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Roi en Europa, Séville peut-il briser son plafond de verre en LDC ?

Plus de dix ans après leur dernier affrontement, les deux formations ont changé, au contraire des objectifs. Ce soir, le FC Séville affronte le Borussia Dortmund pour la première fois en Ligue des Champions et compte bien éliminer pour la première fois de son histoire, un club allemand en phase à élimination directe de la plus prestigieuse Coupe d’Europe. Jules Koundé et ses coéquipiers ont rendez-vous avec leur histoire et prétendent légitimement à un troisième quart de finale de Ligue des Champions de leur histoire. Mais en ont-ils les moyens ?

C’était en phase de poule de Ligue Europa 2010-2011. Séville avait gagné 1 – 0 à Dortmund, puis fait match nul 2 – 2 à Sánchez Pizjuán. C’est ce fameux groupe du PSG lors duquel il finit premier avec deux points d’avance sur le club espagnol. La double confrontation qui commence ce soir à 21 h est donc inédite en C1 et promet un beau spectacle. D’autant que le Borussia Dortmund réussit bien contre les clubs espagnols en phase à élimination directe de la Ligue des Champions. Nous nous souvenons tous de ces confrontations mémorables avec Malaga et le Real Madrid en 2012-2013 et 2013-2014.

Pablo Sarabia, maintenant au PSG, avait ouvert le score au match aller face au Bayern Munich le 3 avril 2018. Insuffisant pour décrocher une qualification historique. (leparisien.fr)

Le FC Séville est indubitablement le plus grand club de l’histoire de la Ligue Europa, mais à l’instar du Napoli par exemple, les Andalous ont historiquement du mal en C1. Il faut savoir que leur meilleur résultat dans cette compétition est un quart de finale. C’est arrivé deux fois : en 1958, le club avait été éliminé par le Real Madrid 10 – 2 au cumulé et la seconde fois en 2018, Séville avait perdu 2-1 au cumulé face au Bayern Munich. Atteindre ce stade cette saison pour la troisième fois est un objectif réalisable pour Julen Lopetegui et sa troupe. Nous allons vous expliquer pourquoi.

Une dynamique incroyable

Ces dernières semaines, le FC Séville de Lopetegui semble avoir passé un cap. Les quelques difficultés apparues en début de saison ont disparu et les certitudes règnent. Porté par plusieurs individualités comme le français Jules Koundé qui crève l’écran, les Andalous surfent sur une série de résultats très positifs. Toutes compétitions confondues, ils n’ont plus perdu depuis le 12 janvier, soit depuis 10 matchs. Mieux encore, ils sont sur 8 victoires d’affilées et n’ont pas pris de buts depuis 7 matchs. À domicile, c’est tout aussi bien puisque le club espagnol a gagné tous ses matchs en 2021, encaissant au passage deux buts seulement. La dernière défaite au Stade Sánchez Pizjuán remonte au 5 décembre 2020 face au Real Madrid et la défaite 1 à 0.

Jules Koundé et Youssef En-Nesyri, les deux hommes en forme du moment. (taiwannews.com.tw)

Cette dynamique se ressent aussi sur le terrain. L’équipe a corrigé le manque d’efficacité (voire pauvreté) offensive qui posait problème en début de saison. Collectivement, les automatismes et les circuits de passes ont été intégrés et Lopetegui est en train de confirmer sa saison précédente. Ses joueurs sont en confiance et un cercle vertueux s’est enclenché. Le FC Séville est une formation qui aime dominer et aujourd’hui celle-ci fonctionne également à travers certaines performances individuelles excellentes. Jules Koundé et Youssef En-Nesyri ont pris les rennes aussi bien offensivement que défensivement et ils font rayonner leur équipe. Aux abords de la surface, les Andalous sont tranchants et deviennent facilement dangereux. Très bonne dans les airs – Séville est la quatrième meilleure équipe de C1 au classement du nombre de duels aériens gagnés -, l’équipe de Lopetegui tente beaucoup et marquait peu, mais cela semble loin maintenant. Attendons-nous ce soir à un match intéressant offensivement, seulement n’oublions pas que nos deux équipes du jour aiment avoir le ballon donc l’incertitude pourra régner.

