quarts, il faut faire partie des 4 premiers des deux poules. Avec seulement 4 matchs, les équipes sont dans l’obligation de tous les gagner pour être assurées de se qualifier. Une défaite sans bonus peut être synonyme d’élimination tant le niveau est relevé. Ce format entraînait déjà une forme de désintérêt d’équipes plus faibles qui jouaient sans véritable ambition cette coupe d’Europe, faussant déjà la compétition. Les annulations de matchs ne vont malheureusement pas améliorer les choses, les équipes ayant été déclarées perdantes apparaissaient comme des candidats sérieux pour les quarts et même pour le titre.

Ainsi parmi les Glasgow Warriors, Toulon, Exeter et Bath, on retrouve quasiment trois prétendants aux quarts dont le champion en titre. Avec ces défaites, leur sort semble scellé puisqu’il ne reste que 2 rencontres à ces équipes pour espérer finir dans les quatre premiers. Elles n’ont désormais plus leur sort entre les mains et doivent espérer gagner les deux derniers matchs avec le bonus offensif. Mais même avec deux victoires bonifiées, elles peuvent échouer à se qualifier. En cas d’élimination de ces équipes, la légitimité de la Coupe d’Europe pourrait être remise en cause. Même si le vainqueur au printemps prochain aura forcément mérité sa victoire, les suiveurs ne pourront pas s’empêcher de se poser des questions. Si des prétendants comme Bath et Toulon n’avaient pas été déclarés perdants sur tapis vert, le vainqueur aurait-il réussi à se qualifier ? Aurait-il gagné si la meilleure équipe du monde et tenant du titre n’avait pas été éliminé en raison de ce tapis vert ? Tant de questions qui viendraient injustement minimiser le succès du vainqueur de la compétition.

Les Toulousains en préparation de leur match au stade Ernest-Wallon (Radio France – Julien Balidas)

La décision peut se comprendre puisque le calendrier est très serré avec des championnats qui ont repris tardivement et le tournoi des VI nations devant débuter en février. L’EPCR n’avait donc pas beaucoup d’options et aucune date pour une reprogrammation si elle voulait tenir son calendrier prévisionnel. Le problème avec cette décision est ce qu’elle pourrait entrainer à l’avenir. En effet, comment faire si une équipe se retrouve avec un cas positif lors des phases finales ? Le match devra-t-il être annulé ? Ce qui ferait perdre encore un peu plus de légitimité pour le futur vainqueur. Les équipes seront-elles enclines à coopérer avec l’EPCR ? Par ses décisions lors du dernier week-end de coupe d’Europe, l’EPCR a privilégié la tolérance zéro. En décidant de les déclarer perdants, elle remet la faute sur les clubs. Cette sanction semble disproportionnée, lorsqu’on sait à quel point ce virus se transmet facilement. Déclarer une équipe victorieuse sur tapis vert est vu comme une sanction et peut avoir des conséquences désastreuses pour les clubs ayant des prétentions pour la Coupe d’Europe.

Ainsi, Toulon espérait atteindre la finale pour jouer au Vélodrome près de Toulon. Pour Exeter, l’objectif était de conserver le titre, ce que seuls Leicester, le Leinster, Toulon et les Saracens sont parvenus à faire. Ces deux équipes avaient les moyens de le faire mais elles pourraient ne pas pouvoir le prouver sur le terrain. Alors on peut se dire qu’elles peuvent se rabattre sur le Challenge européen. Mais ces équipes voudront-elles jouer la compétition à fond sachant que la concurrence est rude dans leur championnat. On sait que Toulon avait tout fait pour se hisser en finale l’année dernière, celle-ci étant programmée à Marseille. N’ayant pas pu l’accueillir en raison du Covid, la finale a été re-programmée cette année dans la cité phocéenne. Toulon pourrait donc jouer le coup à fond mais rien n’est sûr tant la deuxième partie de saison s’annonce épuisante pour les joueurs et en particulier les internationaux. Si ces équipes sont reversées dans le Challenge européen, pas sûr que les titulaires habituels soient mis sur la feuille de match. La compétition perdrait alors un peu plus d’intérêt et le vainqueur pourrait lui aussi perdre en légitimité. 

