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Kobe le stakhanoviste

Voilà aujourd’hui 1 an que la légende des Lakers et de la NBA a disparue. Pour mesurer l’impact qu’il a eu et qu’il a encore sur beaucoup, il faut se rappeler qui il était. Un monstre de travail, démesurément, qui a insufflé une nouvelle mentalité.

Le stakhanovisme est, à l’origine, un instrument de propagande en URSS visant à stimuler les travailleurs industriels en extrapolant les chiffres d’un seul homme : Alexei Stakanov. N’y voyez ici aucun parallèle politique, mais bel et bien une image symbolique, qui représente un homme qui avait défini sa vie par le dur labeur. Une légende qui ne s’est jamais reposée sur son talent et qui n’a cessé de cravacher tout au long de sa vie pour devenir le joueur et l’homme qu’il voulait être. Pas d’excuses, pas de rigolade et la besogne poussée à l’extrême. Telle est la mentalité de Kobe Bryant, faire tout ce dont il est possible pour éviter la chose qu’il déteste le plus au monde: la défaite.

Travailleur dès le plus jeune âge

Les récits sur ce qu’était Kobe sont légions, mais pour bien cerner le personnage, il faut savoir que cette Mamba Mentality, le natif de Philadelphie l’a adopté depuis son enfance. Fils de Joe Bryant, basketteur professionnel qui lui a transmis sa passion, le jeune Kobe passe très tôt du temps avec un ballon dans les mains. Joe évolue en Italie, puis en France à l’âge où sont fils commence à l’imiter et à jouer au basket. Dans ces deux pays plus adeptes du football, Kobe est souvent seul à jouer avec son ballon, il commence donc à répéter ses gammes dans son coin, se créant une bulle de travail. Tous les jours, il regardait attentivement avec son père les matchs NBA via des VHS envoyées par ses grands-parents. Bien sûr, il ne manquait pas une occasion de montrer ce dont il était capable à qui le voulait, notamment aux coéquipiers de son père, qu’il provoquait régulièrement pour des 1 contre 1.

Même contre des joueurs professionnels et seulement aux prémisses de son adolescence, Kobe refusait virulemment la défaite et continuait de travailler pour ne plus la connaître. Ce tempérament le suit donc de son enfance en Europe, mais aussi pendant le lycée à Philadelphie avec un autre objectif : celui d’être le meilleur joueur du pays. Au Lower Merion High School, sa personnalité s’affirme encore. En plus de vouloir être un joueur inarrêtable, il sait qu’il va l’être. Cette attitude peut être perçue comme du narcissisme, ça l’était d’ailleurs sûrement un peu. Mais n’y voyez aucun manque de respect envers les autres, juste une incroyable confiance en soi et en sa manière de travailler.

Pour Kobe, la défaite n’était pas une option

Bien sûr, cette attitude lui vaut quelques critiques, et des frictions avec ses coéquipiers quand ceux-ci ne parviennent pas à se mettre au diapason du meilleur joueur de l’équipe. Lors d’une défaite pendant une opposition à l’entraînement, ce qui n’arrivait jamais, Kobe est arrivé avec une telle rage dans le vestiaire que son coéquipier qui a raté le shoot est parti en courant du gymnase. Parce que oui, son éthique de travail fait que quand Kobe jouait au basket, il le faisait comme si sa vie en dépendait. La défaite n’est pas une option. Il était le premier arrivé et le dernier parti de l’entraînement. Et cela porte forcément ses fruits sur le terrain.

En junior, son équipe est battue en playoffs de la AAAA. Malgré un gros match de Kobe (33pts, 15reb), c’est bel et bien lui qui s’excuse auprès d’eux pour ne pas avoir réussi à les porter. Lunaire. Avec les Aces l’année suivante, à force de travail, de confiance et d’abnégation, il devient champion de l’État et meilleur lycéen du pays. Peu après, Kobe plein de confiance se présente en conférence de presse pour annoncer sa participation à la draft, sans passer par la case universitaire. Un choc, mais c’est aussi ça la Mamba mentality, ne rien faire comme tout le monde : aller à l’essentiel.

Au lycée, Kobe décroche le titre avec les Aces de Lower Merion

La Mamba mentality, désormais un exemple

Il n’a pas fallu attendre sa disparition tragique pour que l’état d’esprit de Kobe inspire des millions de personnes, fans de basket ou non d’ailleurs. Travailler dur pour arriver au sommet, avoir confiance en soi, en ses qualités et ne pas se chercher d’excuses, c’est en sommes ce que tous les coachs du monde vont vous répéter pour réussir. Mais Kobe avait poussé ça au niveau extrême. Pendant sa carrière, et bien que maniant déjà l’italien, il apprend l’espagnol, le français et même un petit peu de slovène. Les objectifs ? Surprendre ses adversaires en parlant leur langue et faciliter le dialogue avec ses coéquipiers étrangers.

Apprendre ces langues était aussi une manière de découvrir quelque chose de nouveau et de s’y investir pleinement. Dès que quelque chose l’intéressait, Bryant se faisait une obsession de le connaître autant qu’il peut. C’est le cas dans le sport, mais aussi dans sa vie de tous les jours. Comme cette fois où il apprit à jouer du Beethoven au piano sans prendre un seul cours, juste à l’oreille. Pour le défi. Même en difficulté, Kobe n’abandonnait jamais. Marquer deux lancer-francs sans broncher juste après une rupture du tendon d’Achille ? Pas un problème. Revenir au haut niveau après une telle blessure ? Qui en doutait ? Kobe inspirait et continuera d’inspirer tous ceux qui s’intéressent un tant soit peut à lui.

Enfin, la Mamba mentality, c’était aussi mettre en valeur des choses qui ne l’étaient pas assez. C’est le cas du basket féminin, dans lequel Kobe s’est investi dès sa fin de carrière en accompagnant sa fille Gigi, elle aussi disparue… Un des derniers défis que Kobe s’était fixé dans sa vie. L’héritage que laisse la légende des Lakers est grand et la Mamba mentality, qui dit que chaque personne doit se surpasser restera dans nos mémoires.

Il y a un an, Kobe nous quittait, laissant derrière lui des centaines de souvenirs et un héritage immense. Ses valeurs, son tempérament, son état d’esprit resteront longtemps dans les mémoires. ; C’est ce qui fait de Kobe quelqu’un de particulier. Pas un simple joueur de basket, une légende qui a consacré sa vie à se donner les moyens de réaliser ce qu’il voulait. Une légende tout simplement.

Commandements (non-officiels) de la Mamba mentality :

  1. Tu dois te lever plus tôt que tout le monde pour aller t’entraîner, tous les jours
  2. Tu dois travailler ton jeu avec sérieux et jouer comme si ta vie en dépendait
  3. Tu dois être le dernier parti du gymnase, toujours en travaillant tes gammes
  4. Tu dois toujours te surpasser et ne te chercher aucune excuse : la défaite n’est pas permise
  5. Tu dois avoir confiance en toi et transmettre cette confiance à tes coéquipiers
  6. Tu dois rester humble malgré cette confiance et ne sous-estimer personne
  7. Tu dois être le meilleur et le montrer à tout le monde

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