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Alistair Overeem : Volkov, puis le titre en ligne de mire?

Avec de jeunes arrivants qui montrent les dents et des combattants expérimentés bien installés dans le classement, la division poids-lourds est sûrement la plus hétérogène de toute l’UFC. Tout le monde peut prétendre à un combat pour le titre face au champion actuel, Stipe Miocic, qui le défendra déjà en mars face à Francis Ngannou. Mais il faudra faire attention aux combats de ce week-end car il y a bien un homme qui peut se hisser là où on ne l’attend pas. Cet homme, c’est Alistair Overeem.

Qui est Alistair Overeem?

Alistair Cees Overeem est un combattant néerlandais d’origine jamaïcaine, né à Londres le 17 mai 1980. Dès sa jeunesse, il excellait en judo, course ainsi qu’en basketball. Mais c’est sous les conseils de son grand frère, Valentijn (qui est aussi combattant de MMA professionnel) qu’il commencera les arts martiaux mixtes dans la salle de Chris Dolman, une légende de la lutte. Au début, Overeem n’appréciait pas le sport, mais c’est en rencontrant deux autres légendes néerlandaises, Bas Rutten et Joop Kasteel, qu’il se consacrera sérieusement au sport.

Les Pays-Bas ont une grande réputation dans le kickboxing, et il était impératif pour « Demolition Man » de faire ses gammes dans ce sport avant de voir plus grand. Ainsi, le premier combat de sa carrière se déroulera dans les règles de la boxe pieds-poings et il s’imposera sur décision à 19 ans. Dès lors, il effectuera des petits allers-retours entre le MMA et le kickboxing, avec à la clef un titre de champion du monde de K1 remporté en 2010 face à son compatriote et triple champion du monde, « Mr. K1 » Peter Aerts. Il l’avait déjà vaincu l’an précédent dans ce qui est considéré par certains comme l’une des plus grandes surprises. Depuis ce titre, il n’a plus jamais combattu en kickboxing et son palmarès est de 10-4 avec 7 KO.

Alistair avait en effet jeté son dévolu sur le MMA, et en 2002 il rejoint le PRIDE, l’une des promotions les plus influentes de l’époque, avec un palmarès de 10-3, dont 9 d’entres elles avant la fin du premier round. Son premier combat important l’oppose à Chuck Liddell dans un tournoi poids moyens, combat qu’il perd sur KO. S’en suivront des combats face à des adversaires tout aussi coriaces, puis en même temps un titre obtenu chez les poids lourds dans la fédération néerlandaise 2 Hot 2 Handle, désormais disparue.

Son parcours en MMA a connu des hauts et des bas, avec trois défaites de suite entre 2006 et 2007 (chronologiquement face à Minautauro Nogueira, Ricardo Arona et Mauricio Rua) mais deux titres détenus simultanément les années qui suivent, et parallèlement une série de 8 victoires consécutives. En mettant KO Paul Buentello au Strikeforce, il devient officiellement le premier champion poids-lourds de l’histoire de la fédération en 2007 et commence sa série d’invincibilité. Il défendra avec brio son titre trois ans plus tard, en finissant également son adversaire, Brett Rogers. Le combat suivant lui offrira également un titre inaugural au DREAM, avec une victoire expéditive en 20 secondes sur Todd Duffee (qui passera par l’UFC plus tard). Son passage au Strikeforce s’interrompra assez brutalement à cause d’un désaccord entre la fédération et les combattants. Son frère est également dans le lot et l’UFC a donc le champ libre pour faire les démarches nécessaires afin d’attirer cette bête néerlandaise.

Et le 6 septembre 2011, c’est chose faite. Alistair Overeem, âgé de 31 ans et avec 47 combats professionnels à son actif (35-11-1), rejoint l’UFC et affronte pour ses débuts l’ancien champion des poids-lourds de l’UFC, Brock Lesnar. Il remporte son combat avant la limite et c’est le début de son aventure à l’UFC qui dure depuis maintenant une décennie.

