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[DOSSIER] NBA : expansion, mode d’emploi

Et si la NBA procédait à une nouvelle expansion ? Depuis 2004, 30 franchises composent la ligue nord-américaine. Et le serpent de mer d’un agrandissement à 31 ou 32 équipes refait surface depuis quelques semaines, le commissaire Adam Silver ayant déclaré qu’une telle opération serait bienvenue pour les finances de la NBA, forcément impactées par la crise sanitaire. Tout un tas de questions envahissent alors votre cerveau. Peut-on faire un championnat avec un nombre impair d’équipes ? Quelles villes choisir en cas d’expansion ? Allez, asseyez-vous, on vous explique tout. (image : AP)

Un peu d’histoire

Comptant actuellement 30 franchises, la NBA, à ses débuts en 1946 sous le nom de BAA, n’en comptait que 11. Le nombre de franchises est resté stable lors des 20 premières années, qui auront notamment vu la création des Minneapolis Lakers (désormais à Los Angeles), des Syracuse Nationals (devenus Philadelphia 76ers), des Philadelphia Warriors (désormais en Californie) ou encore des Rochester Royals, qui ne sont autres que les Sacramento Kings. Entre-temps, en 1949, la BAA (Basketball Association of America) a fusionné avec la NBL (National Basketball League) pour devenir la NBA. C’est pourquoi la saison 1949/50 se dispute à 17, nombre inhabituellement haut pour l’époque. La ligue en est encore à ses balbutiements. Certaines villes ont déjà des grandes salles, d’autres reçoivent dans des gymnases.

C’est entre 1966 et 1988 que la NBA connaît son plus fort développement. 14 des franchises actuelles – quasiment la moitié – ont vu le jour dans cette période. En 1976, une nouvelle fusion a lieu et voit la NBA absorber l’American Basketball Association. Les franchises ABA des San Antonio Spurs, Denver Nuggets, Indiana Pacers et New York Nets (actuels Brooklyn Nets) migrent vers la NBA tandis que les Dallas Mavericks sont créés en 1980, portant le nombre de franchises à 23.

En 1988, la NBA ressemble déjà beaucoup à la ligue que l’on connaît aujourd’hui. La rivalité entre les Lakers de Magic Johnson et les Celtics de Larry Bird a apporté un véritable élan de popularité et les finances sont au beau fixe. Jusqu’à nos jours, la NBA a donc ajouté 5 franchises à sa carte. C’est dans cette période que la ligue s’est ouverte à l’international, avec la création de 2 équipes au Canada (Toronto et Vancouver en 1995), la diffusion du championnat dans plusieurs pays (la France dès 1985) et l’organisation de rencontres de pré-saison puis de saison régulière à l’étranger.

Voyons maintenant en détail en quelle année ont eu lieu les onze projets d’expansion réalisés depuis 1961 et quelles villes ont été choisies pour agrandir la NBA :

Une expansion inévitable

Mais qui ne presse pas.

Depuis 2004 et l’arrivée de la NBA à Charlotte, la ritournelle se répète régulièrement mais, d’ordinaire, David Stern comme son successeur Adam Silver refroidissent rapidement les partisans d’une expansion. Avant les finales 2019, celui-ci expliquait à RealGM : « Nous ne sommes tout simplement pas dans une logique d’expansion pour le moment. Comme je l’ai déjà dit, l’ensemble de la NBA – avec tous les propriétaires de franchises – nous sommes très concentrés sur la création de la meilleure compétition possible entre les trente équipes. Je suis sûr que nous allons arriver à une expansion, mais ce n’est pas à l’ordre du jour pour le moment. Je pense que nous aimerions connaître – dans le cas où nous étendrions nos activités – pas nécessairement l’avantage à court terme de l’expansion, mais si elle apporte quelque chose sur la durée. Cette franchise ajoute-t-elle quelque chose à l’empreinte de la ligue que les trente équipes actuelles n’ont pas ? »

Consolider l’identité propre à chaque franchise et ne pas griller son joker économique sans garantie de résultat ? L’argument est valable. Dans le Player’s Tribune, après les finales 2017, Adam Silver étayait les mêmes arguments mais jugeait une expansion « inévitable » : « Je pense que la question est juste de déterminer le bon moment pour sérieusement penser à l’expansion. Ça me surprend de voir que des fans disent qu’il n’y a qu’une seule bonne équipe dans cette ligue. Je me dis que si les gens pensent que malgré la présence de 450 des meilleurs joueurs du monde dans cette ligue, ces 450 joueurs ne peuvent former qu’une seule vraie bonne équipe, cela ne fait aucun sens de s’élargir en raison de l’éparpillement du talent.

Je ne veux pas établir de calendrier mais c’est inévitable. À un moment, nous commencerons à évoquer le développement de franchises. Je n’ai aucun doute qu’à un moment, nous reviendrons sur ce sujet mais dans mes dernières discussions avec nos propriétaires, la plupart d’entre eux restent concentrés sur la santé de ces trente équipes et la qualité de la compétition. Quand nous aurons le sentiment d’être dans une meilleure situation avec ces trente équipes, peut-être que nous envisagerons de nous accroître. »

Enfin si, un peu.