Papu Gómez face à Getafe le 6 février : son premier match référence sous les couleurs andalouses. (jawapos.com)

Par ailleurs, Lucas Ocampos, malheureusement absent ce soir, est toujours aussi bon. Suso monte en puissance depuis plusieurs semaines et semble retrouver la confiance qu’il avait perdue au Milan. Au poste de gardien de but, Yassine Bounou est une révélation et démontre de très belles choses chaque semaine. Il sera déterminant pour remporter cette double confrontation face au Borussia Dortmund. Enfin, il y a un certain Papu Gómez qui vient d’arriver le 26 janvier dernier et semble être le joueur qui manquait à cet effectif. Le club tient peut-être en sa personne le remplaçant de la légende du club argentine Ever Banega, parti en septembre dernier. Attendons avant de s’enflammer, mais ses premiers matchs furent plus que convaincants, notamment ponctués par un magnifique but face à Getafe il y a dix jours.

Dortmund et son facteur x : Erling Haaland

Au moment du tirage au sort le 14 décembre dernier, le Borussia Dortmund venait de limoger Lucien Favre et affronter le FC Séville semblait abordable. C’est toujours le cas, les Allemands ont évidemment leur carte à jouer, mais le rapport de force a changé. Contrairement aux Sévillans, le BvB est en proie aux doutes, en témoigne sa série en cours de trois défaites consécutives à l’extérieur – une première depuis 2014. Edin Terzić, le remplaçant de Favre, va diriger son 13e match, son premier européen. Son bilan est pour le moment mitigé. Après deux mois passés à la tête de l’équipe, le germano-croate a gagné 5 matchs, fait 3 matchs nuls et a en a perdu 4. Il serait trop facile de l’accabler, car ses joueurs ont une grande part de responsabilité dans les mauvais résultats depuis plusieurs semaines maintenant. Nous ne sommes pas là pour diagnostiquer cette formation allemande, car il semble davantage pertinent de la valoriser, en mettant en lumière un joueur capable de nous éblouir une énième fois malgré son jeune âge : Erling Haaland.

Ce soir, face à Seville, est son moment pour le jeune prodige norvégien. (blogvisaodemercado.pt)

Le Borussia Dortmund n’a plus gagné un match à l’extérieur en phase à éliminatoire de Ligue des Champions depuis la victoire sur le terrain du Zenit le 25 février 2014. Seule lueur d’espoir ? Un joueur, qui répond au nom d’Erling Braut Haaland. Le buteur prodige va jouer son troisième match de Ligue des Champions à élimination directe. Il a déjà mis deux buts (?!) qui sont encore dans toutes nos têtes. Après 12 matchs de C1, il a inscrit 16 buts. Tout porte à croire qu’une nouvelle démonstration de force est à venir. Cette saison, Haaland casse tout sur sa route, aussi bien en Ligue des Champions qu’en Bundesliga. Dans une équipe qui sait mettre des buts, il a tout pour trouver le chemin des filets face à Seville. Pourtant, il aura fort à faire dans son duel face aux centraux adverses. Mais rien ne semble l’arrêter. Depuis son retour de blessure le 3 janvier dernier, il a marqué 6 buts en 9 matchs, un très bon bilan en somme. Enfin, malgré son jeune âge, lui aussi a déjà rendez-vous avec son histoire et cela ne semble en aucun cas le déranger. Attendons-nous à quelque chose de grandiose.

À quelques heures du coup d’envoi, le Borussia Dortmund se dresse en tant qu’outsider, constat qui n’était pas partagé il y a encore quelques semaines. L’opposition est équilibrée et devrait être très intéressante. Néanmoins, la pression est du côté du FC Séville. Lopetegui et ses hommes sont attendus au tournant. Un palier peut être franchi : atteindre le top 8 européen comme il y a trois ans.

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