Pour revenir sur la coopération des équipes, certaines voudront-elles déclarer un joueur positif compromettant leur chance de victoire finale ? Depuis le début de la saison, les équipes semblent sur la même longueur d’onde pour éviter la propagation du virus et ainsi prioriser la santé des joueurs. Agiraient-elles de la même façon si un cas est détecté ? Dans le sens inverse, si le match est maintenu comme avec Toulon chez les Scarlets, l’équipe ne voulant pas prendre de risque devra-t’elle abandonner ses chances de victoire ? 

Beaucoup de questions entourent l’avenir de la Coupe d’Europe après les dernières décisions. L’EPCR est désormais sous pression et le pari de cette Coupe d’Europe spéciale semble déjà perdu. Les réticents du format sont désormais rejoints par les déçus de ces annulations. À ce rythme, on risque de plus parler des affaires hors du terrain que des matchs en eux-mêmes. 

Une gestion plus claire en Top14

La situation en Coupe d’Europe a de quoi déboussoler les clubs français, d’autant plus qu’en championnat, la procédure n’est pas du tout la même. Alors que l’EPCR examine les matchs au bout d’un cas déclaré et qu’ils peuvent être perdus sur tapis vert, la LNR fonctionne différemment. Pour les matchs de Top 14 et de ProD2, cette dernière décide du report de la rencontre, si au moins 3 cas positifs sont détectés. Les tests ont aussi lieu seulement 48h avant les matchs, pour éviter toute surprise. Un mode de fonctionnement qui porte jusqu’alors ses fruits car peu de clubs s’en plaignent. Contrairement à l’ECPR, la Ligue considère que le club ayant des cas Covid ne doit pas être sanctionné d’une défaite sur tapis vert, car il n’est pas fautif. Des équipes comme le Racing, le Stade Français ou encore Montpellier seraient dans une situation bien différente – et embêtante – si ça avait été le cas. Ces trois clubs ayant eu plusieurs rencontres annulées pour cas de Covid.

Mais même s’ils ne sont pas pénalisés directement, les clubs sont quand même désavantagés car le retard de matchs sur les autres équipes fausse en quelque sorte le championnat. En Top14, plusieurs sont déboussolés, à commencer par Montpellier. Le MHR a souffert de la pandémie et a encore 3 matchs de retard par rapport à des équipes comme La Rochelle. Une situation qui rend la saison héraultaise difficile. Les hommes de Xavier Garbajosa ne parviennent pas à trouver leur rythme et ne peuvent pas savoir où ils en sont réellement. D’ailleurs, Jean-Baptiste Elissade, entraîneur de la défense de l’actuel 12ème du Top 14, expliquait son ressenti il y a quelques jours, dans le Midi-Olympique : « Sans se chercher d’excuses, nous n’avons pas eu un bon alignement des planètes. Nous n’avons pu faire qu’une mi-temps de préparation contre Aurillac […] en suivant, plusieurs de nos matchs ont été reportés, ce qui fait que nous n’avons jamais pu lancer véritablement notre saison. » Une déclaration qui prend sens lorsqu’on sait que le leader du championnat, La Rochelle, n’est pour le moment pas du tout touché par la pandémie. Les Maritimes peuvent alors travailler dans un environnement plus serein, et sont donc avantagés en quelque sorte.

Xavier Garbajosa et Montpellier subissent la situation particulière de cette saison. (crédits : Ouest-France)

Montpellier est le club qui a le plus de retard, mais presque toutes les équipes du championnat ont subi au moins un report de match. La complexité du calendrier n’arrangeant en rien les choses, créant même parfois des tensions entre les clubs. C’est le cas de Castres et Brive. Le CO devait se rendre à Montpellier le vendredi 20 novembre, mais en raison de plusieurs cas de Covid côté montpelliérain, le match est finalement annulé. C’est alors que Brive entre en scène. Le CAB demande que son match contre Castres prévu initialement le mercredi 2 décembre soit avancé à la date où devait avoir lieu le Montpellier-Castres annulé. Cette décision aurait permis aux Brivistes d’éviter une série de 3 déplacements en huit jours. Les Castrais n’étant pas touchés par la Covid, ils pouvaient en théorie aligner une équipe.  

Mais la demande échoue auprès du CO et de la LNR. Une décision « incompréhensible » pour les Brivistes. Mais après un échange constructif entre les deux clubs, qui s’étaient alors répondus par messages interposés sur les réseaux sociaux, Brive obtient tout de même un report du match, au 22 décembre, juste avant le boxing –days. Tout un imbroglio !