De l’eau a coulé sous les ponts depuis ces déclarations du commissioner, les pertes accusées par la NBA en 2020 sont colossales. Une crise sanitaire sans précédent est passée par-là, engendrant l’interruption de la saison et une reprise à huis-clos. Se sont ajoutées des audiences télévisuelles historiquement faibles en playoffs, sans oublier le « Moreygate » qui, en début de saison dernière, avait déjà causé des pertes sur le marché chinois. C’est ainsi que l’hypothèse d’une expansion reprend de l’épaisseur cet hiver. Nonobstant le besoin urgent de liquidités, gardons à l’esprit qu’il s’agit d’un lourd processus dont les enjeux économiques sont titanesques. Toujours prêt à protéger les intérêts de sa franchise de Dallas, Mark Cuban ne s’y perd pas : « L’expansion n’est pas un débat à l’ordre du jour. Il y a beaucoup de choses à gérer d’abord. »

Quoi qu’il en soit, la réflexion est bel et bien lancée et la possibilité d’une expansion prochaine est aujourd’hui concrète. Adam Silver lui-même le concède via USA Today : « L’expansion à un moment donné est un peu la destinée de la ligue. Je dirais qu’on a dépoussiéré quelques-unes des analyses sur les impacts économiques et sportifs de l’augmentation des équipes. On a mis un peu plus de temps sur cela qu’avant la pandémie. Par contre, nous n’en sommes pas au point où c’est le sujet prioritaire.

Nous sommes très heureux que des marchés aient manifesté leur intérêt à obtenir une concession de la NBA. Néanmoins, l’un des problèmes de la ligue – et ça renvoie toujours au degré de compétitivité – c’est qu’en termes de probabilités et d’habiletés de gagner un championnat, nous n’avons pas actuellement 30 équipes pouvant espérer l’emporter au début de la saison. Et ce n’est un secret pour personne » conclut-il, en n’omettant pas de rappeler sa crainte de voir la ligue se transformer en championnat à deux vitesses et de voir le niveau moyen s’affaisser faute de compétitivité. Cité par The Athletic, un propriétaire reconnaît « des discussions, mais pas encore de décision. »

Des implications multiples

Pour les franchises existantes

Si la NBA n’a jamais paru si proche d’utiliser son joker, la prudence est plus que jamais de mise. Les sommes en jeu n’autorisent aucun empressement. « Je pense que le commissionner va consulter les propriétaires, et que pour la première fois, les propriétaires estiment que la création de franchise est sans doute une bonne idée pour le basket. » déclarait récemment Jenny Durkan, maire de Seattle, aux micros de King 5. « Il faut tenir compte du Covid-19, de l’économie du secteur sportif. Mais, il n’y a aucune ville mieux placée que nous pour réussir » poursuivait l’édile.

Mais la fourmi n’est pas prêteuse. Une ou deux franchises de plus, c’est l’assurance pour les propriétaires de récolter une plus petite part du gâteau, notamment au moment de la répartition des droits TV. Quand la crise sanitaire sera derrière nous, les nouveaux invités seront regardés avec dédain. Mais à court terme, une expansion serait un coup de pouce bienvenu pour les propriétaires de franchises. « Aujourd’hui, s’il était question d’ajouter deux franchises supplémentaires, il y aurait plus d’un milliard de dollars partagés entre les 30 autres franchises et, au début, ces deux nouvelles franchises ne toucheraient pas leur part de revenus liés aux droits TV » précise Patrick Rishe, professeur spécialisé dans l’économie du sport, pour CNBC.

« 2,5 milliards une fois ? 2,5 milliards deux fois ? » (image : USA Today)

« Vous adoptez une solution permanente pour répondre à un problème temporaire. Mais ça pourrait aider des propriétaires qui souffrent de l’impact économique de cette crise en dehors de la sphère du basket. Sur le long terme, ça diminuerait leurs parts liées aux droits télés et aux autres revenus partagés, mais c’est quelque chose d’inévitable si la ligue choisit la voie de l’expansion » détaille Larry Coon, expert en salary cap, à Bleacher Report. Les propriétaires NBA sont à l’abri du besoin, rassurez-vous. Mais par exemple Tilman Fertitta, qui possède les Rockets, est à la tête d’un empire de restaurants. Quelles sont ses sources de revenus aujourd’hui ? Les familles Buss (LA Lakers) et Reinsdorf (Chicago Bulls et White Sox en MLB) n’ont guère d’autres activités que les sports professionnels. Croyez-vous qu’ils verraient d’un mauvais œil de nouvelles rentrées d’argent dans la situation actuelle ?

Il faut se figurer une expansion comme la vente d’une franchise qui n’existe pas encore. Un investisseur ou un groupe d’investisseurs achète donc une franchise non pas à un propriétaire, mais à la ligue elle-même. Et tenez-vous bien, le droit d’accès pour une franchise d’expansion est estimé à 2,5 milliards de dollars, soit la valeur moyenne d’une franchise. Imaginez que deux nouvelles équipes intègrent la ligue, cela représenterait 5 milliards d’euros pour la NBA et les propriétaires. Sans compter qu’en plus du ticket d’entrée de près de 2,5 milliards, les nouvelles franchises généreraient par la suite des recettes de billetterie (40% des recettes d’une franchise) et de produits dérivés. On sait également que le contrat de droits TV signé en 2016 prévoit une augmentation des revenus de la ligue en cas d’expansion.

Pour la ligue

Si expansion il y a, ça n’aura pas lieu avant plusieurs années. Le besoin est immédiat, certes, mais la préparation en amont est conséquente. Au plus tôt, ce devrait être possible pour 2022/23. L’implantation des Charlotte Bobcats avait été annoncée 18 mois avant le début de la saison 2004/05 mais il y a fort à parier que les négociations avaient abouti depuis un certain temps. Aux grands mots les grands remèdes, alors on peut imaginer la NBA accélérer significativement les négociations ? Suffisant pour avoir une voir deux nouvelles franchises dès la saison prochaine ? Non, c’est utopique. Il faudra au moins attendre 2022 et encore, les probabilités sont faibles. D’après ESPN, il sera difficile de procéder à une expansion avant 2024 et la renégociation du contrat télé. Une information confirmée par des dirigeants de la NBA à la sortie d’une réunion du Board of Governors en septembre 2018.

Nous n’en avons pas encore parlé, et pourtant, les joueurs feraient évidemment partie des vainqueurs de l’opération. Après avoir subi une baisse de salaire suite à la pandémie, le syndicat des joueurs serait le premier à se réjouir d’une création d’emplois. Deux nouvelles équipes, c’est 34 places à pourvoir en comptant les two-way contracts. Reste à voir quelle serait la répartition géographique de ces emplois. Sachant que les conférences sont aujourd’hui équilibrées avec 15 équipes dans chacune, doit-on considérer qu’expansion signifie forcément double expansion ?

Imagination d’une NBA à 32 équipes avec Seattle et Las Vegas. Minnesota passerait à l’Est dans une ligue qui serait plus cohérente en termes de répartition géographique. Quid, en revanche, du format des play-offs ?

De 1980 à 2004, le nombre de franchises a varié mais est resté impair. En soi, il est donc possible que la NBA de demain se joue à 31. Les instances pourraient privilégier la solution d’intégrer une seule franchise dans un premier temps et de garder un joker sous la main en fonction du succès de la première expansion. C’est déjà arrivé dans le passé, c’est déjà arrivé dans d’autres ligues nord-américaines comme la NHL. Théoriquement, l’expansion ne sera donc pas obligatoirement double. Néanmoins, cela reste l’hypothèse la plus probable. En 1995, malgré les contraintes logistiques, Toronto et Vancouver avaient été implantés simultanément. Il n’y a aucune raison que ce ne soit plus réalisable aujourd’hui.

Pour garantir l’équilibre des conférences, l’idéal serait 32 équipes. Dans ce cas, pourquoi ne pas s’inspirer du modèle de la NHL avec 4 divisions de 4 équipes dans chaque conférence (contre 3 divisions de 5 équipes aujourd’hui) ? Nous le verrons par la suite, les marchés d’expansion les plus attractifs se situent davantage côté Ouest. Des villes telles que Memphis et Minneapolis sont plus proches géographiquement de la conférence Est, cela aurait donc du sens de basculer l’une d’elles. Autant sportivement qu’au niveau des déplacements, elles ne devraient pas s’y opposer. La question du calendrier resterait en suspens. La tendance étant à la baisse du nombre de matchs par saison pour favoriser le load management, compliqué d’imaginer une NBA à 31 ou 32 sans réduire le nombre d’affrontements entre chaque équipe.

Pour la (les) nouvelle(s) franchise(s)

Qui dit projet d’expansion dit draft d’expansion. Vous connaissez sans doute déjà ce concept, si vous êtes assez vieux pour avoir connu le dernier ou si vous êtes assez jeune pour l’avoir découvert sur NBA 2K. Pour faire court, chaque franchise existante doit protéger huit de ses joueurs sous contrat. La nouvelle franchise peut alors piocher parmi les joueurs non-protégés pour construire son roster, mais elle ne peut pas en piocher plus d’un dans la même équipe (c’était le règlement lors de la dernière expansion en 2004, il peut avoir changé). Il faut savoir que le contrat des joueurs non-protégés n’est pas rompu, la nouvelle franchise récupère donc le contrat en cours. Les franchises d’expansion héritent donc de joueurs que les équipes existantes ne tenaient pas à conserver, en raison d’un contrat pénalisant ou d’un niveau insuffisant. D’où les faibles résultats obtenus par les franchises d’expansion la première saison.

À la suite de la draft d’expansion, les nouvelles franchises participent comme les autres à la traditionnelle free agency pour compléter leur effectif. Compte tenu de l’absence de passif comptable, la NBA limite le montant qu’une nouvelle équipe peut dépenser afin de protéger le reste de la ligue de la surenchère sur les agents libres. Au cours de la première saison d’une franchise d’expansion, elle ne peut utiliser que 66,7% du plafond. Lors de sa deuxième, elle peut utiliser jusqu’à 80% du plafond. C’est à sa troisième saison qu’une équipe d’expansion dispose de l’intégralité du plafond salarial.

