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Alexis Pinturault sur la voie royale ?

Géant, métronome… Les adjectifs manquent pour décrire la première partie de saison d’Alexis Pinturault. Impressionnant de maîtrise, le skieur de Courchevel se rapproche week-end après week-end de son premier gros globe de cristal, derrière lequel il court depuis 10 ans maintenant. Ce graal pour tout acteur du cirque blanc s’est pour l’instant toujours refusé à lui, deuxième ces deux dernières saisons. Mais 2021 semble lui être promise, qui pourra bien empêcher le français d’aller chercher ce classement général ? Ce qui serait une première pour un tricolore depuis Luc Alphand, en 1997.

Nous avons rarement senti un Alexis Pinturault aussi sur de ses forces. Leader du classement en géant, comme en témoigne son fabuleux doublé sur les courses d’Adelboden, gagnés respectivement avec 1.04s et 1.26s d’avance sur son premier rival, le français domine son sujet. Déjà quatre victoires (3 en géants et 1 en parallèle), et des points à chaque course disputée, font de lui un des skieurs les plus réguliers du circuit. Une régularité primordiale qui lui avait sans doute coûté la victoire finale l’an passé, face à un Kilde toujours placé. La seule petite inquiétude du début de saison résidait en slalom (mesurée puisque toujours dans le top 20), inquiétude vite gommer lors des épreuves de Flachau (reprises de Wengen et Kitzbühel), avec un premier top 10 (9e le samedi), et un premier podium dans la spécialité cette saison le dimanche, 3e derrière Sebastian Foss-Solevaag et Marco Schwarz. Mais le skieur de Courchevel ne s’arrête pas là, et s’aligne également sur des Super-G. Avec des belles 7e et 12e places obtenues à Val d’Isère et Bormio, Alexis Pinturault arrivera pour l’épreuve de Kitzbuhel, prévue demain sur la mythique Streif, en pleine confiance. L’occasion de se confronter avec ses rivaux de la vitesse au général.

Le français fait sonner les cloches pour la deuxième fois en deux jours à Adelboden, synonyme d’un retentissant exploit

Ses rivaux justement, où en sont-ils ?

Commençons par le tenant du titre de ce classement de la Coupe du Monde, le solide norvégien Aleksander Aamodt Kilde. Celui-ci se présentait légitimement comme le principal adversaire du tricolore. Et son début de saison était bien à la hauteur de son statut, avec notamment un doublé descente/Super-G sur la Saslong de Val Gardena, et des 4e et 5e places exceptionnelles sur les géants d’Adelboden. Des performances qui prédisaient une nouvelle lutte épique jusqu’à la fin. Malheureusement, en préparation de ce week-end sur la Streif de Kitzbühel, le norvégien chute sur le glacier du Reiteralm en Autriche lors d’un entraînement en Super-G. Le bilan est lourd, rupture des ligaments croisés du genou, sa saison est terminée. Une nouvelle grosse blessure pour le clan norvégien qui s’ajoute à celles des jeunes Braathen et Mcgrath.

Aleksander Aamodt Kilde opéré de son genou

Troisième du général l’an passé, l’autre norvégien, Henrik Kristoffersen, n’est que l’ombre de lui-même en cette saison 2020/2021. Sa victoire sur le slalom de Madonna di Campiglio n’est qu’un trompe l’œil tant il présente de difficultés sur le reste des courses. 7 fois sur 13 hors du top 10, et à 358 points de Pinturault au général, la mission s’annonce plus que compromise pour le norvégien. Mais après des nouvelles 18e et 7e places sur les deux slaloms de Flachau, l’impulsif norvégien tentera de retrouver la place qui est la sienne sur sa course à Schaldming, ce slalom nocturne qu’il a déjà remporté à quatre reprises. On connait la force de caractère du norvégien, il ne lâchera pas, et il faudra bien entendu compter sur lui jusqu’à la fin, et aux championnats du monde, où il a un titre à défendre en géant.

Image trop récurrente pour Henrik Kristoffersen, frustré après une nouvelle contre-performance

Si l’on retire Kilde, blessé, Odermatt se voit propulsé dauphin de Pinturault au général. Le jeune suisse est sans doute le mieux armé pour faire douter le français, capable de gagner en géant et de jouer les troubles fêtes en vitesse. Mais pour battre Alexis Pinturault cette saison, il ne faut pas seulement marquer des points, il faut gagner dans plusieurs disciplines, chose que le tricolore est un des seuls à pouvoir réaliser. Nous avons également du mal à voir un spécialiste de la vitesse se rapprocher du français, tant la densité est forte et les victoires partagées (malgré les 8e et 9e places de Mattias Mayer et Beat Feuz). Ces hommes ont également moins de courses pour s’exprimer que les techniciens, chose que seul Kilde était capable de contrer grâce à de merveilleux résultats en géant et en parallèle.

16 courses sont encore à disputer avec les finales de Lenzerheide (Suisse), soit 1600 points à distribuer. Mais on se demande bien comment Alexis Pinturault pourrait voir son rêve lui échapper une nouvelle fois, s’il continu sur sa lancée. Il faudra également parfaitement gérer la parenthèse des championnats du monde, où le français peut se permettre de rêver de plusieurs médailles, et notamment d’or, avec un titre à défendre en combiné, afin de rentrer encore un peu plus au panthéon des skieurs français.  

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