La rencontre entre les deux équipes rentre dans la course au maintien, course dans laquelle est Bayonne, club aussi touché par la Covid. Les basques devaient disputer deux rencontres importantes fin décembre et début janvier contre des concurrents directs, mais voient leurs matchs contre Castres et Pau reportés. Ces reports dérangent aussi les castrais, qui voulaient absolument gagner et se rassurer après sa défaite de la semaine précédente contre Brive (oui oui, le Castres-Brive mentionné plus haut). La course au maintien est donc tronquée et le report des matchs maintient sous une lourde pression les clubs, le tout dans une ambiance tendue.

Alors pour éviter de se retrouver dans le brouillard, sans savoir où être réellement en championnat et sans casser une dynamique, la tentation de la triche est présente. Comme en Coupe d’Europe, dissimuler des cas positifs est un pari peu éthique, mais que certains clubs pourraient tenter. Il y a aussi le fait que les clubs sont gênés par le protocole sanitaire strict imposé. Un protocole qui leur empêche de travailler normalement et d’avoir une préparation optimale avant les matchs. En décembre, la LNR a décidé de sévir contre Montpellier, en infligeant au MHR une amende de 10 000€ (dont 5000€ avec sursis) pour non-respect du protocole sanitaire. Les montpelliérains avaient laissé un joueur positif s’entraîner avec ses coéquipiers, contaminant le groupe du même coup. C’est ce qui a donné lieu à l’annulation du match contre le Stade Français, le 7 novembre dernier.

Le Stade Français qui a d’ailleurs été visé par une enquête de la LNR en tout début de saison, après que la quasi-intégralité de l’effectif parisien se révèle positif avant le match annulé contre l’UBB. La Ligue soupçonnait le club de ne pas avoir respecté le protocole et les gestes barrières lors de la préparation d’avant-saison. Une accusation dont s’était défendu le club, par l’intermédiaire de son directeur général, Thomas Lombard. Les écuries de Top14 se montrent en difficulté pour jongler entre respect des règles et recherche de la performance, mais ils ne sont pas les seuls.

La ProD2 dans une situation similaire

En ProD2 aussi, la crise sanitaire donne au championnat un goût particulier. Un championnat où deux semaines peuvent espacer certaines journées, mais aussi 5 jours seulement. Cinq matchs en retard ont par exemple eu lieu en semaine, le mardi 22 décembre. Malgré ça, certaines équipes restent en retard par rapport à d’autres. Lorsque l’on regarde le classement, on aperçoit Mont-de-Marsan avec les équipes en difficulté, mais les Montois ont eu jusqu’à 3 matchs de retard par rapport à leurs concurrents. Difficile pour eux de savoir quelle est leur position exacte au niveau du maintien. Le club est donc perpétuellement sous pression.

C’est principalement en octobre et en novembre que la ProD2 a commencé à subir les annulations. Entre la 5ème et la 9ème journée, nombre de matchs ont été reportés. Un trou d’air qui arrive au mauvais moment pour certaines équipes, comme le Biarritz Olympique. Le BO, épargné au début de la saison, se retrouve en octobre avec une quinzaine de cas, dont certains cadres de l’effectif. Après 4 victoires lors des 5 premiers matchs, les basques se retrouvaient en tête du championnat mais ont vu la coupure due aux annulations couper leur élan.

Autre équipe pénalisée ces derniers temps : Oyonnax. Les Aindinois ne disposaient pas de toutes leurs forces lors de leur match contre Perpignan, comptant pour la 14ème journée du championnat. Touchés par le virus, plusieurs joueurs oyonnaxiens, dont des titulaires habituels de l’équipe n’ont pu participer au match, laissant leurs coéquipiers en difficulté (défaite 20-10). Oyonnax se retrouve pénalisé et perd des points important dans la course à la qualification aux phases finales. Ici, on peut se poser la question du pourquoi le match a été maintenu, alors même qu’Oyonnax était en cruel manque de joueurs ? Une décision sûrement motivée par le fait que les haut-bugistes pouvaient aligner une équipe, même s’il n’y avait que 22 joueurs disponibles dans l’effectif.

Outre les deux échelons principaux du rugby français, la Nationale (ProD3) et la Fédérale reprendront en janvier, a annoncé la FFR. La fédération a décidé de gérer la situation en arrêtant strictement les compétitions. Aucun risque n’est pris.

Les championnats étrangers, un protocole différent

Le championnat anglais: tolérance zéro

Contrairement au Top14, les instances anglaises de rugby ont décidé l’été dernier de finir la saison 2019/2020. Dès juillet, un protocole a été mis en place pour tester les joueurs et les membres du staff avant de permettre le retour des entraînements collectifs. 

A l’approche de la reprise de la saison, des directives ont été mis en place par la ligue anglaise à l’encontre des clubs. L’objectif était d’éviter la propagation du coronavirus qui mettrait en péril la reprise de la saison. La ligue mise alors sur une responsabilisation des joueurs pour respecter les règles. En cas de manquements à ces règles, de lourdes sanctions seront prises contre les clubs. Ainsi, la ligue a prévu que le manquement à ces règles de la part d’un des joueurs, provoquant l’annulation du match, serait sanctionné d’une victoire 20 à 0 pour l’équipe adverse. Une sanction lourde de conséquences dans la course aux playoffs mais compréhensible au regard du programme proposé par la ligue. En effet, avant les matchs de playoffs, les équipes avaient 9 matchs pour se départager. Pour permettre de faire jouer ces rencontres, la Premiership a programmé des matchs en milieu de semaine, rendant impossible le déplacement des matchs en cas de contrôle positif. Désormais une défaite sur tapis vert contre un concurrent direct pouvait priver une équipe de qualification. Mais les cas de COVID n’étaient pas la seule cause d’annulation d’un match. En effet certaines équipes pouvaient être empêchées de jouer en cas de confinement local décidé par le gouvernement et les autorités. Dans ce cas, un match nul sera déclaré entre les deux équipes.

Le Franklin’s Gardens, stade des Saints de Northampton, se préparant pour la reprise sans fans

Ce système a été très critiqué outre manche par sa dureté. Lors de la dernière journée s’est posée la question de le maintenir. En effet, les Sharks ont vu 16 de leurs joueurs être testés positifs au coronavirus, ainsi que quelques membres du staff. Lors de ce week-end, les Sharks devaient affronter Worcester à domicile. Un match capital pour l’équipe de Sale pour espérer se qualifier pour les playoffs. Les instances ont alors décidé de voir si le match pouvait se tenir malgré les 16 cas positifs. Outre les risques sanitaires en cas de maintien du match à la date prévue, les Sharks possédaient le plus petit effectif avec 32 professionnels. Si le match devait se tenir, le club aurait été dans l’obligation de faire venir des jeunes ou de faire signer des joueurs en urgence pour avoir une liste de 23 joueurs pour le match. 

Darren Childs, directeur général de la premiership avait déclaré après ces tests positifs: « La santé et le bien-être de nos joueurs et de notre staff est notre priorité (…) Nous comprenons que les enjeux sont très importants ce week-end mais nous avons une responsabilité envers tous ceux qui sont impliqués dans la premiership de veiller à ce que le protocole médical soit suivi et cela ne peut pas être précipité ».

Le match devait se dérouler le dimanche mais les instances ont accepté l’idée de le déplacer en milieu de semaine le temps de prendre une décision. Mais malheureusement pour l’équipe de Sale, d’autres joueurs ont été testés positifs après des tests plus approfondis, entraînant l’annulation de ce match. Une décision lourde de conséquences pour les Sharks alors qu’ils étaient à la lutte avec les Bears et Bath pour les deux dernières places qualificatives pour les playoffs. Avant cette journée, l’équipe de Sale était quatrième avec 64 points juste derrière Bath et ses 65 points mais devant Bristol et ses 64 points à la différence de points. Mais avec cette défaite sur tapis vert, les Sharks ont vu les Bears leur passer devant grâce à une victoire bonifiée contre les London Irish tandis que Bath s’est contenté d’un match nul contre les Saracens. 

