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Ligue des Champions : Barcelone – PSG, à quoi faut-il s’attendre ?

Barcelone – PSG, une rencontre qui depuis 10 ans s’est imposé comme un incontournable de la scène européenne. Depuis 2012, les deux équipes se sont déjà rencontrées huit fois ! De ces joutes, personne n’a oublié la dernière confrontation entre le FC Barcelone et le Paris Saint-Germain au Camp Nou, qui s’était conclu sur un 6-1 pour les Catalans alors que les Parisiens avaient remporté le match aller 4-0. Cette remontada reste comme l’une des plus grosses désillusions de l’histoire européenne pour le PSG. Au delà de l’enjeu sportif, c’est aussi et cela reste un affrontement entre deux conceptions du football : Un club historique, certes en balbutiement à tous les étages depuis la fin de l’ère Guardiola, face à nouveau riche qui grapille petit à petit ses gallons en ayant été finaliste de la dernière édition de la plus prestigieuse des compétitions de club. De quoi pimenter une affiche aux caractéristiques bien particulière !

Un favori difficile à dégager

Les Blaugranas ont tourné une page cet été avec le départ de Luis Suarez à l’Atletico, et l’arrivée sur son banc de Ronald Koeman qui a mis du temps à trouver son 11 de départ mais qui semble désormais faire confiance à Griezmann, De Jong ou Pedri pour relancer le club. Annoncé partant l’été dernier, Messi est encore là et continue de régaler cette saison (20 buts marqués toutes compétitions confondues).

En Liga, les Barcelonais occupent actuellement la 3e place du classement avec 8 points de retard sur l’Atletico, qui compte un match de retard, mais ils se sont montrés nettement plus consistants lors des dernières rencontres. En effet, le Barca a remporté ses 7 dernières rencontres de championnat. En revanche, le club catalan est toujours capable de connaître quelques contre-performances surprenantes, comme lors de sa défaite en finale de la SuperCoupe d’Espagne face à Bilbao ou lors de la demi-finale aller de la Copa del Rey disputé jeudi dernier face à Séville (2-0).

Le match promet d’être offensif, Paris et le Barca étant deux des équipes les plus offensives en Ligue des Champions cette saison (source : @Lucaslaisnard)

De son côté, le PSG se présente en Catalogne avec évidemment l’envie d’effacer l’affront de 2017, vécu par les toujours présents Marquinhos, Verratti, Kimpembe, Di Maria et Draxler. Sa saison actuelle est pour l’instant décevante. Le club parisien lutte en France face à Lille et Lyon pour le titre, tandis que sa phase de groupe de C1 a été tumultueuse avec des défaites face à Leipzig et Manchester United. Néanmoins, les Parisiens ont réussi à sortir finalement 1ers de leur groupe.

Arrivé lors du mercato hivernal, Mauricio Pochettino connaît quelques soucis à l’heure d’affronter le Barca avec les absences de Di Maria et Neymar. Dans cette lignée, le PSG a déjà utilisé 30 joueurs en L1, par choix ou par contraintes, et aucun n’a atteint les 1500 minutes (Mbappé en totalise 1431). La difficile victoire face à Nice le week-end dernier a rappelé à quel point Verratti (qui sera de retour ce mardi) est indispensable mais avec quelques points positifs : un Draxler plus en jambes, un Mbappé de mieux en mieux, et le duo Icardi-Kean capable de marquer lors de toutes les rencontres. Ce duel très ouvert entre ces deux équipes peut clairement basculer d’un côté comme de l’autre.

Barcelone : Un collectif enfin au diapason ?

Ça va mieux depuis quelques semaines, en tout cas mieux qu’au moment du tirage, ce qui équilibre le rapport de force avec les Parisiens. Les Blaugranas se sont replacés dans la course au titre grâce aux 7 succès consécutifs sur les 7 derniers matchs de Liga, dont le dernier face à Alaves samedi (5-1). Toutefois, le Barça a tout de même encaissé au moins 1 but lors de ses 6 dernières rencontres toutes compétitions confondues. La raison ? la charnière centrale, qui symptomatiquement la semaine passée, avec Umtiti contre Séville, puis avec De Jong-Lenglet en championnat, s’est fait prendre à revers à de nombreuses reprises. Piqué est cependant annoncé dans le groupe. Malgré tout, le manque d’efficacité du Barca dans sa propre surface est un problème sans solution depuis le début de saison.

Elément majeur du regain du Barça, le retour en forme de Griezmann avec ses 7 buts et 8 passes décisives en 2021. Son utilisation plus axiale qu’à l’accoutumé lui permet de combiner avec Messi plus facilement et de libérer le couloir gauche pour Alba. L’Argentin semble d’ailleurs retrouver toutes ses sensations : 8 buts sur les 5 dernières rencontres de Liga, il est l’élément central de l’animation offensive du Barça et a noué un lien efficace avec le Français, mais aussi avec Alba et Pedri.

