Articles NBA Basket Portraits du CCS

Jerry West, premier joueur moderne de l’Histoire toujours en avance sur son temps

Il y a 50 ans la NBA changeait son logo, finit le ballon blanc siglé des trois lettres de l’association. A la place, le commissionner James Walter Kennedy et ses équipes choisissent un logo tricolore bleu, blanc, rouge représentant une silhouette de joueur. Cette dernière n’est pas une représentation d’un joueur imaginaire. Il s’agit de Jerry West, arrière légendaire des Lakers de Los Angeles. Ce joueur star de la Grande Ligue entre 1960 et 1974 a marqué son époque en tant que joueur par un style avant-gardiste s’apparentant à ce qui se fait aujourd’hui dans la ligue. Après la fin de sa carrière, le « logo » a su se transformer en un dirigeant de franchises victorieuses et légendaires.

Le shoot extérieur, pièce maîtresse de son jeu

Que ce soit lors de sa saison rookie en 1960 ou lors de sa dernière année professionnelle en 1974, Jerry West n’a jamais joué avec la ligne à 3 points car elle est apparue en NBA en 1979. Le fait que le tir primé n’existait pas incitait fortement les équipes à jouer dans la peinture en s’appuyant sur les Big Men, relayant les extérieurs à des rôles de création et de défense. Malgré cet immense désavantage tactique, « Mr.Clutch » fut le premier MVP des finales de l’Histoire en 1969 et ce malgré la défaite des Lakers contre les Bostons Celtics en 7 matchs. Le joueur originaire de Virginie-Occidentale est un arrière racé, taillé comme un joueur actuel, 1,88 mètres et 79 kilos de pur talent qui physiquement ressemble à un joueur comme C.J McCollum. Cependant contrairement à l’arrière des Blazers, West ne pouvait pas compter sur la prime du jeu extérieur qu’est la ligne à 3 points. Ce désavantage réglementaire n’a pas empêché « Mr Long Shoot » de dépasser 4 fois la barre des 30 points de moyenne par saison. Une question se pose donc, comment un joueur extérieur dépourvu de la principale arme des petits a-t-il pu scorer autant ? La réponse est la plus logique qui soit, à l’instar des petits d’aujourd’hui, les pénétrations et surtout le shoot. En effet l’équipe des Lakers des années 60-70 était construite comme une équipe de notre temps ce qui explique que Jerry West ait un style de jeu très actuel.

Jerry West lors des Finales NBA de 1970 contre les Knicks de New Yrk (crédit: sportmemorabilia)

L’équipe californienne était constituée de 3 joueurs extrêmement dominants, évidemment Jerry West sur les lignes extérieures, à l’intérieur le pivot légendaire Wilt Chamberlain et enfin l’ailier Elgin Baylor lui aussi précurseur à son poste. Cette organisation tactique permettait parfaitement l’expression de Jerry West. L’obligeant à shooter avec le shoot le moins rémunérateur du basket qu’est le shoot à mi-distance, l’arrière californien scora tout au long de sa carrière sans relâche avec des pourcentages extrêmement sérieux. Il scora 31,2 points par match lors de la saison 1971-1972 avec des pourcentages au shoot proche des 50%.

Son shoot extérieur ne lui servi pas qu’à titre personnel, il laissa une trace et un héritage gigantesque dans la NBA.

Le premier joueur extérieur dominant

Avant l’arrivée de la génération Jerry West, les extérieurs n’étaient pas dominants, ils étaient absents des organisations tactiques en attaque. Avec l’arrivée de cette nouvelle génération de « guards » au début des années 60 mené par le joueur des Lakers et par Oscar Robertson les postes 1 et 2 prennent enfin de l’importance offensivement. Cette nouvelle arme tactique va amener à ce que le jeu prenne le large, les petits s’écartaient dorénavant du panier laissant plus de place à mi-distance aux ailiers. La rentrée dans le champ tactique des meneurs et des arrières a permis l’émancipation des ailiers. Ce double phénomène de renouveau tactique est celui qui mènera vers l’arrivée de la ligne à 3 points en NBA en 1979 pour équilibrer les capacités de contribution offensive des extérieurs vis-à-vis des intérieurs.