Une grosse déception pour l’équipe qui communiqua à la suite de l’annulation de son match : 

«  C’est dévastateur, les joueurs et le personnel avec COVID-19 refusant au club la chance de se battre pour le titre de premiership au dernier obstacle. Sale Sharks et tous ceux impliqués avec le club sont déterminés à revenir plus forts que jamais à temps pour la saison prochaine »

Le communiqué de l’équipe a voulu balayer les reproches faits à l’encontre des joueurs, ces derniers ayant été jugés d’avoir eu un comportement irresponsable après leur victoire en finale de la Coupe d’Angleterre contre les Harlequins. Ce match n’a pas été le seul annulé puisque le match entre Gloucester et Northampton a aussi été annulé, les Cherries and Whites ayant été déclarés vainqueurs par forfait. La raison ? Les Saints avaient joué quelques jours plus tôt contre les Sharks et les deux équipes n’avaient plus rien à jouer. 

La même situation a failli se reproduire lorsque 4 joueurs et 3 membres du staff des Wasps ont été testés positifs 10 jours avant la finale contre les Chiefs. Après de nouveaux cas détectés le 19 octobre, les instances anglaises ont décidé de suspendre les entrainements de l’équipe et envisageaient déjà de faire jouer Bristol, éliminé par les Wasps en demi-finale. Néanmoins, les instances ont autorisé l’équipe de Coventry à jouer la finale. Le scénario catastrophe a été évité pour la Premiership avec une nouvelle annulation qui aurait fait débat. Ce qui a probablement fait la différence avec la situation des Sharks est l’absence de joueurs positifs supplémentaires lors de la dernière phase de test avant la finale. L’équipe a pu reprendre l’entrainement mais il n’est pas impossible que ceux passés à distance, en attendant les résultats, n’ont pas permis à l’équipe de se préparer dans les meilleures conditions. Par ailleurs, sur les 11 joueurs positifs au coronavirus certains étaient destinés à jouer ce match pour le titre. Finalement, les Chiefs se sont imposés 19 à 13 en finale mais Lee Blackett, l’entraineur des Wasps n’a pas semblé vouloir mettre cette défaite sur le dos confirmant ses déclarations d’avant match : «  Ce n’est pas une préparation idéale mais vous pourriez dire que nous serons frais, nous avons eu deux semaines de repos et nous nous sommes vraiment très bien entrainés hier. Nous avons 33 joueurs parmi lesquels choisir. C’est déchirant pour ceux qui manqueront cette chance mais la santé et la sécurité des joueurs et des familles sont plus importantes ». Des déclarations mesurées qui permettent de voir le vrai défi face auquel se trouve les instances dirigeantes : allier santé et compétitivité. 

Les Chiefs célébrant leur titre obtenu contre les Wasps 19 à 13 (Getty Images)

Pour la nouvelle saison, les instances anglaises ont continué de suivre le protocole mis en place lors de la reprise de la saison précédente. Pour les sanctions en cas d’annulation de match, rien n’avait été précisé. A la suite de cas positifs dans les effectifs de London Irish et Leicester, les rencontres contre Bath et Newcastle ont été annulées. Encore une fois, les instances du rugby anglais ont décidé de ne pas reprogrammer les matchs. La décision a été prise d’attribuer 4 points à Bath et Newcastle tandis que Leicester et les London Irish se voient attribuer une défaite même si la ligue leur a donné 2 points. Malgré l’attribution de ces points, le score enregistré pour ce match sera de 0/0, pour ne pas pénaliser les autres équipes, la différence de points pouvant jouer un rôle au classement en cas d’égalité. 

La deuxième division anglaise en pleine crise

La premiership a repris mais les autres championnats anglais ont été suspendus en raison de la crise sanitaire qui touche le pays. Un problème pour le Greene King IPA Championships, deuxième division anglaise de rugby. Si ce championnat nous intéresse c’est en raison de la présence des Saracens. Comme vous le savez, l’équipe a été reléguée administrativement pour ne pas avoir respectée les règles liées au plafond salarial. La suspension du championnat pose problème puisque les internationaux des Saracens se retrouvaient sans compétition pour préparer le tournoi des VI nations avec l’Angleterre. Par ailleurs, le championnat se retrouve face à une crise sans précédent avec des clubs en pleine crise financière, certains préférant libérer les joueurs en raison de l’absence de matchs et de public. Pendant un temps, certaines rumeurs évoquaient la possibilité d’organiser une premiership à 14 clubs avec les Saracens et les Ealing Trailfingers, deux équipes aux moyens financiers bien au-dessus des autres clubs de deuxième division. 

