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Les surprenantes panthères de Floride

Les Panthers de Floride surprennent le monde du hockey par leur deuxième place dans la Division Centrale. Avec un total de 18 points et un bilan de huit victoires, deux défaites et deux en prolongations, les floridiens suivent autant que faire se peut le rythme de leurs voisins champions en titre du Lightning de Tampa Bay. Ils on fait bonne figure face à eux lors de leur premier affrontement mais on subit les foudres revanchardes de ces derniers hier soir au BB&T Center. Des résultats néanmoins très encourageants en ce début de saison pour cette formation que peu de monde attendait. Décollage donc pour le sud de la Floride et comme Will Smith le chante dans son tube des années 90 : « Welcome to Miami » !

A L’OMBRE DU SOLEIL DE TAMPA

Composée des Stars de Dallas , du Lightning de Tampa Bay, les deux anciens finalistes de la Coupe Stanley, et des Carolina Hurricanes, la Division Centrale ne semblait pas forcement accessible aux joueurs de Sunrise, à deux pas de Fort Lauderdale, dans la grande périphérie de Miami. Le report des matchs face aux Stars fin janvier n’a pas permis aux Panthers de lancer leur saison correctement mais ce fût sans doute un mal pour un bien. La franchise floridienne enregistre son meilleur départ depuis la saison 1995/1996. A cette époque la formation finissait en finale de Coupe Stanley et comprenait des joueurs tels que John Vanbiesbrouck et Scott Mellanby. Une autre époque.

Les Panthers de Floride, après leur sévère revers d’hier soir, viennent de subir leur deuxième défaite en temps réglementaire au BB&T Center, un bilan respectable de 5-2-1 s’ajoute à celui de 3-0-1 à l’extérieur. Il faut savoir que des doutes persistaient sur le niveau de cette formation car cette dernière avait affronté déjà quatre fois les Red Wings de Detroit et deux fois Chicago, des franchises considérées comme « petits poucets » de la division. La défaite 4-1 de lundi dernier face à Detroit a semé des doutes mais les Panthers ont pris leur revanche deux jours plus tard en remportant la victoire 2-1 puis en s’imposant dans la foulée dans un derby floridien 5-2. Tous les signaux sont au vert, les panthères se classent dans la partie haute des équipes en buts marqués par match (13ème avec une moyenne de 3,08), en buts encaissés (16ème avec 2,92), en réussite en jeu de puissance (5ème avec un ratio de 32,4%) et en mises au jeu remportées (50,4%).

Jonathan Huberdeau est en grande forme en ce début de saison – Crédits: The Rat Trick

Joel Quenneville, l’entraîneur, peut se satisfaire de ses joueurs majeurs. En effet en 12 matchs Jonathan Huberdeau a déjà récolté 15 points (4 buts, 11 aides) et Aleksander Barkov de son côté est à 12 points (4 buts, 8 aides). Les deux défenseurs leaders que sont Aaron Ekblad et Keith Yandle produisent également du jeu avec respectivement 9 points (4 buts, 5 aides) et 8 points (2 buts, 6 aides). Le problème récurrent que l’on pointait la saison dernière était le manque de dureté en défense et l’apport de Radko Gudas a été un impact immédiat. En effet le défenseur tchèque fait partie du top 5 des joueurs de la ligue en nombre de mises en échec (4ème avec 64) et sa présence sur la glace permet de calmer les ardeurs des trios adverses. Le centre américain Noel Acciari ajoute également du physique dans la formation floridienne, il mène dans l’équipe la catégorie des lancers bloqués (18) et se trouve deuxième au niveau des mises en échec (33).

Aleksander Barkov – Crédits: Jamie Sabau/NHLI via Getty Images

LES BONNES PIOCHES HORNQVIST, VERHAEGHE ET DUCLAIR

Jonathan Huberdeau évolue cette saison aux côtés des suédois Alexander Wennberg et Patric Hörnqvist. Si le premier du haut de ses 26 ans est toujours un centre en apprentissage, l’apport de l’ancien ailier des Penguins de Pittsburgh est un atout indéniable. Le trio totalise 32 points en 12 matchs en comptant la déroute de hier soir face au Lightning (défaite 6-1). Le premier trio quant à lui composé de deux autres recrues que sont Anthony DuClair et Carter Verhaeghe, tous deux évoluant au côté d’Aleksander Barkov, n’est clairement pas en reste !

