Foot Ligue 1

Fulgini, maître à jouer Angevin

Il y a ceux qui nous impressionnent, et ceux qui sont toujours là. Et dans la deuxième catégorie, la Ligue 1 compte le SCO d’Angers. Solide, présent chaque année dans l’élite depuis 2015, les Scoïstes ont vu passer plusieurs joueurs de grand talent : Santamaria, Reine-Adélaïde, Pépé … Et chaque année, les meilleurs éléments de Stéphane Moulin se révèlent et sont candidats à un départ. Cette saison, c’est le Franco-Italo-Ivoirien-Calédonien Fulgini qui attise les convoitises.

Depuis le début de la saison, il est étincelant : replacé comme numéro 10 par son coach, l’ex-Valenciennois régale les supporters du SCO, et tous les suiveurs de Ligue 1 par la même occasion. Par conséquent, son apport statistique (buts et passes décisives) a augmenté. Dans une équipe peu offensive, il compte 3 buts et 2 passes décisives en 18 matchs. La saison passée, il cumulait 1 but et 1 passe décisives en 20 matchs. Mais plus que cet apport statistique, c’est son évolution à ce nouveau poste et son importance dans le plan de jeu qu’il impressionne.

Repositionnement en numéro 10

« On a changé de système. Habituellement, on a joué avec une pointe basse, là on a mis un joueur sous l’attaquant, Angelo Fulgini, pour essayer de le trouver entre les lignes et jouer dans le dos de la défense, surtout côté gauche.« 

Stéphane Moulin, coach du SCO, 23 octobre 2019.

Rares sont les équipes évoluant avec un réel numéro 10 aujourd’hui, et c’est pourtant le cas des pensionnaires de Raymond Kopa. Une idée qui tient ses racines au 23 octobre 2019, soir d’une victoire angevine contre le Stade Rennais. Puis, petit à petit, entre mercatos, états de formes et profils de ses joueurs, coach Moulin a opté pour un 4-2-3-1. « Avant, on jouait avec deux milieux relayeurs et une sentinelle. » confie-lui même l’intéressé. Ainsi, avec deux récupérateurs, Fulgini est libéré de certaines tâches défensives. « Je suis plus proche des attaquants et du but. Je me sens encore plus libre. Cela me permet d’aller sur tous les fronts en attaque. » déclarait l’angevin dans un entretien avec l’AFP. Et plus encore, il influe à toutes les hauteurs du terrain et dans toute la largeur.

Dans une équipe aussi concernée par la contre attaque, Fulgini est un véritable talisman. C’est pourquoi il se place parmi les meilleurs créateurs d’Europe : 36 passes clés (4e de Ligue 1), 5 passes en profondeur (10e de Ligue 1). De son propre aveu: « les adversaires ont vu qu’à la récupération, les autres essaient de me trouver directement pour lancer les contre-attaques. » Effectivement, en étant le 8e joueur de Ligue 1 le plus ciblé par des passes (1033), il prouve son importance. Très à l’aise dans cette position de rampe de lancement, il n’hésite pas à dézoner lorsqu’il est autour de la médiane. En revanche, lorsqu’il se rapproche du but, il a cette tendance à se recentrer.

Presque un deuxième attaquant

D’abord, si cette tendance à se recentrer existe, c’est en raison du plan de jeu du coach Moulin. Premièrement parce que les ailes sont occupées par les ailiers et les latéraux, mais aussi parce que les milieux récupérateurs restent assez bas. Fulgini doit donc être ce relais entre les lignes, mais aussi être aux côtés de Bahoken. C’est d’ailleurs ce que l’on peut apercevoir sur son but inscrit face à Lorient. En restant très proche du Camerounais, celui-ci peut lui dévier beaucoup de ballons. Contre les Merlus, une remise de Bahoken arrive dans les pieds du joueur aux chaussures oranges. Celui-ci élimine son vis-à-vis. 1-0.

La capacité d’adaptation du natif d’Abidjan est assez impressionnante. Ayant évolué à quasiment tous les postes, il se sert de tous ses apprentissages à chaque fois qu’il change de poste. Son jeu de tête est par exemple excellent pour un numéro 10. Sûrement un reste de ses matchs comme latéral droit ou milieu central. Mais aujourd’hui, son évolution comme 9 et demi est assez folle. Sa compréhension du jeu lui permet de se montrer décisif, d’être bien placé et de réaliser les bonnes courses. Contre Nîmes par exemple, Bahoken prend de la vitesse balle au pied. Il élimine rapidement Briançon, et Landre est le seul défenseur restant. Problème : celui-ci a pris du retard. En effet, Fulgini avait suivi et effectué une course à l’opposé. Landre l’ayant aperçu, a douté durant une fraction de secondes sur la décision à prendre. Résultat des courses : Bahoken a assez de temps pour placer sa frappe et marquer.

Une vraie qualité de pied

Depuis tout à l’heure, on loue la capacité d’adaptation, la qualité de passe, et la compréhension du jeu du noir et blanc. Mais s’il est adoré par les spectateurs, c’est aussi par sa qualité de dribble. Très à l’aise balle au pied, il a la responsabilité de casser les lignes balle au pied et de remonter le ballon. C’est pourquoi il est 7e de Ligue 1 en progressive carries (120), et 8e en carries into final third (37). De plus, il a aussi ce côté « croqueur » : l’an dernier, il était premier en nombre de petits ponts. Et dans un championnat où il y a Neymar, c’est assez impressionnant. Cette saison, s’il n’est que 4e dans cette catégorie, il est bel et bien premier en fautes provoquées.

Et une faute de plus dans la besace? (Crédits : sport.fr)

En 18 matchs, l’angevin a subi 64 fautes, soit déjà 9 de plus que la saison dernière en 20 matchs. Pour cause, le milieu de terrain a sa petite technique. Sur ses prises de balle, il cherche toujours à déstabiliser le défenseur. Pour arriver à ses fins, il utilise son jeu de corps, qu’il couple avec des contrôles orientés, toujours dans la volonté de se remettre en face du but. Et tout cela, avec un peu de vitesse, ne laisse qu’une solution au défenseur: la faute.

L’on parlait tout à l’heure de son expérience à différents postes. Son passif sur le côté l’a aidé à se construire une vraie qualité de centre. C’est pourquoi il tire certains des coups de pieds arrêtés, notamment les coups francs excentrés. Se servant de sa patte droite pour enrouler, ses centres flottants sont de véritables dangers.

L’un des meilleurs milieux de terrain, assurément, Fulgini est protégé par coach Moulin, qui met tout en œuvre pour le faire progresser. « Il a cette capacité à se mettre entre les lignes, à sentir les rythmes de jeu. Mais il doit encore progresser dans les choix. » Néanmoins, si l’homme au numéro 10 doré continue à progresser de cette manière, c’est loin du Maine-Et-Loire qu’il régalera encore un peu plus les fans de foot.

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