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Les 5 plus beaux essais français du « crunch » dans le tournoi des V/VI Nations

Le crunch, cette rencontre mythique opposant deux nations qui aiment à se détester. D’un côté on retrouve le flegme anglais, ce sang-froid glaçant ou cet instinct de tueur qui vous crispe pendant 80min. Une attitude inébranlable qui irrite sitôt que l’on joue contre elle. Et puis ce fameux « Sorry, well played », ce besoin de s’excuser après une victoire accrochée et qui finit de vous faire hérisser le poil. Maintenant dans l’autre coin du ring, la Franc, qui a toujours su tenir tête, servir de poil à gratter pour ses « english » toujours surs d’eux. Et la meilleure réponse passe souvent par le jeu. Le « French Flair », comme il est appelé, a souvent permis à la France de se sortir de l’impasse anglaise avec des essais d’anthologie qui vous marque une époque. Revenons ensemble sur le Top 5 des plus beaux essais des Bleus face au XV de la Rose dans le tournoi.

5ème : L’entrée fracassante de Gaël Fickou – Tournoi des 6 Nations 2014

En 2014, la France entame le tournoi avec très peu d’ambitions, une équipe qui se cherche et le moral dans les chaussettes après une année 2013 dans le fond du classement du tournoi. Et le premier match de 2014 ne fait pas se relever les têtes puisque ceux sont les anglais sur une dynamique ascendante vers la Coupe du Monde 2015 qui se présentent au Stade de France pour mettre un peu plus le XV du Coq la tête sous l’eau.

Le match est, contre toute attente, serré et dominé par la France dans les trente premières minutes. L’Angleterre se réveille alors, accélère et passe devant pour arriver à la 74ème en tête (24-19). C’est à ce moment-là que Philippe Saint-André joue son atout de sa manche, Bastareaud sort et laisse sa place à Fickou. La suite c’est une relance des Bleus depuis leur 22m avec des passes bien senties et un décalage final de Dimitri Szwarzewski qui fixe parfaitement son vis-à-vis pour libérer Gaël dans l’espace. Après une feinte de passe plus tard, qui envoie Alex Goode et le caméraman en tribune, Fickou aplatit dans l’en-but pour crucifier l’Angleterre.

Cette année, les Français ne brilleront pas plus dans le tournoi avec une pâle 4ème place. Mais cet essai offrant la victoire aux Bleus permettra de priver l’Angleterre du titre et du Grand Chelem. Petite victoire.

4ème : La double croisée – Tournoi des 5 Nations 1987

Remontons un peu le temps, pour s’arrêter en 1987. A cette époque, la France est probablement au sommet de son rugby amené par des joueurs de classe international comme Sella, Blanco ou Garuet. Les Bleus sont à ce moment-là de l’histoire, tenants du titre (avec l’Ecosse) et ont déjà gagné le premier match du tournoi face au Pays de Galles. Les Anglais eux, ont pris une déculotté (17-0) en Irlande. Les deux équipes se présentent à Twickenham dans un état d’esprit conquérant.

En première mi-temps les Français sont bousculés par l’envie du XV de la rose. Les Bleus n’arrivent pas à mettre en place leur jeu de mouvement, ils se créent peu d’occasions. Les Blancs eux capitalisent au pied. En deuxième période, alors que le score est de 12-6 le XV de France sort de sa boite une combinaison magique en première main. Sur une mêlée à l’entrée des 22 anglais, Rodriguez et Berbizier exécutent une 89 maison, le demi de mêlée écarte directement sur Franck Mesnel qui coupe sa course extérieur, Charvet déjà dans son dos reçoit le ballon sur cette croisée et Eric Champ sortie tout droit de la mêlée recoupe lui aussi à l’intérieur de Denis Charvet qui lui remet le ballon. Le trou est béant, Champ, bouclettes en avant, ne se fait pas prier et lâche les chevaux. Eric Bonneval arrive main main sur les 10m pour finir en puissance avec une meute d’anglais sur le dos. Essai qui donne l’avantage aux Bleus.

En 1987 les Français réalisent le grand Chelem et imposent leur patte sur le rugby européen. Les Anglais font triste mine avec une dernière place au classement.

3ème : Vincent Debaty l’ailier finisseur – Tournoi des 6 Nations 2015

Le tournoi 2015 fait évidemment suite à celui de 2014 évoqué précédemment. Les deux nations ennemies (rugbystiquement) se rencontrent lors de la dernière journée de ce tournoi. Si les Français sont d’ores et déjà éliminés de la course au titre, les Anglais eux, se battent avec leurs collègues irlandais pour la distinction honorifique. Les deux équipes, après 4 matchs, sont à égalité et l’Angleterre possède à la différence de points un avantage (+37 contre +33 pour les Irlandais). Plus tôt dans l’après-midi, le XV du trèfle est venu à bout aisément de celui du Chardon, allongeant son goal average à +63. Pour remporter le tournoi, l’Angleterre doit donc battre la France de plus de 26 points d’écart.