Le « tir du bout du monde lors des Finales de 1970 contre les Knicks, à coup sur l’action la plus iconique de sa carrière.

Même s’il n’a pas connu la ligne à tir primé, Jerry West en est un contributeur important de par son style de jeu tout au long de sa carrière. Une des grandes questions entourant la carrière de Mr.Clutch est celle de la présence de la ligne à 3 points durant sa carrière. Et s’il y avait eu cette ligne, quel aurait été la carrière de West et ses statistiques déjà hallucinantes.

Cette monstruosité offensive pure, était sa principale arme mais ses qualités et les raisons pour lesquels l’Histoire le retiendra sont bien plus larges et nombreuses.

Précurseur et exemple tout au long de ses carrières

En 1980, Jerry West est intronisé au Hall of Fame. Cette consécration est un éloge, singulier et très important, de plus à la pléthore que Mr. Long Shot reçu tout au long de ses carrières. Son palmarès en tant que joueur est gigantesque, il fut entre autres, champion en 1972, All-Star pendant toutes ses quatorze saisons en carrière et MVP des Finales en 1969 le seul de l’Histoire à l’avoir été dans la défaite. Il a été un exemple pour de nombreux joueurs des années 80 mais aussi pour des joueurs des années 2000 comme Kobe Bryant qui parlait de lui comme « du plus grand Lakers de l’Histoire ».  

Ce n’est pas sans raison que le Black Mamba parlait de son prédécesseur au poste 2 des Angelinos, c’est précisément West qui a voulu recruter le joueur originaire de Philly. Car après une brillante carrière de joueur, West eu une carrière de dirigeant de franchise peut-être encore plus grande. Il fut l’architecte des Lakers des années 2000 en récupérant à la draft 1996 grâce à un coup de génie lors des négociations un certain Kobe Bryant. Le même été, il signa un pivot que l’on pourrait qualifier de dominant en provenance de la Floride. Oui, Jerry West est un homme qui constitua l’un des plus grands duos de tous les temps en l’espace de quelques semaines avec la draft de Kobe Bryant et la signature de Shaquille O’Neal. Avant cela, il reprit en 1985 des Lakers traumatisés par l’épisode des Finales de 1984 et l’épisode « Tragic Johnson ». En tant que General Manager de sa franchise de toujours, il remporta 6 titres dont un back to back et un three-peat. Après avoir construit deux des plus grandes équipes de l’Histoire au sein des Lakers, West quitta Los Angeles mais pas la Californie.Il intégra les Golden State Warriors en tant que conseiller, avec l’équipe de la Bay il remporta deux titres, il espère qu’ils ne seront pas ses derniers car il est aujourd’hui membre de la direction des Clippers avec lesquels il espère remporter son dixième et dernier sacre de sa carrière.

tJerry West et Kobe lors de sa présentation officielle en 1996, West confia se jour là au propriétaire Jerry Buss qu’il venait de « récupérer le vrai n°1 de la Draft », il est aujourd’hui difficile de lui donner tort. (crédit : NBA.com)

Avec ses 8 défaites en Finales NBA pour 9 participations en tant que joueur, Jerry West a bien faillit faire partie, comme son compère Elgin Baylor de la caste des monstres sans bagues. Cependant même s’il n’avait jamais remporté le titre, son héritage aurait été tout aussi grand.

Il a laissé à la NBA un modèle de réussite sur et en dehors des terrains, un style de jeu avant-gardiste et une silhouette mondialement connue.

Le débat c’est ouvert récemment, pensez-vous que la NBA devrait changer de logo?

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :