Rugby

Les Stars de demain du Top14, club par club (4/4)

2020 est dans les livres, 2021 commence son chapitre. Dans un monde chamboulé par une pandémie mondiale, le sport continue sa marche en avant. Les joueurs s’entrainent, jouent et récupèrent. Mais ce cycle du rugby est sans cesse renouvelé par l’émergence de nouvelles têtes. Des bouilles qui travaillent encore dans l’ombre mais qui seront les stars de demain, celles d’après-pandémie. Ce début d’année est donc propice à un petit tour d’horizon dans le championnat français. Vous allez découvrir dans ces quelques lignes un profil de joueur par club avec pour seule condition : être âgé de 22 ans ou moins, avoir un talent indéniable et être sous exposé médiatiquement. Suite et fin de notre tour de France des pépites du rugby en descendant du Massif Central vers le Tarn et la Garonne.

Etapes précédentes

Première étape : Gironde, Pays basque, Pruneaux et Béarn (Bordeaux-Bègles, Bayonne , Agen et Pau)

Deuxième étape : Cistes, Muguets et Canuts (Montpellier, Toulon et Lyon)

Troisième étape : Charente-Maritime, Banlieue et Titis (La Rochelle, Racing92 et Paris)

Clermont : Daniel Bibi Biziwu, un athlète à la pile

Daniel Bibi Biziwu qui sonne la charge avec les espoirs de Clermont contre son ancien club de Massy. (crédit photo : lamontagne.fr)

Le centre de formation de Clermont regorge de talents. Les frères Lanen (22 ans), Kylian Tixeront (18 ans) ou encore Théo Giral (18 ans) auraient pu faire partie de cette tribune. Les honneurs reviennent à un autre jeune crack arverne, le pilier Daniel Bibi Biziwu. Daniel a commencé le rugby en 2007-2008 à l’âge de 7 ans. Après quelques années à l’école de rugby, il se révèle comme un centre véloce, avec des appuis toniques pour son âge. Mais en 2013 à 12 ans il est repositionné chez « les gros », en deuxième ligne, où il fait des ravages du côté de Massy. Sa puissance en mêlée, couplé à un arrêt de sa croissance autour du 1m80 l’oblige presque à une nouvelle métamorphose au poste de pilier gauche à son arrivée à Clermont en 2018. Grand bien lui en a pris puisque depuis, Daniel impressionne. C’est un pilier qui a les aptitudes de tenir en mêlée fermé mais qui joue comme un troisième ligne dans le jeu courant. Un pilier moderne en somme.

Cette année est celle de la révélation pour Daniel Bibi. A tout juste 19 ans et après la signature de son premier contrat pro du côté du Puy-de-Dôme, le jeune pilier a connu 5 feuilles de matchs en 2020, toutes en tant que remplaçant. De précieuses minutes pour un joueur sur la liste développement de l’équipe de France U20. Les bleuets, c’est définitivement avec eux que Daniel doit briller cette année (si matchs il y aura), mais son club se permet de l’empêcher d’aller en stage de préparation pour le retenir avec le groupe pro et continuer son apprentissage express sur les pelouses du championnat. Un gage de la qualité du bonhomme. Au départ, c’est loin de l’Auvergne que se dessinait l’avenir de Daniel, lui qui vient du sud de l’île de France. Effectivement, c’est à Massy que Daniel étoffa son rugby à l’adolescence, un tremplin qui lui a servi à prendre son envol, comme beaucoup d’autres jeunes de la région. Un envol qui semble lancé et qui on l’espère le mènera le plus loin possible.

Brive : Aaron Grandidier, un futur à 7 ?

Aaron Grandidier avec les espoirs brivistes contre leurs homologues biarrots. (crédit photo : lamontagne.fr)

Quand vous l’entendez parler, vous pouvez ouïr un léger accent chez Aaron Grandidier. Mais pas un accent corrézien ou du Sud de la France, un accent anglais ! Aaron Grandidier est né à Londres et a grandi dans la banlieue de la ville jusqu’en 2019 et son arrivée à Brive. En un peu moins de 2 ans, le joueur s’est imposé à l’arrière de l’équipe espoir, son poste naturel depuis son plus jeune âge. Au lycée St. Olave en Angleterre, c’est à cette position qu’il s’est le plus épanoui. Naturellement, car Aaron est doté d’un excellent jeu de jambes, d’une grande pointe de vitesse et d’une aisance rare sous les ballons hauts. Avec ses qualités, le joueur affectionne particulièrement relancer et se créer des occasions tout seul. Physiquement, l’arrière est aussi solide, 1m86 pour 90kg, de quoi espérer à 20 ans, commencer à côtoyer les joueurs de l’effectif professionnel.

Grandidier est donc arrivé en France en 2019. Lui qui rêve de jouer en Top14 depuis tout petit a trouvé un point de chute à Brive, ce qui semble lui sourire pour le moment. Aaron a en effet, dans ce laps de temps très court, réussi à se montrer sur les terrains de rugby… à 7. D’abord avec un stage de l’équipe de France développement à 7, puis avec le SuperSevens Series il y a tout juste un an et enfin avec deux nouvelles convocations en stage mais cette fois ci avec la grande équipe de France à 7. Le parcours d’Aaron Grandidier dans les grands espaces que proposent ce style de rugby ne fait que commencer et le joueur confiait dans les colonnes de La Montagne « C’est une chance de vivre ça parce que personnellement, ça m’apporte beaucoup dans le jeu. La gestion défensive, la technique de passes. C’est un vrai plus. ». C’est donc bien une étape dans la vie rugby d’Aaron. Le joueur peut espérer une carrière comme celle de Jean-Pascal Barraque ou Steve Barry qui ont connu des heures de gloire avec le 7 français avant de revenir à leurs premiers amours le XV. C’est en tout cas tout le bien que l’on peut souhaiter à Aaron Grandidider.