Une franchise d’expansion est-elle pour autant condamner à être médiocre à ses débuts ? Non. En NHL, les Golden Knights de Vegas l’ont prouvé. Intégrés à la ligue nord-américaine de hockey en 2017, ils se sont offerts un parcours exceptionnel jusqu’en finale dès leur première saison. Les joueurs non-protégés qui avaient rejoint le Nevada se sont révélés morts de faim, et leur soif de revanche leur a permis de soulever des montagnes. Cela ne veut pas dire que le scénario va se répéter en NBA, mais cela donne des idées.

Quelles villes ont leurs chances ?

Vous l’aurez compris, la NBA prend des pincettes quand elle parle d’expansion. Alors pour espérer voir son dossier retenu, il faut qu’il soit extrêmement solide. La ligue a toujours favorisé la migration de ses parties prenantes vers les métropoles. Au milieu des années 1960, les Lakers se sont par exemple déplacés de Minneapolis vers Los Angeles, les Warriors de Philadelphie vers San Francisco et les Nationals de Syracuse vers Philadelphie.

Un gros marché commercial et télévisuel, c’est la condition sine qua non posée par la NBA pour intégrer la compétition. Outre la taille de la ville candidate, d’autres paramètres constituent le cahier des charges d’une expansion. Parmi eux, disposer d’une salle suffisamment grande et moderne. C’est évidemment lié à la taille et à la richesse de la ville, puisque beaucoup peuvent espérer avoir suffisamment de fans pour remplir leur arène les soirs de match, mais sa rentabilité dépend surtout des loges et places VIP, majoritairement dédiées aux sponsors.

Un autre paramètre est géographique. Dans l’idéal, la ville candidate ne doit pas empiéter sur le territoire de franchises déjà existantes, tout en ayant un public féru de basketball. Cela élimine d’office un certain nombre de candidats potentiels. On peut citer des villes ayant autrefois accueilli une franchise NBA dans les années et qui ne pourraient plus y prétendre, faute d’un marché attractif et/ou de l’intérêt des fans : Anaheim (Californie), Anderson (Indiana), Cincinnati (Ohio), East Rutherford et Newark (New Jersey), Fort Wayne (Indiana), Providence (Rhode Island), Rochester (New York), Sheboygan (Wisconsin), Syracuse (New York), Waterloo (Iowa) ou encore Moline, Rock Island (Illinois) et Davenport (Iowa).

Les favoris

SEATTLE (WASHINGTON)

La Climate Pledge Arena, autrefois KeyArena, fin prête à accueillir de nouveau des matchs de NBA. (image : GeekWire)

Population aire urbaine : 4 903 675 habitants (15e)

Salle : Climate Pledge Arena (18 100 places)

Franchise(s) en ligue majeure : Seahawks (NFL), Mariners (MLB), Sounders (MLS), Storm (WNBA, championnes en titre).

Historique en NBA : SuperSonics (1967-2008).

Seattle est la plus grande région métropolitaine et le deuxième plus gros marché américain sans équipe NBA (derrière Tampa Bay) et, d’après The Athletic et ESPN, ils seraient bien placés pour retrouver leurs Sonics, partis en 2008 dans l’Oklahoma avec le jeune Kevin Durant. La principale condition à un retour de la franchise ? Une nouvelle salle. Après de longues années de bataille, la KeyArena (devenue Climate Pledge Arena) a été rénovée. Alors que la NBA confirme des discussions pour une expansion, le timing est parfait pour Seattle et les investisseurs ne comptent pas laisser passer cette occasion. Tod Leiweke, qui a supervisé les travaux de la salle, est également le président du Seattle Kraken, franchise qui fera ses débuts en NHL en 2021.

« 2021 est l’année où nous devons nous concentrer sur le retour de Sonics à Seattle. Pendant 41 ans, cette communauté était là pour la franchise. Maintenant, nous devons alerter la NBA sur le fait nous avons la possibilité de faire ce qu’il faut. Nous aurons l’une des meilleures salles du monde. Il est temps de résoudre ce problème. »

Tod Leiweke

En 2013, alors que les Sacramento Kings étaient en vente, Chris Hansen et Steve Ballmer (alors CEO de Microsoft, domicilié à Seattle) avaient proposé 650 millions de dollars pour racheter la franchise et la déménager à Seattle, garantissant de prendre en charge la modernisation de la KeyArena. Le conseil des propriétaires avait mis son veto à cette décision. 8 ans plus tard, c’est peut-être la bonne pour Seattle qui, en plus d’un marché attractif et demandeur, peut compter sur son statut de hub technologique. Avec la présence d’entreprises telles qu’Amazon, la franchise n’aura aucun mal à remplir ses loges et sièges VIP et à attirer des investisseurs. En matière de contrats TV, l’exemple des Seahawks et des Mariners est bon à suivre, la franchise de MLB ayant conclu un accord de plus d’un milliard de dollars sur 17 ans avec la télévision régionale.