Mais une solution a été trouvée par la fédération anglaise. En effet, il a été décidé de faire commencer le championnat le 6 mars 2021. Une reprise tardive nécessitant des modifications concernant le format de la compétition. Ainsi les 12 équipes sont réparties en deux poules de 6. A la fin des phases de groupes, les premiers de chaque poule s’affronteront dans une finale aller/retour pour monter en premiership. A priori, la finale devrait opposer les Saracens et les Ealing Trailfingers. Pour compenser l’absence de public, la deuxième division espère pouvoir diffuser le maximum de matchs. Malgré cette reprogrammation du championnat, beaucoup d’incertitudes persistent. Les équipes n’ont pas les moyens financiers nécessaires pour assurer toutes les contraintes liées à la pandémie. La reprise en mars permettra aux clubs de se préparer et de trouver des solutions pour pallier la hausse des coûts liés au protocole sanitaire. Dans son communiqué, l’instance dirigeante a annoncé que certains clubs avaient pu reprendre l’entraînement dans le cadre du sport d’élite et des matchs amicaux pourraient être organisés ente eux. Les Saracens ont déjà pris les devants en organisant un match en décembre contre les Tigers. 

Il faudra suivre attentivement cette reprise. Si la situation ne s’améliore pas, le championnat pourrait ne pas reprendre. Une situation désastreuse pour les clubs mais aussi les joueurs qui pourraient être les premières victimes de cette annulation. Avec l’annulation de la deuxième division c’est toute l’économie du rugby anglais qui tomberait. 

Le Pro14 à l’épreuve des déplacements

Un autre championnat d’outre manche a fait le choix contraire. En effet, le Pro14, championnat réunissant des équipes irlandaises, écossaises, galloises et italiennes a choisi la solution inverse en reportant les matchs à des dates ultérieures pour éviter les déséquilibres au sein du classement. Pour permettre ces reports, les instances du Pro14 ont décidé de faire jouer le championnat sur 16 journées après avoir commencé la saison en retard, celles-ci ayant voulu terminer la précédente. Ces reports sont aussi permis par la baisse du nombre d’équipes, les deux équipes sud-africaines n’ayant pas pu participer à la saison en raison du COVID pour les Cheetahs et d’une liquidation pour les Southern Kings. Avec deux équipes en moins, les instances sont revenues au traditionnel Pro12, permettant de jouer moins de matchs. 

Le Pro14 a ce désavantage de se jouer dans plusieurs pays, ce qui peut être un risque pour les équipes étant donné les différentes situations sanitaires des pays. Néanmoins le championnat s’en sort plutôt bien malgré les quelques matchs annulés, le dernier en date : Munster/Leinster lors du Boxing Day. Une affiche au sommet entre les deux meilleures équipes du championnat et une perte énorme pour la visibilité de celui-ci. Pourtant ce match devrait trouver une place dans le calendrier de la ligue. En effet le Pro14 a prévu qu’entre la 11ème journée qui se tiendra ce week-end et la douzième journée, il y aura 7 semaines de pause. Les instances chercheront sûrement à reprogrammer certains matchs durant cette longue pause comme ils l’ont fait pour les Dragons. En effet l’équipe galloise rattrapera ses matchs contre le Connacht et Edimbourg les 5 et 12 février 2021.

Dans une période de remontée de cas en Europe, le Pro14 se retrouve à devoir jongler pour préparer ses journées. Ainsi pour limiter les déplacements entre les pays lors de la 11ème journée, les instances ont décidé de placer les derbys italiens et écossais à cette journée. Ces matchs qui devaient avoir initialement lieu le week-end après Noël sont donc déplacés au week-end du 8/9 janvier. Le match entre Glasgow et Benetton et celui entre Edimbourg et Zebre prévus à cette journée, sont reportés à une date ultérieure. David Jordan, le directeur du tournoi s’est expliqué dans un communiqué concernant cette décision:  » Nous sommes très reconnaissants envers nos équipes et nos diffuseurs pour leur soutien à ce changement de leurs rencontres Guinness Pro14. La pandémie a créé une situation très fluide dans notre sport et dans ce cas, nous pensons qu’il est prudent d’empêcher les voyages internationaux lorsque ces équipes sont concernées ». Une situation inquiétante pour la suite du Pro14 si la pandémie continue à se propager. Le Pro14 a une longue pause qui l’attend pour se préparer à toutes les situations. Il sera intéressant de voir le calendrier proposé pour la suite de la saison.

