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Draft NFL 2021 : Kwity Paye, l’âge de la maturité

La draft, cet événement annuel qui permet aux franchises du sport américain de se renouveler. La NFL ne déroge pas à la règle et le 29 Avril prochain, une nouvelle classe de joueurs sortant de l’université sera repêché et rentrera dans la grande ligue. Entre, choix judicieux, coup du sort, déceptions, le tout saupoudré d’un soupçon de chance, cette année sera encore une fois l’apogée de l’intersaison. Le CCS se mobilise pour vous préparer au mieux à la prochaine draft avec la présentation de profils détaillés des plus gros espoirs, mais aussi des bons coups que l’on pourrait trouver plus tard dans l’événement. Sans hiérarchie particulière, vous trouverez ici toutes les informations nécessaires pour connaître les futurs rookies, voire même les futures stars de la NFL.

Bilan Michigan avec Paye (1-3):

Saison catastrophe à Michigan. Si les fans des Wolverines ont connu pas mal de déconvenues ces dernières années, l’exercice 2020 restera dans les mémoires comme le fond du trou, avec ou sans Paye. 6 matches, 4 défaites et un bilan qui les place même derrière Rutgers et Maryland. Le ciel est officiellement tombé sur la tête des résidents d’Ann Arbor, et on a longtemps senti la fin de cycle pour Jim Harbaugh, finalement maintenu aux commandes. Dans ce marasme collectif et une atmosphère pesante sur fond de pandémie, de stades vides et de défaites, certains joueurs auront su étaler leur talent. C’est par exemple le cas de Kwity Paye, Defensive End jusqu’ici prometteur qui a montré les progrès attendus, même si la ligne de stats est restée pauvre. 

Statistiques individuelles: 4 matches, 16 plaquages, 2 sacks

Si vous êtes partisan du box score scouting, Kwity Paye ne sera pas pour vous. Il a montré de gros progès dans son jeu cette année, mais les statistiques restent assez modestes. Qu’importe, les fans de Michigan vous le confirmeront: la réalité du terrain est tout autre.

Forces:

  • Profil athlétique

Regarder Kwity Paye, c’est lever ses sourcils. A répétition. La première fois qu’on l’observe, impossible de l’imaginer à 1,93m pour 123kg. Et pourtant, c’est bien les mensurations auxquelles on l’annonce. Un homme avec cette taille et ce poids n’est pas supposé offrir une telle facilité de mouvement. 

Pour le poste d’Edge Rusher, on juge souvent les capacités athlétiques en fonction du premier pas. L’explosivité, c’est en effet le meilleur ami d’un défenseur lorsqu’il veut mettre un bloqueur adverse dans une mauvaise position. Cette explosivité, on l’a ou on ne l’a pas. Kwity Paye, il l’a. Les scouts privilégieront toujours ce genre d’attribut qui promet un potentiel hors norme, à condition de pouvoir utiliser la boîte à outils. Pourtant, résumer les capacités physiques de Paye à un bon démarrage serait réducteur. Comme je l’ai évoqué au début, c’est sa capacité de changement de direction, la vivacité de ses pieds, sa capacité à jouer bas (on y reviendra) et à contrôler un corps aussi lourd avec autant d’aisance qui interpelle. 

Non content d’être explosif sur ses appuis, Paye est également puissant. Concrètement, c’est une boule de muscle, un corps très dense et qui cherche constamment l’opposition de force.  

En une séquence de deux actions, Paye montre 1) sa puissance naturelle pour complètement repousser l’OT adverse et s’offrir un TFL 2) son explosivité qui lui permet de couvrir une large distance très peu de temps après le snap.

Pour son poste, Paye offrira toujours un mélange à en faire saliver les coordinateurs défensifs car il s’agit d’un joueur pouvant gagner dès le snap et impacter une action rapidement. Quelque soit le jeu appelé par l’attaque, on tient là un joueur capable de ruiner chaque action.

  • Effet levier

Il y a des mots utilisés dans le jargon du football américain qu’on aura du mal à traduire en français. “Leverage” en fait partie. C’est pourtant une composante essentielle pour juger un joueur des tranchées. L’adage dit souvent “L’homme le plus bas gagne”. C’est ça, le leverage, la capacité à jouer bas afin de créer un effet levier en créant l’impact sur le buste de l’adversaire pour le relever complètement et lui enlever toute capacité d’opposition. Si vous n’avez pas compris ce que j’essaie d’expliquer, pas de souci, il suffit de regarder Kwity Paye. Le joueur de Michigan est en effet l’un des meilleurs prospects que j’ai pu observer à ce poste dans ce domaine du jeu. Et pour une raison très simple: Paye joue bas. C’est inné pour lui. Et on en revient à ce que je disais plus tôt: il paraît beaucoup plus petit qu’il ne l’est vraiment, parce qu’il bénéficie d’un centre de gravité extrêmement bas. Et ça, c’est très intéressant. Imaginez: Vous êtes un OT adverse, vous faites 2m pour 145kg et vous devez essayer de placer vos mains au niveau de la poitrine d’un engin au départ canon et qui vous arrive à la ceinture. C’est un cauchemar. Et ce fut celui de tous les OT du Big Ten cette année.