À l’occasion d’un match de pré-saison opposant les Warriors et les Kings le 5 octobre 2018, Kevin Durant avait revêtu le maillot de Shawn Kemp époque Sonics. (NBAE/Getty Images)

« J’étais dans la ligue quand les Sonics étaient en ville, et nous n’avions pas caché le fait que nous n’avions pas aimé quitter Seattle, mais quand nous sommes partis il était clair que la KeyArena n’était pas à la hauteur des salles NBA et il n’y avait pas de plans pour en construire une nouvelle à Seattle. Désormais nous sommes à un stade où il y a en essence une nouvelle salle, une Key Arena qui a été rénovée. Il y a une équipe NHL qui arrive à Seattle et maintenant il y a donc la salle nécessaire qui n’existait pas à l’époque.

Puis cela fait longtemps qu’il n’y a pas eu d’expansion, Ce n’est pas la priorité, mais nous nous y pencherons à un moment. Nous adorions quand nous étions à Seattle, nous avions des fans incroyables là-bas avec une histoire de 40 ans. Il n’y a aucun doute qu’il y a un soutien énorme là-bas. Quand ce sera le bon moment, les propriétaires se pencheront de nouveau sur le dossier » confiait Adam Silver dans l’émission The Jump du 24 décembre dernier. Pour Jenny Durkan, la maire de la ville, « C’est une très bonne nouvelle pour Seattle que la NBA réfléchisse à la création d’une nouvelle franchise. » comme elle l’a déclaré à l’antenne de KING 5. « J’ai été franche avec Adam Silver. Il sait que Seattle veut être en première ligne. Il devrait y avoir une franchise chez nous. »

LAS VEGAS (NEVADA)

Inaugurée en 2016, la T-Mobile Arena est un argument pour l’implantation d’une franchise à Vegas. (image : basketusa)

Population aire urbaine : 2 313 238 habitants (33e)

Salle : T-Mobile Arena (18 000 places)

Franchise(s) en ligue majeure : Golden Knights (NHL), Raiders (NFL), Aces (WNBA)

Historique en NBA : /

Une franchise NBA à Sin City ? James Harden en rêve, Adam Silver pourrait le faire. Selon Patrick Rishe, « Avec Seattle, Las Vegas est de loin le marché le plus probable et ce pour diverses raisons ». Seattle a la Climate Pledge Arena, Vegas a la T-Mobile Arena, autre enceinte de premier plan. De plus, la ville du péché entretient de bonnes relations avec les hautes sphères. Non contente de recevoir chaque été la NBA Summer League, elle a déjà accueilli le G-League Winter Showcase, le Championnat des Amériques, plusieurs événements universitaires (Pac-12, Mountain West, WCC), des camps d’entraînement de Team USA et même le All-Star Game 2007.

 « Je peux vous assurer que nous sommes sur le dossier. Et nous attendons ça avec impatience. Je pense que nous serions le fit parfait. Il sait que nous sommes là. Je le sais puisque nous en avons discuté. »

Carolyn Goodman, maire de Las Vegas, dans le Review-Journal en décembre 2020

Longtemps boudée par les ligues majeures, la ville du Nevada abrite maintenant en son sein une franchise de NHL, de NFL et de WNBA. La salle partagée avec les Golden Knights serait aisément remplie vu le potentiel touristique. Il y a la place pour une équipe de basket à Vegas, la demande existe. Cependant, une ville si dépendante du tourisme soulève des interrogations. Est-il souhaitable de promouvoir une franchise sans réelle fanbase locale ? Les investisseurs n’ont-ils pas trop souffert de la crise sanitaire (on rappelle que Las Vegas avait mis plusieurs années à se relever de la crise des subprimes de 2007/08) ?

VANCOUVER (COLOMBIE-BRITANNIQUE)

Nostalgiques de leur franchise NBA, ils sont nombreux à réclamer le retour des Grizzlies au Canada. (image : CTV News)

Population aire urbaine : 2 463 431 (3e du Canada, serait 32e des États-Unis)

Salle : Rogers Arena (19 700 places)

Franchise(s) en ligue majeure : Canucks (NHL), Whitecaps (MLS)

Historique en NBA : Grizzlies (1995-2001)

En 1995, la NBA frappait fort en incorporant non pas une mais deux villes canadiennes dans son championnat. 26 ans plus tard, Toronto a un titre de champion tandis que Vancouver a été rayée de la carte. Les Grizzlies seront restés six saisons au Canada avant de prendre la route de Memphis. Plusieurs facteurs expliquent cet échec. La gestion quotidienne est d’abord devenue un gouffre financier quand le dollar canadien s’est affaibli. Pas de quoi arranger les affaires d’une franchise qui souffrait de résultats sportifs peu reluisants (aucune participation à la postseason) et du manque de ferveur qui en découlait (l’affluence moyenne est passée de 17 183 en 1995 à 13 737 en 2000).

