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Marc Soler, l’homme de l’ombre prêt à briller ?

Depuis quelques mois, l’équipe espagnole Movistar fait face à la clôture d’un grand chapitre de sa riche histoire. Avec la fin de l’ère Valverde-Quintana, ses deux coureurs emblématiques de la décennie 2010, elle a connu d’importants changements visant à faire perdurer le haut niveau de cette formation historique du peloton. Pour préparer l’après Valverde et avec l’inattendu départ de Richard Carapaz, Movistar est allée l’année dernière rapatrier le jeune Enric Mas. Cette année, c’est Miguel Angel Lopez qui a débarqué au sein de l’équipe d’Eusebio Unzué. Mais derrière ces deux coureurs, un autre coureur semble prêt à briller. Son nom ? Marc Soler Gimenez.

De pur produit catalan à grand espoir du cyclisme mondial

Marc Soler est né le 22 novembre 1993 à Vilanova i la Geltrú, petite commune de Catalogne. Commençant par le VTT, il démarre son histoire d’amour avec le cyclisme sur route dans le CC Mollet, club se situant à une vingtaine de kilomètres de Barcelone. Après avoir fait ses classes en catégorie juniors chez Huesca-La Magia, le jeune Marc intègre le circuit amateur par le biais de la formation Lizarte, réserve de l’équipe professionnelle Movistar. Durant trois saisons, il remporte plusieurs courses comme la Cursa del Gall d’Indi, le Grand Prix Kutxabank ou encore le Mémorial Cirilo Zunzarren.

Marc Soler, vainqueur du Tour de l’Avenir 2015. (Photo : tourdelavenir.com)

La plus grande performance de Marc Soler en amateur a eu lieu avec le formation Espagne espoirs. En 2015, il participe avec sa sélection au Tour de l’Avenir, course regroupant les meilleurs coureurs U23 de la planète. Après un début discret, il profite des trois dernières étapes de l’édition pour pointer le bout de son nez et mettre en avant ses qualités de grimpeur. Sans remporter d’étape, un Marc Soler constant parmi les meilleurs s’adjuge cette prometteuse victoire sur le classement général du Tour de l’Avenir devant Jack Haig et Matvey Mamykin.

Premiers résultats chez Movistar

Cette victoire participe à la croissance de la notoriété de Marc Soler. Comme on le sait, le Tour de l’Avenir est un formidable moyen de mettre en avant les jeunes pépites du cyclisme mondial. Par le passé, de grands coureurs comme Nairo Quintana, Egan Bernal ou encore Tadej Pogacar ont triomphé sur cette épreuve. D’autres comme Romain Sicard ou Ruben Fernandez n’ont pas confirmé les espoirs placés en eux.

En 2016, le Catalan continue son petit bonhomme de chemin en épatant son équipe sur la Route du Sud. Co-équipier de Nairo Quintana, futur vainqueur de l’épreuve, Soler triomphe lors de l’étape reine menant à Val d’Azun Couraduque. Il termine à la seconde place du classement général. 

Dès la saison suivante, l’Espagnol commence à venir se frotter aux monstres du peloton. Sur ses terres natales, il aide son leader Alejandro Valverde à remporter le Tour de Catalogne, terminant à la troisième place du classement général. Le jeune Soler se distingue également durant le Tour de Suisse où il finit à la huitième place. Après avoir acquis de l’expérience, Marc découvre son premier grand tour, la Vuelta.

Soler brille sur la “Course au soleil”

2018 est une année importante dans la carrière de Marc Soler. En février, il fait preuve de régularité sur les routes du Tour d’Andalousie (3 top 10 sur 5 étapes) et termine troisième du classement général. Quelques semaines plus tard, Soler est désigné comme leader sur Paris – Nice. Il se retrouve au milieu d’un plateau composé de références de la planète cyclisme comme Dan Martin, Jakob Fuglsang, Esteban Chaves ou encore Ilnur Zakarin.

Après un début discret, sa deuxième place derrière Wout Poels au contre-la-montre de la quatrième étape lui permet de faire un rapproché au classement général. L’arrivée au sommet de Valdeblore voit Simon Yates triompher et faire coup double en prenant la tête de la course. 

Comme d’habitude, la dernière étape de Paris-Nice est un véritable feu d’artifice. Dans une course débridée, Marc Soler part dans la côte de Peille accompagné de ses compatriotes David de la Cruz et Gorka Izagirre. Au terme d’une course poursuite avec le groupe Yates, il termine troisième de l’étape avec 35 secondes d’avance sur le Britannique auxquels s’ajoutent quelques secondes de bonifications qui lui permettent à 24 ans de remporter sa première course à étape World Tour. 