Le match est logiquement très envolé, le XV de la Rose voulant marquer un nombre de points maximum, malheureusement pour eux avec ce style tout feu tout flamme, ils laissent énormément d’espaces dans le jeu courant. A la 60ème, les Bleus ne se font pas prier et profitent des errements défensifs anglais pour relancer des 22m, après un ballon écarté par Dusautoir, Plisson et Spedding jusqu’à Maxime Mermoz, ce dernier, sans décalage, nous rappelle quel bon centre il est avec un cadrage débordement d’école sur Anthony Watson et la fixation de George Ford. Nakaitaci est alors décalé en bout de ligne et part en rodéo solitaire. Le courageux Mike Brown sauve sa patrie avec un plaquage poursuite mais ce n’est pas suffisant car un homme est là au soutien. Cet homme arrivant comme une fusée, lui qui était intercalé dans la ligne de ¾ depuis le début de l’action, c’est Vincent Debaty qui finit une relance de 80m par un essai sans même être essoufflé.

Avec cet essai, les Anglais voient le tableau des scores afficher 41-32. Il leur faut maintenant mettre 17 points en 20min sans en encaisser un seul. Ils n’y arriveront pas (score final 55-35) et finiront 2ème du tournoi.

2ème : L’exploit de Wesley Fofana – Tournoi des 6 Nations 2013

2013 est très probablement le pire tournoi réalisé par l’équipe de France dans les mémoires récentes. Le XV du coq finit en effet cet exercice à la dernière place, avec une seule victoire contre l’Écosse lors de la dernière journée. Mais avant ça il y avait bien eu une défaite en ouverture à Rome contre les Italiens et un non match à domicile contre les Gallois. Puis, la troisième journée offrait un combat déséquilibré entre Bleus et Blancs à Twickenham. En effet, à ce moment-là les Anglais jouissaient eux d’une dynamique positive avec une fessée mise aux Écossais et une victoire pragmatique à Dublin.

Pendant trente minute le match va être lent, étriqué, fermé, le XV de la Rose ne voulant pas s’exposer face à une équipe de France portant le ballon mais impuissante. Le score est de 6-3 quand, sur un ballon pourtant anodin dans la moitié de terrain française, Maestri prend le relais en 9 d’un Parra occupé à manger la pelouse dans le dernier regroupement, il écarte pour Trinh-Duc qui se sert des appels de ses avants pour donner dans le dos à Bastareaud. Ce dernier lache (se débarasse) le ballon à Wesley Fofana. Le reste, je ne vous le narre pas, il suffit de regarder et de se souvenir.

Après cet essai les Français ne reverront plus le ballon et seront défait 23-13. L’un des moins bons tournois du XV de France laissera probablement pour seule marque, cette action de classe, le plus bel essai en bleu de Wesley Fofana.

1er : « L’essai du siècle » de Philippe Saint-André – Tournoi des 5 Nations 1991

C’est ni plus ni moins qu’une finale qui se joue entre l’Angleterre et la France pour décerner le vainqueur du tournoi en 1991. Comme chaque année impaire, ceux sont les Anglais qui reçoivent les Bleus dans l’antre de Twickenham. Les deux équipes ont gagné tous leurs matchs et le vainqueur de ce dernier réalisera par conséquent le grand chelem. Vous l’aurez donc compris, beaucoup d’enjeux rodent autour de cette rencontre.

Opposition de style comme toujours, entre des anglais pragmatique et des français joueurs, le jeu au service des résultats bien sûr. Et c’est ce jeu qui va émerveiller les foules dans les premiers instants de la rencontre. A la suite d’une pénalité raté, Berbizier récupère le ballon derrière les poteaux, fait mine d’aplatir et entame une relance folle. La suite est légendaire. C’est tout le rugby français de l’époque que l’on retrouve dans une seule et unique action. La puissance, la technique de main, de pied, les courses des soutiens… Absolument tout est parfait. C’est le French Flair. On retient évidemment le premier cadrage de Serge Blanco, la fixation de Lafond pour Sella, la croisée de ce dernier avec Camberabero qui, sur l’aile, entouré de 8 anglais, tape pour lui-même puis recentre encore une fois au pied pour un Philippe Saint-André absolument seul qui marque « l’essai du siècle ». Une relance de 110m pour l’histoire et pour encore et toujours nous mettre des frissons à chaque visionnage.

Les Bleus s’inclineront néanmoins 21-19 et laisseront échapper le grand chelem cette année-là. Mais qu’importe, des grands chelems tout le monde en a. « L’essai du siècle » il n’y en a qu’un.

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