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Du travail d’or Faivre !

C’était semaine de rédemption pour Mathieu Faivre à Cortina d’Ampezzo ! Arrivé en Italie sans grandes certitudes avec pour derniers résultats, des poussives 20e, 17e, 16e et 15e places, le niçois a réussi à retrouver son meilleur niveau au meilleur des moments ! Pour ses cinquièmes championnats du monde, 8 ans après ses premiers à Schladming (Autriche), Mathieu Faivre s’est d’abord imposé sur le parallèle individuel, premier du nom aux mondiaux, avant d’aller glaner le titre suprême en géant, sa discipline de prédilection !  

Jeunesse dorée

Mathieu Faivre, c’est 1,75m, 78 kg, un petit gabarit au tempérament de feu, et au toucher de neige divin ! En 2009, il remporte le Festival Olympique de la Jeunesse Européenne à Szczyrk en Pologne, devant un certain Stefan Luitz… Mais c’est bel et bien en 2010 que la magie va commencer à opérer ! Alors âgé de 18 ans, Mathieu Faivre devient champion de France junior de slalom devant Alexis Pinturault, et de géant, à Chamonix ! Trois semaines plus tard, toujours aux Houches, il est sacré Champion du Monde junior de géant, succédant ainsi au palmarès à son coéquipier Alexis Pinturault. Il devance une nouvelle fois Stefan Luitz, vainqueur du géant de Beaver Creek en 2019, et d’autres jeunes devenus grands comme Vincent Kriechmayr ou encore Justin Murisier. Ce titre lui offre donc une place nominative pour le géant des finales de la Coupe du Monde à Garmisch Partenkirchen. Auteur d’une belle course, il se classe 15e et inscrit ses premiers points chez les grands !

Mathieu Faivre pense alors avoir fait le plus dur, mais l’encadrement décide de le laisser mûrir en Coupe d’Europe, chose que le niçois a eu du mal à avaler. Pendant qu’il continue de faire ses armes, il doit observer Alexis Pinturault, seulement un an plus âgé que lui, commencer à s’imposer en Coupe du Monde. Mais Mathieu Faivre a la tête dure, c’est un bosseur, un acharné, un teigneux. Il va apprendre, progresser, travailler sur lui et ça va payer. Après plusieurs podiums, il remporte sa première Coupe d’Europe sur le géant Oberjoch en Allemagne en 2012. Cette victoire va définitivement lui ouvrir les portes de la Coupe du Monde et effectue sa première saison complète en 2012/2013.  

  

L’émotion après son titre en géant. Crédit: AgenceZoom

Entre doutes et promesses

4e à Beaver Creek en 2013, il doit attendre le 13 février 2016 pour signer son premier podium. C’est à Naeba au Japon, derrière Alexis Pinturault. Le 4 décembre 2016, il décroche sa première et encore unique à ce jour, victoire en Coupe du Monde. A domicile sur la piste Oreiller Killy de Val d’Isère, il devance le grand Marcel Hirscher qui était venu priver les français d’un quadruplé historique, en se glissant à la deuxième place devant Alexis Pinturault, Thomas Fanara et Victor Muffat-Jeandet. Cette saison 2016/2017 reste sa plus prolifique en Coupe du Monde avec deux autres podiums à Alta Badia et Aspen, et une place de dauphin de Marcel Hirscher au classement de la discipline.

Alors installé parmi les meilleurs géantistes du monde, le changement de réglementation et l’introduction de skis au rayon de courbe de 30m vont venir bousculer sa confiance.

« Il n’y a pas énormément de changement au niveau technique, il y a juste un changement en terme de timing. Et ça vient en faisant des kilomètres. On va tous s’y habituer, s’en accommoder ».