Cette formidable performance met en avant la polyvalence de Marc Soler. Le Catalan a su maximiser ses qualités sur l’effort individuel, sa capacité à être présent parmi les meilleurs dès que la route s’élève et faire parler sa grosse caisse lors de la dernière étape.

Marc Soler, vainqueur de Paris – Nice 2018. (Photo : Le Figaro)

Quelques jours plus tard, il sert une nouvelle fois magnifiquement ses leaders Valverde (1er) et Quintana (2e) sur le Tour de Catalogne. Ses bons résultats lui valent d’être invité sur le Tour de France afin d’épauler le trio Quintana – Valverde – Landa.

Principale victime de la stratégie Movistar

Sur la Vuelta 2019, Marc Soler devait avoir un rôle important en compagnie du tout frais vainqueur du Giro Richard Carapaz. L’Equatorien absent, il a vu le mythique duo de la Movistar Valverde – Quintana débarquer, devenant la troisième (petite) roue du carrosse. Une nouvelle fois, Soler s’est retrouvé dans le rôle du lieutenant de luxe. 

Vite distancé pour le classement général (pour le plus grand malheur de sa formation), Soler a vite dû faire une croix sur ses ambitions personnelles. Alors en tête lors de la neuvième étape, son équipe lui a demandé d’attendre le Colombien Quintana pour l’aider à devenir maillot rouge. Cette scène, visible dans la série El dia menos pensado, montre un Catalan fou de rage faire une croix sur un premier triomphe dans une étape de grand tour. Partie remise.

A l’origine prévu en 2020 comme leader pour le Giro où Eusebio Unzué se faisait une joie de le voir dans ce rôle sur une course de trois semaines, Soler a une nouvelle fois dû jouer l’équipier sur la Grande Boucle, échouant également dans la quête d’une étape. 

Sur le Tour d’Espagne, le Catalan a enfin trouvé la mire, remportant sa première victoire d’étape dans un grand tour à Lekunberri. Durant cette Vuelta 2020, Soler a été utilisé de manière douteuse par son équipe, tantôt mis à rouler pour des coups d’épées dans l’eau, tantôt envoyé au casse pipe à faire des jumps avec un temps de retard. 

Marc Soler triomphant sur la Vuelta 2020. (Photo : AFP)

Sur cette saison, l’Espagnol a prouvé sa valeur en devenant le seul coureur de la Movistar à gagner sur le circuit professionnel (2 fois) dans une année difficile pour la formation ibérique qui a atteint son plus bas total de victoires depuis sa création en 1980.

Giro 2021 :  la chance de se révéler

Pour l’année 2021, les deux grands coureurs de course à étapes Enric Mas et Miguel Angel Lopez feront le doublé Tour – Vuelta tandis que Valverde ira sur son tour national. Ce choix des programmes offre le leadership à Marc Soler pour le prochain Giro. Un cadeau bienvenu pour le coureur de 27 ans qui va enfin pouvoir avoir une équipe entière acquise à sa cause.

Mon objectif pour cette saison sera le Giro. C’est un défi que j’attends avec impatience et j’essaierai de faire de mon mieux. J’essaierai de m’améliorer cette année pour ne pas manquer une journée afin de rester avec les meilleurs jusqu’à la dernière semaine

Marc Soler à Esport3

Ce Tour d’Italie 2021 s’annonce dantesque avec un parcours très montagneux composé d’ascensions mythiques comme le Monte Zoncolan, le Stelvio ou encore le Mortirolo et laissant place à une faible part de contre-la-montre (moins de 40 kilomètres). 

Le Tour de France étant bâtit pour les grimpeurs rouleurs, les purs montagnards seront présents sur les routes du Giro. Sur les terres transalpines, Thibaut Pinot, Egan Bernal, Mikel Landa ou encore Romain Bardet seront de la partie. Marc Soler fera face à une grande adversité et devra apprendre à gérer son nouveau rôle de leader sur un grand tour.

Après avoir montré de belles choses et parfaitement rempli son rôle de co-équipier, Marc Soler va découvrir à 27 ans le Giro en tant que leader de son équipe. Un occasion importante pour le Catalan afin de prouver qu’il peut pour l’avenir être une valeur sûre de la formation Movistar sur les courses de trois semaines

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