Après avoir vu Mike Hoffman et Evegeni Dadonov partir respectivement vers St. Louis et Ottawa, le nouveau directeur général, Bill Zito, a convaincu Carter Verhaeghe et Anthony DuClair de poser leurs valises en Floride. Les deux joueurs forment donc le premier trio avec Alexander Barkov et ces derniers totalisent à trois 28 points dont 7 buts pour Verhaeghe qui est le leader de l’équipe en buts marqués. Le recrutement de ces deux attaquants se traduit par des débuts tonitruants, ajoutez à cela le fait que leurs salaires combinés n’avoisinent que les 2,7 millions de $.

Carter Verhaeghe (n°23) et Anthony DuClair (n°91) – Crédits: La Presse

On peut affirmer que le vainqueur de l’échange Hörnqvist-Matheson est clairement les Panthers en ce début de saison. L’intégration du vétéran de 34 ans est un succès pour l’instant et cela donne du crédit au DG Bill Zito alors que Mike Matheson tatonne encore et peine à trouver son rythme à Pittsburgh. Patric Hörnqvist c’est déjà 11 points (6 buts, 5 aides) et sa production mêlée à son expérience de champion de la Coupe Stanley permet au vestiaire des Panthers d’oublier le départ de Vincent Trocheck et d’insuffler une nouvelle mentalité beaucoup plus compétitive au sein du vestiaire. Le suédois apporte un plus en situation de jeu de puissance également et devant le filet, il a déjà marqué 4 buts en avantage numérique sur ses six réalisations. Cet ajout est une plus-value conséquente dans une formation qui était précédemment performante lors des saisons passées.

L’intégration de Patric Hörnqvist est un succès – Crédits: Eliot J. Shechter/Getty Images

Il faut cependant se pencher sur le fait que les Panthers ont remporter leurs huit rencontres trois fois par un seul but d’écart, deux fois en prolongations et une fois en fusillade. La balance a tendance à pencher en faveur des floridiens en ce début de saison, cette dernière est courte avec ses 56 matchs à jouer mais la chance et la réussite vont et viennent très vite dans le sport de haut niveau.

L’INTERROGATION BOBROVSKY

Après avoir signé un contrat de 70 millions de $ sur 7 ans, Sergeï Bobrovsky a réalisé la pire saison statistique de sa carrière ce qui sema le trouble dans la vision à long terme au sein de la direction floridienne. Le gardien russe est désormais loin du niveau qu’il affichait chez les Blue Jackets de Columbus, on le rappelle il est détenteur du trophée Vézina en 2013 et 2017, ce n’est pas rien. A 32 ans Bobrovsky a normalement encore quelques saisons à donner, la trentaine étant souvent la période où les gardiens atteignent leur maturité.

Faut-il encore faire confiance à Sergeï Bobrovsky – Crédits: The Rat Trick

Sa dernière saison s’est terminée avec un ratio de 3,23 buts alloués à un pourcentage d’arrêt de 90 %. Cette année, en 7 apparences il fait pire avec 3,33 buts encaissés (dont les 6 de hier soir) à 88,8 %. Difficile de regagner de la confiance et de se satisfaire de tels chiffres pour un salaire à 10 millions l’année surtout qu’en parallèle Chris Driedger, son remplaçant de 26 ans, affiche une formidable fiche statistique de 1,97 buts concédés à 93,7 %. Pour l’instant ! Il est clair que les gardiens vont être soumis à rude épreuve car les Panthers rejouent une nouvelle fois le Lightning mardi prochain et n’ont toujours pas affronter les Stars de Dallas et les Hurricanes de Caroline, deux très sérieuses équipes qui ont affiché leurs ambitions de titre, qu’ils vont fréquemment affronter lors de la douzaine de matchs qui arrive. Autant dire que l’on verra plus clair dans la banlieue de Miami à la fin du mois de mars.

Dans un début de saison marqué encore par des cas positifs au Covid dans plusieurs équipes comme les Stars de Dallas ou bien les Devils du New Jersey, les Panthers ont réussi à sortir leur carte du jeu grâce à l’addition de bons joueurs recrutés par le directeur général Bill Zito. Les floridiens ont (quasi) remporté les matchs qu’ils devaient remporter face aux Predators ou aux Blue Jackets, prétendants à la quatrième place qualificative. La vérité d’un jour n’est pas celle du lendemain et nous verrons le niveau réel de cet effectif lors des rencontres plus compliquées face aux trois ténors annoncés de cette division. Il est préférable qu’à ces moments venus Bobrovsky ait retrouvé de sa superbe sinon les résultats pourraient s’en ressentir et les ambitions avec.

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