En 1999, le rookie Steve Francis, choisi en n°2 par Vancouver, avait tout simplement refusé de porter les couleurs des Grizzlies et avait fini par être transféré. En dépit des bonnes performances de Mike Bibby et de Shareef Abdur-Rahim, la situation était devenue intenable. C’est pourquoi en 2001, le propriétaire Michael Heisley décidait de déménager la franchise. Dans ces conditions, on peut se demander qu’est-ce qui motiverait un retour de la NBA à Vancouver. À vrai dire, beaucoup de choses ont changé. Au Canada, le hockey n’est plus seul maître à bord. Le Carter Effect est passé par-là, le titre de Toronto en 2019. Si bien qu’on pourrait assister à un changement de paradigme.

Quelques semaines avant le sacre des Dinos, Adam Silver était invité sur CBC : « Avec du recul, j’aimerais qu’on ait une franchise NBA à Vancouver en ce moment. Je pense que le Canada pourrait gérer deux franchises NBA. Je partage les regrets de David Stern. Il y a eu un moment où les prévisions n’étaient pas bonnes. Les affluences étaient en baisse, les audiences TV aussi. D’un point de vue économique, j’ai compris pourquoi le propriétaire voulait déménager. Malheureusement, nous ne sommes pas en période d’extension de la NBA, mais ce serait bien d’avoir une équipe à Vancouver. C’est un super marché, j’ai des proches qui vivent là-bas. J’y vais, et c’est une magnifique ville ». D’ailleurs, les Raptors ont l’habitude de venir à Vancouver à l’automne pour disputer une rencontre de présaison. Un moyen pour la NBA d’entretenir le lien avec la cité et ses habitants.

Il y a à Vancouver un potentiel économique, démographique et structurel à exploiter. La Rogers Arena est un outil attractif pour Vancouver, dont la population est nombreuse et relativement aisée et fait partie d’un marché télévisuel conséquent. Reste à savoir sous quel nom Vancouver ferait son retour, les Grizzlies étant bel et bien installés à Memphis.

Les outsiders

MEXICO CITY (MEXICO)

Depuis 1992, Mexico accueille les NBA Global Games. Avant d’avoir sa franchise NBA ? (image : azcentral.com)

Population aire urbaine : 20 892 724 habitants (1e du Mexique, serait 2e des États-Unis)

Salle : Palacio de los Deportes (20 000 places)

Franchise(s) en ligue majeure : /

Historique en NBA : /

Et si la NBA franchissait un nouveau pas dans son internationalisation ? Après avoir sacré un champion canadien, la prochaine étape pourrait être d’inaugurer une franchise mexicaine. Mexico est densément peuplée, de l’ordre de 20 millions d’habitants, de quoi rivaliser avec New York, rendez-vous compte. S’y ajoute une salle de plus de 20 000 places, le Palacio de los Deportes (palais des sports, si vous préférez). À partir de 2021/22, les Mexico Capitanes évolueront en G-League. Un signe de plus du rapprochement avec Mexique, après les NBA Global Games et la création d’une Academy à destination des prospects d’Amérique du Sud et des Caraïbes.

Le potentiel de croissance est tel que la tentation est irrésistible pour la NBA, mais la candidature de Mexico est vouée à rencontrer des écueils. C’est géographiquement que le bât blesse. En plus d’être perchée à 2 240 mètres d’altitude (ce qui peut provoquer des problèmes respiratoires si on n’y est pas habitué), la capitale du Mexique est située au sud du pays. Cela pourrait poser un souci tant pour les déplacements (imaginez un Mexico – Toronto !) que pour convaincre des joueurs d’aller y vivre à l’année. D’autant plus que la région pâtit d’une réputation sulfureuse en raison de son historique avec les cartels, la région étant toujours minée par la violence, la corruption endémique et de fortes inégalités sociales.

Il y a de nombreux milliardaires à Mexico, mais la ville n’est pas particulièrement riche pour autant, près de la moitié de sa population étant touchée par la pauvreté. Alors si Mexico rivalise avec NYC en nombre d’habitants, elle est loin de pouvoir attirer autant de monde dans une salle de NBA. C’est peut-être anodin, mais l’incident de décembre 2013 ne plaide pas non plus en la faveur de Mexico. Pour rappel, un match de saison régulière entre les Wolves et les Spurs avait dû être annulé par la faute d’un départ de feu dans la salle. Enfin, au sortir de la présidence Trump, quel est l’état des relations diplomatiques entre les deux pays ?

KANSAS CITY (MISSOURI)

Avec le T-Mobile Center, Kansas City dispose d’une infrastructure digne de la NBA. (image : Michael Spillers)

Population aire urbaine : 2 501 151 habitants (31e)

Salle : T-Mobile Center (18 972 places)

Franchise(s) en ligue majeure : Chiefs (NFL), Royals (MLB), Sporting KC (MLS)

Historique en NBA : Kings (1972-1985)

Jadis fief des Kings, Kansas City a plusieurs atouts dans sa manche pour prétendre à la NBA. Une salle dernier cri qui ne demande qu’à être remplie, où se se tiennent régulièrement le tournoi de la Big 12 et la March Madness. La présence du National Collegiate Basketball Hall of Fame, signe de l’importance de ce sport dans la région. KC est indéniablement une terre de basket mais c’est un marché comparable à Oklahoma City ou New Orleans. Petit marché, mais l’avantage de ne pas être concurrentiel. Kansas City ne marcherait sur les plates-bandes d’aucune franchise NBA.