Une carrière rongée par des ennuis extrasportifs…

Depuis son arrivée à l’UFC, Alistair Overeem connaît un parcours assez moyen. Excellent combattant, très complet, striker hors-pair, son cardio lui a toujours fait du tord et son menton n’est pas aussi solide qu’il n’y paraît. De plus, il a eu de nombreux problèmes d’ordre extrasportif. Une des histoires qui a fait la légende de l’homme lui a porté préjudice. En 2009, les frères Overeem étaient en boîte de nuit et une altercation a éclaté entre un videur et Alistair, sous prétexte que le champion de K1 ne pouvait pas payer l’entrée aux toilettes. Valentijn s’en est mêlé et une bagarre a éclaté, avec pas moins de 6 videurs qui sont partis aux urgences, tandis que les frères Overeem ont eu des blessures majeures qui ont causé un match pour le titre au cadet.

Mais à l’UFC, c’est une chance unique qui lui est passée sous le nez. Alors qu’il venait de vaincre Brock Lesnar pour son premier combat, il devait combattre pour le titre poids-lourds dès le combat suivant face au champion, Junior dos Santos. Combat qui n’aura jamais lieu. A la suite d’un test antidopage positif à la testostérone, le « Demolition Man » est suspendu 9 mois. Il obtiendra un nouveau title shot 4 ans plus tard, en 2016, et mettra le champion en titre au sol… avant de perdre le combat par KO.

Depuis, il stagne : malgré des victoires impressionnantes qui font étalage de sa puissance, il a aussi pris des coups importants et encaissé des défaites extraordinaires (on repense tous à l’uppercut de Ngannou).

… mais un combattant hors du commun

A 40 ans, on imagine que le voir la ceinture autour des hanches ne relève que du rêve. Cependant, il ne faut pas oublier qu’Overeem n’est pas un combattant comme les autres, en premier lieu grâce à son exceptionnelle longévité au haut-niveau qui lui a permis d’acquérir une expérience que peu de combattants ont pu atteindre. Il reste également sur deux victoires consécutives et son prochain combat, dans la nuit de samedi à dimanche, est l’occasion pour lui de faire taire les détracteurs. Il n’y a pas de doute, Overeem doit gagner ce combat s’il veut se maintenir dans la course au titre. Et face à un adversaire du calibre d’Alexander Volkov, il pourrait non seulement s’offrir une série de 3 victoires consécutives pour la première fois de sa carrière à l’UFC, mais aussi lancer un gros message à la division tout entière.

Alors certes, Volkov est un ancien champion du Bellator et a remporté les 4 premiers combats qu’il a disputé à l’UFC. Mais ces deux dernières années, il n’arrive plus vraiment à établir son gameplan, et alterne entre victoires et défaites. Face à son idole de jeunesse, il est possible que ce doute persiste et le néerlandais pourrait en profiter pour déstabiliser le russe, de huit ans son cadet. « Drago » a annoncé que le combat n’irait sûrement pas jusqu’à son terme, et on peut le croire au vu des deux excellents strikers qu’on aura la chance de voir ce week-end.

En supposant qu’Alistair Overeem s’impose lors de ce combat, et que Stipe Miocic conserve son titre le mois prochain face à Francis Ngannou, la prochaine défense de titre de l’américano-croate sera contre notre bon vieux Demolition Man et aura un goût de revanche, après que ce dernier a touché le titre du bout des doigts avant de le laisser filer. Si l’occasion se présente à nouveau, on imagine qu’il ne la laissera pas s’envoler. Bien plus assagi et sérieux que les années passées, laissant probablement les problèmes de comportement derrière lui et se concentrant sur son objectif principal qu’est le titre, Overeem mettrait toutes les chances de son côté et pourrait être couronné dans sa dernière course au titre.

En conclusion, Alistair Overeem n’est pas l’un des favoris pour le titre actuellement. Avec des combattants jeunes et prometteurs comme Francis Ngannou, Jairzinho Rozenstruik et Ciryl Gane par exemple, et un Stipe Miocic indétrônable pour le moment, la marche semble beaucoup trop haute pour le néerlandais. Mais cette division heavyweight risque d’être bousculée dans le premier semestre de 2021, et si les étoiles s’alignent, Overeem pourrait s’inscrire dans le débat et profiter de ce bazar et de son expérience pour jouer les premiers rôles à la course au titre. Paradoxalement, il devra faire preuve de patience, quelque chose qu’il n’a jamais mis en pratique lors de ses combats (8/66 combats sont allés à la décision). Et si le titre lui revient, cela sera la meilleure façon pour l’un des plus grands combattants de l’histoire de mette un terme à sa carrière : sur le toit du monde.

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