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Le Utah Jazz : musique du moment ou son de l’année ?

Après plusieurs saisons à faire les play-offs sans passer le cap, le Jazz réalise un début de saison 2020-2021 époustouflant en dressant le meilleur départ sur une saison de l’histoire de la franchise. Un bilan au-delà des espérances pour les fans du Jazz qui se mettent à rêver d’autre chose. Alors cette équipe est-elle vraiment taillée pour le titre ou sommes-nous seulement aveuglés par ce début de saison ?

Un début en trombe 

27 – 8. Voilà le bilan d’Utah depuis le début de saison. Les hommes de Quin Snyder restaient sur 18 victoires lors de leurs 19 derniers matchs et se plaçaient premier de la conférence Ouest. Sur ce run impressionnant, le Jazz s’est offert de belles équipes comme les Warriors et les Nuggets d’un Nikola Jokic en mode MVP cette saison. Mais ont également écarté les Bucks du MVP en titre Antetokounmpo (deux fois) et les Lakers, champions en titre qui sont des prétendants au titre. 

Un seul accroc face à Denver puis le Jazz se reprend tout de suite en alignant neuf victoires de suite, depuis, (dont Philadelphie premier de l’Est) pour trôner en tête de la NBA. Un différentiel positif de 9,3 points pour agrémenter le tout (meilleur de la NBA) venant prouver le niveau de domination de Donovan Mitchell et sa bande.  

Cependant, le calendrier du Jazz était assez favorable sur cette période. On les attendait au tournant. Deux fois le Miami Heat qui n’est pas flamboyant cette saison, certes, mais qui reste le finaliste en titre et le retour de Jimmy leur fait le plus grand bien. Mais également deux fois les Clippers (deuxième à l’Ouest) et les Sixers (premier à l’Est) qui sont des favoris pour le titre. Sans oublier un test face aux Los Angeles Lakers (troisième à l’Ouest) champions en titre de Lebron James et Anthony Davis. Le calendrier à venir pour la bande à Snyder était assez relevé. Et quelle surprise ! Utah n’a pas déçu et a gagné face à toutes les équipes fortes qu’ils ont affrontés. Avec la manière face aux Lakers, Clippers et le Heat, puis une victoire à l’expérience dans le money-time face aux Sixers de Joël Embiid.  

‘’C’est la meilleure équipe de la conférence Ouest’’ a déclaré Giannis Antetokounmpo, en conférence de presse, après la défaite des siens face au Jazz.

Mike Conley, le meneur du Jazz auteur d’une belle saison – Source: sportytell

Un collectif bien huilé 

Si le Jazz en est là, ce n’est pas par hasard. Quin Snyder, qui s’est imposé comme une des meilleurs coachs en NBA, a réussi à bâtir un fond de jeu basé sur un gros collectif. D’ailleurs, il vient d’être élu coach du mois de février à l’Ouest. Un collectif construit autour de la jeune star de l’équipe, Donovan Mitchell. A 24 ans, l’arrière rentre dans sa quatrième saison progresse d’année en année pour devenir la star que tout le monde attend. Après plusieurs échecs en play-offs ces dernières années et notamment une défaite en sept matchs face à Denver après avoir mené 3 – 1, Mitchell se doit de passer au niveau supérieur pour mener son équipe au sommet. Pour l’accompagner, le pivot frenchie Rudy Gobert veille dans la raquette (deux fois défenseur de l’année) et se voit attribuer de plus en plus de responsabilités offensivement.  

Le duo est accompagné de soldats valeureux comme Mike Conley, Bojan Bogdanovic ou encore leur sixième homme Jordan Clarkson. Mike Conley retrouve son niveau de l’époque Memphis après une saison dernière en dent de scie. Bogdanovic montre une efficacité à trois points remarquable (40,5 %) et s’avère précieux en fin de match. Enfin, Clarkson justifie parfaitement son arrivée fin 2019 et se place comme un candidat sérieux pour le titre de sixième homme de l’année (18 points et 4 rebonds de moyenne).  

