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Preview UFC Vegas 20 : Cyril Gane en route vers son destin

Premier main-event à l’UFC pour Cyril Gane et nouvelle étape, après son combat contre Junior Dos Santos, dans son rêve de conquête du titre suprême. L’occasion d’un peu plus savoir si, comme on le pense, il a les moyens de son ambition : celle de bientôt monter sur le trône de sa catégorie.

Alors, on ne va pas trop tôt vendre la peau du plantigrade, surtout après le combat du week-end dernier entre Derrick Lewis et Curtis Blaydes qui nous aura (une fois de plus et si besoin était) rappelé que rien n’est jamais écrit, en MMA encore moins qu’ailleurs. Un coup, un seul, pouvant venir bousculer les certitudes les plus ancrées – surtout chez les Poids Lourds.

Pour autant et tout chauvinisme mis à part, il est permis de raisonnablement penser que le français affiche suffisant bagage pour la confrontation qui s’annonce. Se montrant à peu près supérieur en tout à Rozenstruik, force de frappe et expérience exceptées. Gane, même s’il est relativement novice en MMA, pouvant être considéré comme combattant simplement plus complet et doté d’une palette technique, ô combien, plus étendue que son adversaire.

Tellement, en fait, qu’on a l’impression que le Bon Gamin en est encore à faire ses gammes au sein de la discipline. Ayant jusqu’à présent tant dominé ses opposants qu’il n’a pas été mis dans le dur. Et n’a du coup, pour l’instant, montré qu’une partie de ce qu’on le soupçonne en mesure d’accomplir (notamment au niveau de son jeu au sol). Pouvant ainsi presque lui souhaiter de tomber sur une confrontation à même de le mettre en difficulté, histoire de voir comment il réagit dans l’adversité. Et ainsi gagner en expérience dans l’octogone.

Ce qui risque de ne pas être le cas samedi, tant on peut imaginer Gane dérouler précis game plan. Boxer à la touche, rester à mi-distance, marquer des points sans (trop) s’exposer et, peu à peu, fatiguer Rozenstruik. À rebours de la grosse erreur qui consisterait à chercher à rentrer dans la bagarre. Le français affiche technique, QI fight et cardio à même de ne pas se faire piéger.

Il lui faudra néanmoins faire attention à une défense, par instants, un peu poreuse. Ayant parfois tendance à se découvrir quand il avance sur l’adversaire et lance ses coups. Cela ne lui a, jusqu’ici, pas été préjudiciable. Mais on peut imaginer qu’il en serait tout autrement face à un ferrailleur tel que Rozenstruik. Un profil à classer dans la même catégorie que Derrick Lewis : le genre à se voir dominé un combat entier puis s’en sortir grâce à son punch nucléaire et LE coup porté au bon endroit. Comme une parfaite illustration des propos de Deontay Wilder concernant son état d’esprit sur un ring : « Mes adversaires doivent rester concentrés pendant l’intégralité d’un combat. Moi, je n’ai besoin que d’UNE ouverture ». Alistair Overeem, entre autres, peut douloureusement en témoigner.

On peut ainsi compter sur Gane pour ne pas faire n’importe quoi. Le Bon Gamin exhale la sérénité d’un athlète conscient de ses atouts sans l’arrogance allant parfois de pair. Il semble avoir la tête sur les épaules, les pieds bien ancrés dans le sol, empli de la force tranquille du guerrier confiant. Et s’il lui arrivait un jour, pour on ne sait quelle raison (sous l’effet de la suffisance ou de la panique), de soudainement déjouer, on se tournerait alors vers son arme fatale, son atout maître, son ingrédient secret : le coach/sorcier Fernand Lopez. Stratège de haut niveau et analyste cinq étoiles qui « lit » la discipline comme personne et sur qui on peut compter pour, comme il se doit, encadrer (et éventuellement recadrer) ses combattants.

Si telle confrontation s’avère donc indispensable étape dans sa course au titre (autant en ce qu’elle lui fait écarter un concurrent direct qu’elle lui permet d’emmagasiner de l’indispensable expérience), on espère, plus encore qu’une victoire, une véritable démonstration de force : un appel lancé à tous les noms de sa catégorie. Qu’il s’agisse d’un k.o. rapide et brutal ou d’une masterclass sur cinq rounds. Meilleure façon d’établir statement à sa mesure et s’affirmer, sans ambiguité aucune, comme le prochain contender de la division.

Une fois n’est pas coutume et au-delà de tout patriotisme déplacé, on va ainsi faire les fanboys : Gane a tout les atouts pour acquérir la ceinture. Le main event de ce week-end se présentant comme marche supplémentaire lui permettant de s’en approcher. Qu’il impose son nom et prenne sa place dans la division. Il a tout pour y arriver. Son destin lui tend les bras. À lui de l’accomplir.

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