  • D’un mélange prometteur à un cocktail détonnant

On l’a vu plus tôt, Paye est un cocktail détonnant entre prouesses athlétiques, puissance naturelle et centre de gravité insaisissable. Mais ce qui vient compléter le tableau, parfaire le dessert pour l’ancien de Michigan, c’est sa capacité à coordonner le tout pour se créer une palette très intéressante de mouvements dans le pass rush.

Son favori, son move extérieur, montre très bien sa capacité à transformer vitesse en puissance. Paye menace rapidement l’épaule extérieure de l’OT adverse et va planter son pied d’appui pour attaquer subitement la zone entre le bras gauche de son opposant. Avec un placement une nouvelle fois très bas, l’adversaire est complètement impuissant et Paye pourra réduire un maximum son angle vers le QB adverse. 

Paye commence par un très bon premier pas, puis se baisse avant de repiquer vers l’OT. Sa position naturellement basse empêche l’adversaire de le repousser vers l’extérieur, et Paye a un angle direct vers le QB.

Une technique à la fois rapide et pratiquement impossible à bloquer pour les pauvres OT du Big Ten qui en ont continuellement soufert. Avoir un mouvement de référence à ce niveau de sa carrière est impressionnant, et Paye dispose de plusieurs autres solutions en fonction de son alignement. En effet, la défense de Michigan n’a pas hésité à le déployer le long de la ligne défensive afin de lui trouver les meilleurs matchups possibles. Paye a pu y démontré qu’il savait utiliser ses mains pour se défaire de blocks adverses, et sa vivacité a une nouvelle fois été un cauchemar, sur l’intérieur cette fois.

Faiblesses:

  • Pass rush moves

Si Paye peut être une corvée à bloquer, il faudra qu’il apprenne à préparer un plan B. Car en NFL, les OT adverses trouveront des réponses aux nombreux problèmes qu’il peut poser. Pour avoir une longue et productive carrière, il lui faudra préparer des contres et continuer à diversifier son arsenal. On aimerait par exemple le voir plus souvent utiliser son bullrush qui a lui aussi le potentiel d’être dévastateur.

Lorsque son premier mouvement échoue, Paye semble sans idée pour contrer ce que fait son adversaire. C’est par exemple le cas ici, où son adversaire arrive à placer un bon « punch ». Paye n’arrive pas à rebondir derrière.
  • Modeste production

Certains scouts NFL s’en préoccuperont, d’autres non. Les fans de Michigan ne pourront contester le manque de sacks et un impact trop léger sur la ligne de stats pour Paye. En 4 ans passé à Ann Arbor, il n’aura amassé que 23.5 TFL, 11.5 sacks et un seul Fumble Forcé. Ce n’est pas catastrophique, et il a eu de la concurrence à ce poste (Rashan Gary, Chase Winovich, Josh Uche, tous partis en NFL). Il n’empêche, au moment de choisir entre lui et son concurrent direct pour le titre de EDGE1 de cette classe (Gregory Rousseau, 15.5 sacks en 2019) ce sera un facteur à retenir.

  • Ne sait pas sourire
Voilà voilà.

Prédiction draft : Premier tour (10– 20)

Une équipe qui sera intéressée : New York Giants

La première équipe potentiellement intéressée sera sûrement celle des Giants. Leur défense a connu une très bonne saison 2020, entre innovation, rapidité et discipline. Ajouter un pass rusher dominant à cet effectif encore un peu poreux pourrait faire très mal dans une conférence qui ne bénéficie pas non plus des meilleurs lignes offensives.

La note du CCS : Tier S

Entre son centre de gravité toujours bas et ses appuis vifs, on a parfois l’impression de regarder un RB lorsqu’on regarde jouer Kwity Paye. Indubitablement l’une des évaluations les plus intéressantes de cette draft, c’est aussi un joueur qui ne s’est pas pressé avant de se présenter à la draft. Il a en effet attendu de terminer son cursus universitaire et n’a pas sauté les étapes. Après une saison raccourcie en 2020, il a tout de même pu montrer le fruit de son travail, et son éthique personnelle ne devrait susciter aucun doute.

A tel titre qu’un joueur présenté au premier abord comme un potentiel athlétique montre en réalité beaucoup de signaux positifs quant à son intégration à court terme dans la grande ligue.

Si tout le monde semble d’accord pour le placer en première partie de premier tour, les avis fluctuent sur les attentes à son niveau. En ce qui me concerne, aucune hésitation, il sera le 1er défenseur sur mon big board. Son mix de capacités physiques et les progrès qu’il a déjà montré dans son jeu en font un prospect avec une base solide et un potentiel effrayant. Au poste de DE, ce genre de profil ne devrait pas laisser autant de doutes.

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