Malgré le Coronavirus, les instances du Pro14 ont décidé d’organiser la Raimbow Cup réunissant les équipes du pro12 et 4 franchises du Super Rugby en Afrique du Sud. Cette compétition se déroulera après la fin de saison du Pro14 et il sera intéressant de voir comment vont être gérés les matchs dans tous ces pays. 

Un Super Rugby chamboulé

Pour conclure avec les championnats étrangers, le Super Rugby a décidé d’éviter les déplacements entre les pays. Ainsi, trois championnats se sont développés au sein du Super Rugby avec un du côté de la Nouvelle-Zélande, un autre en Australie et enfin un en Afrique du Sud. Le Super rugby a été contraint de procéder au vu des restrictions imposées par les gouvernements de ces pays avec des quarantaines obligatoires pour une personne rentrant sur le territoire. Ces règles rendaient impossibles les matchs avec des équipes d’un autre pays. Cette décision a eu pour conséquence de couronner trois équipes différentes. En raison des incertitudes liées au COVID, l’instance du rugby néo-zélandais a décidé de poursuivre ce format pour l’année 2021. Le Super Rugby Aotearoa regroupera une nouvelle fois les provinces néo-zélandaises, forçant les australiens à continuer le Super Rugby AU pour l’année 2021. Mais Brett Impey, représentant de l’instance néo-zélandaise, a admis la possibilité de faire rentrer trois équipes dans le Super Rugby Aotearoa pour 2022. Le Covid a bousculé les plans du Super Rugby qui s’est dirigé vers un championnat domestique pour limiter les voyages entre pays.

Les compétitions internationales en danger ?

Avec toutes ces contraintes au sein des championnats et la Coupe d’Europe, il était légitime d’être inquiet pour les matchs internationaux qui allaient faire rencontrer des équipes nationales constituées de joueur venant des quatre coins de l’Europe de l’Ouest. Tout d’abord le COVID a bouleversé la traditionnelle tournée d’automne, la World Rugby a alors préféré éviter les déplacements d’équipe venant de l’hémisphère Sud. Finalement deux compétitions se sont déroulées: l’Autumn Nations Cup et le Tri nations Series.

Les premières craintes liées à l’Automn Nations Cup

Les Fidji ont eu la possibilité de jouer avec les équipes européennes à l’occasion de cette compétition. Malheureusement pour eux, celle-ci n’aura pas été celle escomptée avec trois matchs annulés pour des cas de COVID dans l’effectif des Fidji. Ainsi la France, l’Italie et l’Ecosse ont été déclarés vainqueurs sur tapis vert 28/0. L’annulation de ces matchs a provoqué une forme d’incompréhension. Quel est l’intérêt de la compétition si une équipe ne peut jouer qu’un match sur les 4 qu’elle devait effectuer ? Attribuer une victoire sur tapis vert est aussi problématique pour la légitimité de la compétition. En effet, des équipes comme l’Ecosse ou l’Italie se sont vu attribuer une victoire sur tapis vert alors que rien ne dit qu’elles auraient pu l’emporter. Finalement les Fidjiens se sont retrouvés à jouer seulement contre la Géorgie. Au-delà de la déception pour les joueurs de ne pas avoir pu jouer tous les matchs, les clubs n’ont pas pu profiter de leurs joueurs pendant cette période, ces derniers ayant été obligés de rester isolés pour la suite de la compétition. Cette première expérience internationale, depuis l’interruption en février, a montré la difficulté d’organiser des matchs lorsque plusieurs équipes se réunissent sous un même maillot.

Les fidjiens lors d’un entrainement

Contrairement aux autres équipes, les Fidjiens proviennent de plusieurs championnats que ce soit en France, en Angleterre, en Nouvelle-Zélande, des Etats-Unis ou encore des Fidji. Ce rassemblement était alors plus risqué que pour d’autres équipes nationales. Mais ces dernières ne restent pas immunisées face au risque de contamination au sein de leur effectif. D’une journée à l’autre, les joueurs retournent dans leur pays pour se préparer. Malgré des protocoles très stricts appliqués aux équipes pour éviter une propagation du virus, le risque zéro n’existe pas. On peut prendre l’exemple d’un remplacement d’une journée à l’autre de plusieurs joueurs en raison de blessures ou de choix tactique. Ces changements peuvent entraîner une propagation du virus dans les équipes nationales mais aussi dans les clubs. En effet, lorsque les joueurs retrouvent leurs clubs, ils peuvent revenir avec le COVID. En cas de contamination, les clubs peuvent se retrouver pénalisés avec des matchs reportés ou annulés selon le championnat. Un risque que certaines équipes pourraient ne pas être tentées de prendre.