Preuve de la puissance du collectif des mormons, quatre joueurs tournent à plus de quinze points de moyenne (Mitchell, Clarkson, Bogdanovic, Conley). Mais le plus impressionnant reste la performance et la réussite de l’équipe au tir à trois points. Joe Ingles vient de devenir le meilleur tireur à trois points de l’histoire de la franchise. Bogdanovic, Mitchell et Conley tournent tous à plus ou quasiment 40 % à trois points. Le Jazz était la première équipe de l’histoire à tirer plus de 40 tirs à trois points et avoir une efficacité supérieure à 40 % de réussite. Avec cette réussite affolante, le Utah Jazz peut sans doute avoir la meilleure saison au tir à trois points de l’histoire.  

 Mitchell-Gobert : Post Stockton-Malone ? 

Cela fait maintenant quatre années avec l’arrivée de Donovan Mitchell que le duo côtoie la même franchise. A chaque fois une qualification en play-offs avec une demi-finale de conférence Ouest et deux premiers tours. Des résultats corrects sans pour autant passer le niveau supérieur. La quatrième pourrait être révélatrice pour les deux compères. Eux qui ont vécu une saison dernière très compliquée.  

Un comportement déplacé à l’aube du Covid et voilà que notre pivot national est détecté comme premier cas de Covid dans la grande ligue. Rudy est moqué et tancé par toute la planète basket. Un an plus tard et une prolongation de contrat à hauteur de 205 millions d’euros sur cinq ans viendront enlever tout suspens de départ. Un contrat qui n’est pas du goût de tout le monde et notamment du pivot légendaire Shaquille O’Neal qui ne comprend pas comment ‘’un pivot tournant à 11 points de moyenne peut gagner 200 millions d’euros’’. Mais ce n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd. Rudy assure cette saison et justifie son contrat et vient d’être élu All-star pour la deuxième fois de sa carrière. Il n’y est pas pour rien si le Jazz trône en tête de l’Ouest. Si Mitchell est le leader offensif, Rudy est le leader défensif et se permet même des performances au scoring (27 pts face aux Bucks, 29 face aux Mavs).  

Des belles performances qui viennent éclipser la saison en demi-teinte de Donovan Mitchell. Malgré une prolongation de contrat à hauteur de 195 millions sur cinq ans, Spida n’est pas dans la forme de sa vie. Shaquille O’Neal est même venu en rajouter une couche en disant ‘’qu’il n’a pas ce qu’il faut pour passer au niveau supérieur’’. Donovan tourne en 24 –4 – 5 mais il ne pèse pas sur le jeu comme les dernières saisons et ça se voit. Alors que ce dernier a réalisé un premier tour de play-offs 2020 sensationnel avec une ligne statistique en 36-5-5 dont une pointe à 57 points pour devenir la troisième meilleure performance au scoring de l’histoire des play-offs. Donovan Mitchell est attendu au tournant et ne doit pas décevoir. Il vient d’être sélectionné pour le All-Star Game à Atlanta et montre qu’il va mieux depuis quelques matchs. 

Un nouveau duo fleurit à Salt Lake City. Espérons qu’il est une fin plus joyeuse que le duo légendaire des années 90. 

Rudy Gobert et Donovan Mitchell, le duo All -Star du Jazz – Source: playitusa

Alors avec tous ces records à trois points et des individualités très fortes qui forment un collectif en symbiose autour du duo Mitchell-Gobert, le Jazz a-t-il réellement ses chances ? Une défaite face aux Pelicans, hier soir, n’entache en rien le début de saison des mormons même si des doutes subsistent encore sur la réelle capacité du Jazz d’aller loin en post-season. Si la régularité y est, peut-être que le Jazz réalisera ce que Karl Malone et John Stockton n’ont pas su faire vingt ans auparavant.  

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