Koeman semble tenir une formule vivante et plus positive, dans un 4-3-3 avec un Frenkie De Jong plus haut sur le terrain (6 buts depuis décembre), depuis qu’il a opté pour une composition plus mouvante dans son animation que son 4-2-3-1 initial. Symbole de cet aspect, Pedri. Tantôt meneur de jeu, tantôt ailier, et désormais fixé dans un rôle de relayeur au sein d’un milieu à trois, il s’est affirmé en joueur total, qui marque (trois buts), offre (quatre passes décisives), défend (3ème au total de tacle derrière Mingueza et Busquets) et distribue, sa mission première étant avant tout de s’assurer du mouvement et d’alimenter Messi.

Conséquence, les catalans sont de nouveau efficaces, tranchants et séduisants dans le dernier tiers adverse, que ce soit face à des équipes regroupées (Messi en meneur de jeu) ou dans des situations permettant de prendre la profondeur (l’axe Pedri-Messi devient primordial pour créer des espaces et des décalages). Suffisant pour tirer des certitudes ? Tout n’est pas rose pour autant, puisque les Catalans ont été battus en finale de la Supercoupe d’Espagne par l’Athletic et en demi-finales aller de la Coupe du Roi à Séville la semaine passée.

PSG : L’heure de vérité pour Pochettino

Si les absences de Neymar et Di Maria sont préjudiciables, il n’en reste pas moins que le PSG est globalement en méforme dans beaucoup de compartiment du jeu. Au milieu de terrain, contre Nice, les Parisiens ont souffert face à la qualité technique des Aiglons, expliquant les nombreuses ouvertures qui auraient pu/du déboucher sur plus de but pour l’OGC Nice. Dès lors, face à De Jong, Pedri et Busquets, le PSG et Paredes et Gueye notamment, pourront-ils éviter ce même scénario ? Contrairement à Thomas Tuchel, Pochettino est moins dogmatique dans la pose de ses circuits offensifs. L’Argentin demande à ses joueurs de s’adapter aux situations, de parfois basculer entre deux schémas entre les séquences, et ce, avec une quête permanente : étirer le bloc adverse comme du chewing-gum avec un nombre important de mouvements.

Malgré tout, c’est à travers cette faiblesse que le PSG pourrait obtenir son salut. L’exploitation des espaces via le jeu en transition sera alors primordiale, surtout en l’absence de Neymar. Mbappé pourrait alors profiter des largesses de la défense barcelonaise pour tirer son épingle du jeu et prendre les espaces entre la ligne de défense et le milieu. D’autant que les parisiens sont efficaces dans les deux surfaces cette saison. Le trio Kimpembé-Marquinhos-Navas apporte des vraies garanties et jouera un rôle déterminant pour que l’équipe de Pochettino obtient un résultat au Camp Nou.

Preuve en est : Avec 28,3 Expected Goals concédés, le champion de France en titre affiche seulement le septième bilan de Ligue 1, mais a pourtant encaissé moins de buts que quiconque (14). Ce grand écart s’explique en bonne partie par les performances des gardiens parisiens. En utilisant les  »Post Shot Expected Goals« , on se rend compte que les derniers remparts du PSG alignés cette saison (Keylor Navas, Sergio Rico et Marcin Bulka) ont « évité » quasiment 8 buts (dont 4,9 pour le seul Navas). De même, Kean et Icardi seront des compléments parfaits autour d’Mbappé, de part leurs profils et leurs efficacités depuis le début d’année. Le PSG a par ailleurs inscrit 15 buts entre la 76e minute et le coup de sifflet final, plus haut total en Ligue 1.

Le retour de Verratti sera l’autre clé de voute du système de Pochettino. l’Italien est l’animateur central de l’entraineur argentin et de son 4-3-3 (modifiable en 4-2-3-1), il est le garant de son équilibre et sa caution dans les transitions. Dans les chiffres, c’est aussi ce que l’on peut retrouver : Contre l’OM, Verratti est le Parisien qui a touché le plus de ballons (89, dont 7 récupérations de balle dans le camp adverse), celui qui a subi le plus de fautes (5), l’un de ceux qui ont réussi le plus de passes (94%), celui qui a réussi le plus de tacles (4 sur 5 tentés), l’un de ceux qui ont réussi le plus de dribbles (3) et a été le joueur le plus actif sur la pelouse (12,5 kilomètres parcourus). Son influence sur la possession du PSG a augmenté en seconde période (de 4,1% à 7,9%) et son nombre de ballons touchés doubler grâce à des décrochages de plus en plus fréquents. Ces derniers ont quasiment toujours été compensés par ses coéquipiers, parfois par Gueye, d’autres fois par Mbappé ou Neymar lorsqu’il est entré.

De manière globale, les forces de chacune des deux équipes exploitent au maximum les faiblesses de l’autre : un Barca maître de l’entrejeu, là où Paris éprouve les pires difficultés. À l’inverse, les hommes de la capitale sont efficaces dans les deux zones de vérités, zones névralgiques des Blaugranas, même si l’attaque organisée autour du tandem Griezmann-Messi a des arguments à faire valoir. Le rapport de force semble donc équilibré et intéressant, la solution pourrait venir de Marco Verratti. Si peu à peu son influence se déplace dans le dernier tiers du terrain adverse, avec ce rôle de meneur de jeu, sa capacité à gratter des ballons dans l’entrejeu sera plus nécessaire au PSG dans cette zone à risque.

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