Castres : Hugo Hermet, affaire de famille

Hugo Hermet se débarasse d’un adversaire lors d’un match espoirs entre Castres et Grenoble. (crédit photo :

Hugo Hermet est un grand gaillard de 1m90 pour 95kg, du côté de Castres, c’est l’habituel troisième ligne des espoirs. Tantôt 7 ou 8, Hugo s’adonne à réaliser les taches sombres du rugby avec entrain. Plaquages, grattages et conquête sont toujours au rendez-vous avec lui. A 19 ans ce jeune joueur se créé sa propre voie dans le Tarn comme ont pu le faire Matthieu Babillot ou Anthony Jelonch il y a peu. Pourtant, à y regarder de plus près, la tête d’Hugo Hermet ne vous sera peut-être pas inconnue. Plus que cela, si vous suivez l’équipe de France féminine à XV vous ferez facilement le rapprochement avec Gaëlle Hermet elle aussi troisième ligne. Et oui la famille Hermet regorge de talents rugbystiques, à commencer par Gaëlle qui montre la marche à suivre mais aussi par Dorian, centre en Fédérale 1 à Saint-Sulpice-sur-Lèze et le jumeau de Hugo, Jorys anciennement au centre de formation d’Albi. Mais c’est bien Hugo qui pourrait prochainement faire beaucoup parler de lui.

Hugo Hermet est un pur produit de la formation Tarnaise. Son parcours rugbystique commence à Carmaux, se poursuit à Albi et fini donc (pour le moment) à Castres. La tête bien faite, Hugo n’en oublie pas les cours lui qui a fait ses classes à Toulouse en sport-étude. Le jeune homme est détenteur du bac S et fait tout pour réussir dans la vie et le rugby. Hugo est aujourd’hui régulièrement appelé en équipe de France jeune, il a fait partie du groupe France U20 en stage le mois dernier. Hugo a aussi eu la chance de servir de partenaire d’entraînement au XV de France pour les préparer au prochain tournoi des VI nations. En club, il gagne petit à petit un peu de temps de jeu cette saison, notamment en Challenge Cup (quand elle était encore jouée) comme beaucoup de jeunes. Il a d’ailleurs gouté au poste de numéro 8 titulaire contre Newcastle. De quoi développer un peu plus son appétit naissant.

Toulouse : Théo Idjellidaine, la pile électrique

A 19 ans, Théo Idjellidaine est annoncé comme un futur grand. Grand dans le jeu, puisque tout de même, il s’apparente comme un demi-de-mêlée à l’ancienne de par ses mensurations. Le 9 est un modèle réduit avec 1m68 pour 71kg. Cependant son talent déborde naturellement sitôt qu’il touche le terrain. Théo est très vif, colle au ballon, amène avec lui toujours un rythme soutenu qu’il engendre avec des passes appuyées ou encore ses appuis électriques en sortie de rucks. En exemple, son essai contre Lyon où il joue une pénalité rapidement à 5m de l’en-but et enrhume totalement Jean-Marc Doussain (ex numéro 9 du Stade Toulousain s’il faut le rappeler) avec un double crochet plus tranchant qu’une lame de rasoir. Des qualités physiques et techniques, mais aussi mentales comme le soulevait son entraîneur en espoir l’an dernier, Clément Poitrenaud « Théo Idjellidaine est un jeune joueur de 18 ans. Il a un fort potentiel et de grosses qualités. Il a également un mental très impressionant pour son âge ». Bref beaucoup de monde s’entend à dire que le jeune du Lauragais a tous les atouts pour réussir en Top14 et même plus.

C’est très tôt, à 4 ans, que Théo Idjellidaine a commencé son aventure rugby du côté de Revel. Il n’aura fallu que 4 petites années pour que le Stade Toulousain flash sur lui à tout juste 8 ans et le fasse venir à l’école de rugby puis au centre de formation de la ville rose. Depuis Théo a gravi tous les échelons très rapidement. Il a aussi connu les équipes de France jeunes, étant très souvent surclassé au niveau supérieur. L’an dernier, on pouvait le retrouver avec France U20 à seulement 18 ans. Cette année il participe encore au stage qui a eu lieu en Corse il y a un peu plus d’un mois. En club, Théo prend aussi ses aises. Idjellidaine a eu le plaisir de participer à 4 matchs cette saison, dont un en tant que titulaire contre le Stade Français. Avec le VI Nations et la blessure de Balès, Idjellidaine pourrait continuer sur sa lancée (si la COVID laisse le Stade Toulousain tranquille) et gagner un bon amas de temps de jeu. Récemment, des rumeurs d’un prêt à Agen sont apparues dans la presse. Pour le joueur, engranger de l’expérience l’an prochain dans une équipe en ProD2 serait un excellent choix de carrière. Surtout quand on voit les réussites passées des joueurs de Toulouse en prêt (Ramos, Tedder, Pirlet)

Cette série d’articles destinée aux pépites de notre championnat national de rugby touche à sa fin. Vous avez pu (re)découvrir des noms de jeunes joueurs qu’il vous faudra retenir. Ces jeunes représentent le futur du rugby, celui après la COVID et bien plus encore. Ceux sont eux qui nous permettront de nous extasier, de supporter, de vibrer devant nos télés et surtout dans les stades. Mais bien sûr ils ne seront pas seules. Si ces articles ont mis en lumière 14 jeunes joueurs, il en faudrait des centaines pour mettre à l’honneur tous les acteurs du rugby de demain. Joueurs, Entraîneurs, Dirigeants, Staff, Supporters.

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