Un Tournoi des VI nations compromis

A côté du cas Fidjien aucun autre match n’a été annulé. Néanmoins une autre compétition internationale arrive à grands pas: le VI nations. Sans manquer de respect à cet autumn champions cup, l’annulation des matchs n’a pas eu de grosses répercussions pour les autres équipes, ni pour la légitimité de la compétition. Mais comment faire pendant le VI nations si une équipe est dans l’impossibilité de disputer un match. La décision d’attribuer victoire sur tapis vert à l’adversaire entraînerait un déséquilibre avec les autres équipes et pourrait pénaliser un prétendant au titre si cela touchait l’Angleterre, la France ou l’Irlande. La victoire sur tapis vert ne rendrait pas service au vainqueur de la compétition qui pourrait voir sa légitimité remise en cause. Le problème pour les instances est l’absence de place dans le calendrier pour reprogrammer le match. En effet la saison a  déjà été perturbée par une reprise tardive de certains championnats comme la Premiership ou le Pro14 sans oublier la Coupe d’Europe qui a prévu des phases finales avec des confrontations aller/retour. Avec tous les problèmes sanitaires, il sera aussi difficile d’obliger les clubs à libérer leurs joueurs pour un seul match à l’approche des phases finales en cas de re-programmation au cours du printemps.

La solution viendrait-elle de l’exemple du tri-nations. En effet, l’Australie, l’Argentine et la Nouvelle-Zélande se sont mis d’accord pour jouer l’ensemble des matchs en Australie permettant d’éviter les déplacements entre les pays. Bernard Laporte, président de la fédération française de rugby a déclaré lors de l’émission  » Les Grandes Gueules » sur RMC à propos du VI nations: « S’ils ferment les frontières pendant deux mois, on ne pourra pas jouer le tournoi des Six Nations ». Une déclaration qui renforce cette idée de tournoi dans un seul pays d’autant que la situation s’aggrave en Angleterre et en Irlande. Même si le VI nations, par sa composition, demanderait une logistique plus importante, cette possibilité ne doit pas être écartée si la situation ne s’arrange pas en Europe. Par ailleurs, la présence de fans n’est pas généralisée dans tous les pays et pour ceux l’ayant permis, un plafond faible a été mis en place. Si la situation sanitaire s’améliore, les fans des différentes régions pourraient se rendre sur place comme cela a été possible en Australie lors du tri nations. Tant d’interrogations sur ces compétitions internationales avec les clubs qui pourraient se mêler au débat concernant l’organisation du VI nations. On peut encore aller plus loin avec les tournées d’été dont celle des Lions qui doit avoir lieu à l’été 2020. Pourront-elles avoir lieu ? Pour l’instant elles sont programmées mais cette période nous a montrés qu’il était difficile de prévoir quelque chose. 

La crise sanitaire entraîne le rugby dans une période aussi complexe que délicate. Des choix, qui s’apparentent parfois à des dilemmes sont faits, pour que les compétitions continuent, tout en garantissant la sécurité des joueurs. Mais tout ce qui gravite autour des protocoles stricts, logiquement imposés, viennent malheureusement donner à cette saison un goût particulier. L’absence de supporters, le manque de préparation, les matchs reportés ou annulés sur tapis vert : le rugby souffre grandement en cette période. Et même s’il essaye de survivre et d’offrir du spectacle à son public tenu loin des stades, les instances sont parfois dépassées par les événements. Pour ne rien arranger, le calendrier déjà surchargé les années « normales » devient cette saison un imbroglio total. Entre les matchs de championnat et ses reports, les Coupes d’Europe et ses annulations, les compétitions internationales et les doublons qu’elles impliquent, les clubs ne savent plus où donner de la tête. En plus d’être un énorme frein économique, cette crise devient dès lors aussi un frein sportif pour de nombreuses équipes, dont les joueurs peuvent aussi être touchés par le virus. On ne peut qu’espérer que tout ne redevienne comme avant, 2021, on compte sur toi.

YANIS GUILLOU ET HAKIM LECOMTE

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