Située à la frontière du Missouri et du Kansas, KC est sur le territoire d’entreprises comme Sprint et Anheuser-Busch. Pas de quoi regarder Seattle et Vegas dans les yeux mais c’est une bonne base. Toutefois, plusieurs éléments incitent à la prudence. En treize ans passés à Kansas City (dont trois ans où l’équipe était partagée avec Omaha, Nebraska), les Kings n’ont pas suscité un enthousiasme débordant. À l’heure où les Raptors étaient à la recherche d’une terre d’accueil provisoire, les noms de KC, Louisville (Kentucky), Buffalo (New York) avaient été mentionnés avant que Tampa Bay (Floride) ne soit choisie. Et le moins que l’on puisse dire est que l’idée plaisait à Kansas City.

Pour le maire Quinton Lucas (TSN Radio), c’était l’occasion d’offrir à sa ville un joli coup de projecteur : « Vous voulez toujours vous trouver dans une ville dont on parle dans le monde. Je pense que le sport professionnel et les lieux de divertissement font une véritable différence dans ce que les gens connaissent d’une ville. Je pense que Toronto est l’une des plus grandes villes d’Amérique du Nord. Mais je la connais encore mieux grâce aux matchs des Raptors et à leurs supporters, cette excitation qui les entoure. Nous voulons aussi connaître ça, c’est aussi simple que ça » 35 ans après le départ des Kings, tout KC s’est mobilisé pour abriter les Raptors, même la star des Chiefs Patrick Mahomes.

LOUISVILLE (KENTUCKY)

Il existe un véritable lobby pour faire venir la NBA dans le Kentucky, où le basket est très populaire. (image : basketusa)

Population aire urbaine : 1 489 142 habitants (44e)

Salle : KFC Yum! Center (22 090 places)

Franchise(s) en ligue majeure : /

Historique en NBA : Colonels (1967-1976, en ABA)

Avec le poulet frit, le basketball est la spécialité du Kentucky. En NCAA, les Kentucky Wildcats et les Louisville Cardinals font partie des programmes les plus prestigieux. Au temps de l’ABA, Louisville a d’ailleurs été le siège des Kentucky Colonels, éclatants champions en 1975 avec Artis Gilmore et Dan Issel, avant de disparaître un an plus tard, n’étant pas sélectionnée parmi les quatre franchises repêchées dans la fusion avec la NBA. Par quatre fois, Louisville est passée près d’un retour dans la grande ligue. Elle était en lice pour accueillir les Buffalo Braves en 1978, les Cleveland Cavaliers en 1983, les Grizzlies quand ils ont quitté Vancouver en 2001, et a retenté sa chance trois ans plus tard lors que Charlotte a été l’heureuse élue de l’expansion.

Et si des villes candidates sont victimes de leur proximité avec un marché existant (Nashville avec Memphis dans le Tennessee, par exemple), Louisville peut se targuer d’être au cœur d’un État sevré de club professionnel mais qui vit pour le basketball. À titre d’information, c’est dans cette ville qu’ESPN avait déclaré obtenu les meilleures parts de marché le soir de la draft 2014. Un public fou de basket, une salle ultramoderne qui ferait pâlir bon nombre d’arènes de NBA… que manque-t-il à Louisville ? C’est peut-être un trop petit marché pour qu’il soit considéré.

Les surprises

PITTSBURGH (PENNSYLVANIE)

La PPG Paints Arena, ouverte en 2010, est le temple des Penguins en NHL. Vont-ils devoir la partager avec une équipe NBA ? (image : Pittsburgh Magazine)

Population aire urbaine : 2 603 259 habitants (27e)

Salle : PPG Paints Arena (19 100 places)

Franchise(s) en ligue majeure : Penguins (NHL), Steelers (NFL), Pirates (MLB)

Historique en NBA : Ironmen (1946-1947, en BAA), Condors (1967-1972, en ABA)

À l’instar de Kansas City et Louisville, Pittsburgh est équipé d’installations récentes. C’est une ville dynamique, plus grande que Milwaukee ou San Antonio, et particulièrement prisée par les 18-35 ans. Avec Jacksonville (Floride), c’est l’endroit qui attire le plus de jeunes diplômés grâce à sa qualité de vie. En dépits de résultats en dents de scie, les Penguins, Steelers et Pirates n’ont jamais souffert d’un manque de soutien populaire.

Donc il y a de la place pour une franchise NBA, d’autant plus que la ville a une longue tradition de basketball. À l’époque de David Stern, il y eut de multiples rumeurs de déménagement à Pittsburgh, depuis Detroit par exemple. C’est un temps que les moins de 80 ans ne peuvent pas connaître mais à Pittsburgh, les Ironmen ont joué en BAA en 1946/47, avant que les Condors évoluent à leur tour en ABA… en attendant la NBA ? Bémol : le Nord-Est est déjà surchargé.