Mathieu Faivre en 2017, source ski chrono

Depuis, ce sont seulement deux podiums, un à Saalbach en 2018, et un dernier qui remonte à octobre 2019 à Soelden, pour un nouveau doublé français derrière Pinturault. Et les choses ne semblaient pas vouloir s’améliorer pour le niçois cette saison, avec seulement un Top 10 en 6 géants, et une timide 10e place sur le parallèle le Lech. Pas de quoi arriver aux championnats du monde de Cortina d’Ampezzo avec le plein de confiance et des certitudes…

Dernier podium en Coupe du Monde à Sölden, partagé avec Alexis Pinturault

Surtout qu’aux mondiaux, Mathieu Faivre n’a jamais vraiment brillé, avec pour meilleur résultat une 9e place à Saint-Moritz en 2017, et une décevante 17e position il y a deux ans à Are. Seul lot de consolation, il est sacré Champion du Monde par équipe du parallèle en 2017, aux côtés d’Alexis Pinturault, Julien Lizeroux, Tessa Worley, Adeline Baud Mugnier et Nastasia Noens.

Une semaine parfaite

Tout cela pour dire que Mathieu Faivre était loin d’arriver en Italie en tant que favori ! 5e des qualifications matinales du parallèle, il va enchaîner les tours et éliminer Samu Torsti, Fabio Gstrein et Alexander Schmid pour se hisser en finale. La médaille est alors assurée, la première pour lui en individuel aux Championnats du Monde. Face à lui, Filip Zubcic, le croate en pleine confiance qui réalise la meilleure saison de sa carrière. Mais aujourd’hui, rien ne peut résister à Mathieu Faivre qui va se parer d’or et offrir à la France son premier titre de la quinzaine. Un bonheur qu’il partage avec Tessa Worley, bronzée chez les dames, et tout le staff qui n’a jamais cessé de le soutenir.

Joie partagée. Crédit : AgenceZoom

Trois jours plus tard, à peine remis de ses émotions et libéré par ce titre, le niçois réalise une excellente première manche sur le géant, survolée par Alexis Pinturault. Sur un terrain exigeant, où il faut s’adapter à différents types de neige, Mathieu Faivre réalise pour la première fois depuis bien longtemps deux manches consistantes. Il coupe la ligne avec près de 9 dixièmes d’avance sur Marco Schwartz, avec le poing serré et le sentiment du devoir accompli. Il ne reste plus que 3 hommes dans le portillon. A peine assis dans le fauteuil de leader, il voit l’allemand Alexander Schmid partir à la faute, Mathieu Faivre est assuré d’une deuxième médaille mondiale ! Luca de Aliprandini, surprenant dauphin de Pinturault en première manche, résiste à la pression et se classe 2e, à 6 dixièmes de Faivre…

Alexis Pinturault est le dernier à s’élancer, on sait d’ores et déjà que le Champion du Monde de géant sera français, une première depuis 53 ans et Jean-Claude Killy. On rêve du doublé, malheureusement les espoirs du skieur de Courchevel sont vites douchés part une petite faut d’intérieur à la neuvième porte, qui en aura piégé plus d’un. Enorme déception pour Pinturault qui voit l’or se refuser une nouvelle fois à lui. En bas, ce sont les larmes de Mathieu Faivre et de Luca di Aliprendini qui envahissent l’aire d’arrivée, le skieur d’Isola 2000 est double Champion du Monde, comme dans un rêve !

« Je suis venu ici en priorité pour le géant. Repartir avec la plus belle des médailles, c’est juste un sentiment incroyable »

Mathieu Faivre, source ski chrono

Exemple de travail et de persévérance, Mathieu Faivre a retrouvé son génie cette semaine, lui permettant de décrocher par deux fois le plus beau métal. Il lui faudra sans doute du temps avant de réaliser l’ampleur de son l’exploit, mais pourra s’en inspirer pour retrouver la place qui est la sienne sur le devant de la Coupe du Monde. A un an des Jeux de Pékin, et à deux ans des mondiaux en France, les promesses sont nombreuses !      

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