Café Crème Sport

A Marseille, le local de l’étape est russe

Favori annoncé de cette finale, Daniil Medvedev faisait face à un Français, Pierre-Hugues Herbert, sur les courts marseillais. Le Russe, qui connaît bien cette région pour s’y entraîner à l’année, avait un objectif bien précis : remporter son premier trophée de l’année en individuel et se remettre de sa contre-performance à Rotterdam. Tombeur d’Ugo Humbert en demi-finale et surtout de Stefanos Tsitsipas en quart, Herbert, lui, confirme ses bonnes sensations en ce début d’année. Après un combat de 2 heures 14, le Russe remporte le dixième titre de sa carrière sur le circuit.

Fort d’un service remarquable, souvent accompagné de montées au filet, Pierre-Hugues Herbert s’avance face à Daniil Medvedev avec le plein de confiance. Après sa victoire en deux manches face à Ugo Humbert (6/3, 6/2) le Français se sait capable de rivaliser avec les meilleurs. Et en parlant des meilleurs, son adversaire du jour est désormais considéré comme l’un des grandissimes favoris de tous les tournois qu’il dispute. Alors que les deux joueurs tiennent leurs jeux de service en début de partie, tout bascule à 2/2. Trois breaks s’enchaînent, Daniil Medvedev confirme le dernier et mène 5 jeux à 3. Pierre-Hugues Herbert commet des erreurs, et le Russe en profite. Privilégiant des services slicés sur le coup droit de Medvedev, Herbert finit par être piégé dès qu’il tente de varier ses mises en jeu. Bien en phase avec sa première balle, Daniil Medvedev remporte la première manche 6/4 après un ultime revers longue ligne admirable.

Un bisou magique pour réussir à endiguer la menace russe ? (Image : Tennis Actu)

D’entrée de seconde manche, le Russe accentue la pression sur Pierre-Hugues Herbert et se procure une balle de break. Intermittent au service, P2H s’en sort tout de même, et Daniil Medvedev s’agace des décisions arbitrales. En effet, l’arbitrage-vidéo n’était pas de la partie à Marseille, et avait laissé sa place aux juges de ligne. Les gradins eux, étaient bien vides malgré la disposition de mannequins dans les tribunes. A 2/1 en faveur du Français, le jeu de service de Medvedev est particulièrement disputé. Bousculé par l’Alsacien, Medvedev sauve deux balles de break et recolle à égalité. Il n’y a désormais plus de jeux faciles, pour l’un comme pour l’autre des prétendants au titre. Herbert s’en sort lorsqu’il monte au filet, tandis que le Russe est plus à l’aise pour distribuer les coups derrière sa ligne de fond de court. Les deux joueurs se tiennent en respect durant douze jeux, et se dirigent donc vers un tie-break crucial. Pierre-Hugues Herbert le premier s’offre un mini-break, mais dans la foulée, Medvedev répond et reprend les devants. Après un point de très haute volée, Pierre-Hugues Herbert se procure ses deux premières balles de set et convertit la première : il empoche la seconde manche 7/6 (7-4) !

Paradoxalement, les jeux de service sont moins disputés dans cette ultime manche. Grâce à des premières balles de hautes qualités, les deux joueurs emportent leurs mises en jeu sans concéder trop de points, et le score monte logiquement à 4/4 sans que l’on entrevoie une quelconque défaillance chez l’un ou l’autre des protagonistes du jour. Medvedev, qui fait la course en tête, profite de trois erreurs du Français à la volée pour se procurer ses premières balles de match. La première est la bonne, et le Russe triomphe après un troisième set remporté 6/4. Daniil Medvedev, qui s’entraîne dans le sud de la France depuis plusieurs années maintenant, remporte ce tournoi presque à domicile. Il succède ainsi à Stefanos Tsitsipas, double-tenant du titre. Assuré d’être numéro 2 mondial à l’issue de cette semaine, le Russe confirme son implantation dans le très haut du panier et débloque son compteur de trophées en 2021. Ce succès en appellera-t-il d’autres ? Il y a fort à parier que oui.

La semaine à Marseille

L’ATP 250 de Marseille était forcément l’occasion de voir nombre de Français à l’œuvre. Outre Pierre-Hugues Herbert qui a accédé à la finale, on retrouvait Tsonga, Pouille, Humbert, Gaston, Rinderknech, Bonzi et Barrere sur le court bleu de la cité phocéenne. Ils ont tous connu des fortunes diverses. La performance à retenir de cette semaine est peut-être celle d’un Arthur Rinderknech qui n’en finit plus de progresser. Après ses succès en Challenger (dont Istanbul en début d’année), le joueur de 25 ans sorti des qualifications a impressionné. Il aura fallu 3 manches à Ugo Humbert pour affirmer son statut et venir à bout du 138ème joueur à l’ATP. Même si Humbert incarne le renouveau du tennis français, il se pourrait que Rinderknech brille lui aussi cette année. Bon serveur, frappeur puissant, le natif du Var pourrait bien embêter quelques joueurs habitués du circuit mondial et se faire un nom parmi les jeunes Français. A 25 ans, il possède encore une belle marge de progression pour entrer dans le Top 100 et s’y installer au plus vite. Et pourquoi ne pas rêver plus grand?

Tête de série n°2, Stefanos Tsitsipas est tombé face à Pierre-Hugues Herbert (Image : ATP Tour)

Les têtes de série également se sont montrées, Daniil Medvedev en premier lieu évidemment. Son compatriote Karen Kachanov était lui aussi de la partie, mais un étonnant Matthew Ebden est venu contrecarrer ses plans en quart de finale. Le récent finaliste du double mixte à l’Open d’Australie a étonné depuis sa sortie des qualifs. Toutefois, rattrapé par son physique, il abandonne en demi-finale face à Medvedev et laisse le futur numéro 2 mondial accéder à la finale. Stefanos Tsitsipas, que l’on pouvait penser revanchard a été stoppé par Humbert en quart de finale mais a aussi laissé entrevoir de belles choses. Il lui faudra rapidement accéder à une finale et un titre pour ne pas le voir revivre une saison en dents de scie comme en 2020.

Ailleurs, sur le circuit ATP

Roger Federer a retrouvé les courts à Doha, pour son plus grand plaisir… et le nôtre aussi ! (Image : L’Alsace)

L’évènement de la semaine était évidemment le retour sur le circuit d’une légende. De LA légende. Tous les yeux étaient bien naturellement braqués sur Doha, afin de voir le retour aux affaires de Roger Federer. Après une année blanche, le Suisse revenait au tennis sur les terrains qataris. Un premier match face à Dan Evans, plus de 2h20 de jeu et une certitude : Roger a pris du plaisir à rejouer. Ses sourires ne trompent pas. Même s’il s’incline en quart de finale face à Nikoloz Basilashvili, lauréat de cette édition 2021, Federer confirme son retour et alimente les espoirs de tous les amoureux de tennis. Enfin, on jouait au Chili, à Santiago. Théâtre des états d’âme de Benoît Paire, les courts de terre battue chiliens ont surtout vu les spécialistes de la surface s’exprimer. Ce soir, Cristian Garin et Facundo Bagnis se disputeront le trophée en finale.

Exit mobile version