MONTRÉAL (QUÉBEC)

2 franchises au Canada ? Ça n’avait pas fonctionné, mais c’était avant le titre des Raptors… (image : AlleyOop360)

Population aire urbaine : 4 098 927 habitants (2e du Canada, serait 17e des États-Unis)

Salle : Centre Bell (22 114 places)

Franchise(s) en ligue majeure : Canadiens (NHL), Club de Foot (MLS)

Historique en NBA : /

Oui, une seconde franchise canadienne pourrait voir le jour. L’hypothèse Vancouver paraît aujourd’hui plus crédible mais le dossier de Montréal mérite d’être étudié pour bien des raisons. Il y a une volonté forte d’offrir une équipe NBA à cette métropole de plus de 4 millions d’habitants, 2e plus grande ville et marché télévisuel du Canada. Le Centre Bell, qui peut accueillir plus de 22 000 âmes, répond aux normes de la NBA et fut le théâtre de plusieurs oppositions de pré-saison des Raptors. Témoin d’une expérience nouvelle dans un lieu où le hockey est roi, le public avait répondu présent à ces occasions. Étant donné le potentiel démographique, le risque est mesuré.

D’autant plus que les habitants pourraient trouver un refuge en cas de mauvaises saisons des Canadiens en NHL, même s’il ne faut pas sous-estimer le rapport viscéral des Montréalais au hockey. En tout cas, le projet est sur les rails. En octobre 2018, en marge d’un match de préparation entre Toronto et Brooklyn au Centre Bell, une conférence de presse s’était tenue dans un hôtel de Montréal à l’initiative de l’ancien ministre et sénateur Michael Fortier, à la tête d’un groupe d’hommes d’affaires locaux. Il y avait annoncé son intention de rechercher des investisseurs pour contribuer à la naissance d’une franchise d’expansion au Québec. En 2019, il avait réitéré, sur les ondes de QUB radio, son souhait de rassembler au moins deux milliards de dollars pour ce projet.

CHICAGO (ILLINOIS)

Le bruyant United Center peut-il vibrer pour deux équipes ? (image : Choose Chicago)

Population aire urbaine : 9 825 325 habitants (3e)

Salle : United Center (20 917 places)

Franchise(s) en ligue majeure : Bulls (NBA), Blackhawks (NHL), Bears (NFL), White Sox et Cubs (MLB), Fire (MLS), Sky (WNBA)

Historique en NBA : American Gears (1944-1947, en NBL), Stags (1946-1949 en BAA, 1949-1950 en NBA), Packers (1961-1962), Zephyrs (1962-1963), Bulls (depuis 1966)

Deux équipes de NBA à Chicago ? Eh bien, pourquoi pas ? Si les Bulls sont une franchise ô combien emblématique de la ligue, Windy City est la troisième métropole la plus peuplée du pays derrière New York et Los Angeles, où cohabitent respectivement les Knicks et les Nets, les Lakers et les Clippers. La ville de l’Illinois a le potentiel démographique et culturel pour supporter deux franchises en son sein, comme c’est déjà le cas en MLB avec les White Sox et les Cubs. L’amour que porte les Chicagoans au basketball est palpable est c’est une ville jeune et riche. Mais la tâche, on vous l’accorde, est des plus ardues. Le poids de l’histoire est imposant, comment se démarquer dans une salle devant laquelle trône une statue de Michael Jordan ?

Mentions

Elles partent de trop loin, aujourd’hui, mais plusieurs villes peuvent espérer un jour intégrer la NBA en fonction de leur développement démographique et/ou structurel. On citera Austin (Texas), Baltimore (Maryland), Buffalo (New York), Columbus (Ohio), Fresno (Californie), Jacksonville (Floride), Nashville (Tennessee), Omaha (Nebraska), Richmond (Virginie), Round Rock (Texas), San Diego (Californie), St. Louis (Missouri), Tampa Bay (Floride) et Virgnia Beach / Norfolk (Virginie).

Enfin, la possibilité d’une franchise en Europe n’a pas été mentionnée. Les noms de Paris, Londres et Madrid font l’objet de spéculations mais ce n’est pas, pour l’instant, quelque chose de réaliste. Dans l’ère du load management, la fatigue engendrée par un déplacement sur le Vieux Continent ferait grincer des dents. De ce fait, le Board of Governors n’approuverait certainement pas cette expansion. Et comment ne pas penser au défunt projet NFL Europa ? Entre 1991 et 2007, la ligue avait expérimenté une ligue mondiale, qui n’a pas eu le succès escompté et a causé la perte de millions de dollars. La NFL est donc revenue au système pratiqué par la NBA, à savoir organiser des matchs de saison régulière dans des pays étrangers afin de promouvoir son sport dans le monde.

Adam Silver a beau souffler le chaud et le froid, on a compris qu’un projet d’expansion était en cours. Parmi la multitudes de villes qui pourraient se porter candidates, Seattle semble avoir une longueur d’avance sur la concurrence. L’expansion impliquera vraisemblablement deux nouvelles franchises, et le deuxième ticket se jouera entre plusieurs métropoles qui concentrent des ressources démographiques, économiques, structurelles et culturelles. Qui seront les heureuses élues, quand arriveront-t-elles en NBA, et sous quel nom ? On attend la réponse avec impatience !

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