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2020 : la meilleure saison de Lewis Hamilton ?

Le 15 novembre dernier, Lewis Hamilton est devenu champion du monde de Formule 1 pour la septième fois de sa carrière après sa victoire lors du Grand Prix de Turquie. Il a été sacré à trois courses de la fin, signe d’une très bonne saison, peut-être la meilleure. Une saison 2020 singulière, mais malgré le contexte particulier, nous avons assisté à 17 courses, ce qui nous donne suffisamment de matières pour tenter de prendre de la hauteur. Plusieurs éléments nous laissent penser que le nouveau septuple champion du monde vient d’effectuer la meilleure saison de sa carrière. Décryptage.

Avant toutes choses, rappelons que cet article est relativement personnel et il est possible que notre avis ne soit pas nécessairement le vôtre. Néanmoins, malgré nos sensibilités, nous avons tenté de vous proposer un contenu analysé et raisonné en tentant de pouvoir vous apporter de nouvelles connaissances. Les statistiques que nous allons vous proposer ne sont pas gage d’une vérité, mais nous espérons être pertinent. La vérité de la course est évidemment nécessaire pour approcher l’exhaustivité.

La livrée 2020 de Mercedes : la meilleure voiture de l’histoire de la F1 ? (formula1news.co.uk)

Durant cette année 2020, les débats furent nombreuxpeut-être encore plus qu’auparavant – sur Hamilton et son écurie, en raison de performances plus qu’exceptionnelles. Le sujet est donc sensible, car très clivant, mais il nous paraît intéressant de l’aborder à travers ce genre de format. La nouvelle saison pointe timidement le bout de son nez et il est peut-être temps de revenir sur 2020 et Lewis Hamilton, un duo qui a plutôt bien marché – un doux euphémisme.

Des statistiques élogieuses

En 2008 et 2014, Hamilton fut sacré lors de la dernière course – on se souvient tous du Grand Prix du Brésil. En 2017, 2018 et 2019, il fut sacré à deux courses de la fin. Et en 2015 et 2020, il fut sacré à trois courses de la fin. Au terme du GP de Turquie, le septuple champion du monde a donc égalé son record – loin de celui établi par Michael Schumacher en 2002, sacré à six courses de la fin -, d’être sacré relativement prématurément. Signe d’une saison démarrée sur les chapeaux de roue et surtout d’avoir été régulier. Il ne faut pas oublier qu’il a profité d’une concurrence en berne qu’il a su tenir à distance, tout en sachant que celle-ci s’est neutralisée. Notons qu’en 2011, Sebastian Vettel fut sacré à quatre courses de la fin.

Lewis Hamilton a remporté onze courses durant cette saison 2020, une prouesse qu’il avait déjà réussi lors des saisons 2014,2018 et 2019. Mais cette fois-ci, il n’a disputé que 17 courses soit deux courses de moins qu’en 2014 et quatre de moins qu’en 2018 et 2019. Si l’on calcule, le résultat est donc son meilleur ratio de victoires sur une saison (64,71%, le sixième meilleur de l’histoire). Signe d’une puissance et d’une domination certaine. Par ailleurs, le record de victoires sur une saison est co-détenu par deux Allemands : 13 par Schumacher en 2004 et par Vettel en 2013. Cependant, ils ne détiennent pas le meilleur ratio, puisqu’un certain Alberto Ascari a remporté 6 des 8 courses (?!) disputées lors de la saison 1952.

Avec du recul, on se dit évidemment que ce fut génial de voir Sergio Pérez monter sur la plus haute marche du podium lors de la seconde course à Bahreïn, mais dans le même temps, Lewis Hamilton aurait pu faire durer son nombre de courses débutées d’affilée (il était à 265) ainsi que sa meilleure série de victoires (il était à 5). Depuis ses débuts en F1, l’Anglais n’avait donc jamais manqué de week-end, ce qui constitue un record – le deuxième se nomme Nico Rosberg avec 206 courses débutées d’affilée. Pour ce qui est du second record, Hamilton a égalé le sien qu’il avait établi en 2014 lorsqu’il avait gagné de Monza à Austin. C’est donc dommage que le Covid-19 soit passé par là, car le britannique avait toutes les cartes en main pour remporter une sixième victoire d’affilée et ainsi rejoindre Schumacher et sa deuxième meilleure série entre 2000 et 2001. Cette statistique nous montre une nouvelle fois que Lewis Hamilton a semblé très souvent intouchable, peut-être plus que jamais…

Avant-dernière statistique plutôt éloquente, celle du pourcentage de nombre de points pris sur une saison. Et bien en 2020, Lewis Hamilton a recolté 78,51% des points possiblement prenables. C’est son deuxième plus haut pourcentage après la saison 2015. Là encore une fois, cela nous montre qu’il a été ultra dominant. En écartant son absence lors de l’avant-dernière manche, seuls deux podiums lui ont échappé. Il a donc toujours été très proche des 25 points et c’est peut-être cette information qui frappe le plus.

Enfin, la dernière stat’ est à double tranchant, car elle ne met pas seulement en avant le pilote britannique. Parmi ses onze victoires en 2020, 8 ont été acquises en partant de la pôle. Un accomplissement qu’il avait déjà réussi en 2017. Preuve qu’il fut très souvent inatteignable en course, même s’il ne faut pas perdre à l’esprit qu’il a conduit l’une des meilleurs monoplaces de l’histoire de sa discipline. Malgré cet élément, on ne peut pas occulter le fait qu’il fut très fort en piste, auteur d’un pilotage parfois quasi-parfait, ne commettant que très peu d’erreurs.

2020, l’année de la maturité

De juillet à décembre, Lewis Hamilton n’a jamais semblé déstabilisé. Il a montré une assurance à toute épreuve, et respirait la confiance. En somme, Sir Lewis Hamilton – il a été anobli par la Reine d’Angleterre le 31 décembre dernier – n’a jamais été mis en danger par ses concurrents, exceptés quelques fois lorsque Bottas et Verstappen ont tenté de faire jeu égal, en vain. Outre sa très mauvaise saison 2018, jamais le Finlandais n’avait aussi peu gagné sur une saison au volant d’une Mercedes. Car le premier adversaire de Lewis Hamilton fut (malheureusement ?) son coéquipier et il n’en fit qu’une bouchée.

Il est difficile de juger cette saison 2020, pour toutes les raisons que l’on connaît, mais une chose est sûre : Lewis Hamilton fut intraitable avec ses concurrents. Avec plus de courses et peut-être plus de victoires, le débat d’aujourd’hui n’aurait eu peut-être jamais lieu. La postérité se chargera de nous dire si 2020 fut la plus belle année de Sir Lewis Carl Davidson Hamilton…

(Photo de couverture : skysports.com)

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