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Adrien Warion : « Les Bleuets sont bien plus suivis et médiatisés qu’auparavant »

Adrien Warion, tout juste 20 ans, jouait samedi dernier son neuvième match de la saison avec Provence Rugby en Pro D2 face à Perpignan. L’international français des moins de 20 ans évoque avec nous son parcours avec Provence Rugby et les Bleuets. Il se confie également sur son début de saison, et ses objectifs futurs.

Jouer ici pour Provence Rugby ça représente quoi pour vous ?

A.W : « Ça me fait vraiment plaisir puisque je joue ici depuis une dizaine d’années, c’est à Aix que j’ai connu mes premiers grands tournois en benjamins. C’est sympa d’avoir grandi dans le même club et d’être considéré un peu comme l’enfant du pays. En plus, c’est dans ce club que mon père jouait lui aussi à l’époque, donc c’est une fierté de marcher dans ses pas. »

Vous pensez quoi du projet actuel du club ?

A.W : « Pour parler du projet de jeu, je trouve qu’il est très bon. On essaie de s’inspirer de ce que sont capables de faire les toutes meilleures équipes de Pro D2. Ce que l’on souhaite mettre en place, c’est un rugby de mouvement, il y a une volonté de mettre beaucoup de vitesse dans notre jeu. Malgré tout, notre conquête est plutôt pas mal, nous avons un bon paquet d’avants. On n’en oublie pas l’essentiel. Un pilier qui sait faire des offloads c’est bien, mais un pilier qui tient une mêlée c’est mieux. »

« Lorsque l’on réussit à mettre notre jeu en place on arrive à faire de très belles choses et rivaliser avec les meilleures équipes du championnat »

Que pensez-vous de la première moitié de saison réalisée par l’équipe ?

A.W : « Je trouve qu’on a une bonne équipe que ce soit devant ou derrière, les joueurs se déplacent bien sur le terrain. Comme toutes les équipes nous avons connu quelques passages à vide, mais lorsque l’on réussit à mettre notre jeu en place, on arrive à faire de très belles choses et rivaliser avec les meilleures équipes du championnat. En ce qui concerne la crise sanitaire, nous avons eu la chance de ne pas avoir été trop embêtés par le Covid. On a eu quelques cas, mais ça a été bien géré par l’ensemble du staff. L’effectif est sérieux, tout le monde fait attention et ça se passe bien. »

Adrien Warion s’apprête à sauter en touche face au Biarritz Olympique. Crédit Photo- @ljmephotography

Et d’un point de vue personnel ?

A.W : « Je n’aime pas trop m’étendre sur mes performances individuelles, mais je dirai que je suis assez content de ce que je propose en ce moment. Mon début de saison était plutôt moyen, c’était les montagnes russes. J’étais un peu irrégulier, j’ai fait un bon premier match face à Vannes, puis j’ai alterné le bon et le moins bon. Je me suis recentré sur les tâches à accomplir pour être un bon seconde ligne. C’est un poste qui demande de l’expérience et qui demande d’être dur, que ce soit sur les phases de conquête, ballon en main ou au plaquage. A force d’enchaîner les apparitions en Pro D2 je suis en train d’acquérir de l’expérience et j’essaie de me montrer de plus en plus régulier dans mes performances. »

Quels rapports entretenez-vous avec les autres secondes lignes du club ?

A.W : « Jérôme Mondoulet, Julien Le Devedec et Damien Lagrange sont tous des trentenaires. Ils m’apportent toute leur expérience évidemment. Ils m’ont beaucoup aidé notamment sur les phases de touche, que ce soit en saut ou en défense de ballon porté. Ils ont de la bouteille, ils savent de quoi ils parlent donc forcément je me base sur eux. Si je progresse c’est aussi grâce à eux et grâce aux conseils qu’ils me donnent. Lors des matchs je peux aussi bien jouer numéro 4 que numéro 5, et le plus souvent je suis associé soit à Damien Lagrange soit à Julien Le Devedec. »

« J’espère à nouveau pouvoir participer au tournoi U20 cette année »

Vous avez eu la chance de porter le maillot de l’équipe de France dans les catégories jeunes, vous pouvez nous parler de votre parcours et de ce que ça représente pour vous ?

A.W : « C’est un très grand honneur de porter le maillot bleu. Effectivement je suis passé par toutes les équipes de France chez les jeunes. J’ai été surclassé il y a deux ans pour intégrer le groupe France U20, j’ai pu jouer face à l’Irlande et l’Italie. Malheureusement je me suis blessé à l’épaule lors des phases finales avec les Espoirs d’Aix. Je sais pas si j’étais dans les plans du sélectionneur pour la Coupe du Monde en Argentine, mais je n’ai pas pu postuler. L’année dernière j’étais titulaire face à l’Angleterre et l’Italie. Je suis remplaçant contre le Pays de Galles, il faisait un sale temps, et finalement c’est là-bas que se termine mon tournoi puisque je me blesse à l’épaule et à l’arcade. J’espère à nouveau pouvoir participer au tournoi U20 cette année mais ça semble compromis à cause du Covid, dans ce cas-là, ça me permettra de me concentrer à fond sur mon club. »

Adrien Warion en action avec les Bleuets face à l’Italie lors du dernier Tournoi des 6 nations. Credit Photo – Icon Sport

D’ailleurs, passer après deux générations championnes du monde c’est un poids lourd sur vos épaules ?

A.W : « C’est vrai que depuis cette Coupe du monde en France et grâce aux deux sacres, les Bleuets sont bien plus suivis et médiatisés qu’auparavant. On est attendu au tournant c’est sur, parce que les autres nations nous voient comme une équipe double championne du monde, et elles veulent à tout pris nous battre. Pour nous les joueurs de la génération actuelle ça ne doit pas nous peser parce que nous, nous ne sommes pas champions du monde. Les compteurs sont remis à zéro, on est une équipe comme les autres. »

« La marche à franchir est très haute »

Voir des anciens Bleuets comme Romain Ntamack, Cameron Woki ou Arthur Vincent performer très rapidement en Top 14 et avec la grande équipe de France ça donne des idées ?

A.W : « Pas vraiment, la marche à franchir est très haute. Après je pense qu’aucun parcours n’est mauvais, le plus important c’est l’investissement qu’on y met. En ce qui me concerne, je me dis que j’ai fait le bon choix de rester en Pro D2 parce qu’il me manquait certaines choses pour jouer en Top 14, tandis que ces joueurs-là ont les qualités requises pour jouer régulièrement en Top 14 et en équipe de France. Je franchis les étapes une par une, l’an dernier j’ai commencé à entrer dans la rotation, cette année je joue plus régulièrement, et je me suis affirmé comme un deuxième ligne de Pro D2. »

Il y a un seconde ligne actuel que vous suivez de près ?

A.W : « Il y en a deux. J’aime beaucoup Eben Etzebeth et le All-black Broddie Retallick. A aucun moment on se dit qu’ils ne méritent pas leur place, ils sont tout le temps à 100 %. Ils sont complets, c’est-à-dire qu’ils sont agressifs, présents dans le combat, mais ils sont aussi très bons ballon en main. »

D’ailleurs selon le Midol vous seriez en pourparlers avec le RCT pour remplacer Romain Taofifenua et rejoindre Eben Etzebeth.

A.W : « Mon contrat va arriver à son terme c’est vrai, mais pour l’instant je suis concentré à fond sur ma saison avec Provence Rugby. Ce n’est pas le moment de penser à ça. »

Merci Adrien pour votre disponibilité et bon courage pour la suite de votre carrière !

A.W : « Merci ! »

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